49 % des Français pensent que « le nombre des immigrés est trop important », chiffre en baisse

Chronique de Paysan Savoyard

(n°29 – octobre 2009)

 

Que pensent les Français de l’immigration ? L’état d’esprit de l’opinion sur le sujet est mesuré depuis plus de vingt ans par un sondage annuel effectué pour le compte de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (la CNCDH est l’un des nombreux organismes créés par les pouvoirs publics pour lutter, entre autres nobles causes, contre le racisme et les discriminations. Ces sondages font apparaître deux réalités :

  • Les Français qui pensent qu’il y a trop d’immigrés sont la moitié de la population

Le dernier rapport publié de la CNCDH (2007) fait état des résultats du sondage annuel, effectué par l’institut CSA. Selon ce sondage, les Français qui pensent que « en France aujourd’hui le nombre d’immigrés est trop important » sont  49 %. Ceux qui pensent que ce nombre n’est « pas assez important » sont  2% ;  qu’il est « juste comme il faut » 17 % ; les Français qui « ne se posent pas la question » sont  28 % ; ceux  qui « ne se prononcent pas » sont 4%.

Sur cette question décisive, l’opinion est donc partagée en deux parties à peu près égales : la moitié considère qu’il y a trop d’immigrés, l’autre moitié pense l’inverse (relevons que les Français qui estiment qu’il n’y a pas trop d’immigrés se partagent eux-mêmes en deux groupes principaux : ceux qui pensent que le nombre d’immigrés n’est pas trop important et ceux qui considèrent que la question ne se pose pas parce il n’y a pas lieu de distinguer entre Français et immigrés).

 

  • Les Français qui pensent qu’il y a trop d’immigrés sont de moins en moins nombreux

Le second constat qu’il convient de faire au vu des chiffres communiqués par la CNCDH est le suivant : le nombre des personnes qui pensent qu’il y a trop d’immigrés en France diminue régulièrement depuis qu’il est mesuré par le sondage annuel de la commission (laquelle bien entendu se félicite de cette évolution).

C’est ainsi que, selon le sondage de la CNCDH réalisé en 1999,  les Français tout à fait ou plutôt d’accord avec cette affirmation « Il y a trop de personnes d’origine étrangère en France » étaient 61 %.

De même le rapport de la CNCDH de 1997 se félicitait de la baisse des opinions hostiles aux immigrés. Le rapport rappelait que, selon ses enquêtes, le nombre des Français qui en 1990 pensaient qu’il y avait « trop d’arabes » était de 76 % : en 1997 ce pourcentage était tombé à 56 %.

La baisse est donc forte et constante : les Français qui pensent qu’il y a trop d’immigrés étaient au moins 70 % il y a 20 ans ; ils étaient encore 60 % il y a 10 ans ; ils ne sont plus aujourd’hui que 50 % environ.

Cette évolution peut résulter de deux facteurs. Soit elle reflète le fait que, confrontés à l’immigration, les Français se montrent de plus en plus ouverts et tolérants. Soit elle résulte tout simplement du fait que, les personnes originaires de l’immigration représentant une part croissante de la population Française, la proportion des personnes hostiles à l’immigration dans la population totale ne peut que baisser (Il va sans dire qu’à notre avis la seconde interprétation est la bonne).

 

  • On peut penser que le nombre des Français qui acceptent l’immigration ne cessera d’augmenter

Ces chiffres nous paraissent appeler trois observations complémentaires :

– Il y a encore une dizaine d’années, les Français qui souhaitaient l’arrêt de l’immigration étaient, on vient de le voir, largement majoritaires. Or ces Français ont eu à plusieurs reprises au cours des années 80 et 90 l’occasion de voter dans le cadre d’élections nationales pour un parti qui se proposait d’arrêter l’immigration : pour la majorité d’entre eux, ils ne l’ont pas fait (le score maximum jamais atteint dans une élection nationale par le parti dont il s’agit a été, en 2002, légèrement inférieur à 18 %). Les historiens devront se rendre à l’évidence : les Français ont bel et bien choisi librement leur destin.

– Les chiffres rendant compte de l’état de l’opinion pour ce qui est de l’immigration le montrent : la possibilité d’arrêter le désastre par la voie électorale est désormais très mince. Il ne reste plus beaucoup de temps. 2012, 2017… Ensuite, probablement, il sera définitivement trop tard.

– On peut prévoir que dans 10 ans, compte tenu de l’augmentation annuelle du nombre des immigrés (400 000 immigrés supplémentaires naissent ou s’installent chaque année sur le territoire de la France métropolitaine), la proportion des Français qui pensent qu’il y a « trop d’immigrés » aura encore baissé de plusieurs points.

Il sera alors possible d’en conclure que l’aptitude des Français à la tolérance, leur ouverture d’esprit et leur sens de l’accueil n’ont cessé de progresser (ce qui est bien le moins, au demeurant, dans « la patrie des droits de l’homme »).

 

Sources :  La documentation française ; Le Monde des 22/03/95 ; 02/07/98 ; 16/03/00 ; 30/05/00 ; 22/03/01

 

Chronique parue sur Fdesouche le 26/10/09

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