L’élection probable d’Obama : la mise en retrait volontaire des blancs

Chronique de Paysan Savoyard

(n°22 – octobre 2009)

 

L’élection d’Obama, si elle se produit, ainsi que le prédisent les sondages, sera l’événement le plus important du début du 21e siècle. L’attentat du 11 septembre a certes été lui aussi un épisode déterminant : il a montré que le monde risquait d’être confronté dans un proche avenir à un choc majeur des civilisations. L’élection d’Obama sera cependant d’une portée encore plus considérable : elle signifiera que les occidentaux ont renoncé d’eux-mêmes à conserver leur position dominante. Plus précisément encore, l’élection d’Obama sera vécue dans le monde entier comme le signe de la perte de pouvoir des Blancs d’origine européenne.

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Son élection sera d’autant plus significative qu’il ne s’agira pas seulement d’un choix de l’Amérique, mais bien celui de l’Occident tout entier puisqu’Obama avait le soutien de la grande majorité de l’opinion publique européenne.

La question du programme respectif des deux candidats est secondaire : la dimension majeure est raciale. De très nombreux éléments montrent que c’est bien ainsi que l’élection probable d’Obama doit être analysée.

C’est ainsi qu’au plan international, Obama a le soutien des dirigeants des pays dits « du Sud », notamment lorsque ces pays sont hostiles à l’Amérique. Les Africains, pour leur part, considèrent que son élection serait un symbole de fierté et de promotion pour les Noirs. Les immigrés d’Europe, issus d’Afrique ou du monde arabo-musulman, se réjouissent également : ils savent qu’ils pourront tirer argument de l’élection d’Obama pour exiger pour eux-mêmes une plus grande place dans les pays d’accueil.

Aux Etats-Unis, Obama a été soutenu par la classe dominante, qui est favorable aux thèses universalistes et multiculturalistes : les universités bien sûr, les journalistes, le lobby juif, les dirigeants d’entreprise et notamment plusieurs milliardaires célèbres comme George Soros ou Bill Gates. Il a été soutenu, bien sûr, par Hollywood, qui, depuis de nombreuses années, pour accoutumer l’opinion à l’évolution souhaitée, multiplie les films dans lesquels un acteur noir se voit confier le rôle du héros en position de pouvoir (chef de la police, commandant de sous-marin, président des Etats-Unis…). Bien qu’il soit métis, Obama est en effet perçu, tant par ses supporters que par ses contempteurs, comme un personnage issu de la communauté noire. A ce titre il bénéficie du soutien massif des minorités ethniques, qui le considèrent comme leur représentant : la majorité des immigrés hispaniques et la totalité de la communauté noire.

Obama est certes le leader du parti démocrate. Mais son parcours personnel montre qu’il est également, et sans doute avant tout, le représentant de la communauté noire. Obama, comme on le sait, a commencé sa carrière comme animateur social auprès de la communauté noire. Il a été fortement influencé par un pasteur Noir très hostile aux Blancs. Sa femme, militante de la cause des Noirs, a déclaré au cours de la campagne électorale que la désignation de son mari l’avait rendue pour la première fois fière de l’Amérique. En jugeant que les « cols bleus » victimes de la désindustrialisation étaient aigris et se raccrochaient à leur Bible et à leur fusil, Obama a montré, qu’en toute hypothèse, il était éloigné de la population blanche de l’Amérique profonde.

Au passage cette campagne nous a permis d’apprendre (voir notamment Le Monde du 14/10/08) que les afro-américains avaient longtemps eu tendance à tenir à distance Obama, qui n’était que métis et n’était pas issu de la communauté afro-américaine. Il semble de même qu’Obama n’aurait pas obtenu le soutien de cette communauté s’il n’avait pas épousé une femme qui en était elle-même issue. On voit par là que les préoccupations raciales concernent au moins autant les différentes minorités que les américains Blancs d’origine européenne.

Il convient à ce propos de signaler la grande mauvaise foi de certains partisans d’Obama. C’est ainsi que tout au long de la campagne, de nombreux commentateurs ont dénoncé le racisme de ces électeurs Blancs qui refuseraient de voter Obama en raison de sa couleur de peau. Pourtant  une partie non négligeable de l’électorat Blanc va selon toute vraisemblance voter pour Obama. Dans le même temps, la communauté noire va, elle, voter en totalité pour lui, sans que personne n’y voie là une attitude raciste.

Deuxième exemple. Ceux qui soutiennent Obama en Europe et aux Etats-Unis ne cessent de souhaiter que les minorités soient représentées à leur juste proportion dans tous les secteurs de pouvoir : ce sont ces conceptions qui débouchent sur l’adoption de politiques de discrimination positive. Or les Noirs ne représentent aux Etats-Unis que 15 % de la population tandis que 66 % des américains sont des Blancs d’origine européenne. Est-il logique, lorsqu’on est partisan de la représentation organisée des minorités, de souhaiter que le représentant d’une minorité finalement assez faible occupe ainsi le poste de dirigeant le plus élevé du pays occidental le plus puissant ?

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Pour notre part, nous ne mettons pas en cause les qualités personnelles d’Obama, qui sont sans doute indéniables. L’élément central reste cependant le suivant : les pays occidentaux et la civilisation occidentale elle-même ont été façonnés par la population blanche européenne. Dès lors il paraît légitime de souhaiter plutôt l’élection d’un dirigeant dont l’appartenance et l’attachement à la civilisation occidentale ne soient pas sujets à caution.

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