« Non, nous n’avons pas le devoir d’accueillir une partie de la misère du monde »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°102 – mai 2013)

 

Parmi les arguments utilisés par les immigrationnistes, on trouve celui-ci, qui le plus souvent fait mouche : « Notre pays a le devoir, avec d’autres, d’accueillir ceux qui fuient la misère et la famine ».

Il a notamment été popularisé par Michel Rocard, alors premier ministre, auteur de cet aphorisme devenu célèbre : « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part »

Or cet argument immigrationniste est sans valeur. L’obligation morale dont il s’agit n’existe pas. Pour les différentes raisons suivantes, nous n’avons aucune obligation morale d’accueillir des immigrés, fussent-ils pauvres, fussent-ils malades, miséreux et pourchassés dans leur pays.

 

  • Notre pays a des devoirs envers sa population avant toute chose

Le premier aspect qu’il convient de mettre en avant est le plus déterminant : notre pays, comme tous les autres, a des devoirs envers sa population avant toute autre considération.

Les sociétés humaines sont bien administrées lorsque chacun se prend en charge et s’occupe d’abord de soi et des siens. Le devoir des parents est de s’occuper en première priorité de leurs enfants. Ils peuvent également aider les autres, bien entendu, mais pas avant d’avoir correctement assumé leurs devoirs envers leurs propres enfants : en assurant leur subsistance, en garantissant leur éducation et en les préparant à construire leur avenir.

Il en va de même pour les Etats. Le devoir des pouvoirs publics français et européens est d’abord de s’occuper de la situation de leur propre population. La situation des pauvres d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique est l’affaire des gouvernements et des sociétés de ces régions et de nul autre.

Un autre point doit être souligné : les obligations morales qui pèsent sur un individu ne s’imposent pas à un Etat, l’Etat et l’individu n’évoluant pas dans le même registre. L’individu peut choisir d’être généreux et faire preuve de charité envers ses semblables, ainsi que le commande l’Evangile. Il n’en est pas de même pour l’Etat. Imaginer que l’Etat a lui aussi une obligation de « partage » et de « solidarité » à l’égard de populations étrangères, le condamner parce qu’il se montre « égoïste », revient à commettre un contresens sur ce qu’est sa nature et sa mission : l’Etat est une institution placée par nature au service exclusif des populations qui l’ont constitué. C’est seulement parce qu’il se consacre au bien-être de sa propre population qu’un Etat peut légitimement prélever des impôts et faire appliquer des lois.

 

  • La pauvreté résulte pour l’essentiel du dysfonctionnement des pays d’émigration

Si nous n’avons aucune obligation d’accueil c’est, deuxièmement, parce que la misère et la famine sont le plus souvent de la responsabilité même des pays dont les immigrés sont issus. Elles résultent des guerres. Elles résultent de la démographie trop importante. Elles résultent du fonctionnement des sociétés dont il s’agit sur une base ethnique (la vision ethnique de la société conduit aux guerres, à la corruption des élites au profit de leur clan, à la confiscation des ressources par les ethnies dominantes).

De même dans les zones désertiques et inhospitalières, les difficultés de vie des populations sont souvent liées à une pression démographique trop importante au regard de l’environnement et des ressources naturelles. De nombreux pays dits « pauvres » sont au demeurant situés dans des régions du globe qui n’ont rien d’hostile et qui sont au contraire tout à fait luxuriantes : elles n’en sont pas moins elles aussi la source d’une émigration importante (c’est le cas de certains pays d’Afrique centrale par exemple). L’immigration n’a donc rien à voir avec les conditions climatiques défavorables rencontrées dans telle ou telle région.

 

  • L’accueil des immigrés est un obstacle au développement des pays « pauvres »

Il nous semble, troisièmement, que l’accueil des miséreux du monde entier est en soi contre-productif du point de vue du développement des pays « pauvres ».

L’immigration conduit en effet les populations concernées à penser que la solution aux problèmes de leurs pays peut résider ailleurs que chez eux. Or la clé du développement se trouve dans les pays eux-mêmes et non dans le recours à une manne extérieure, qu’elle résulte de l’immigration, de l’aide internationale ou du tourisme international.

Nous traiterons de ce point plus en détail dans une future tribune (se reporter pour l’heure à cet article).

 

  • Notre « richesse » résulte de nos mérites et de notre travail

Il faut enfin affirmer que notre richesse est d’abord une conséquence de notre action et de celle des générations qui nous ont précédés. Nous sommes aujourd’hui placés dans une situation qui de certains points de vue est avantageuse (richesse matérielle,  santé…). Mais ces avantages et cette richesse ne sont pas tombés du ciel : ils résultent du travail, de la créativité, des vertus morales de toutes les générations qui ont construit le pays.

Il faut aussi rejeter ce qualificatif de pays « riche » que l’on nous attribue dans le but de nous placer en position de débiteur. Pour plusieurs raisons.

Les mises en cause qui nous sont adressées par des pays « pauvres » nous paraissent tout d’abord injustifiées dans la mesure où certains de ces pays disposent de grandes richesses naturelles, richesses dont un pays comme la France est précisément dépourvu.

Il faut noter deuxièmement que la richesse du pays est une notion à considérer avec prudence. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, le niveau de vie par habitant stagne en France depuis dix ans et la position de notre pays en termes de richesse par habitant se dégrade par rapport aux autres pays riches.

En outre la richesse globale du pays ne signifie pas que l’ensemble de la population soit aisée. Il existe en France une population de souche qui éprouve des difficultés et qui peut même se trouver en situation de pauvreté. C’est de ces pauvres dont nous devons nous occuper.

Il faut enfin noter que les processus d’enrichissement de nos pays industrialisés ont engendré différents inconvénients et difficultés (la dégradation de l’environnement notamment), qu’il nous faut maintenant traiter, ce qui aura un coût.

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Notre pays n’a donc nullement l’obligation d’accueillir les immigrés et les pauvres des autres continents, au détriment de sa propre population. Cela ne veut pas dire que nous devons refuser toute aide : mais celle-ci doit être accordée si elle correspond à l’intérêt de notre population, dans le cadre d’un échange mutuellement avantageux.

Sachons argumenter face aux sophismes des tiers-mondistes et autres «  citoyens du monde », dont l’objectif premier est de nuire aux pays européens et à leurs populations de souche, en les désignant comme des coupables par nature et en les désarmant moralement.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 19/05/13

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