« Le tireur fou » : Une nouvelle leçon de manipulation

Chronique de Paysan Savoyard

(n°112 – décembre 2013)

 

L’oligarchie, qui détient les médias, cherche jour après jour à manipuler l’opinion, insidieusement, méthodiquement, consciencieusement. Il s’agit de conditionner les esprits pour les conduire à partager les analyses, les conceptions et les « valeurs » de l’oligarchie. L’un des principaux thèmes de la propagande du Système est en substance le suivant : « Les idées d’extrême droite sont porteuses de régression, sociale, économique et morale. Elles constituent le Mal. Elles se rattachent au nazisme ».

Dans l’esprit de l’oligarchie, les idées « d’extrême droite » sont celles du Front national, bien entendu. Mais elles englobent plus généralement les positions favorables à la nation, aux frontières, au protectionnisme et à l’arrêt de l’immigration.

Pour dénoncer l’extrême droite, le Système utilise à la fois le registre de la menace juridique (« le racisme est un délit ») et celui de la condamnation morale (« les idées d’extrême droite sont du côté du Mal »).

Cette entreprise de propagande destinée à provoquer le rejet instinctif de « l’extrême droite » est quotidienne et permanente. Tous les jours, sur chacun des médias, les éditorialistes, politologues, experts, spécialistes, sociologues et autres universitaires insèrent dans leurs commentaires et analyses une allusion plus ou moins explicite et virulente au « danger de l’extrême droite ».

La manipulation atteint des sommets lorsque l’oligarchie pense tenir l’occasion d’accuser l’extrême-droite de crimes : assassinats, meurtres racistes, terrorisme.
En trois occasions fameuses ces deux dernières années, le Système a espéré pouvoir imputer un crime à l’extrême droite, pour mieux pouvoir dénoncer son « racisme », sa « haine de la démocratie », son action et son existence mêmes « qui mettent en danger la République, la démocratie et la paix ». Par trois fois il est finalement apparu que l’extrême droite n’avait pas de responsabilité dans les évènements tragiques que l’oligarchie cherchait à exploiter. Par trois fois les oligarques ont dû opérer en catastrophe un repli stratégique.

Ces différents épisodes ont permis à l’oligarchie de déployer plusieurs des techniques de manipulation qu’elle possède dans son arsenal orwellien.

 

  • Technique n°1 : Lorsqu’un drame à dimension politique se produit, chercher à mettre en cause l’extrême droite

Dans les jours qui ont suivi les assassinats de Montauban et Toulouse au printemps 2012, les médias et les politiciens ont dénoncé « le racisme » et « le refus de l’autre », laissant d’emblée entendre que les crimes avaient été commis par un émule de Breivik sous l’emprise des « idées de haine » de l’extrême droite. Des manifestations ont été organisées. Les éditoriaux dénonçant le racisme et la haine de la démocratie se sont multipliés. Or, non seulement le coupable n’était pas d’extrême droite mais il incarnait son inverse : immigré, maghrébin, islamiste et délinquant.

La mort en juin 2013 du militant de gauche « antifasciste » Méric a donné lieu de même à un déluge d’éditoriaux et à des rassemblements antifascistes, massifs et immédiats. Quelques jours après le décès de Méric, il est pourtant apparu que les « skinheads » n’avaient peut être pas été à l’origine de la rixe ; certains éléments ont rapidement donné à penser que les « antifas » pouvaient au contraire avoir été les agresseurs (le skinhead auteur du coup mortel n’a d’ailleurs pas été mis en examen pour homicide mais pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner »). L’incertitude sur l’origine de la rixe n’a pas empêché l’oligarchie de dissoudre des mouvements d’extrême droite (les mouvements d’extrême gauche et antifas n’ont eux pas été inquiétés).

Il y a quelques jours à Paris, un homme seul a tiré sur un photographe de presse dans les locaux de Libération. La presse et les politiques ont immédiatement dénoncé « une attaque contre la liberté de la presse », sous entendant qu’il s’agissait d’une action imputable au terrorisme d’extrême droite.Plusieurs des principaux éditorialistes, comme C. Fourest, ou E. Plenel, ont dénoncé là encore un imitateur de Breivik. Cette fois encore, le coupable se révèle être non pas un « facho » mais un immigré, d’extrême gauche, terroriste et récidiviste.

 

  • Technique n°2 : S’il apparaît finalement que l’extrême droite n’est pas coupable, détourner l’attention et passer vite à autre chose

Lorsqu’il apparaît que le coupable n’est pas le facho espéré et que les allusions, dénonciations et imprécations contre l’extrême droite étaient décidément infondées, l’oligarchie doit alors chercher à se tirer du guêpier, en limitant le plus possible les dégâts sur son système de manipulation. Elle déploie à ce moment différentes méthodes, variables en fonction de la situation, qui visent toutes cet objectif : détourner l’attention et « noyer le poisson » pour pouvoir au plus vite passer à autre chose.

Une fois connue l’identité de Mérah, l’oligarchie a réagi en plaçant instantanément le débat sur les liens qu’aurait pu entretenir le terroriste avec les services secrets français et sur la carence de ces derniers dans cette affaire. Cette opération visant à détourner l’attention avait un triple intérêt. Faire oublier les accusations injustifiées portées par l’oligarchie contre l’extrême droite. Faire oublier également les autres aspects de l’affaire Mérah, qui étaient de nature à conforter les analyses de l’extrême droite (l’absence d’intégration d’un immigré pourtant Français et né en France ; le laxisme judiciaire dont avait bénéficié ce délinquant récidiviste ; le laxisme financier dont il avait également bénéficié puisque, comme beaucoup d’autres, il vivait d’assistance). L’opération de diversion permettait même de mettre en accusation les organes de l’État, accusés d’être inefficaces, ce qui était tout bénéfice pour l’action de propagande anti-France que l’oligarchie mène depuis des lustres.

Dans l’affaire Méric, lorsque des doutes sur la responsabilité des skinheads ont commencé à apparaître, l’oligarchie a cherché à brouiller les pistes en mettant en avant la « personnalité attachante » de Méric, bouille sympathique, étudiant brillant, militant engagé pour des causes nobles, jeune courageux n’hésitant pas à faire le coup de poing pour ses idées.

Dans l’affaire du tireur, c’est une carte différente qui a été jouée : celle de la folie. Une fois l’identité du tireur révélée, les médias ont à la minute entonné le même air : « Le tireur est un déséquilibré. Ses revendications sont floues, confuses, incohérentes ». L’analyse unanime des médias relève cette fois encore de la manipulation : les motivations du tireur n’avaient en effet rien de confus (il s’agit d’un terroriste d’extrême gauche, anti capitaliste et hostile à l’occident) et il n’apparaît pas plus déséquilibré que les autres terroristes.

Notons que l’oligarchie utilise le même stratagème pour qualifier les assassins et les violeurs immigrés, qui sont le plus souvent présentés comme des « déséquilibrés » : en plaçant le débat sur le terrain de la psychiatrie, l’oligarchie parvient le plus souvent à éviter que les « faits divers » soient l’occasion de poser ouvertement la question de l’invasion migratoire et du lien entre immigration et délinquance.

Après s’être efforcée de faire diversion, l’oligarchie essaie au plus vite de tourner la page et de passer à autre chose en moins de 48 heures. Un prétexte quelconque (par exemple la déclaration sortie de son contexte de tel ou tel candidat local du FN) permettra ensuite rapidement à l’oligarchie de reprendre de plus belle la dénonciation de l’extrême droite.

 

  • Technique n°3 : Faire jouer en toute circonstance la technique de l’inversion accusatoire

Il est aisé de montrer que l’entreprise de manipulation de l’oligarchie est marquée par la mauvaise foi et la pratique outrancière du « deux poids-deux mesures ». Imaginons qu’un crime comportant une dimension politique soit commis par une personne entretenant des liens avec l’extrême droite (dans la pratique de tels événements sont extrêmement rares, nous y reviendrons le moment venu). Dans cette hypothèse, les politiques et les médias se déchaîneraient.

Des manifestations massives et spectaculaires seraient organisées. Les hymnes célébrant « les valeurs de la République », « le vivre ensemble » et « le respect de l’autre » seraient chantés sans relâche. La « mobilisation » durerait des semaines. L’oligarchie envisagerait d’interdire les mouvements d’extrême droite ou de fermer leurs sites internet. Le FN lui-même serait accusé de créer un climat favorable aux « actes de haine ».

Rien de tel avec les trois affaires dont il vient d’être question. Pour la dernière par exemple, personne n’a mis en cause la responsabilité de l’extrême gauche dans le geste du terroriste anticapitaliste. Malgré la violence des propos que M. Mélenchon tient régulièrement contre le capitalisme, les patrons et les riches, personne n’a émis l’hypothèse d’une interdiction du Front de gauche.

C’est même l’inverse qui se produit. Alors que les assassinats, attentats et autres rixes mortelles se révèlent dans presque tous les cas être le fait soit de l’extrême gauche soit de l’immigration, l’oligarchie parvient tout de même à mettre en cause « les extrêmes », c’est à dire également l’extrême droite, coupable pour sa part d’entretenir un climat de tension et un climat de racisme qui poussent aux passages à l’acte.

Il s’agit là d’appliquer la technique bien connue de « l’inversion accusatoire ». Chérie entre toutes par l’oligarchie, elle repose sur l’axiome suivant : ceux qui appartiennent au camp du Bien (les antiracistes, les anticapitalistes, les immigrés, les pauvres…) sont avant tout et par nature des victimes, quels que soient leurs comportements et leurs agissements. A l’inverse les représentants du Mal (les racistes, les xénophobes, les extrémistes de droite, les ennemis des valeurs de la République…) sont coupables par nature, coupables « quelque part », même lorsqu’ils ont été accusés à tort.

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La manipulation et la propagande du Système jouent comme on le voit à plein régime. Pour l’instant la plupart des Français continuent à gober…

 

Chronique parue sur Fdesouche le 01/12/13

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