Quatre scénarios pour notre avenir sombre

Chronique de Paysan Savoyard

(n°125 – août 2015)

 

Tandis que se poursuit jour après jour le phénomène historique majeur qui marque les quatre dernières décennies, l’arrivée massive en France et en Europe d’immigrés venus pour la plupart du continent africain et du Moyen Orient, faisons le point en ces temps de rentrée, en remettant sur le métier cette question banale, rebattue, maintes fois discutée : quels sont désormais les scénarios possibles ?

La France et l’Europe sont en train d’être envahies. Le phénomène enclenché depuis quarante ans environ n’a pas jusqu’ici entraîné de réaction significative des sociétés européennes. Il n’a pas non plus provoqué leur écroulement ni déclenché de cataclysme. Peut-il en être autrement à l’avenir ?

Examinons la question à nouveaux frais, en nous efforçant d’évaluer le degré de probabilité des différentes hypothèses qui viennent à l’esprit.

 

  • La poursuite des évolutions délétères en cours

C’est le premier scénario : les évolutions en cours se poursuivent et se prolongent, sans inflexion majeure ni rupture nette. Les gouvernements se succèdent en poursuivant les mêmes politiques d’encouragement et d’accompagnement de l’immigration. Les phénomènes qui, depuis quarante ans, découlent de l’immigration massive se confirment en s’aggravant. Augmentation de la délinquance. Dégradation des services publics confrontés à l’ampleur des dépenses et débordés par le nombre. Islamisation de la France et de l’Europe. Mise en minorité des Français de souche dans un nombre croissant de quartiers, de villes, de départements.

Cette évolution finira-t-elle par entraîner une réaction violente des autochtones (ce qui déboucherait sur le troisième scénario) ? La chose est peu probable, nous y revenons plus loin. Le plus crédible est que nous nous soumettrons, ainsi que le prophétise Houellebecq.

S’ensuivra-t-il un écroulement et une anarchie qui nous feraient basculer dans un monde radicalement nouveau tenant à la fois du Nigéria, du Brésil et du Kosovo ? Pas avant longtemps sans doute. Parce que la France est un pays solide, structuré par un Etat installé depuis des siècles. Parce que les Blancs conserveront longtemps la plupart des postes de commandes, en les partageant avec la bourgeoisie d’origine immigrée (c’est ainsi que l’Afrique du Sud ne s’est pas écroulée alors que les Blancs y ont perdu leur suprématie depuis déjà 30 ans).

Ce premier scénario ne se traduit donc pas par un effondrement brutal. Il se présente comme la plus linéaire des quatre hypothèses examinées : poursuite de la dégradation, effritement quotidien, durcissement continu des conditions de vie. Ce scénario de la déréliction progressive est celui qui nous paraît le plus probable.

 

  • L’arrivée au pouvoir du Front national

Imaginons à titre de seconde hypothèse le bouleversement politique que constituerait l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen à échéance relativement brève, en 2017 ou cinq ans plus tard.

Indiquons d’emblée que la chose nous paraît très peu probable. L’accession au pouvoir du FN serait pourtant logique : depuis des décennies en effet les événements qui surviennent confirment jour après jour la justesse des analyses de Jean Marie Le Pen dès la création du Front en 1973.

Mais les erreurs stratégiques commises par le FN depuis plusieurs années nous paraissent rendre sa victoire impossible. La recherche de « dédiabolisation », le passage de la question de l’immigration au second plan, l’adoption d’un discours politiquement conforme centré sur l’assimilation républicaine, la mise en avant de thèmes économiques (l’euro) ou de débats de nature juridique (la souveraineté), tout cela nous paraît constituer une erreur de première grandeur.

Erreur majeure, premièrement, parce que la pédale douce posée sur la question de l’immigration anesthésie l’électorat. Puisque le FN lui-même n’en fait plus un thème majeur et tient désormais sur le sujet un discours modéré, les Français sont conduits à penser que la question de l’immigration n’est finalement pas si grave : l’électorat du coup peut continuer à se bercer d’illusions, à vaquer à ses occupations et à voter de façon traditionnelle ou à s’abstenir.

C’est une erreur, deuxièmement, parce que ce positionnement « conforme » laisse le champ libre au candidat de droite. Il suffira à celui-ci d’adopter quelques mois avant l’élection un discours « dur » sur les questions d’immigration et de sécurité ; il lui suffira d’en appeler à voter pour « la fermeté raisonnable » en rejetant le FN « ses excès, ses outrances et son irréalisme ». Les électeurs n’y verront que du feu et les protestations républicaines de la candidate frontiste n’y changeront rien : elle sera évincée dès le premier tour ou à l’issue du second. Le piège a déjà fonctionné en 2007 et 2012, le candidat de droite étant arrivé par deux fois 10 points devant celui du FN au premier tour. Il fonctionnera de nouveau probablement en 2017 et l’on voit déjà M. Sarkozy tester les grandes lignes de son futur discours de séduction à l’intention des électeurs tentés par le FN (voir sa dernière interview dans Valeurs Actuelles).

Ajoutons que le style personnel de Marine Le Pen, fort peu présidentiel (les décibels, les grands sourires, le manque de retenue, une certaine vulgarité morale et de comportement), constitue à lui seul un obstacle dirimant.

Plaçons nous cependant dans l’hypothèse d’une victoire frontiste. Imaginons ensuite qu’une fois élu le FN tienne ses promesses et applique son programme. Quel est donc ce programme, s’agissant du moins de la question de l’immigration, la seule qui compte, la seule vitale ? Arrêter l’immigration massive en la limitant à 10 000 par an. Renvoyer les clandestins et les délinquants. Assimiler ceux qui sont là de façon régulière, notamment en supprimant la double nationalité.

Que se passera-t-il donc si le FN applique le programme en question ? Sommés d’exercer une option, les actuels bi-nationaux choisiront la nationalité française. Les immigrés réguliers seront naturalisés, aussi massivement qu’ils le sont aujourd’hui. Les immigrés possédant déjà la nationalité ainsi que ceux qui sont en situation régulière resteront sur place. Leur démographie étant très supérieure à celle des Français de souche, ils deviendront progressivement majoritaires, même si le processus ralentira par rapport au rythme actuel (qui est de 200 000 entrées légales par an, auxquelles s’ajoutent probablement autant d’installations irrégulières ; et ce sans compter les 300 000 naissances annuelles dans la population d’origine immigrée).

Accessoirement la France continuera à s’islamiser puisque le FN considère que la religion des immigrés est compatible avec la république.

Résumons : l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen ne changerait pas grand-chose et ramènerait finalement au premier scénario examiné plus avant.

Reste l’hypothèse selon laquelle l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen déclencherait des oppositions violentes, provoquant une réaction en chaînes qui l’obligerait à aller bien au delà de son programme initial et créerait l’affrontement. On rejoindrait alors le scénario numéro 3.

 

  • L’hypothèse de la guerre civile ouverte

Le troisième scénario envisageable est celui d’un conflit armé ouvert et massif entre fractions de la population présentes sur le territoire français et européen. Dans le cadre d’un tel conflit civil ouvert, les affrontements pourraient mettre aux prises à la fois des Français de souche et des immigrés, les Français de souche entre eux, des immigrés entre eux.

Un tel conflit pourrait-il être provoqué par la réaction violente des autochtones confrontés à l’invasion en cours ? Comme nous le disions plus haut la chose est peu crédible : les Français n’ayant pas souhaité provoquer de rupture politique et ayant continué à voter depuis quarante ans pour les partis traditionnels, on ne voit pas ce qui pourrait les conduire à subitement s’insurger.

Trois facteurs différents, le cas échéant cumulables, pourraient cependant être à l’origine d’un scénario de ce type :

Une opposition violente à l’arrivée au pouvoir du Front national à l’issue d’une élection présidentielle pourrait entraîner une réaction en chaîne débouchant finalement sur un conflit civil ouvert et majeur. Nous avons signalé cette hypothèse précédemment.

On peut également songer à un affrontement ouvert déclenché par l’offensive d’ampleur d’une partie de la population immigrée souhaitant installer au plus vite un Etat islamique en Europe : vagues d’attentats d’une fréquence et d’une intensité croissantes, utilisation par les terroristes de tout le spectre des moyens envisageables… (Notons sur ce point que les divers assaillants ont eu recours jusqu’ici à des formes « traditionnelles » du terrorisme : armes à feu, couteaux, voitures lancées dans la foule. On peut craindre à l’avenir l’utilisation de nombreuses autres modalités de mise en œuvre aisée : personnes poussées sous les roues des métros ou des bus ; empoisonnement des plats servis dans les cantines ; incendies massifs et simultanés en des lieux choisis…).

Le changement d’échelle brutal de l’immigration pourrait aussi constituer un facteur déclenchant une réaction violente : les immigrés s’installent et naissent sur le territoire au rythme d’au moins 1000 par jour. Un triplement ou un quadruplement brutal pourrait provoquer des phénomènes de rupture.

Ce scénario du déclenchement d’une guerre civile ouverte ne nous paraît pas le plus probable. A examiner la liste des facteurs qui pourraient en être la cause, on voit cependant qu’il n’est pas absolument à exclure.

 

  • Pouvoir fort, remigration, remise en ordre

C’est le quatrième scénario envisageable. Un pouvoir fort se met en place, à la suite d’élections ou d’une autre manière. Le nouveau pouvoir se propose une remise en ordre. Réduire fortement la délinquance par la mise à l’écart durable des récidivistes et par le renvoi des délinquants étrangers. Sortir de l’UE et mettre en place, avec d’autres Etats volontaires, une Europe non mondialiste. Mettre fin à l’assistanat. Mettre en place un protectionnisme vis-à-vis des pays à bas coût. Et surtout procéder à l’arrêt de l’immigration et à une « remigration » massive.

La mise en place d’un tel pouvoir fort pourrait résulter de la survenance du scénario n°2 (arrivée au pouvoir du FN déclenchant une réaction en chaîne) ou du numéro 3 (contexte de guerre civile). Ce quatrième scénario interviendrait alors dans un second temps, comme un résultat de la crise déclenchée par les scénarios 2 ou 3.

Poursuivant notre exercice de prospective, imaginons l’arrivée de ce pouvoir fort, qui annonce ses intentions, décrète l’article 16 ou une mesure équivalente et se met à l’ouvrage sans délai ni détour. Deux questions se poseraient alors. Un tel pouvoir, une fois le moment de surprise passé, recueillerait-il le soutien ou du moins le consentement tacite de la majeure partie de la population de souche française ou européenne ? Un pouvoir fort issu d’une crise serait-il en mesure de la solder ou au contraire ne pourrait-il faire que l’aggraver ?  Laissons pour l’heure ces deux questions ouvertes.

Indiquons pour terminer que ce scénario nous apparaît comme bien moins probable que le premier.

**

Résumons. Le scénario le plus crédible nous paraît être le premier. Le deuxième est presque exclu et aurait de toute façon à peu près les mêmes conséquences que le précédent. Le troisième et le quatrième ne sont pas à écarter mais nous paraissent néanmoins peu probables.

Notons comme on le voit que ces scénarios ne sont pas exclusifs les uns des autres : ils pourraient se succéder, se combiner, s’imbriquer. Précisons également que nous nous contentons ici de nous livrer, en amateur, à un exercice de prospective, sans exprimer de souhait particulier ni en appeler à la réalisation de telle ou telle hypothèse. Cette liste de quatre scénarios fait-elle d’ailleurs le tour des solutions envisageables ? Rien n’est moins sûr. L’Histoire et ses ruses sauront peut être en inventer d’autres.

Une certitude toutefois, nous semble-t-il : c’est à un avenir bien sombre et troublé qu’il convient de se préparer. Que ceux qui pensent pouvoir miser sur le maintien durable d’une situation relativement stable et confortable perdent au plus vite leurs illusions. Rares seront les lieux, les moments et les situations où il restera possible dans un proche avenir, en France, en Europe et partout dans le monde, de jouir de la vie en cultivant son jardin.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 31/08/15

 

 

 

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