Pourquoi la classe dirigeante nous a trahis

Chronique de Paysan Savoyard

(n°134 – mars 2016)

 

L’immigration, qui placera bientôt les Européens de souche en minorité dans leurs propres pays et emportera par là-même la civilisation européenne, ne constitue nullement un phénomène subi. Elle a été voulue et organisée, depuis quarante ans, par une classe dirigeante unanime. Le constat vaut pour la France comme pour l’ensemble des pays d’Europe occidentale.

Alors pourquoi ? Pourquoi le choix d’une politique aussi improbable, aussi folle, aussi scandaleuse, qui trahit aussi évidemment les intérêts les plus vitaux des peuples européens ? Nous examinerons la question en nous centrant sur le cas de la France.

La politique immigrationniste est voulue par les différentes composantes de la classe dirigeante française. On peut en son sein distinguer quatre groupes dont les motivations immigrationnistes ne sont pas assises sur les mêmes bases mais qui, on le verra, se rejoignent sur l’essentiel. L’immigrationnisme peut être mercantile, idéologique, opportuniste ou carriériste.

 

  • L’immigrationnisme mercantile

Au début des années soixante, les dirigeants des grandes entreprises étaient confrontés à la nécessité d’augmenter fortement la production pour faire face à la croissance élevée de la demande : on se trouve alors dans le cycle des trente glorieuses. Le patronat pouvait choisir de procéder à des investissements dans la robotisation, rendus possibles par le progrès technique (électronique, informatique…). Il a préféré avoir massivement recours à une main d’œuvre de travailleurs immigrés. C’est ainsi que les recruteurs des entreprises françaises se sont rendus dans les pays du Maghreb en particulier, pour inciter une partie de la population masculine à émigrer.

Cette politique avait pour le patronat français deux intérêts. Elle évitait d’une part le financement d’investissements technologiques coûteux. Elle permettait d’autre part d’exercer une pression à la baisse sur les salaires pratiqués en France. Compte tenu des forts taux de croissance en effet, la population active était intégralement occupée et le chômage réduit à son niveau frictionnel : les salariés français auraient donc pu se trouver en position de force pour exiger des salaires plus élevés. L’immigration de travail est venue les priver de cette situation favorable.

Les taux de croissance de l’économie n’ont désormais plus rien de commun avec ceux des trente glorieuses et ce depuis le milieu des années soixante-dix : les avantages de l’immigration pour le patronat n’en subsistent pas moins.

Au milieu des années soixante-dix, face à la montée du chômage, le gouvernement a réduit très fortement l’immigration de travail « officielle ». Mais il a dans le même temps décidé d’autoriser le regroupement familial : cette immigration familiale va être à l’origine d’une immigration de travail de fait puisque ses bénéficiaires occuperont souvent un emploi (prenons l’exemple de la femme du travailleur immigré venue dans le cadre de l’immigration familiale et qui devient femme de ménage). L’immigration massive que le regroupement familial a déclenchée va provoquer une augmentation constante de la population active, laquelle viendra alimenter le chômage. Le niveau élevé du chômage, qui place les demandeurs d’emploi en position de faiblesse, permet, là encore, aux employeurs de pratiquer des salaires et des conditions d’emploi moins favorables aux salariés.

Le patronat constitue un monde fortement diversifié, qui comprend aussi bien les dirigeants de grands groupes multinationaux que les patrons des entreprises artisanales de petite taille : mais tous ont intérêt à l’immigration.

Il est vrai que dans de nombreux secteurs d’activité, les employeurs n’ont désormais plus le choix et ne peuvent plus recruter d’autres personnes que des immigrés. Les politiques conduites depuis quarante ans (présence forte des immigrés dans de nombreux secteurs ; salaires faibles dans ces mêmes secteurs ; possibilité de s’installer dans l’assistanat) ont en effet détourné la population « de souche » des emplois manuels et d’exécution. Ces emplois sont aujourd’hui, dans les villes du moins, occupés en quasi-totalité par des personnes issues de l’immigration.

Le patronat et les pouvoirs publics ont mené également d’autres politiques qui, comme l’immigration, visaient à limiter les coûts. Comme l’immigration, ces politiques ont nuit gravement aux intérêts de la majorité de la population française (et à celle d’autres pays européens comparables).

Ils ont d’abord procédé à la délocalisation d’une partie importante des emplois dans les pays à bas coût : la plupart des emplois industriels ainsi que des emplois de service ne nécessitant pas une présence physique sur le territoire ont été délocalisés. Cette politique de délocalisation a été rendue possible par deux décisions prises dans les années quatre-vingt : accentuation de la politique de baisse des droits de douane ; libéralisation des mouvements internationaux de capitaux.

La classe dirigeante européenne a également procédé à la « construction européenne » c’est-à-dire à la réalisation d’un marché européen sans frontières. La construction européenne concernait initialement six pays de niveau de développement comparable. L’élargissement à des pays économiquement moins développés et le passage à vingt-huit membres ont permis d’organiser des délocalisations internes à l’Union européenne dans les pays européens à bas coût. Dans les pays comme la France, ce deuxième mouvement de délocalisation, intra-européen celui-là, est venu renforcer et consolider le chômage.

Enfin la classe dirigeante a organisé le « détachement », en France et dans des pays européens comparables, de travailleurs immigrés originaires des pays européens à bas coût. Les travailleurs détachés sont payés comme s’ils étaient employés dans leur pays. Le coût faible de cette main d’œuvre exerce là encore une pression à la baisse sur les salaires et évince les salariés et artisans français. Comme l’immigration, la pratique des détachements constitue en quelque sorte une « délocalisation importée ».

Ces différentes politiques sont cohérentes entre elles et font application des règles qui sous-tendent l’économie de marché. Celle-ci vise en effet un marché mondial sans frontières, où les capitaux, les hommes et les marchandises circulent librement, permettant à la concurrence, principe cardinal de l’économie de marché, de s’exercer avec l’intensité maximale : concurrence entre entreprises ; concurrence entre pays faisant valoir leurs avantages comparatifs ; concurrence entre travailleurs, les moins disant d’entre eux captant les emplois disponibles.

Ces politiques ont réduit considérablement les coûts de production des entreprises et fortement enrichi leurs propriétaires et dirigeants. Ont également profité de cette situation la partie de la société française qui gravite dans l’entourage des dirigeants et profite de son pouvoir d’achat (professions libérales, commerçants, cadres supérieurs ; relevons d’ailleurs que ces catégories sont les plus favorables à l’immigration et à la mondialisation). Ces politiques ont en revanche fortement dégradé la situation de la partie majoritaire de la société française (chômage, fiscalité élevée pesant sur la classe moyenne, régimes de retraite progressivement moins favorables…).

On voit par-là que les intérêts de la classe dirigeante économique et ceux de la majorité de la population ont désormais radicalement divergé. A la faveur de ces politiques, les patrons et principaux dirigeants de l’économie se sont d’ailleurs fondus en une classe dirigeante mondialisée, ayant rompu les liens d’appartenance avec les pays d’origine.

Revenons à l’immigration : de même que les autres politiques que nous avons recensées, elle a constitué pour les propriétaires et dirigeants des entreprises un moyen d’enrichissement considérable. C’est là, en effet, que réside la motivation immigrationniste de cette première catégorie de la classe dominante : l’appât du gain, le lucre, la rapacité brute.

 

  • L’immigrationnisme idéologique

Les motivations des immigrationnistes idéologiques ne sont pas de même nature que celles des mercantiles, même si elles poursuivent le même objectif : construire un monde sans frontières. Les raisons des immigrationnistes idéologiques sont à rechercher dans l’histoire moderne de la France, la révolution française en particulier.

Les révolutionnaires ont entendu fonder une société radicalement différente de la société traditionnelle. Dans la société traditionnelle l’individu, s’il n’est pas dépourvu de liberté, est avant tout au service des groupes hiérarchisés auxquels il appartient (famille, paroisse, royaume, chrétienté) et subordonné à l’autorité de la tradition, la tradition religieuse en premier lieu. Au contraire la société moderne promeut l’individu, libre de toute appartenance, dégagé de la tradition, échappant à toute hiérarchie préétablie. Cette conception amène naturellement à l’immigrationnisme.

Les « modernes » (ou « républicains », les deux mots étant synonymes), après avoir abattu l’ancien régime, sont au pouvoir depuis deux cents ans. Ils sont immigrationnistes pour quatre raisons. La première découle du primat que la modernité accorde à la liberté. Dans la conception moderne, l’individu est libre de toute allégeance et appartenance : il ne relève pas plus d’un pays que d’un autre et doit être libre d’aller et venir. Les frontières nationales n’ont donc pas de légitimité.

La deuxième raison est liée à l’égalité, autre principe essentiel des sociétés modernes. Les individus étant égaux, il n’est pas légitime que certains, protégés par leurs frontières,  profitent des richesses du pays où ils sont nés par hasard, tandis que d’autres restent à l’écart : l’immigration et la libre circulation doivent permettre à chacun de jouir des richesses là où elles se situent et d’égaliser les conditions.

L’immigrationnisme a un troisième fondement. Les modernes sont convaincus de ce que les valeurs qu’ils ont instituées ont une portée universelle. Il en résulte une conception universaliste d’un monde sans frontières, peuplé de « citoyens du  monde ».

La dernière raison pour laquelle les modernes sont immigrationnistes est moins dicible. La révolution française a été violemment anti chrétienne : en favorisant l’arrivée d’immigrés, dont la majorité sont musulmans, les modernes ont l’ambition d’abaisser encore davantage la religion catholique, leur ennemi privilégié.

Les modernes s’efforcent depuis deux cents ans d’éradiquer ce qui subsiste de la société traditionnelle. Ils viennent de mener un combat victorieux pour le mariage et la parentalité homosexuelles, dans le but de fragiliser encore un peu plus l’institution traditionnelle fondamentale qu’est la famille. L’immigration constitue cependant leur levier d’action majeur. Ils tiennent avec elle le moyen de placer en position de faiblesse irréductible la population qu’ils détestent et qui, trop souvent, a tendance à résister aux conceptions modernes : les gens du peuple et de la classe moyenne, blancs, franchouillards, encore attachés à certaines valeurs traditionnelles.

Au sein de la classe dirigeante, le camp des immigrationnistes idéologiques n’est pas constitué que des héritiers de la révolution : les républicains militants, francs-maçons et autres libres penseurs ; les libéraux-libertaires ; les communistes. On y trouve également, paradoxalement, les dirigeants des différentes religions.

Les protestants sont ainsi fortement investis dans la promotion de l’immigration et l’aide aux immigrés, à travers différentes associations influentes qui leur sont rattachées et par le biais de membres de leurs communautés bien représentés dans les lieux de pouvoir. Le protestantisme promeut une conception individualiste de la religion : l’individu entretient avec Dieu une relation directe et personnelle et c’est à titre individuel qu’il reçoit de lui la Grâce. Cette manière de voir se marie sans difficulté avec la conception individualiste des modernes. Il est une autre raison à l’immigrationnisme des protestants : l’immigration est pour eux un moyen de prendre leur revanche sur la religion catholique majoritaire, qui les a dans le passé combattus et pour partie chassés.

Les représentants et de nombreux membres influents de la communauté juive sont également favorables à l’immigration et engagés activement dans l’immigrationnisme et ses organes de propagande et de promotion de l’immigration. L’immigrationnisme est, pour les juifs, cohérent avec leur conception d’un monde nomade et cosmopolite.

L’église catholique est, elle aussi, engagée sans réserve dans l’immigrationnisme : ses responsables, ses prêtres, ses cadres laïcs, la grande majorité de ses pratiquants… Ces catholiques considèrent que l’immigrationnisme est une conséquence directe des préceptes évangéliques : l’accueil de l’Etranger, l’amour de l’Autre, l’oubli de soi, le partage de ses biens, l’attention aux plus pauvres, l’angoisse de la culpabilité, fardeau omniprésent légué par le péché originel… Ces catholiques ce faisant adoptent une lecture selon nous erronée de l’Evangile, mais celle-ci est malheureusement largement majoritaire au sein de l’Eglise.

Il est piquant de constater que les catholiques communient dans cette nouvelle religion  immigrationniste avec leurs pires ennemis que sont les capitalistes sans foi ni loi, les républicains anticléricaux, les protestants et bien entendu les musulmans. De même on peut relever avec ironie que l’Eglise désigne comme ennemi principal un parti politique, le Front National, qui s’est placé sous le patronage de Jeanne D’Arc, sainte de l’église catholique. Incarnation du mal aux yeux des catholiques conciliaires, le FN est aussi le seul parti politique qui, pendant des décennies, avec Jean-Marie Le Pen, ouvrait ses réunions de congrès par une messe ! « Idiots utiles » de l’immigrationnisme, les catholiques en seront sans nul doute, avant qu’il soit longtemps, les premières victimes.

 

  • L’immigrationnisme opportuniste

Au sein de la classe dirigeante, il convient de réserver un sort particulier aux responsables et cadres du parti socialiste. Un certain nombre d’entre eux sont des immigrationnistes idéologiques : la Franc-maçonnerie par exemple est bien représentée au sein de ce parti. Mais c’est une autre cause qui explique le mouvement d’ensemble immigrationniste effectué par le PS au début des années 80.

Lorsqu’il parvient au pouvoir en 1981, le parti socialiste est anticapitaliste. Il a signé avec les communistes un programme commun. Un de ses leaders, M. Chevènement, ministre et proche de Mitterrand, défend la rupture d’avec le capitalisme en 90 jours. Dès 1982 pourtant, le PS au pouvoir opère un tournant radical et s’aligne sur les politiques et les conceptions libérales pratiquées dans les autres pays européens. Dans le même temps un certain nombre de dirigeants socialistes sont mis en cause et pour certains condamnés dans des affaires de corruption. Certains de ces dirigeants sont riches. Tous profitent sans honte des avantages matériels du statut de politicien et d’élu professionnel.

Les socialistes se sont trouvés dès lors placés devant cette difficulté : comment rester les leaders du « camp du Bien » après avoir procédé à un aggiornamento aussi radical ? Comment continuer à incarner les valeurs du Progrès en ayant décidé de se couler dans le moule libéral ? Comment éviter d’être trop ouvertement accusés de reniement et de trahison alors que déjà certains observateurs ne se privaient pas de brocarder la « gauche caviar » ? L’immigration leur a apporté la solution. Appartenir au camp du Bien, du Progrès et des Valeurs humanistes ne conduit plus à se préoccuper avant tout du sort des travailleurs et des gens du peuple. Etre de gauche signifie désormais soutenir l’immigration, promouvoir la diversité, la mixité, le métissage et le vivre ensemble, se montrer solidaires de tous « les damnés de la terre », d’autant plus dignes d’intérêt qu’ils viennent de loin et font valoir leur différence.

Cette posture nouvelle des socialistes, à la fois libérale et immigrationniste, a eu pour inconvénient de faire basculer la partie populaire de l’électorat de gauche vers le FN. Mais elle a du moins permis aux socialistes de conserver leur rang à la tête des forces de Progrès et, jusqu’à présent du moins, l’essentiel de leurs positions de pouvoir.

Résumons d’un mot. L’apparatchik socialiste type n’est pas nécessairement immigrationniste par conviction. Il l’est du moins par opportunisme, sa trajectoire au sein de l’appareil du parti et de l’Etat en dépendant directement.

 

  • L’immigrationnisme carriériste

La dernière catégorie de la classe dirigeante se place au service de l’immigrationnisme par intérêt carriériste. Les immigrationnistes carriéristes forment la catégorie la plus nombreuse des quatre examinées ici. Ils n’occupent pas de position supérieure dans l’économie, l’appareil d’Etat ou les autres arcanes de la société. Ils ne sont pas ministres, patrons du CAC 40,  directeurs de grands journaux ou intellectuels organiques : ces postes sont occupés par les membres des trois autres groupes.

Mais ils ne sont pas non plus de simples exécutants. Les carriéristes dont nous parlons ici sont toutes ces personnes qui occupent des positions intermédiaires : cadres de la fonction publique, élus locaux de base, journalistes tout venant, magistrats, universitaires… Si elles ne sont pas au sommet de la hiérarchie, ces personnes détiennent cependant des positions déterminantes. Les organes et les institutions ne pourraient fonctionner sans elles. Que pourrait faire un ministre, par exemple, si sa politique n’était pas relayée par les cadres de ses services ? Que pèserait un intellectuel si ses thèses n’étaient pas diffusées et vulgarisées au quotidien par les enseignants et les universitaires ?

Ces cadres intermédiaires sont nécessairement immigrationnistes, pour se conformer aux orientations fixées par leurs patrons et employeurs. A l’instar des opportunistes socialistes, ils ne le sont pas nécessairement par conviction. Intelligents et informés, ils ne peuvent ignorer que la réalité de l’immigration et de ses conséquences ne correspond que d’assez loin à ce qu’affirme la propagande de la classe dirigeante. Mais ils ne peuvent marquer aucune distance avec les principales orientations du Système, ni faire état d’aucun doute en public, sauf à mettre leur carrière en danger immédiat.

Ils n’expriment également aucune réserve en privé. S’ils le faisaient, ils se verraient reprocher par leur entourage de ne pas mettre en accord leurs analyses et leurs actes. Ils passeraient également à leurs propres yeux pour des menteurs et des lâches. Aussi ne s’autorisent-ils aucune distance critique.

C’est pourquoi également ils refusent le plus souvent tout dialogue avec des contradicteurs et se montrent fréquemment intolérants et agressifs : leur carrière mais également leur statut social, leur santé psychologique et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes sont à ce prix.

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Nous voici donc placés devant une situation historique sans doute unique. Il y a toujours eu des dirigeants incapables ou dépassés. De même l’Histoire a conservé le souvenir de ces rois fous, conduits par faiblesse à pactiser avec l’ennemi ou de ces chefs félons qui ouvraient la porte de la cité aux envahisseurs. Mais là il s’agit d’autre chose : c’est cette fois l’ensemble de la classe dirigeante qui, depuis des décennies, de façon délibérée, concertée, assumée, trahit. Il s’agit probablement là d’une situation sans précédent.

Or le sort d’une nation repose avant tout sur la partie supérieure de la pyramide sociale. Les vertus du peuple sont une chose nécessaire. Mais le peuple le plus vertueux et le plus courageux ne peut rien si ses chefs le trahissent.

En suscitant et en organisant l’immigration de masse, la classe dirigeante a mis en œuvre une politique qui relève de la haute trahison. Si l’on se situait toujours dans le système de valeurs qui a prévalu pendant des millénaires et qui s’imposait il y a encore cinquante ans, la classe dirigeante toute entière aurait vocation à être jugée et les principaux responsables pendus./.

 

Chronique de Pierre Desavoye parue sur France Le Magazine en mars 2016

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