Immigrationnisme et théorie du complot

Chronique de Paysan Savoyard

(n°135 – avril 2016)

 

Lorsqu’elle prétend rechercher le bien commun, il paraît hors de doute que la classe dirigeante ment et nous trompe : c’est son intérêt propre qu’elle poursuit, le plus souvent au détriment du plus grand nombre.

Elle ne cherche pas, par exemple, à lutter contre le chômage : elle l’a provoqué et le maintient délibérément à un niveau élevé. Les délocalisations, source majeure du chômage, ont ainsi permis de réduire considérablement les coûts salariaux. Le chômage a pour autre avantage de placer en position de fragilité les salariés qui conservent un emploi en France et en Europe, au bénéfice des propriétaires des entreprises.

Elle ne cherche pas à combattre l’insécurité : elle la tolère et l’entretient. Elle juge en effet qu’un niveau élevé d’insécurité installe avantageusement la population dans une situation de faiblesse psychologique, d’inhibition et de soumission au pouvoir.

Elle ne cherche pas à réguler l’arrivée des immigrés. Elle a tout au contraire décidé de provoquer l’immigration et l’invasion de l’Europe, pour aboutir à son objectif stratégique : un monde sans frontières.

Pour se défendre de ces mises en cause, l’oligarchie et ses serviteurs affirment que ces accusations relèvent de la « théorie du complot ».

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La dénonciation de la « théorie du complot » vise à discréditer les adversaires du Système par le mécanisme suivant. On sait qu’il existe une propension de certains individus, déséquilibrés ou soucieux de publicité, à mettre en doute systématiquement les vérités communément admises et à dénoncer à tout propos un complot de puissances occultes cherchant à dissimuler la vérité. Dès que survient un événement d’ampleur (l’accident d’un avion, une victoire sportive, une grande découverte scientifique…) il y a toujours  des gens pour prétendre qu’il a été fabriqué de toutes pièces. Dans le même registre délirant, on lit en ce moment des articles mettant en doute la paternité de Shakespeare sur ses œuvres. On nous avait servi les mêmes soupçons il y a quelques années à propos de Corneille et de Molière.

En les assimilant aux auteurs de ces soupçons systématiques et farfelus, le Système cherche à discréditer ses contradicteurs.

Il ne suffit pas pour autant de dénoncer « la théorie du complot » pour faire tomber comme par magie les arguments des adversaires du Système. Les complots et les manipulations, en effet, sont bien des réalités qui peuvent exister.

Par exemple des complots anarchistes ont marqué en France le début du 20e siècle. Au sein du régime nazi plusieurs complots ont visés à éliminer Hitler. A l’issue de la guerre d’Algérie des complots de l’OAS ont été ourdis contre De Gaulle. C’est probablement dans le cadre d’un complot que l’assassinat de Kennedy a été décidé. La CIA a été mise en cause pour être à l’origine de multiples complots partout dans le monde. Affirmer l’existence d’un complot n’est donc pas en soi une assertion ridicule.

Mais si la dénonciation de « la théorie du complot » tombe à plat c’est pour une autre raison. La classe dirigeante mène des politiques qui nuisent aux intérêts vitaux des peuples européens : chaque jour qui passe rend la chose plus évidente…. Mais personne ne prétend qu’il y ait complot.

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Qu’est-ce en effet qu’un complot ? Un complot présente trois caractéristiques.

Un complot suppose le secret : c’est même sa caractéristique principale. Or les politiques mondialistes et immigrationnistes sont parfaitement publiques.

La politique de mondialisation a ainsi donné lieu à des décisions prises publiquement par les gouvernements européens et occidentaux, décisions maintes fois confirmées et réitérées : baisse des droits de douanes ; libération des mouvements internationaux de capitaux ; réalisation d’un marché commun européen ; construction progressive d’un monde sans frontières économiques.

Il en est de même pour la politique immigrationniste. Elle donne lieu à des décisions connues de tous, prenant souvent la forme de lois et provoquant des débats relayés par les médias : regroupement familial, droit du sol, naturalisations…

De même ces politiques engendrent une abondante littérature administrative (rapports, études…) accessible au public.

Les cercles de décision au sein desquels sont discutées et arrêtées les grandes orientations mondialistes et immigrationnistes ont une existence parfaitement connue : les organisations internationales (sessions de négociation de l’OMC, réunions du Conseil de l’Union européenne…) ; les clubs et séminaires (Davos, Bilderberg, Le Siècle…) ; les programmes américains de formation des élites étrangères (Young Leaders…).

Non seulement ces politiques et ces décisions ne sont pas secrètes, mais elles font l’objet d’une propagande intense et permanente de la part des agents du Système (politiciens, médias, intellectuels, experts, gens de culture…).

Nul secret donc dans la conduite de ces politiques. Et nul complot dès lors.

Un complot suppose, deuxièmement, l’existence d’un groupe restreint de comploteurs : rien de tel avec les politiques mondialistes et immigrationnistes. Elles ne sont pas conduites par un petit groupe mais au contraire par l’ensemble de la classe dirigeante du monde occidental. Cette classe dirigeante s’est même constituée en une uper class mondialisée, sous leadership américain.

En France par exemple la totalité de la classe dirigeante est soit mondialiste, soit immigrationniste, soit le plus souvent les deux.

Le complot enfin, c’est sa troisième caractéristique, doit être destiné à prendre le pouvoir.

Or les promoteurs du mondialisme et de l’immigrationnisme n’ont pas cette ambition, et ce pour une raison fort simple : c’est à eux que le pouvoir appartient d’ores et déjà.

Ce pouvoir est complet, absolu, tentaculaire. Ils possèdent les entreprises et les banques, les lieux du pouvoir politique et administratif, les médias, les lieux de culture. Par la propagande médiatique ils s’efforcent de maîtriser les esprits et les comportements. Leur pouvoir est total. Ils n’ont qu’à se préoccuper de le garder.

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Concluons. La dénonciation de la « théorie du complot » fait partie des « éléments de langage » utilisés par le Système. Il s’agit là d’une des pièces de sa rhétorique destinée à créer le doute, l’ambiguïté, la confusion, d’un des outils de sa propagande visant à déplacer le débat, à noyer le poisson, à s’efforcer de montrer que ce qui est vrai est faux et inversement.

Le mondialisme, l’immigrationnisme et la disparition des frontières, nous en convenons tout à fait, ne résultent pas d’un complot. La réalité est plus simple. Il n’y a pas de complot. En revanche il y a bel et bien un projet.

 

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