Trump contre Clinton : les Etats-Unis resteront-ils un pays majoritairement blanc et anglo-saxon ?

Chronique de Paysan Savoyard

(n°138 – mai 2016)

 

  • Trump contre Clinton : les Etats-Unis resteront-ils un pays majoritairement blanc et anglo-saxon ?

Trump sera donc le candidat des Républicains. L’establishment du parti voulait promouvoir l’un des siens, Bush par exemple, frère de l’ancien président. Ces dernières semaines il s’était rabattu sur le candidat ultra conservateur, Cruz, qu’il détestait pourtant. Mais c’est Trump le milliardaire populiste qui l’a emporté.

Les adversaires du match de novembre sont désormais connus. D’un côté Clinton sera soutenue, comme avant elle Obama, à la fois par les patrons les plus puissants de Wall Street (Apple, Microsoft…) et par les minorités (les Noirs, les Hispaniques). De l’autre, Trump sera le candidat de la classe moyenne blanche, encore majoritaire mais en perte de vitesse accélérée, menacée à la fois par la mondialisation et par l’immigration hispanique.

L’opposition des deux candidats portera notamment sur les affaires étrangères, Trump ayant pris position pour une politique moins interventionniste que celle suivie par les Etats-Unis ces dernières décennies. Mais l’enjeu majeur de cette élection est ailleurs : les Etats-Unis resteront-ils un pays majoritairement blanc et anglo-saxon ?

L’élément clé est donc le même que de ce côté-ci de l’Atlantique, où ce qui se joue est similaire : la France et l’Europe resteront-ils des pays majoritairement blancs et de culture chrétienne ?

 

  • Front national : la ligne Philippot dominatrice… et pourtant minoritaire

Suite logique de l’exclusion de Jean-Marie Le Pen, ce sont maintenant ses proches qui sont évincés de leurs responsabilités au sein du Front national, au premier rang desquels Bruno Gollnisch son ancien bras droit. Le prétexte a été fourni par leur participation  à une manifestation autour de la statue de Jeanne d’Arc organisée par Jean-Marie Le Pen. Il est vrai que le numéro 2 du FN, M. Philippot, avait été clair à plusieurs reprises : tous ceux qui marqueront leur distance avec la ligne choisie par la direction du parti seront exclus.

Cette ligne tient en deux affirmations majeures. Sur le plan économique et social la position du FN est souverainiste et antilibérale. Sur l’immigration, passée au second plan dans le discours du FN,  la direction du parti a adopté une position strictement républicaine qui est en substance la suivante : « les immigrés qui s’intègrent et adhérent aux valeurs de la république appartiennent pleinement à la communauté nationale ».

Paradoxalement la « ligne Philippot » est à l’évidence très minoritaire, aussi bien chez les militants que chez les électeurs du FN. La plupart de ceux qui militent au FN et qui votent et voteront pour lui ne sont pas nécessairement en désaccord avec les positions souverainistes et antilibérales de la direction du parti : mais ils considèrent que les questions économiques, sociales et de souveraineté sont secondaires. S’ils votent FN c’est pour une raison majeure : l’immigration.

La plupart des militants et électeurs du FN considèrent que la France et l’Europe, si elles veulent conserver leur identité, ne peuvent plus accueillir d’immigrés supplémentaires et continuer à supporter l’invasion migratoire. Ils sont favorables à l’arrêt de l’immigration et au départ d’une partie des immigrés déjà présents. Ils se sentent bien plus en phase avec le courant « identitaire » du FN, et sans doute avec Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch, qu’avec la direction du parti.

M. Philippot et Marine le Pen croient que la montée du FN dans les urnes et dans les sondages résulte de leurs choix stratégiques et confirme la justesse de leur ligne. C’est à l’évidence une erreur. Ce sont bien entendu les événements qui surviennent (attentats, délinquance, islamisme, réfugiés…) qui expliquent la montée des intentions de vote FN. Dans le même temps, au lieu de les mettre en exergue et de s’en servir de levier, la direction du parti s’attache à reléguer au second plan tous ces faits qui confirment pourtant de façon éclatante la justesse des analyses du FN depuis maintenant quatre décennies.

Disons les choses autrement : le FN progresse en dépit de ses positions sur l’euro et les questions de souveraineté, qui sont parfaitement hermétiques pour la plupart des électeurs. C’est malgré M. Philippot que le FN améliore ses scores : et c’est M. Philippot qui a le pouvoir ! Jusqu’à quand ce paradoxe ?

 

  • Lesbos : le pape argentin enterre l’Europe

Le pape s’est rendu à Lesbos, y a lavé les pieds de migrants et ramené avec lui au Vatican des familles réfugiées musulmanes. Le pape confirme ainsi par des actes ses prises de position récentes (mars 2016) : il constate que l’Europe est envahie mais considère qu’il ne s’agit pas pour autant d’un phénomène négatif.

Les positions papales ne sont pas dénuées de logique : le christianisme étant pour les chrétiens une religion universelle, le pape raisonne à l’échelle de la planète et ne se sent pas attaché au sort d’une région du monde plutôt qu’à une autre. Il constate d’autre part que le christianisme est dynamique en Afrique et en Amérique Latine alors qu’il décline en Europe, gagnée par l’idéologie moderne, athée et individualiste.

Le pape commet ce faisant une erreur d’analyse, à l’instar de l’Eglise dans son ensemble depuis des décennies (Vatican II). S’il est d’origine orientale, c’est en effet en Europe que le christianisme s’est implanté et développé. Le christianisme est devenu la religion de l’Europe, sans doute parce qu’il correspondait aux aspects fondamentaux de la culture et de la mentalité européennes (on peut ainsi identifier chez Platon par exemple des éléments importants proches de ce que l’on trouvera plus tard dans l’Evangile).

Le Pape se trompe en pensant que l’avenir du christianisme est ailleurs qu’en Europe. Benoît XVI était mieux avisé :  il s’adressait avant tout aux Européens, dont il était lui-même, et leur rappelait que le mariage de la Raison grecque et de la Foi chrétienne constitue le fondement de leur civilisation.

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Un commentaire sur “Trump contre Clinton : les Etats-Unis resteront-ils un pays majoritairement blanc et anglo-saxon ?

  1. En même temps ces blancs anglo-saxons sont sur la terre des indiens d’Amérique, qu’ils ont volé et massacré ( du moins leurs ancêtres ), ont fait leur fortune sur le dos des noirs ( qui n’avaient rien demandé ) qu’ils ont ghettoisés avant de les abreuver de drogues pour leur éviter tout ascenceur social, et ils rejettent les mexicains qui eux descendent des peuples autochtones…alors ils n’ont qu’à aller reconquérir l’Irlande; l’Angleterre, l’Allemagne et ficher la paix aux arabes au lieu de les piller et les massacrer ( enfin leur gouvernement )

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