« Pays bas » n’a pas encore perdu

Chronique de Paysan Savoyard

(n°150 – septembre 2016)

 

De l’avis général, y compris dans son propre camp, F. Hollande est le président le plus médiocre que la cinquième république ait jusqu’ici connu. Davantage de chômage, davantage d’impôts, davantage d’attentats, davantage d’immigrés : son bilan apparaît pire encore que celui de son prédécesseur.

L’un des sobriquets dont une fois élu il a été rapidement affublé, « Monsieur pays bas », s’est révélé tout à fait adapté. Reflet de cette situation, sa popularité se situe à un niveau de faiblesse record pour un président en exercice : depuis près de deux ans à 14 %. Loin devant ou plutôt derrière tous les autres.

Et pourtant Hollande, qui sera évidemment candidat, n’a pas encore perdu l’élection présidentielle.

 

  • Si le candidat Républicain est seul de son camp, Hollande sera ridiculisé

Hollande perdra, de toute évidence, s’il trouve face à lui un candidat unique de droite investi par Les Républicains, que ce candidat soit Juppé, Sarkozy ou un autre. Dans ce cas F. Hollande sera balayé dès le premier tour, largement devancé à la fois par ce candidat de droite et par Marine le Pen.

Il sera battu dès le premier tour même s’il est le seul candidat à gauche. S’il y a plusieurs candidats, ce qui est la situation la plus probable (seront en lice probablement au moins un candidat trotskyste, un écologiste, Mélenchon et sans doute Macron, à ce que l’on comprend), le score de M. Hollande sera alors spectaculairement faible : les électeurs écolo et d’extrême gauche préfèreront en effet faire exister leur courant plutôt que de se rassembler au premier tour derrière un candidat discrédité et donné d’emblée perdant. Les électeurs de la gauche de la gauche ne voteront pas non plus pour Macron, le fondé de pouvoir de Rothschild : en revanche celui-ci captera sans conteste une partie des voix qui auraient pu se porter sur Hollande.

Hollande pourrait donc réaliser un score historiquement bas, loin derrière le candidat de droite et la candidate du FN.

 

  • L’hypothèse probable du match à quatre

Il existe cependant un autre scénario : celui qui verrait MM. Juppé et Sarkozy s’affronter au premier tour. Cette hypothèse d’une présence de deux candidats des Républicains au premier tour nous paraît probable.

Dans le cas où Juppé serait désigné à l’issue de la primaire de la droite, Sarkozy sera contraint de s’incliner parce qu’il sera dépourvu de motif pour contester la victoire de son adversaire. Mais ce cas de figure est peu envisageable : Sarkozy avait pris la présidence du parti pour pouvoir organiser et gagner la primaire et il emploiera tous les moyens pour ce faire.

Dans le cas probable où Sarkozy serait désigné à l’issue de la primaire, il y a alors de fortes chances que Juppé se porte candidat contre lui au premier tour de la présidentielle. Pourquoi ? D’abord parce que Juppé n’a rien à perdre : compte tenu de son âge, 2017 est sa dernière chance de participer à une présidentielle. Ensuite parce qu’il disposera d’un argument puissant pour justifier sa candidature : il lui suffira d’affirmer que Sarkozy a profité de sa position à la tête du parti pour organiser une fraude massive et truquer la primaire. Qu’elle soit fondée ou non, cette accusation sera ressentie par tous comme parfaitement crédible : elle suffira en elle-même à donner à M. Juppé une image de « chevalier blanc » et à légitimer sa candidature.

Juppé sera candidat troisièmement parce que sa candidature empêchera celle de Bayrou, qui évolue sur le même champ politique (Bayrou en revanche serait à l’évidence candidat si Sarko se trouvait être le seul représentant des Républicains).

Juppé se présentera pour une dernière raison, la plus forte : il sait que même en cas de pluralité de candidatures Républicaines, il dispose de chances raisonnables d’emporter l’élection présidentielle.

Le scénario le plus probable est donc celui-ci : Hollande, Macron, Juppé et Sarko s’affronteront au premier tour.

 

  • Avantage Juppé, mais Hollande peut encore espérer

Dans cette hypothèse, Juppé est en position favorable. Il bénéficiera d’abord du fait que Sarkozy est désormais rejeté par une partie de l’électorat de droite. Il pourra recueillir également une partie des voix des électeurs de gauche, qui préfèreront miser sur lui plutôt que sur Hollande, trop impopulaire, pour barrer la route à Sarkozy. Quant à Macron, qui s’adresse comme lui à l’électorat centriste, Juppé devrait le dominer. En ces temps troublés, l’âge et l’expérience de Juppé peuvent rassurer, tandis que la jeunesse et l’ambition trop voyante de Macron constituent plutôt, nous semble-t-il, des handicaps.

Mais, si Juppé dispose des meilleurs atouts, ce match à quatre donne tout de même certaines chances à M. Hollande. Mme Le Pen devrait emporter autour de 30 % des suffrages. Compte-tenu du bon score probable de Mélenchon, les candidats d’extrême gauche, écologistes et divers devraient à obtenir au moins le même score qu’en 2012 et pourraient donc capter à eux tous entre 17 et 20 % des voix. Hollande, Macron, Juppé et Sarko auraient donc à se partager environ 50 points.

Il est probable dans ce cas qu’aucun des quatre candidats ne dominera nettement les trois autres. Il est peu envisageable également que l’un d’entre eux soit nettement distancé. Sarko disposera des votes de la droite dure. Hollande du vote du noyau dur du PS. Juppé et Macron se partageront le vote centriste, chacun d’eux disposant d’atouts personnels qui devraient les prémunir l’un et l’autre contre l’effondrement.  Chacun des quatre candidats devrait donc obtenir un score comparable. La qualification pour le second tour se jouera dès lors aux alentours de 13 %, ce qui constitue pour M. Hollande, en dépit de son extrême impopularité, un score atteignable. Ce seuil de qualification au second tour se situe en effet au niveau auquel M. Hollande s’est stabilisé dans les sondages et correspond au noyau dur de l’électorat socialiste, qui restera probablement acquis à M. Hollande, candidat légitime du PS et président sortant.

Dans ce contexte, la candidature probable de Macron n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour M. Hollande. Macron lui prendra des voix, certes, mais il en captera au moins autant dans l’électorat de droite, qui sera forcément séduit par son programme libéral.

Au sein de la gauche, Hollande, entre Mélenchon et Macron, se retrouvera d’autre part dans une position centrale de type mitterrandien, sur laquelle il jouera en faisant valoir que sa candidature correspond au point d’équilibre souhaitable.

Le faible niveau du score de qualification pour le second tour décuplera enfin l’importance de la campagne électorale et donnera des opportunités aux plus habiles et aux plus manœuvriers. M. Hollande, en dépit de tout, conserve donc encore quelques chances.

 

  • Le second du premier tour sera premier au second

Le second tour mettra très certainement aux prises le premier de ces quatre candidats et Mme le Pen. La participation de celle-ci au second tour est en effet presque assurée. Il est même probable qu’elle sortira largement vainqueur du premier tour.

Il est tout aussi probable que Mme Le Pen sera largement battue au second tour. Pour trois raisons très simples. Elle n’est pas crédible comme chef d’Etat. Elle est mal entourée. Et sa stratégie est mauvaise. Nous reviendrons sur ces différents points dans le cadre d’un prochain article.

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Quelques éléments de conclusion à cette petite chronique sans prétention divinatoire.

Les jeux restent peut être plus ouverts qu’on ne pourrait le penser au vu de l’impopularité de l’actuel président : les chances de M. Hollande sont minces mais pas nulles.

Ne pouvant miser que sur le scénario opposant entre autres deux candidats des Républicains, on peut penser que M. Hollande fera tout pour favoriser le succès de M. Sarkozy à la primaire Républicaine, lequel succès devrait provoquer immanquablement la candidature de M. Juppé.

Juppé, Sarko, Hollande, Macron… Le match devrait être serré et intéressant à suivre, car il sera sanglant et sans pitié. Le résultat cependant n’a aucune importance puisqu’ils feront, quel que soit l’élu, une politique identique : la même politique mondialiste et immigrationniste que celle conduite par la classe dirigeante depuis quarante ans.

Pourquoi cette chronique dès lors, puisque tout cela n’a, sur le fond, aucune espèce d’importance ? Bah, histoire de se distraire un peu, à l’arrivée morose de la rentrée…

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