« Pays bas » en dessous du niveau de la mer

Chronique de Paysan Savoyard

(n°152 – septembre 2016)

 

Même s’il conserve quelques faibles chances d’être réélu, le plus probable est que F. Hollande, surnommé « Pays bas », réalisera  au premier tour de 2017 un score historiquement faible pour un président sortant. Cette performance le précipitera, selon l’expression consacrée, dans les poubelles de l’Histoire.

Hollande ne pourra même pas ensuite entamer une carrière de consultant grassement rémunéré, comme Clinton, Blair ou Sarko, parce que ce qu’il aura à dire n’intéressera personne. Il ne pourra pas non plus devenir le conseiller d’un groupe industriel international, comme Schroeder, car il est dépourvu de charisme et d’entregent et n’a la confiance de quiconque. Il ne pourra pas terminer à la tête d’un organisme public prestigieux car il n’aura plus aucun poids politique personnel après sa défaite et nul ne ressentira le besoin de le gratifier. Il ne pourra pas non plus se rêver un destin européen, comme Giscard en son temps, parce que personne en Europe ne lui reconnaît aucune stature. Après avoir été un « président normal » (comprendre insignifiant), il redeviendra Monsieur-tout-le-monde, notablement plus médiocre que la moyenne du Français moyen.

Avant de ne plus entendre parler de lui après mai 2017, dispensons quelques minutes pour nous intéresser à ce personnage incertain, flou, ectoplasmique : le premier président manifestement dépourvu de chacune des qualités normalement attachées à la fonction. De Gaulle détenait le charisme du chef et sa présence au pouvoir, au sortir de la guerre et de la colonisation, comportait une dimension historique. Pompidou conservait une part de l’autorité de son prédécesseur, dont il avait été le premier ministre dans les convulsions de mai 68. Giscard était infatué mais brillant. Mitterrand incarnait le pouvoir de type machiavélien et pouvait impressionner par son absence de scrupules. Chirac possédait le physique de l’emploi et l’autorité du chef de bande. Sarkozy avait pour lui l’énergie et une capacité personnelle de séduction.

Hollande, lui, n’a rien. Invertébré. Vide. Transparent. Le premier président à contre-emploi. Le premier président hors-sujet. Le premier président sans qualités.

 

  • Intelligent mais confus

L’homme est intelligent, bien sûr. Mais il manque de cadres, de repères, de structure intellectuelle, dépourvu qu’il est de tout principe, de tout idéal, de toute conviction : Hollande est un opportuniste chimiquement pur. Son seul objectif étant de se maintenir au pouvoir, il ne se fixe aucun cap et navigue à vue en cherchant à s’adapter aux circonstances.

Il en résulte une impression permanente de mollesse, de confusion, de louvoiement. Sa façon de s’exprimer, bancale, heurtée, hésitante, est le reflet de cette situation d’aboulie et de vacuité.

 

  • Opiniâtre mais sans courage

Hollande n’est pas courageux. Il est dépourvu de courage physique, certaines anecdotes relatives à sa jeunesse en témoignent. De même il ne sait manifestement pas dire les choses en face. Ceux qu’il renvoie ou ceux qu’il oublie l’apprennent par la bande. Cela vaut pour son comportement de politicien aussi bien sans doute que dans la sphère privée.

En revanche il est opiniâtre et dispose comme tous ses pairs d’une capacité hors-norme à encaisser les revers et les coups.

 

  • Un jouisseur, sans amour propre ni scrupules

Hollande n’a pas une bonne opinion des autres. Il sait qu’en retour la plupart de ceux qui l’entourent le méprisent. Il en résulte une personnalité assise sur un individualisme total, dépourvue d’empathie et d’altruisme. Ceux qui le côtoient se sont rapidement aperçus que par-delà sa bonhomie et son goût pour la petite blague, Hollande était un faux gentil.

Hollande n’est pas aimé des autres mais il ne s’aime pas non plus lui-même. Mieux que quiconque il a conscience de ses limites et de ses insuffisances. Ce déficit d’estime de soi contribue à expliquer chez lui l’inexistence de barrière morale. L’absence d’amour propre explique également, au passage, le fait qu’il se présentera de toute façon en 2017, même s’il court de très grands risques d’être éliminé dès le premier tour, lesté d’un score historiquement faible. L’humiliation, en effet, ne rebute pas Hollande, qui y est habitué : il ne craint pas une dégradation de son image puisqu’il la sait déjà irrémédiablement dégradée, et d’abord à ses propres yeux.

Philosophiquement F. Hollande est nihiliste : il est de ce fait sans idéal, sans règles morales et sans scrupules.

Le nihilisme conjugué à l’individualisme et au manque d’estime de soi font de lui un personnage entièrement dédié à un objectif unique : la jouissance. Une jouissance solitaire et sans morale. Hollande est avant tout un jouisseur : c’est là son point commun majeur avec Mitterrand, qu’il s’efforce de copier.

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En examinant le cas Hollande, il n’est finalement pas très adapté d’affirmer qu’il n’a pas été à la hauteur. Qu’il ne soit pas à la hauteur de la fonction et des enjeux qu’affronte le pays est une évidence : il en était lui même conscient avant même de se porter candidat. Mais son objectif n’était pas « d’être à la hauteur ». L’enjeu pour lui était de jouir du pouvoir suprême et de la satisfaction d’avoir damé le pion aux autres socialistes de sa génération, pour la plupart pourtant mieux doués que lui. Le mot le plus juste pour le qualifier est venu de Houellebecq : F. Hollande est un insignifiant opportuniste.

Hollande, finalement, a été à sa place à l’Elysée et son passage au pouvoir était logique. Il est en effet le reflet fidèle de ce que sont la majorité des Français d’aujourd’hui. Ils ont élu un individualiste et un jouisseur. A leur image.

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