Paris occupé, Paris souillé, Paris outragé… et Paris résigné

Chronique de Paysan Savoyard

(n°153 – septembre 2016)

Un séjour parisien de quelques jours suffit pour le constater : les pouvoirs publics font preuve du plus grand laxisme à l’égard des populations, le plus souvent immigrées, qui ne respectent pas les règles de base de la vie en société. On peut ainsi dresser une liste, probablement non exhaustive, des activités lucratives illicites qui se déroulent dans Paris au vu et au su de tout le monde et qui sont de fait tolérées.

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Dans tous les quartiers de la capitale en fin de journée aux abords des bouches de métro, des vendeurs à la sauvette, le plus souvent Pakistanais, présentent des fruits et légumes sur de petits étals de fortune, à destination des gens qui n’ont pas prévu le repas du soir. Les règles d’hygiène et d’affichage des provenances et des prix qui s’appliquent normalement au commerce alimentaire ne sont évidemment pas de saison. Pas question non plus pour ces vendeurs, cela va sans dire, d’entendre parler d’impôts ou de cotisations sociales.

Dans les couloirs du métro, on trouve également des vendeurs (généralement Africains) de petits articles made in China : des posters, des contrefaçons de montres ou de sacs à main. Tout cela de façon illégale… et tolérée.

De même aux alentours des spots touristiques, la Tour Eiffel, le Trocadéro, le Louvre, des dizaines d’Africains vendent des petites tours Eiffel, des cannes à selfie, des parapluies. De temps en temps ils s’éloignent nonchalamment de leur point de vente à l’approche d’une patrouille de police et regagnent hilares leur emplacement quelques minutes plus tard. Tolérance totale.

Dans le métro, les « musiciens », généralement Roms, massacrent le répertoire de la chanson européenne en toute impunité et se déplacent ensuite dans les wagons pour quêter. L’activité est en principe interdite, notamment parce qu’elle dérange les voyageurs. Elle est tolérée en pratique.

Dans le métro toujours, aussi bien qu’à l’air libre, la mendicité est fortement présente. La plupart des mendiants sont là encore des Roms. Cette activité contrevient à plusieurs règles, notamment celle qui interdit l’occupation abusive de l’espace public. Tolérance là encore.

Dans les endroits touristiques on repère sans difficulté les bandes de jeunes voleuses, Gitanes et Roms, spécialisées dans le détroussage des touristes, en particulier asiatiques. Pour toute réaction, la RATP met en garde les voyageurs par haut-parleur : « Attention des pick-pockets opèrent dans la station… ». Cela fait au moins deux décennies que ça dure, en toute impunité.

Mentionnons à titre accessoire que les jeunes voleuses en question, qui ont moins de 15 ans afin d’éviter les poursuites pénales, ne sont pas scolarisées, en contravention avec la loi qui institue l’obligation scolaire.

Dans le quartier de la Tour Eiffel sont organisées quand il fait beau, par exemple dans les jardins qui jouxtent le Trocadéro, des parties de bonneteau, ce jeu d’argent qui consiste à retourner l’un des trois gobelets posés au sol et à emporter la mise lorsqu’elle s’y trouve. Attirés par des rabatteurs, les touristes qui se prennent au jeu se font bien entendu systématiquement plumer par les organisateurs, originaires des pays de l’Est. Le spectacle se déroule au vu et au su de tout le monde. Ces jeux d’argent non déclarés et organisés sur la voie publique sont évidemment illégaux. Tolérance et impunité complètes.

Signalons enfin l’apparition, depuis un an ou deux, de flottilles de triporteurs à pédale, à l’usage des touristes, conduits par des ressortissants d’Europe de l’Est. Ce sont là en quelque sorte l’équivalent parisien des gondoles vénitiennes. Mais, alors que l’accès à la profession de gondolier vénitien et l’exercice de celle-ci sont fortement réglementés, les triporteurs bulgares semblent circulent en toute liberté. Il n’y a manifestement ni autorisation administrative, ni examen professionnel, ni enregistrement de société, ni paiement d’une patente, ni réglementation des tarifs. Certains ont gribouillé sur leur véhicule le parcours des circuits et quelques prix. La plupart des engins ne comportent aucune indication. Tout cela se déroule à la bonne franquette. Pourquoi pas ! Ces questions toute simples cependant : ces activités sont-elles déclarées, comme le sont en principe toutes les activités lucratives ? Donnent-elles lieu au paiement d’une taxe pour l’occupation du domaine public qu’elles engendrent (stationnement sur les trottoirs) ?  Les revenus qu’elles génèrent sont-ils déclarés ? Il nous paraît très probable que la réponse à ces trois questions est négative.

Terminons sur cette constatation, qui mérite d’être méditée : les gains des différentes activités « illégales-tolérées » que nous venons de recenser n’étant pas déclarés, ils n’empêchent évidemment pas les mendiants et autres vendeurs illégaux de percevoir les diverses allocations que les organismes sociaux versent aux impécunieux.

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Deux ou trois observations pour conclure.

Nous n’avons évoqué ici que les activités lucratives illégales mais tolérées. Pour donner une vision complète de la situation vécue par les Parisiens et les autres habitants des grandes villes, il convient de tenir compte des centaines d’actes de délinquance quotidiens qui ne sont pas tolérés mais (mollement) combattus et (parfois) poursuivis. Il faut également ne pas oublier les milliers d’actes incivils (injures, menaces et provocations verbales, comportement volontairement bruyant, crachats, dégradations diverses) qui dégradent la vie quotidienne de Monsieur-tout-le-monde.

On ne peut que plaindre, deuxième remarque, les personnels de police, contraints par les ordres qu’ils reçoivent de laisser s’opérer ces activités illégales sans broncher. Sur le plan psychologique, l’exercice professionnel de ces fonctionnaires ne peut qu’être, dans ce contexte, très difficile à supporter.

Evidemment, dernière remarque, cette situation de tolérance et de laxisme contraste fortement avec le traitement réservé au Français moyen dans sa vie quotidienne. L’excès de vitesse sur la route même très modéré est, comme chacun l’éprouve, sanctionné de façon systématique et l’amende correspondante efficacement recouvrée. De même le RSI parvient sans difficulté à prélever avec une régularité d’horloge les différentes cotisations exigées des artisans et chefs d’entreprise. Quant au salarié ordinaire, il ne bénéficie d’aucune échappatoire de la part des services fiscaux.

Le « deux-poids-deux-mesures » habituel, injuste, arbitraire, révoltant.

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