La ligne bleue Marine du Front national : Quelle erreur ! Quel contresens ! Quel gâchis !

Chronique de Paysan Savoyard

(n°169 – janvier 2017)

 

On apprend dans la presse qu’un membre de la direction du FN souhaite aller plus loin dans la ligne choisie par Marine Le Pen. « Il n’est pas possible de revenir sur trente années d’immigration massive » déclare-t-il, selon ce qu’indique Le Monde

Nous sommes trahis depuis des décennies par la classe dirigeante, qui organise la mondialisation et l’immigration au détriment du peuple. Elle met en scène un débat factice gauche-droite pour abuser les électeurs et leur donner l’illusion d’un choix : en réalité, gouvernant à tour de rôle à la faveur des alternances, les deux camps mènent la même politique.

A la périphérie de ce simulacre d’affrontement, l’extrême gauche dénonce à juste titre la mondialisation. Mais elle appuie l’immigration. Et in fine au second tour elle appelle à voter à gauche…

Restait le Front national. Il ne détenait pas de pouvoirs mais se faisait le porte-parole des perdants de la politique mondialiste et immigrationniste. Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN a pendant quarante ans, seul contre tous, exprimé ce que ressentaient les Français de souche conscients d’être menacés par l’invasion migratoire.

Grâce au FN une partie désormais importante de la population de souche a compris que les politiques conduites par les élites mondialisées menacent la souveraineté des peuples européens, leur identité culturelle et raciale et finalement leur civilisation même. Grâce au FN ces thèmes ont fini par s’imposer dans le débat public.

Et aujourd’hui nous voici lâchés par ce parti qui seul nous représentait.

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Depuis qu’elle a pris le contrôle du Front national, avec ses conseillers, A. Soral d’abord, F. Philippot ensuite, tous deux venus de la gauche, Marine Le Pen a modifié du tout au tout le discours et la ligne du parti.

Le Front national se déclare désormais « attaché aux valeurs de la république ». Alors que les valeurs dont il s’agit sont universalistes et anti France.

Le Front national déclare aujourd’hui que « L’islam est compatible avec la république » Alors que l’islam, s’il est peut-être compatible avec la république, est en revanche absolument incompatible avec la civilisation européenne.

Le Front national évoque « nos compatriotes musulmans », qui partagent dans leur grande majorité « les valeurs de la république ». Alors qu’un grand nombre d’immigrés n’ont pour la France et les Français que détestation et mépris.

Au moment même où une partie grandissante de l’opinion prend conscience de la réalité de l’invasion, Marine Le Pen choisit de déclarer : « Le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste » ,

Alors que l’invasion migratoire est en train de changer le peuplement, la culture et la nature même des pays européens, Marine Le Pen a plusieurs fois déclaré qu’elle récusait la définition, pourtant factuellement peu contestable, que De Gaulle donnait de la France, pays de culture gréco-latine, de religion chrétienne et de race blanche.

De façon générale le FN a fait passer au second plan le sujet pourtant vital de l’immigration. En lieu et place, il a mis en avant des thèmes technocratiques, tels que la monnaie unique ou le mode de décision au sein de l’UE, hermétiques et abstraits pour la grande majorité des gens, et de toute façon secondaires.

Sur les questions économiques et sociales, les positions qu’il défend (l’opposition à la mondialisation, le choix d’un Etat stratège) sont certes pertinentes. Mais elles s’accompagnent d’un discours souverainiste qui le fait percevoir comme un parti anti européen, alors que la grande majorité des Français, même au FN, sont attachés à l’idéal européen et souhaitent une Europe unie sur l’essentiel, capable de défendre son existence, son identité et sa civilisation.

Dans la même veine, le FN a commis l’erreur de ne pas s’engager en faveur de la Manif pour tous, premier mouvement massif contre les idées libertaires au pouvoir depuis quarante ans : il s’est ainsi coupé de la partie de l’électorat qui se reconnait aujourd’hui en F. Fillon.

Sur le plan du fond, en résumé, le FN tient sur l’économie et le social le même discours que M. Mélenchon. Et sur l’immigration le même discours que l’ensemble de la classe politique, de la gauche à la droite. Le FN dès lors n’a plus de discours propre.

Sur le plan de la forme, qui plus est, compte-tenu des thèmes choisis et de la personnalité des porte-paroles, le discours du FN est le plus souvent insipide et confus.

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Si du moins cette mutation radicale était couronnée de succès sur le plan électoral. Mais tel n’est pas le cas malheureusement. Le FN a quelques députés et quelques mairies : comme déjà il y a vingt ans. Marine Le Pen a de bonnes chances d’atteindre le second tour en 2017 : comme déjà son père en 2002. Même s’il progresse un peu, le FN reste très loin du compte, réunissant au plan national nettement moins d’un tiers des intentions de vote.

La direction du FN considère que ses bons résultats récents aux élections locales et européennes sont la récompense de la justesse de sa ligne politique. La vérité est à l’exact inverse : c’est malgré son discours médiocre et à côté de la plaque que le FN obtient de bons scores. Et s’il les obtient c’est parce que les faits quotidiens confirment ce que le FN de Jean-Marie Le Pen avait annoncé pendant quarante ans.

Ajoutons que l’entreprise de dédiabolisation, l’un des axes stratégiques du FN de Mme Le Pen, est elle-aussi un échec : le FN est toujours aussi violemment rejeté par la classe dirigeante, les politiciens, les intellectuels et les médias. Cet échec, paradoxalement, est d’ailleurs une chance pour lui : la diabolisation dont il continue à faire l’objet permet au FN d’être toujours perçu comme un parti anti système, alors que son discours est désormais banal et, sur les points essentiels, presque identique à celui des autres.

Dans ce contexte, même si elle atteint le second tour en 2017, Marine Le Pen y sera selon toute vraisemblance largement battue. Il suffira au candidat de la droite, comme en 2007, comme en 2012, de tenir quelques semaines avant l’élection un discours de fermeté sur l’immigration et la sécurité pour emporter la mise. Au lieu de s’égarer sur les questions de monnaie ou de souveraineté, le FN aurait dû s’attacher pendant toutes ces années à montrer que les discours de fermeté de la droite sont purement verbaux. Il aurait dû se concentrer sur le bilan de la droite depuis des décennies en matière d’immigration et de sécurité. Il aurait dû porter à la connaissance de l’opinion les chiffres officiels montrant que l’immigration est aussi forte quand la droite gouverne que quand elle laisse la place aux socialistes.

Il aurait fallu s’attacher à montrer que l’accession au pouvoir du FN constitue la seule chance d’éviter notre mise en minorité définitive sur notre propre sol. La seule chance d’éviter la disparition de notre civilisation. La seule chance d’éviter la guerre civile.

Le projet que le FN devrait proposer coule pourtant de source et pourrait rencontrer l’accord d’une large majorité : Pour une Europe se protégeant de la mondialisation et de l’immigration, unie pour préserver son identité. Pour un Etat social fort, venant encadrer l’économie de marché afin de préserver les intérêts de la grande masse des Français aujourd’hui menacés par le libéralisme. Pour un arrêt de l’immigration, le renvoi des étrangers délinquants et clandestins et l’incitation au départ d’une grande partie des immigrés présents.

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Nous sommes donc abandonnés par le seul parti qui jusque-là représentait la France et les Français. Espérons du moins que leur échec prévisible en 2017 entraînera le départ de F. Philippot et le retrait de Marine Le Pen.

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