Dianes d’Arques : « Dans cette campagne on parle de tout sauf de l’essentiel : l’invasion migratoire »

Tribune libre de Paysan Savoyard

(n° 176 – avril 2017)

 

Diane D’Arques, vous n’avez pas obtenu les signatures nécessaires pour vous présenter à cette élection présidentielle. Que pensez-vous de cette campagne à laquelle vous ne participez pas ?

Je dirais que les candidats sont tous assez faibles. Et qu’aucun ne propose un programme adapté. Les bonnes orientations qu’il faudrait présenter aux Français sont à mon avis au nombre de quatre. Premièrement il faudrait un Etat social fort, qui préserve et consolide les services publics, mais en mettant fin aux dérives : l’assistanat, le chômage volontaire, les planques dans les entreprises à statut, le gâchis d’argent public, la corruption, notamment dans les collectivités locales. Cela permettrait notamment de diminuer les impôts qui ont atteint un niveau confiscatoire.

Il faut deuxièmement une Europe qui protège. L’Europe actuelle est un simple chaînon de la mondialisation. Et c’est une passoire. Il faudrait  construire une Europe qui protège les peuples européens et la civilisation européenne contre ce qui les menace : la mondialisation et l’immigration.

Troisièmement. Il faudrait réorienter progressivement l’économie dans un direction écologique. L’économie de consommation de masse bouleverse la planète, provoque l’entassement urbain, nuit à la santé et au bien-être : il faut sortir progressivement du tout quantitatif, notamment dans le domaine agricole.

La quatrième orientation est la plus importante. Et c’est la seule vitale. Il faut arrêter l’immigration. Reconduire les immigrés en situation irrégulière. Reconduire les délinquants, y compris les naturalisés. Il faut également inciter par différents moyens une partie importante des personnes originaires de l’immigration non européenne à regagner leur pays d’origine. Les personnes originaires de l’immigration non européenne doivent redevenir dans notre pays une petite minorité. Si nous ne faisons pas cela, notre peuple sera à brève échéance marginalisé et notre civilisation disparaîtra.

Aucun des candidats en présence ne présente un projet de ce type. Aucun ne prononce les mots qui décrivent la grave réalité à laquelle nous sommes confrontés : le mot d’assistanat, le mot de corruption, le mot d’invasion migratoire. Aucun d’entre eux n’est à la hauteur de la fonction présidentielle et des enjeux de la période historique tragique que nous vivons.

Voilà qui est dit. Mais passons en revue les différents candidats. Partagez-vous la réprobation générale envers F. Fillon ?

Je pense que Fillon a la stature pour occuper la fonction : c’est le seul. Mais il est mal parti à l’évidence. Face aux accusations, il s’est très mal défendu, en commençant par faire acte de contrition au lieu de dénoncer d’emblée une opération de déstabilisation montée par le Système.

Sur le fond il défend une purge libérale, qui ne correspond pas aux enjeux du moment ni aux intérêts de la grande majorité de la population. S’il avait donné un autre sens à sa candidature, en accordant la priorité au rétablissement de l’ordre, à la défense de l’identité française et à l’arrêt de l’immigration, il aurait été élu dans un fauteuil. Je voterai tout de même pour lui au premier tour, pour tenter d’éviter Macron, le candidat du Système.

E. Macron se présente comme le candidat du renouveau. Il ne vous a pas convaincue manifestement…

Macron est le candidat du Système, désigné pour poursuivre la politique suivie depuis 40 ans : mondialisme et immigrationnisme. Il est soutenu par tous ceux qui tirent les ficelles depuis des décennies, d’Attali à Cohn-Bendit en passant par Minc, BHL ou J. Lang. Les jeunes loups du capitalisme libéral-libertaire branché, tels que Niel, Pigasse ou Drahi, sont également derrière lui, et avec eux la plupart des médias, qui leur appartiennent. A la fois haut-fonctionnaire, banquier et politicien, Macron évolue au sein des pôles principaux du Système. Sur le plan psychologique, je note que Macron apparaît excessivement narcissique mais également assez fragile et rétif à la confrontation : il sera hors d’état de résister aux requins qui sont derrière sa candidature et la financent. C’est d’ailleurs pourquoi il a été choisi.

Ses électeurs sont pour l’essentiel les gagnants de la mondialisation. Mais il est soutenu également par une armée de jeunes naïfs, qui croient agir pour un renouveau alors qu’ils vont voter exactement comme le souhaite le Système. Pour séduire à la fois ces électeurs naïfs, la droite du parti socialiste, les centristes et le centre droit, Macron est conduit à tenir un discours lisse et consensuel, le plus souvent creux et assez terne. Mais il peut compter sur son regard bleu et l’appui indéfectible des médias.

S’il s’adresse à la partie centrale de l’électorat, Macron n’a pourtant rien d’un modéré : c’est un mondialiste et un libéral sans nuance. C’est un libertaire, sa vie privée réelle en témoigne probablement. Et surtout c’est un immigrationniste sans états d’âme. Rappelons ses prises de position les plus importantes : E. Macron a successivement déclaré au cours de cette campagne que la France avait été coupable de crime contre l’humanité, que la culture française n’existait pas, qu’il était favorable à la discrimination positive et qu’il considérait l’immigration comme une chance. M. Macron est un candidat de l’Anti-France.

M. Le Pen est une adversaire déterminée de F. Fillon et E. Macron. Et c’est tout de même la moins éloignée de vos thèses. Pourquoi alors ne pas voter pour elle ?

M. Le Pen n’est pas une bonne candidate. Elle a mis sous le boisseau la question majeure, celle de l’invasion migratoire. Elle propose de sortir de l’Europe, alors que les Français sont presque tous attachés à l’union des pays européens. Et surtout elle n’a pas de stature présidentielle. Tout montre que si elle est opposée à Macron au second tour elle sera largement battue. C’est pourquoi pour empêcher l’élection de Macron, le candidat du Système, je voterai Fillon au premier tour. Si comme je l’espère celui-ci est au second tour, je voterais alors M. Le Pen, pour rappeler à F. Fillon que ce que veulent les Français ce n’est pas Mme Thatcher : ils attendent un Victor Orban.

J’avais suggéré à M. Le Pen de proposer à F. Fillon un accord avant le premier tour et un désistement en sa faveur. Même si Fillon l’avait refusée, cette proposition aurait été très favorable au Front national. M. Le Pen l’a rejetée. Dès lors il arrivera la même chose que lors des élections précédentes : elle fera probablement un bon score mais sera nettement battue.

La majorité des électeurs de M. Le Pen et de F. Fillon, au-delà de leurs différences sur les questions économiques et sociales, veulent la même chose sur l’essentiel : l’arrêt de l’immigration, la défense de l’identité française, la remise en ordre. Une fois encore cette France probablement majoritaire était divisée et M. Le Pen et F. Fillon se sont déchirés : dès lors c’est probablement le candidat mondialiste et immigrationniste qui sera élu. Ce sera l’enjeu de l’après 2017 : bâtir enfin une alliance entre la droite conservatrice et le Front national, pour la défense de l’identité française, la défense du peuple de souche, la défense de la civilisation européenne. Cette alliance serait très probablement majoritaire.

N. Dupont-Aignan a marqué des points lors du débat des onze candidats. C’est votre avis ?

Dupont-Aignan est depuis plusieurs élections le sous-marin du Système, chargé de contribuer à l’élimination des principaux opposants. Cette fois la présence de Dupont-Aignan va jouer au détriment de Fillon et de M. Le Pen et contribuer à l’élection de Macron. C’est dans ce but que le Système lui a accordé les signatures nécessaires.

Les candidats d’extrême-gauche et en particulier J.L. Mélenchon ont marqué les débats et ont séduit…

Mélenchon avec sa veste d’ouvrier endimanché alors que c’est un ancien prof et qu’il est ministre, député ou sénateur depuis des lustres… Poutou, qui doit être plus souvent en délégation syndicale qu’à l’atelier… Arthaud, haineuse et hystérique, aigrie et frustrée par la vie, qui n’a rien d’une ouvrière puisqu’elle est prof elle-aussi… Ces candidats gauchistes séduisent surtout les bobos et les planqués des entreprises à statut comme la Poste ou EDF. Les  vrais employés et les vrais ouvriers, ou ce qu’il en reste, votent depuis déjà longtemps en majorité pour le FN. Ajoutons que les électeurs gauchistes se reporteront bien entendu sur Macron s’il est au second tour, qui est pourtant le candidat des banques. Après s’être fait plaisir, ils joueront leur rôle d’idiots utiles du capitalisme.

Un dernier mot. En France il est interdit, et heureusement, de se réclamer du nazisme. En revanche on peut tout à fait se déclarer partisan du communisme, l’autre totalitarisme qu’à connu le vingtième siècle, qui a produit le goulag et fait 100 millions de morts. On peut même présenter trois candidats trotskystes à la présidentielle.

Vous ne parlez pas de B. Hamon…

A quoi bon ? Finalement c’est le plus mauvais des onze candidats. Il est insignifiant. De ce point de vue c’est lui le vrai successeur de F. Hollande.

Que dites-vous du projet d’E. Macron de constituer un gouvernement réunissant des hommes de bonne volonté de tous bords ?

C’est une idée aussi vieille que la politique. On en voit les fondements. Les gens n’aiment pas la guerre, même verbale. Ils n’aiment pas l’affrontement. La plupart sont pacifistes. Ils rêvent d’un gouvernement de gens de bonne volonté. Mais c’est une illusion. Le gouvernement des peuples, ce n’est pas un camp de boys-scouts. La société est divisée. Les intérêts sont antagonistes. C’est inévitable. Des compromis sont parfois nécessaires et possibles. Des politiques de juste milieu se justifient parfois. Mais le plus souvent il faut choisir. Par exemple aujourd’hui : soit on mondialise soit on protège l’économie nationale et européenne ; soit on continue l’immigration soit on arrête. Gouverner c’est choisir. Vivre c’est choisir. La politique ce sont des choix. Et c’est en ne choisissant pas que l’on prépare le désordre et la guerre.

Dans le cas de Macron, son projet de gouvernement de techniciens et de gens « de bonne volonté » issus de la société civile est non seulement une illusion mais une escroquerie : sous couvert de renouveau et de dépassement des clivages habituels, il s’agit de poursuivre la politique suivie depuis quarante ans.

Un dernier mot Diane D’Arques ?

Je dirais que cette campagne est encore plus insatisfaisante que les précédentes. En dehors des « affaires », on y parle essentiellement des questions économiques. Or la France et l’Europe sont en train d’être envahies. C’est la question majeure, vitale, et elle est occultée, avec l’accord de tous les candidats. Pour paraître la traiter tout en l’évacuant, on vaticine sur la laïcité, l’intégration ou le terrorisme. Mais le fait majeur, l’invasion, n’est pas traité. Le mot même n’est jamais prononcé.

En 2007 et de nouveau en 2012, le candidat de la droite, Sarkozy, avait dans les dernières semaines de campagne mis en avant les thèmes de l’insécurité et de l’immigration. Ses rodomontades, le Karcher en 2007, le débat sur l’identité en 2012, étaient bien entendu de la pure esbroufe, seulement destinée à capter les électeurs du FN, ce qu’il avait parfaitement réussi à faire. Cette fois c’est pire : ces thèmes sont purement et simplement occultés.

Nous sommes envahis et les candidats regardent ailleurs et parlent d’autre chose. Alors que les Turcs encerclaient la cité et s’apprêtaient à passer tout le monde au fil du cimeterre, les hiérarques byzantins dissertaient du sexe des anges. De même aujourd’hui l’Europe est en train d’être envahie et les candidats parlent dette publique, monnaie unique et nombre d’élèves par classe…

Nous sommes désormais de plain-pied dans le monde orwellien. Le Système a réussi à rendre taboue la préoccupation majeure. Même s’ils ne le disent pas et ne le s’avouent pas à eux-mêmes, tous les Français ou presque savent bien que la question de l’immigration est de loin la plus importante et la seule qui compte vraiment : mais chacun fait semblant de croire que les sujets majeurs sont le chômage, la dette ou la monnaie. Le Système totalitaire mondialiste et immigrationniste s’est emparé de l’esprit des gens ou a réussi du moins à annihiler toute volonté d’expression dissidente. C’est fascinant. Et absolument tragique bien entendu.

 

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Un commentaire sur “Dianes d’Arques : « Dans cette campagne on parle de tout sauf de l’essentiel : l’invasion migratoire »

  1. C’est plutôt bien vu.
    Je crains cependant que Dianes d’Arques prennent ses désirs pour des réalités.
    Que la plupart des Français, je parle des franco-Français, soient contre l’immigration extra-européenne (et en majorité musulmane), je n’y crois pas. La totalité des gens de gauche, une majorité de centristes, et pas mal de gens de droite modérée ne voient pas de problèmes dans cette immigration, la légale comme l’illégale. Et ils considèrent comme leur devoir moral d’accueillir ces gens (je parle des illégaux) et de leur donner des avantages, logements sociaux, assurances maladie, allocations etc, sans compter la scolarisation des enfants, tous avantages dont ne bénéficient pas toujours certains franco-Français pauvres qui, eux, ont pourtant cotisé (quand ils ont travaillé).
    Tous ces pro-immigration pensent sincèrement qu’en traitant dignement les immigrés, ceux-ci le leur revaudront, et que tout se passera bien.
    De plus, le terrorisme que nous connaissons en Europe n’a, pour eux, rien à voir avec l’islam. Ils voient les terroristes comme des extrémistes endoctrinés, souvent des déséquilibrés et des malades. Ils n’acceptent pas la thèse selon laquelle ces extrémistes naîtraient spontanément du vivier des musulmans présents sur nos sols.
    Et si, finalement, ceux qui agitent les peurs, Dianes d’Arques, l’hôte de ce blog etc avaient raison, si l’islam finissait effectivement par les submerger, eh bien ils en acceptent l’augure, ils sont prêts à se soumettre. C’est bien ce qu’a préfiguré Houellebecq dans son roman : « Soumission ».
    En d’autres termes, je crains qu’il n’y ait rien à faire. Sauf, peut-être, à prendre ses valises et à trouver des terres plus hospitalières ailleurs. Ceci pour ceux qui ont encore leur vie devant eux, ou une fraction significative de celle-ci.
    S’ils me prenaient au mot et me demandaient où aller, je répondrai, au plus près de nous, Pologne et Hongrie.
    Mais ces pays ne sont-ils pas à la merci d’un changement de régime ?
    De plus, le fait d’être bénéficiaires nets de l’Europe les rend fragiles face au chantage de celle-ci : les subventions contre les migrants. Combien de temps pourront-ils tenir ?

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