Défense de la civilisation et des peuples européens

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 183 – juin 2017)

 

L’élection d’E. Macron entraîne une recomposition politique majeure. Son parti a absorbé le centre, l’aile centre-gauche du PS et l’aile centre-droit des républicains. Cette union nouvelle est logique, ces différents courants partageant les mêmes conceptions : ils sont partisans d’une économie libérale mondialisée, de l’immigration et de réformes sociétales libertaires. Ils menaient depuis quatre décennies la politique mondialiste et immigrationniste par alternance, tantôt sous l’étiquette socialiste tantôt sous celle de la droite : ils la conduiront désormais regroupés dans le nouveau parti créé par Macron.

A gauche, l’opposition anticapitaliste à ce nouveau parti central s’organisera probablement autour de Mélenchon, auxquels devront se rallier ceux des socialistes qui n’auront pas rejoint Macron. A droite, la droite conservatrice et le FN devront sans doute s’allier s’ils veulent pouvoir offrir une alternative au nouveau parti dominant.

De nombreux observateurs ont affirmé que l’élection de Macron correspondait à la disparition des vieux clivages obsolètes et en faisait apparaître de nouveaux. Le diagnostic est incontestable mais laisse cette question ouverte : quels sont les clivages qui rendent compte aujourd’hui de l’état de la société française ?

 

  • Gauche et droite ?

Le clivage gauche-droite à l’évidence n’a plus de pertinence. Il est obsolète de longue date déjà, depuis que les socialistes au milieu des années quatre-vingt ont fait le choix d’adopter une politique économique de mondialisation libérale, se mettant ainsi à l’unisson des autres gouvernements européens. La gauche et la droite gouvernent depuis lors par alternance pour mener la même politique.

Depuis le tournant des années quatre-vingt, les deux camps qui structuraient jusqu’à ces dernières semaines la politique française sont l’un et l’autre divisés. Cohabitent ainsi au sein de la gauche des partisans et des adversaires du libéralisme économique et de la mondialisation. De même, à gauche comme à droite, on trouve des partisans de l’UE et de l’Europe fédérale aussi bien que des souverainistes. Faisant disparaître ce clivage gauche-droite obsolète, le nouveau parti de Macron constitue une clarification logique.

 

  • Progressistes et conservateurs ?

Le clivage pertinent est-il désormais, comme l’affirme E. Macron, l’opposition entre conservateurs et progressistes ? Le nom qu’il a retenu pour son parti est l’illustration de cette conception : il s’agit pour lui de rassembler ceux qui refusent le conservatisme et l’immobilisme. On retrouve là l’écho du projet des révolutionnaires de la fin du 18e siècle fondateurs de la modernité : faire le choix du progrès et de la modernité contre la tradition. Du passé faisons table rase.

Pour notre part ce clivage nous paraît dépourvu de signification : le progrès en soi ne constitue pas une valeur à laquelle on puisse se rallier.

Il paraît assez clair en effet que les faux progrès abondent et que les soi-disant progrès nuisibles ou dangereux ne sont pas rares. On voit bien par exemple que l’essor du progrès technique à compter de la révolution industrielle a déclenché un processus de dégradation de l’environnement. De même la science débridée est susceptible de provoquer des évolutions non maîtrisées : elle est aujourd’hui à même de modifier jusqu’à la nature humaine. L’économie de consommation de masse et l’urbanisation, saluées comme des progrès majeurs et moteurs de la forte croissance des trente glorieuses, ont manifestement déstabilisé nos sociétés en profondeur. De même encore, les progrès sanitaires et la réduction de la mortalité infantile ont entraîné une explosion catastrophique de la population du tiers monde. De façon générale le règne de la modernité et la mise à bas globale de la société traditionnelle ont entraîné des bouleversements dont la portée ne peut encore être mesurée.

Dans de nombreux domaines il apparaît bien préférable de ne pas révérer le progrès avec trop de dévotion, de refuser les progrès aux conséquences difficiles à appréhender, de prendre plutôt le parti de la prudence. L’instinct de conservation est une loi qu’il convient de considérer avec respect : qui ne souhaite ainsi conserver la bonne santé dont il jouit et l’équilibre de vie qu’il a acquis ? La conservation des acquis et de l’essentiel apparaissent bien préférables et doivent conduire à savoir renoncer aux mirages de la nouveauté introduite sans réflexion préalable. On voit par-là combien l’opposition entre progressistes et conservateurs apparaît peu pertinente et factice.

 

  • Pro et anti européens ?

Le clivage pertinent n’est pas non plus celui qui opposerait les pro et les anti européens. Tout le monde ou presque est en effet favorable à une coopération étroite entre pays européens. Le débat en la matière porte sur deux points.

Les uns sont favorables à la construction européenne, telle qu’elle se déroule sous l’égide de l’UE.  Les autres, dont nous sommes, sont des adversaires de cette Union européenne, qu’ils dénoncent comme une Europe libérale et mondialiste, inféodée aux Etats-Unis et ne respectant pas les vœux de la majorité de l’électorat, ainsi que l’a illustré la façon dont les dirigeants européens n’ont tenu aucun compte du « non » à l’UE exprimé par la majorité des Français lors du référendum de 2005.

L’autre point de discorde majeur est de savoir si l’Europe doit être de nature fédérale et intégrée ou fondée à l’inverse sur une logique de coopération entre Etats souverains.

Cependant, en dépit de ces divergences majeures, personne en France ou presque n’est anti européen. Chacun considère que la France doit entretenir des relations privilégiées avec les autres pays européens. En d’autres termes tous les Français estiment que les relations que la France doit entretenir avec les Européens ne peuvent pas être de même nature qu’avec les autres régions du monde.

 

  • Mondialistes et souverainistes ?

Le clivage autour duquel le FN a structuré sa stratégie et sa communication est lui aussi non pertinent. Sous l’influence de F. Philippot, le FN affirme depuis plusieurs années que le clivage majeur se situe entre les partisans de la restauration de la souveraineté de la France d’une part et les mondialistes d’autre part. Ce clivage est non pertinent et il l’est doublement.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non pertinente d’abord parce qu’elle laisse de côté la question européenne. C’est ainsi que le souverainisme du FN a été compris comme une hostilité à la construction européenne. C’est d’abord parce qu’il a été perçu comme anti européen que le FN a été nettement rejeté par une majorité de l’électorat en 2017 comme il l’avait été en 2012. La stratégie du FN articulée autour de ce clivage entre mondialistes et souverainistes constitue une erreur majeure.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non adaptée, en second lieu, parce qu’elle fait porter l’accent sur une question finalement secondaire. Même lorsqu’ils sont hostiles à la mondialisation, les gens ne sont pas attachés à la restauration de la souveraineté française comme un objectif en soi. Tout dépend des politiques suivies : retrouver une souveraineté pour mener de mauvaises politiques n’intéresse personne.

Beaucoup de gens, dont nous sommes, sont hostiles aux politiques économiques libérales, aux délocalisations et à l’immigration. Mais la question de savoir qu’elle est l’instance qui conduit ces politiques, soit l’union européenne soit l’Etat souverain, est sans importance. En d’autres termes, les Français, sûrement majoritaires, qui souhaitent un arrêt de l’immigration applaudiront l’Union européenne si celle-ci décide le moment venu d’aller dans ce sens.

 

  • « Mondialistes » contre « défenseurs de la civilisation et des peuples européens »

Le clivage pertinent nous semble-t-il est lié à la notion de civilisation et de peuplement. Il oppose ceux qui veulent conserver la civilisation européenne et défendre le droit des peuples européens à rester majoritaires sur leur sol et maître chez eux et ceux qui sont favorables à un monde sans frontières, permettant notamment la libre circulation des populations.

La civilisation européenne comprend deux éléments majeurs. La culture et les coutumes tout d’abord, issues du mariage de la raison grecque et de la foi chrétienne.

Le mode d’organisation des sociétés européennes constitue aujourd’hui le second élément clé de leur civilisation. Avec des différences entre l’Europe du nord, l’Europe latine et l’Europe centrale, il combine des services publics et une sécurité sociale, un Etat qui joue un rôle actif de régulateur tout en préservant les libertés, une économie mixte mêlant économie de marché et intervention publique.

Quant au droit des peuples européens de rester majoritaires sur leur sol et maîtres chez eux, il signifie nécessairement l’arrêt de l’invasion mais également la mise en œuvre de politiques conduisant au départ d’une partie substantielle des immigrés présents.

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Reste à trouver un terme qui rende compte au mieux de ce clivage fondamental. Renaud Camus propose d’opposer Remplacistes et Anti-remplacistes. La formule met l’accent sur l’essentiel : le projet de l’élite est de procéder à un double remplacement. L’éviction des peuples européens au profit de nouveaux venus. Et celle de la civilisation européenne au profit d’une civilisation mondialisée. La formule brillante de Renaud Camus a le défaut cependant de s’adresser à des initiés.

Pourrait-on opposer aux mondialistes les « patriotes européens » ? Là encore la formule a des défauts, la notion de patrie, qui a d’abord été de gauche avant de passer à droite, étant revendiquée par tout le monde.

Faut-il retenir ce vocable : « Les identitaires » ? Il nous semble que le terme est lui aussi un peu hermétique, moins net et moins parlant que celui de civilisation.

« Français de souche » ? L’essentiel est dit. Mais il manque la dimension européenne.

La formule à retenir devrait nous semble-t-il comprendre le mot de civilisation européenne et celui de peuples européens. Elle devrait signifier qu’il s’agit de construire et de défendre une Europe qui qui se protège de la mondialisation et de l’immigration. Cette formule pourrait-elle convenir ? « Avenir de la civilisation et des peuples européens »

 

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4 commentaires sur “Défense de la civilisation et des peuples européens

  1. @Pakounta

    Et vous admettre que votre notion de race blanche est aussi insuffisante. La race blanche unie de Lisbonne à la Sicile jusqu’à Vladivostok, je n’adhère pas. Si on parle des races dites « indo-européennes » par exemple, cela n’inclut pas les scandinaves. Ni les italiens du sud et les siciliens qui sont bien plus proches génétiquement des méditerranéens de la rive sud. En quoi un grec fait partie de la même race qu’un danois mais ne fais pas partie de la même race qu’un libanais ou qu’un turc, dont certains individus (j’en côtoie en Fac) sont quasi-identiques VOIRE pareils que des européens de l’Ouest ? Il y en a un, je le croyais français de souche comme moi, en fait il est turc. Donc… ?
    L’idée d’une homogénéité culturelle européenne est tout aussi extravagante (de plus, au départ on parle de civilisation hellénique historiquement, pas « européenne »). Pour la religion c’est le même problème, le Pape est argentin. Donc si le critère est d’être catholique, faudrait… virer les scandinaves et une bonne partie des Allemands sans oublier les Anglais. Ce qu’il faut comprendre, c’est que des millions d’immigrés même proches de nous génétiquement ne peuvent pas aller en France, où ils finiraient par entamer son germen ethnique.

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  2. La notion de « civilisation » européenne est insuffisante, parce que n’importe qui peut « adhérer » à une civilisation. Contrairement à ce que vous dites en toute fin d’article, vouloir une civilisation européenne n’exclut absolument pas l’immigration.
    Le vrai critère, c’est la race. L’Europe est la terre de la race blanche, et l’objectif doit être « une Europe de race blanche », si politiquement incorrect que cela puisse paraître. C’est la seule manière d’assurer une Europe conforme à son origine et à son histoire : on ne peut pas adhérer à une race.
    Mais évidemment, parvenir à cet objectif se fera (si ça se fait) dans des violence énormes.

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