Le Système mondialiste, immigrationniste et libéral-libertaire est un totalitarisme (1e partie)

Chronique de Paysan Savoyard

(n°203 – juillet 2018)

 

Par cupidité d’une part, par idéologie d’autre part, le Système mondialiste, immigrationniste et libéral-libertaire vise la dilution et le remplacement des Etats, des sociétés et des peuples européens. Ce Système est un totalitarisme. Il présente les principales caractéristiques que partageaient les totalitarismes du siècle précédent, le communisme et le nazisme.

Un totalitarisme n’est pas une tyrannie ou une dictature : il est certes dictatorial et tyrannique mais il revêt également une dimension supplémentaire. Il y a lieu à ce propos d’apporter quelques indications préalables quant à la typologie des régimes politiques. Un régime autoritaire est un régime de restriction des libertés permettant au pouvoir en place de limiter et de contrôler l’opposition. Une dictature vise à supprimer toute liberté en vue d’empêcher toute opposition au pouvoir de naître et prendre racine : la dictature applique la même logique que le régime autoritaire mais en la portant à son extrême. La tyrannie relève d’un troisième type de régime. Alors que le régime autoritaire et la dictature peuvent être rationnels et viser l’intérêt général tel que le conçoit le pouvoir en place (il peut d’ailleurs exister des dictateurs « éclairés »), la tyrannie est une dictature délirante, destinée à assurer le pouvoir d’un pervers ou d’un fou. César était un dictateur et Néron un tyran. De même dans l’histoire récente Erdogan relève du premier type, Kim-Jong-Il du second.

Dans cette typologie, le totalitarisme occupe une place particulière. Il présente les principaux caractères de ces différents régimes. Le totalitarisme est une dictature : les libertés y sont supprimées ou soigneusement encadrées et aucune opposition autre que factice n’y est tolérée. Le totalitarisme est également une tyrannie : les totalitarismes sont en effet des systèmes délirants. Le totalitarisme ajoute cependant une dimension qui lui est propre. Il ne se limite pas, comme la dictature et la tyrannie, à l’annihilation de toute opposition et de toute menace contre son pouvoir : il vise le contrôle « total » de la société et des individus et cherche même pour ce faire à s’emparer des esprits, afin de les conduire à adhérer aux valeurs et aux objectifs du régime.

Le Système en place, nous allons nous efforcer de le montrer, est de nature totalitaire. Il n’est certes pas encore aussi féroce que l’ont été ses devanciers : on peut parler d’un totalitarisme doucereux et sournois. Au demeurant, il ne lui sera probablement pas nécessaire de parvenir jusqu’aux extrêmes que le communisme et le nazisme ont atteints. Son objectif ultime en effet n’est pas le contrôle total des sociétés européennes mais leur destruction même par absorption dans un Système mondial. Il a trouvé pour ce faire l’arme fatale et définitive : l’invasion migratoire de l’Europe. Nous y venons plus loin.

Ce Système ne concerne que le monde occidental. La France est, en Europe, le pays où il s’est implanté en premier, dans les années soixante, et où sans doute il est le plus avancé. C’est l’exemple français que nous développerons dans le présent article. Le Système domine et gouverne également la plupart des pays du monde occidental : Etats-Unis bien sûr, qui sont le cœur névralgique du Système, Canada, Australie, Europe. On constate ces dernières années que les pays d’Europe centrale, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Pologne, sont engagés dans un processus de refus et de résistance au Système. L’Autriche et l’Italie viennent également de désigner des gouvernements anti Système. Nous verrons si ce mouvement de résistance prendra de l’ampleur ou bien si le Système parviendra à l’endiguer et à l’éradiquer.

Les autres régions du monde, mêmes si elles ont intégré la mondialisation économique inspirée et impulsée par les Etats-Unis, échappent pour l’essentiel au gouvernement de ce Système et suivent leur voie propre. Se conformant à leurs propres conceptions civilisationnelles, ni le monde asiatique, ni le monde indien, ni le monde arabo-musulman, ni l’Afrique, ni la Russie ne sont concernés par les dogmes du Système, tels que les « droits de l’homme » et autres « valeurs » prétendument universelles. Il existe certes dans plusieurs pays non occidentaux (en Chine, en Iran, dans les pays arabes, en Russie…) une petite fraction d’agitateurs, qui habitent les capitales, ont fait leurs études en Europe ou en Amérique, et défendent les valeurs occidentales, c’est-à-dire les valeurs du Système. Même s’ils sont soutenus et mis en scène par l’Occident, ces agitateurs sont réprimés et n’occupent dans leurs sociétés respectives qu’une place marginale.

Le Système mondialiste, immigrationniste et libéral-libertaire est donc, en Occident, le totalitarisme du siècle présent. Citons A. Finkielkraut, qui avait bien posé le diagnostic : « L’antiracisme sera le communisme du 21e siècle ».

Le présent article se propose de montrer que le Système présente toutes les caractéristiques du totalitarisme : l’idéologie y est prédominante ; le système de pouvoir permet de contrôler toutes les institutions et organisations ; la propagande est omniprésente ; la société est neutralisée et les dissidents pourchassés ; le Système cherche à contrôler les esprits, en conduisant chacun à adhérer à ses valeurs et à ses objectifs. L’organisation de l’invasion migratoire constitue la caractéristique propre du Système, qui le distingue des totalitarismes qui l’ont précédé (voir également cette chronique de 2010).

Pour la commodité de la lecture, l’article sera présenté sur le blog en plusieurs parties. Voici la première :

 

  • Un Système où l’idéologie prédomine

La première caractéristique d’un régime totalitaire est d’être animé par une idéologie, qui occupe une place dominante et surplombe à la fois le système de pouvoir et l’ensemble de la société. Tel est bien le cas du Système en place.

Une idéologie en trois parties

L’idéologie du Système comprend les trois éléments principaux que sont le mondialisme, l’immigrationnisme et les conceptions libérales-libertaires. Ces éléments sont reliés entre eux et articulés autour du concept de « liberté ». Le Système est partisan d’une économie libérale. Il promeut un monde sans frontières, aussi bien économiques que physiques, permettant notamment la libre circulation des personnes et la liberté de s’installer dans le pays de son choix. S’agissant des mœurs, le Système est libertaire : à l’opposé des conceptions traditionnelles, l’individu doit pouvoir fixer librement ses choix de vie personnelle, notamment sur le plan sexuel et sur le plan de l’usage des drogues. Il doit pouvoir également user librement de son corps et fixer lui-même le moment et les modalités de la fin de sa vie.

Les sources de l’idéologie du Système : Lumières ; soupçon ; déconstruction

L’idéologie du Système s’alimente aux différentes sources qui ont irrigué et agité le monde occidental depuis deux cents ans. La première source est constituée des idées des Lumières, qui ont inspiré la révolution française. Selon les conceptions des Lumières, l’homme est un individu égal aux autres et libre de toute appartenance et de tout lien de subordination à une institution, qu’il s’agisse des frontières, de la famille, des cadres traditionnels et de Dieu. Cette idéologie est donc à la fois libérale, individualiste, égalitaire, matérialiste et athée, progressiste et universaliste. Elle rompt en tout point avec les conceptions en vigueur dans les sociétés traditionnelles « d’ancien régime » qui, elles, au contraire, étaient communautaires, hiérarchiques et inégalitaires, traditionnalistes et chrétiennes (voir cette chronique).

Les « philosophies du soupçon » au 19e siècle (Feuerbach, Marx, Freud) ont ensuite apporté leur contribution au travail de remise en cause et de destruction des cadres mentaux traditionnels. Elles ont visé en particulier à nier toute transcendance, d’une part, et tout libre-arbitre humain d’autre part. L’homme est seul et sans espérance.

Dans la seconde partie du 20e siècle, les idéologues français de la « déconstruction » (Derrida, Deleuze, Foucault…) poursuivent l’œuvre de contestation initiée par la révolution française et poursuivie par Marx et Freud. Les Etats-Unis sont un terrain d’influence majeur pour ces déconstructeurs, en particulier sur les campus américains. Les conceptions libertaires et cosmopolites s’y imposent dans les années soixante (Woodstock…) De même les mouvements militants homosexuels et féministes prennent une ampleur particulière aux Etats-Unis (où se sont mises en place par exemple les « études de genre »). Après s’être imposées aux Etats-Unis, les idées libertaires inspireront en France et dans l’ensemble de l’Europe la révolution des mœurs de 1968. Peu de temps après, à la fin des années soixante-dix, sur le plan économique cette fois, l’Europe tourne la page des politiques étatistes mises en place à l’après-guerre et adopte les politiques économiques libérales inspirées par les Etats-Unis (influence des « Chicago Boys »).

La source chrétienne

Une autre source de l’idéologie du Système, moins évidente mais profonde, est la religion chrétienne. La chose est paradoxale puisque le christianisme et les philosophies qui viennent d’être évoquées sont des ennemis irréductibles. Le christianisme contribue pourtant puissamment à l’idéologie du Système, indirectement et directement.

Il y contribue d’abord indirectement. Le  christianisme, en effet, a pour partie inspiré les idéologies anti chrétiennes elles-mêmes. La préférence pour les pauvres, les faibles et les petits et la condamnation des puissants et de la richesse, aspects essentiels du message évangélique, sont ainsi au fondement des idéologies égalitaires. Elles ont inspiré en premier lieu les Lumières : c’est notamment au nom de l’égalité que la révolution renverse l’ancien ordre aristocratique. L’égalité est d’ailleurs proclamée d’emblée comme l’une des principales valeurs républicaines. L’aspiration à l’égalité est également le principal ressort du communisme, qui apparaît en France au moment de la révolution française (le moment « communiste » de la révolution française prend place entre 1792 et 1794).

Le christianisme contribue aussi directement à l’idéologie du Système et plus exactement à son volet immigrationniste. C’est au nom de l’égalité et de l’attention aux pauvres que le Système justifie sa politique d’immigration : les migrants ont le droit de fuir la pauvreté et de venir profiter d’une vie meilleure dans les riches pays européens, lesquels ont le devoir d’accueillir « une partie de la misère du monde ». De même le Système prône une bienveillance de principe envers les immigrés, qui doivent être accueillis quand bien même leur présence dégraderait la situation des autochtones. Tous ces raisonnements trouvent directement leur source dans le message évangélique, qui prône le partage des richesses, l’attention aux pauvres, l’amour de l’Autre, l’oubli de soi-même (indiquons ici que pour notre part, nous contestons absolument, en tant que chrétien, la validité de la lecture littérale et politique de l’Evangile ; voir notamment cette chronique).

L’immigrationnisme permet au Système de sortir de ses contradictions

Il faut relever que les différentes sources de l’idéologie Systémique sont pour partie contradictoires. La situation de contradiction résulte de la coexistence au cœur de l’idéologie du Système des concepts fondamentaux que sont la liberté et l’égalité. Le Système les revendique tous deux, de même que l’idéologie des Lumières dont il s’inspire les revendiquait également l’un et l’autre. Or l’on aperçoit aisément qu’il existe entre eux des tensions et même une contradiction difficilement surmontable. La liberté laissée aux individus, dont les capacités et les objectifs personnels diffèrent, débouche nécessairement sur la création d’inégalités matérielles et de condition. Symétriquement, la volonté d’établir l’égalité suppose nécessairement de limiter voire de supprimer la liberté. Cette tension est d’ailleurs présente dès la révolution française : la révolution « libérale » promeut avant tout la liberté ; le moment « communiste » de la révolution met en avant l’égalité. Ces deux courants de la modernité se sont violemment affrontés pendant la révolution et leur lutte n’a pas cessé depuis. Leur opposition majeure porte sur la signification du concept d’égalité. Pour les libéraux, l’égalité est l’égalité des droits, compatible avec la liberté : au 18e siècle ils revendiquent une égalité à la naissance en opposition à la société des ordres ; aujourd’hui les libéraux considèrent que l’égalité est l’égalité devant la loi. Pour les communistes au contraire l’égalité est l’égalité des conditions, qui suppose de limiter la liberté (voir également cette chronique).

Alors que les deux courants de la modernité sont normalement en opposition ou en contradiction, on les voit pourtant aujourd’hui cohabiter au coeur du Système. Les capitalistes et les milliardaires libéraux-libertaires de la Silicon Valley, d’une part. Et les militants de l’égalité, d’inspiration « communiste », que les injustices et les inégalités révoltent, d’autre part. Tous se retrouvent unis, très curieusement, au sein du même Système.

Comment ces deux courants qui composent le Système résolvent-ils la contradiction à laquelle ils sont confrontés ? Comment les libéraux-libertaires parviennent-ils à endosser la partie du discours du Système qui met en avant l’égalité ? Comment les partisans de l’égalité réussissent-ils à soutenir un Système qui est libéral, qui est soutenu et dirigé par les milieux d’affaires, la finance, les milliardaires et qui aboutit au creusement des inégalités ?

Les libéraux-libertaires résolvent la contradiction de deux façons. Pour eux tout d’abord, comme on l’a dit plus haut, l’égalité que le Système doit mettre en avant est l’égalité des droits. Sous l’influence des sociaux-démocrates (Rawls…), les libéraux ont dû admettre que l’égalité des droits doit être complétée par des politiques d’égalisation des chances. La liberté n’est donc pas mise en cause pour l’essentiel par un principe d’égalité ainsi conçu : cette conception de l’égalité n’interdit pas la compétition sociale. En second lieu, les libéraux considèrent que la politique de recherche d’égalité doit pour l’essentiel consister en une aide apportée aux immigrés et aux plus pauvres (les minorités, les SDF, les handicapés, les marginaux…). C’est à la faveur de ce raisonnement que les socialistes ont pu adopter le libéralisme tout en continuant à se dire de gauche. Etre de gauche aujourd’hui ne consiste plus à vouloir promouvoir les salariés et les ouvriers et faire disparaître les inégalités : être de gauche désormais, c’est d’abord se préoccuper du sort des pays pauvres, accueillir les immigrés et se soucier prioritairement des plus en difficulté. Ce changement de paradigme a été illustré par exemple par la note fameuse de Terra Nova conseillant à la gauche de choisir la cause des immigrés, des femmes et des minorités, plutôt que de chercher à reconquérir les Français moyens (voir cette chronique et celle-ci).

Les communistes et les partisans de l’égalité des conditions parviennent eux aussi à s’arranger avec la contradiction entre égalité et liberté. Certes ils constatent que le Système qu’ils soutiennent aboutit à l’enrichissement des riches et au creusement des inégalités dans les pays développés, où la classe moyenne est en difficulté. Le Système a cependant pour eux le grand mérite de déboucher sur une élévation du niveau de vie du tiers-monde. De même il permet aux immigrés de venir profiter d’une partie des richesses du monde occidental. Le Système se traduit sans doute, certes, par un appauvrissement des classes moyennes en Europe : mais il entraîne une égalisation à l’échelle mondiale, ce qui constitue pour eux l’essentiel.

Il y a lieu d’insister sur ce point : comme on le voit, l’universalisme et son corollaire l’immigrationnisme (l’immigré est l’incarnation de l’universel), jouent pour le Système un rôle déterminant sur le plan idéologique : ils permettent de résoudre les contradictions que fait naître son appareil idéologique et de faire coexister en son sein des courants de pensée en principe opposés et même hostiles.

Le camp du Bien

Le Système donne aux éléments de son idéologie différentes dénominations : les valeurs républicaines, les valeurs humanistes, les valeurs universelles.

Cette idéologie s’érige en morale de référence : elle définit un camp du Bien. Le Système considère qu’il défend, représente et incarne le Bien et le Juste. C’est au nom des valeurs supérieures qu’il agit, telles que l’égalité, la liberté, la laïcité, l’universalisme ou la paix.

Cette mystique des valeurs a deux conséquences. La première est que les idées opposées sont rejetées : elles sont dénoncées comme malsaines, propageant la haine et renvoyant « aux heures les plus sombres de notre histoire ». Ces idées étant mauvaises et néfastes, le Système se considère comme moralement autorisé à lutter contre elles par tous les moyens. Il lui apparaît notamment légitime de limiter ou d’interdire leur droit à l’expression. Tous les moyens sont bons et moralement justifiables  dès lors qu’il s’agit d’imposer des valeurs supérieures et de construire une société idéale. Tel était déjà le cœur du raisonnement communiste : la fin est la justification des moyens.

La deuxième conséquence est la suivante. Les valeurs du Système représentant le Bien, il convient donc de les faire partager et adopter par tous (voir le 5e paragraphe).

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La 2e partie de l’article à suivre : « Un système de pouvoir qui permet de contrôler les principales organisations et institutions »

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