Confrontés à la trahison de la classe dirigeante, la majorité des Français de souche oscillent entre naïveté et fatalisme

Chronique de Paysan Savoyard

(n°246 – Mai 2021)

Le drame de la France a une cause et une seule : elle est, depuis plusieurs décennies maintenant, gouvernée par des traîtres.

Les domaines où la trahison apparaît avec le plus de clarté sont au nombre de deux : la mondialisation et l’immigration. L’épisode de l’épidémie vient fournir, s’il en était besoin, une preuve supplémentaire du phénomène.

Quant au peuple, il est incapable de s’opposer aux menées de la classe dirigeante et ingurgite de façon candide ce qui lui est servi. La plupart des gens sont ainsi persuadés que la mondialisation et l’immigration constituent des évolutions inévitables, qui se sont imposées aux gouvernements, impuissants à les enrayer. Or la réalité est exactement inverse : la mondialisation et l’immigration ont été voulues et mises en oeuvre par la classe dirigeante de façon tout à fait délibérée. Contrairement à ce que croient naïvement de nombreux Français, ceux qui les gouvernent ne sont ni impuissants, ni incompétents, ni dépassés, ni coupés des réalités, ni pusillanimes. ni lâches : ils ont conduit les politiques de mondialisation et d’immigration en toute conscience de leurs effets et de leurs implications, en prenant avec constance au fil des décennies une série de décisions parfaitement calculées et cohérentes.

Disons la chose d’une phrase. La plupart des Français, comme le montrent les sondages, sont bien conscients des catastrophes qui sont à l’oeuvre : mais ils se croient mal gouvernés, alors qu’ils sont trahis.

Précisons que le constat que nous venons de poser vaut également pour la plupart des pays européens.

  • L’instauration d’un libre-échange mondial suffit à elle seule à prouver la trahison

La classe dirigeante occidentale, sous l’impulsion des Etats-Unis, a mis en place depuis les années quatre-vingt-dix un système de libre échange mondial : les barrières douanières et les différents obstacles aux échanges ont été fortement réduits et dans de nombreux secteurs supprimés. Cette politique de mondialisation a eu plusieurs conséquences majeures. Elle a entraîné un mouvement massif de délocalisation des activités industrielles et d’une partie des activités de service vers les pays à bas coût. En réduisant à presque rien le coût salarial, les délocalisations ont enrichi, dans des proportions sans précédent historique, ceux qui détiennent le capital des entreprises. L’enrichissement considérable des propriétaires des entreprises a entraîné également, par effet de ruissellement, celui de la classe supérieure dans son ensemble. Dans le même temps, les délocalisations ont entraîné un chômage massif dans les nombreuses régions françaises qui ont vu disparaître leur industrie. Une partie importante de la population privée de ces emplois a versé dans l’assistanat à vie ou est venue occuper des emplois « bidon » dans la sphère publique, les collectivités locales et les associations subventionnées en particulier, dont les effectifs ont explosé. La classe moyenne a été victime, elle aussi, de la disparition de nombreux emplois de niveau intermédiaire, également délocalisés. Elle a vu en outre ses impôts et charges augmenter fortement, afin de financer l’assistanat et les emplois publics bidon destinés à absorber le chômage : la France est ainsi devenue, depuis 2018, le pays le plus taxé du monde. De son côté la classe supérieure échappe pour une bonne part à l’impôt, grâce à de nombreux dispositifs de défiscalisation et d’exode fiscal. Le libre-échange lui-même entraîne un phénomène de dumping fiscal et social qui vient, là encore, enrichir la classe supérieure, au détriment des salariés et de la classe moyenne.

On sait que la mondialisation a eu également un effet négatif sur l’environnement, du fait notamment de la hausse considérable des transports et de la délocalisation des industries dans des pays ne respectant pas de normes environnementales. Une autre conséquence majeure de la mondialisation est d’avoir transformé en quelques années la Chine en superpuissance. Non seulement celle-ci vient désormais contester l’hégémonie des Etats-Unis, mais elle se comporte en puissance prédatrice de plus en plus présente dans les pays du monde occidental. En France elle possède par exemple une part croissante des terres agricoles et des entreprises. On le voit, la politique de libre-échange mondial a eu pour objectif et pour effet d’enrichir et de renforcer la classe dirigeante. Elle est en revanche catastrophique pour l’intérêt de la majorité de la population et plus généralement pour les intérêts du pays à long terme.

Face à la politique de mondialisation, la plupart des Français se montrent d’une naïveté remarquable. Ils n’ont aucune conscience de la trahison et croient que la mondialisation constitue un phénomène inévitable, que les dirigeants européens n’ont aucune possibilité d’empêcher. Or c’est absolument faux : la mondialisation est une politique délibérée. Elle a commencé dès l’après-guerre, sous l’impulsion des Etats-Unis, avec une politique d’abaissement des droits de douanes entre pays OCDE. Elle s’est très fortement accélérée à partir des années quatre-vingt-dix, avec une série de décisions stratégiques prises par les Occidentaux, sous la conduite des Américains, en particulier trois : l’accentuation de la politique de désarmement douanier ; la libération des mouvements internationaux de capitaux ; et l’admission de la Chine au sein de l’OMC. Ces trois décisions ont rendu possible la délocalisation massive dans les pays à bas coût. La « construction européenne » est venue accompagner et renforcer cette politique libre-échangiste avec, là encore, une série de décisions stratégiques : les élargissements successifs de l’UE, qui ont permis les délocalisations dans les pays européens à bas coût ; la multiplication des accords de libre-échange conclus par l’UE ; et l’organisation du travail détaché au sein de l’UE.

La plupart des Français n’y voient que du feu, croient ce que leur raconte la classe dirigeante et ne se rendent aucunement compte que tout cela est volontaire et qu’ils ont été trahis

  • Dans le registre de la trahison, l’organisation de l’invasion migratoire constitue un sommet

La France est envahie par des populations venues pour l’essentiel d’Afrique et d’Orient. 500.000 immigrés non européens naissent ou s’installent chaque année en France métropolitaine. Les personnes originaires de l’immigration non européenne présentes en métropole sont d’ores et déjà entre 18 et 20 millions.

Presque tous les Français ont désormais bien conscience du phénomène d’invasion : il suffit de sortir de chez soi dans la quasi-totalité des villes françaises, jusqu’aux plus modestes, pour que le phénomène saute à la gorge. Mais là encore, les Français pour la plupart, pensent que le phénomène relève de l’inévitable et que les dirigeants n’ont, pour l’essentiel, aucune possibilité de s’y opposer.

C’est absolument faux, là encore. Il était et il resterait tout à fait possible d’interrompre l’immigration et même d’opérer une remigration massive. Or non seulement la classe dirigeante depuis soixante ans n’a rien entrepris pour s’opposer à l’immigration mais, au contraire; elle a tout fait pour la susciter, l’encourager, l’accroître et l’organiser. Depuis soixante ans, la classe dirigeante, patronat, politiciens, hauts-fonctionnaires et juges, enchaînent les lois, les mesures et les décisions visant à susciter l’immigration et à la faire croître. La politique immigrationniste a connu trois étapes : l’organisation de l’immigration de travail dès les années cinquante ; l’instauration du regroupement familial dans les années soixante-dix ; l’organisation d’un système d’accueil massif de demandeurs d’asile à partie des années deux-mille. Depuis soixante ans il n’est pas d’année ni même de mois où les pouvoirs publics ne prennent de décision favorable au renforcement de l’immigration. Cette politique est appuyée par une propagande massive et de tous les instants, qui implique tous les secteurs qui façonnent l’opinion : médias, école, université, publicité, monde de la culture…

La classe dirigeante a mis en place cette politique d’immigration avec un double objectif. Le premier est d’empêcher, grâce à l’importation massive de travailleurs low cost, les hausses de salaires dans les secteurs non délocalisables. Le second objectif est pour la classe dirigeante plus important encore : dans des pays européens caractérisés par la faiblesse de leur démographie, l’immigration massive permet d’y augmenter le nombre des consommateurs et d’y maintenir donc d’importants débouchés. Plus généralement, la classe dirigeante veut mettre en place un monde sans frontières, en Occident du moins, au sein duquel la population de consommateurs-producteurs mobiles, interchangeables et sans identité peut augmenter régulièrement grâce à la croissance démographique mondiale.

La plupart des Français de souche, là encore, n’y voient goutte. Ils sont certes de plus en plus inquiets de l’immigration et de ses conséquences. Ils voient bien que la délinquance et le sentiment d’insécurité qu’ils subissent résultent de l’immigration de façon presque exclusive. Mais ils n’ont aucune conscience de ce que, loin de vouloir réguler et encadrer l’immigration, la classe dirigeante cherche au contraire à l’accroître. Les Français ont pourtant les preuves de la trahison sous les yeux. Les instances européennes et les organisations patronales déclarent ainsi, à intervalles réguliers et de façon et parfaitement publique, que la poursuite et l’accroissement de l’immigration sont nécessaires à l’économie et au développement de nos sociétés. Avant même d’être élu, E. Macron avait lui aussi annoncé ses intentions sans ambiguïté en déclarant que «  l’immigration est une chance d’un point de vue économique, social, culturel ».

  • La gestion de l’épidémie vient confirmer et illustrer l’ampleur de la trahison

La gestion de l’épidémie par les pouvoirs publics a jusqu’à présent enregistré des résultats très piteux. Avec une surmortalité de 60.000 morts en 2020, la France occupe une position médiocre du point de vue de la mortalité rapportée à la population : elle fait jusqu’à présent un peu mieux que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Italie, mais nettement moins bien que l’Allemagne ou les pays d’Europe du nord. Le gouvernement a pourtant appliqué à sa population des mesures de contrainte extrêmement lourdes et prolongées, et l’on n’aperçoit toujours par la fin de la crise. Sur le plan économique les résultats de la France sont médiocres là-encore : la France a connu une récession considérable, de 8 %, en 2020, contre 6 % dans la zone euro et 4 % aux Etats-Unis et en Allemagne. Le système hospitalier, réputé jusque-là parmi les meilleurs du monde, s’est révélé en fait gravement insuffisant : c’est à la pénurie de structures et de personnels médicaux que l’on doit depuis plus d’un an la politique de restriction des libertés et de mise à l’arrêt d’une partie de l’économie. Et tout cela, encore une fois, alors que la France est le pays le plus taxé du monde…

La mauvaise gestion de l’épidémie est pour une part une conséquence de la mauvaise organisation d’une sphère politico-administrative aussi pléthorique qu’inefficace. Mais elle est surtout le produit des choix stratégiques et idéologiques effectués par la classe dirigeante depuis des décennies : la mondialisation et le sans-frontiérisme. Du fait du libre-échange et des délocalisations, la France s’est retrouvée dépendante de l’étranger pour se procurer des moyens de lutte contre l’épidémie, qu’il s’agisse des masques, des tests ou des divers médicaments. Surtout l’épidémie et son prolongement depuis plus d’un an trouvent l’essentiel de leur cause dans l’idéologie sans-frontiériste de la classe dirigeante française et européenne. Depuis le début de la crise, la France s’est ainsi toujours refusée à fermer ses frontières et même à mettre en place aux frontières une quarantaine effective et systématique. Elle l’a refusé au début, y compris vis-à-vis des pays d’où venait l’épidémie, la Chine, puis l’Italie. Elle l’a refusé ensuite vis-à-vis de la Grande-Bretagne, malgré l’apparition d’un « variant anglais » plus contagieux et dangereux. Elle s’y refuse aujourd’hui, vis-à-vis du Brésil, malgré l’apparition d’un nouveau variant dangereux. Le gouvernement a certes fini, face aux critiques, par suspendre les vols en provenance du Brésil. Il a dû consentir, après avoir encore attendu plusieurs semaines, à mettre en place un système de quarantaine vis-à-vis des pays d’Amérique du sud, puis vis-à-vis de l’Inde. Las, cette quarantaine reste très laxiste et sera donc probablement inefficace : les personnes venues des pays à risque pourront effectuer leur quarantaine à domicile et pourront même, à l’intérieur d’une certaine plage horaire, sortir de chez eux… La déclaration d’E.Macron – « le virus n’a pas de passeport » – a montré dès les premières semaines de la crise que l’idéologie sans-frontiériste resterait sa boussole.

Tout montre pourtant que le contrôle strict des frontières et la mise en quarantaine systématique aux frontières mêmes constituent les mesures les plus essentielles pour endiguer puis éradiquer l’épidémie. Les pays qui ont pratiqué ces mesures (Taïwan, Australie, Nouvelle-Zélande en particulier) ont ainsi réussi à stopper et éradiquer l’épidémie avant même d’avoir pu vacciner leur population (voir également cette chronique)

Le sans-frontiérisme idéologique des dirigeants français ne s’est pas arrêté là. Dès que les premiers vaccins ont commencé à être livrés en Europe, l’une des premières déclarations de Macron a été pour souhaiter qu’une partie de ces vaccins soient réservés aux pays pauvres. De même, sous l’impulsion de Macron, c’est la commission européenne qui a été chargée d’acheter des vaccins pour le compte de tous les pays membres, dans le but d’adopter un comportement européen « solidaire » et d’éviter la concurrence des différents Etats membres. Cette politique européiste était contraire aux traités européens, qui prévoient que la santé reste une compétence des Etats. Elle s’est révélée qui est plus est tout à fait inefficace. A à la fin du mois d’avril 2021, moins de 20 % des populations des pays de l’UE ont reçu une première dose de vaccin, contre 40 % aux Etats-Unis et 50 % au Royaume-Uni…

Là encore l’impéritie des dirigeants et leurs politiques de trahison mondialiste et sans-frontiériste semblent avoir assez peu d’impact sur les Français, persuadés pour la plupart, selon les sondages, que leurs dirigeants ont jusqu’ici fait tout leur possible…

**

Au moment de conclure, redisons d’abord que la situation est peu ou prou la même dans tous les pays d’Europe occidentale. La majorité de la population pense que la mondialisation, l’immigration et l’épidémie sont des phénomènes qui s’imposent aux gouvernements. Non seulement la plupart des gens, modèles de soumission, exonèrent ainsi leurs autorités de toute responsabilité, mais ils ont en plus tendance à les plaindre et à estimer « qu’on n’aimerait pas être à leur place »…

Les causes de l’incroyable naïveté et de l’immense passivité de la plupart des Français et des Européens de souche sont au nombre de trois. La population tout d’abord est la victime d’une propagande intense et sans répit. La plupart des gens deuxièmement ne disposent pas de la formation et de la compétence leur permettant de juger valablement des choses publiques, ce qui ne peut évidemment leur être reproché. C’est d’ailleurs pourquoi, nous l’avons déjà expliqué par ailleurs, la démocratie ne peut qu’être un leurre.  

La réaction passive et fataliste de la population est également la résultante de l’individualisme général, qui constitue aujourd’hui le ressort de nos sociétés européennes. Chacun cherche à tirer son épingle du jeu et espère que la dégradation qu’il constate l’épargnera lui et son entourage. C’est pourquoi la plupart des Français, bien conscients pourtant du processus de dégradation en cours, recherchent avant tout le statu quo.

Mariées à la trahison, la naïveté, l’individualisme et le fatalisme seront les causes de la disparition désormais probable de la civilisation européenne. Comme le diagnostiquait brillamment Father Mackenzie, l’Europe va être la victime d’une conjuration : celle des salauds et des imbéciles.

A nos lecteurs qui l’ignoreraient, nous avons la tristesse de faire part du décès de Father Mackenzie. Désormais privés de son talent d’écriture, de sa truculence et de sa drôlerie, de sa vaste culture, de sa connaissance des arcanes de la société française, de sa profondeur et de sa sûreté d’analyse, nous nous trouvons désemparés.

Voir également ces chroniques :

La victoire du RN est impossible car la majorité des gens ont intérêt au statu quo

Pourquoi la classe dirigeante nous a trahis

La conjuration des salauds et des imbéciles

2 commentaires sur “Confrontés à la trahison de la classe dirigeante, la majorité des Français de souche oscillent entre naïveté et fatalisme

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