Comment peut-on être populiste ?

Chronique de Paysan Savoyard

(n°144- juin 2016)

 

Pour combattre et tenter de discréditer ses contempteurs, le Système utilise différents arguments de propagande. Parmi les plus utilisés on trouve celui-ci : le Système mondialiste et immigrationniste accuse ses opposants de « démagogie » (ou de « populisme », les deux termes étant synonymes).

A en croire les oligarques, toute politique recueillant les faveurs du peuple serait pas nature viciée et suspecte. Nous voulons ici montrer la fausseté de ce sophisme.

 

  • Une élite démocrate… jusqu’à un certain point

Il faut d’abord souligner qu’en dénonçant de façon compulsive le populisme et la démagogie, les hiérarques révèlent la conception de la démocratie qui est la leur : ils sont démocrates de façon très partielle. Aux yeux de la classe dirigeante, le peuple en effet a mauvaise réputation.

Bien qu’ils s’en défendent, les oligarques considèrent tout d’abord que le peuple a tendance par nature à se comporter comme une populace, une foule grégaire et irréfléchie, dont il convient de se méfier.

La classe dirigeante prend les aspirations de la foule avec méfiance parce qu’elle estime, deuxièmement, que le peuple n’est pas apte à se prononcer de façon pertinente. Il ne dispose pas, selon elle, des éléments d’information et des clés de compréhension permettant de fonder ses positions sur des faits exacts et des raisonnements rationnels.

Les oligarques considèrent enfin que, par nature, le peuple et les dirigeants ne se situent pas sur le même registre. Tandis que le peuple réagit en fonction des intérêts particuliers, les gouvernants eux se targuent d’être en charge l’intérêt général. Le gouvernant digne de ce nom, dès lors, serait celui qui sait s’opposer aux désirs populaires et prendre le risque de déplaire.

Pour ces raisons les dirigeants du Système sont démocrates… à condition que la démocratie prenne la forme d’un vote pour des représentants (lesquels sont dans la pratique des politiciens professionnels membres de la classe dirigeante). Ils ont en revanche une sainte horreur de la démocratie directe et du référendum.

Profitons-en pour préciser que, pour notre part, nous ne sommes pas partisans de la démocratie. Nous pensons nous aussi, comme l’oligarchie, que le peuple n’est pas à même de participer valablement à la décision. Nous préférons un pouvoir qui décide sans s’embarrasser d’élections.

Mais un tel pouvoir n’est légitime qu’à deux conditions. Il doit être à l’écoute du peuple et le consulter (ce qui n’implique pas de suivre ses désirs en toute circonstance) ; il doit avoir pour objectif la poursuite de l’intérêt général.

C’est sur ces deux terrains que nous récusons l’actuelle classe dirigeante. Elle se présente comme démocrate alors que les élections qu’elle organise constituent un simulacre, le choix offert à l’électorat n’étant que d’apparence.  Non contente de lui confisquer le pouvoir, la classe dirigeante méprise le peuple et en ricane sous cape. Poursuivant ses propres intérêts, elle ne tient aucun compte de l’intérêt général et des désirs du peuple, qu’elle manipule, qu’elle leurre et qu’elle trahit.

En dénonçant à tout propos démagogie et populisme, cette oligarchie prétendument démocrate fait délibérément l’amalgame entre deux  attitudes qui n’ont rien à voir.

 

  • La démagogie consiste à plaire au peuple quand on sait qu’il a tort

La démagogie consiste à vouloir plaire au peuple alors qu’on sait qu’il a tort et que ses désirs vont à l’encontre de l’intérêt général. Dépenser inconsidérément alors que l’état des finances ne le permet pas ; flatter des instincts belliqueux alors que la paix est possible ; favoriser des comportements d’oisiveté : voilà des politiques démagogiques.

Donnons quelques exemples de politiques démagogiques suivies ces dernières années. La politique consistant à faire croire que tout le monde ou presque a vocation à occuper un emploi supérieur, intéressant et bien rémunéré en est une première illustration. Cette politique démagogique a été conduite à compter des années soixante-dix. Elle a consisté à accueillir toute les classes d’âge dans un « collège unique », à favoriser l’accès de tous ou presque aux études longues et générales, à distribuer le baccalauréat largement, à augmenter sans cesse le nombre des étudiants. Tout cela débouche sur la sortie du système scolaire sans aucun diplôme pour 20 % de chaque classe d’âge, sur un échec universitaire massif, sur des diplômes sans débouchés, sur des emplois qui ne correspondent pas au niveau des études. C’est une politique démagogique parce que la société n’a besoin que d’un nombre réduit d’emplois supérieurs (emplois de conception, d’encadrement et de contrôle). Les emplois les plus nombreux sont des emplois intermédiaires (emplois techniques ou d’encadrement de proximité) et des emplois d’exécution, manuels ou non.

Deuxième exemple de politique démagogique : l’assistanat. Faire croire que l’on peut s’installer durablement dans un système d’allocations et d’emplois factices. Accorder des allocations chômage de longue durée et non dégressive. Accorder des RMI et des RSA sans contrepartie et sans limite de temps. Accorder des pseudo-emplois, financés par le contribuable, qui ne correspondent à aucune fonction réelle ni utilité véritable (on pense par exemple aux fermeurs de portes automatiques dans le RER). Et ce alors que les finances publiques ne le permettent pas. Alors que l’assistanat fracture la société en faisant payer ceux qui travaillent. Alors qu’il nuit aux assistés eux-mêmes, qui en éprouvent frustration, aigreur et dégoût de soi.

Troisième exemple de démagogie, parmi les politiques d’application récente : supprimer le service militaire en faisant croire que la France et l’Europe toute entière ont enfin atteint un état de paix perpétuelle. Cette suppression s’est accompagnée de la transformation de l’armée professionnelle en une force résiduelle affectée aux tâches humanitaires et de maintien de la paix. Voilà sans conteste une politique démagogique. Elle correspond certes aux désirs du peuple, qui aime à croire qu’il sera définitivement débarrassé de la violence, de la guerre et de la nécessité de se charger de sa propre défense. Mais tout cela évidemment n’est qu’illusion.

 

  • Lorsque le peuple a raison, aller dans son sens est évidemment un devoir

Il existe donc des politiques démagogiques : les exemples que nous venons de donner nous paraissent éclairants. Mais toutes les politiques correspondant aux aspirations du peuple ne sont pas démagogiques. Le peuple en effet ne se trompe pas toujours. A contrario il ne suffit pas d’être impopulaire pour que l’on puisse pour autant considérer que la politique conduite va dans le sens de l’intérêt général.

Lorsque le peuple est favorable à l’arrêt de l’immigration il a évidemment raison. Lorsqu’il est hostile aux délocalisations il a évidemment raison. Lorsqu’il souhaite un net durcissement de la lutte contre la délinquance il a évidemment raison. Ces aspirations du peuple sont de bon sens et vont dans la direction de l’intérêt général.

Mettre fin au laxisme en matière de délinquance, mener une politique protectionniste, mener une politique d’arrêt de l’immigration et de reconduite d’une bonne partie de la population immigrée, tout cela irait dans le sens des désirs et des intérêts du peuple. Il ne s’agirait pas pour autant de démagogie mais de politiques d’intérêt général, et même pourrait-on dire d’intérêt vital.

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La propagande du régime mélange à dessein deux réalités fortement dissemblables et même antagonistes. La politique démagogique et populiste d’une part. Et la politique qui a les faveurs du peuple parce qu’il la sait légitime et justifiée.

L’argument est d’autant plus malhonnête que ceux qui accusent leurs contradicteurs de populisme sont aussi ceux qui conduisent les pires politiques démagogiques, comme nous l’avons montré plus haut.

Résumons. Ce n’est pas parce qu’une politique plaît au peuple qu’elle est ipso facto mauvaise. Ce n’est pas parce qu’on déplaît au peuple qu’on est pour autant dans le vrai.

Immigrationnisme et théorie du complot

Chronique de Paysan Savoyard

(n°135 – avril 2016)

 

Lorsqu’elle prétend rechercher le bien commun, il paraît hors de doute que la classe dirigeante ment et nous trompe : c’est son intérêt propre qu’elle poursuit, le plus souvent au détriment du plus grand nombre.

Elle ne cherche pas, par exemple, à lutter contre le chômage : elle l’a provoqué et le maintient délibérément à un niveau élevé. Les délocalisations, source majeure du chômage, ont ainsi permis de réduire considérablement les coûts salariaux. Le chômage a pour autre avantage de placer en position de fragilité les salariés qui conservent un emploi en France et en Europe, au bénéfice des propriétaires des entreprises.

Elle ne cherche pas à combattre l’insécurité : elle la tolère et l’entretient. Elle juge en effet qu’un niveau élevé d’insécurité installe avantageusement la population dans une situation de faiblesse psychologique, d’inhibition et de soumission au pouvoir.

Elle ne cherche pas à réguler l’arrivée des immigrés. Elle a tout au contraire décidé de provoquer l’immigration et l’invasion de l’Europe, pour aboutir à son objectif stratégique : un monde sans frontières.

Pour se défendre de ces mises en cause, l’oligarchie et ses serviteurs affirment que ces accusations relèvent de la « théorie du complot ».

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La dénonciation de la « théorie du complot » vise à discréditer les adversaires du Système par le mécanisme suivant. On sait qu’il existe une propension de certains individus, déséquilibrés ou soucieux de publicité, à mettre en doute systématiquement les vérités communément admises et à dénoncer à tout propos un complot de puissances occultes cherchant à dissimuler la vérité. Dès que survient un événement d’ampleur (l’accident d’un avion, une victoire sportive, une grande découverte scientifique…) il y a toujours  des gens pour prétendre qu’il a été fabriqué de toutes pièces. Dans le même registre délirant, on lit en ce moment des articles mettant en doute la paternité de Shakespeare sur ses œuvres. On nous avait servi les mêmes soupçons il y a quelques années à propos de Corneille et de Molière.

En les assimilant aux auteurs de ces soupçons systématiques et farfelus, le Système cherche à discréditer ses contradicteurs.

Il ne suffit pas pour autant de dénoncer « la théorie du complot » pour faire tomber comme par magie les arguments des adversaires du Système. Les complots et les manipulations, en effet, sont bien des réalités qui peuvent exister.

Par exemple des complots anarchistes ont marqué en France le début du 20e siècle. Au sein du régime nazi plusieurs complots ont visés à éliminer Hitler. A l’issue de la guerre d’Algérie des complots de l’OAS ont été ourdis contre De Gaulle. C’est probablement dans le cadre d’un complot que l’assassinat de Kennedy a été décidé. La CIA a été mise en cause pour être à l’origine de multiples complots partout dans le monde. Affirmer l’existence d’un complot n’est donc pas en soi une assertion ridicule.

Mais si la dénonciation de « la théorie du complot » tombe à plat c’est pour une autre raison. La classe dirigeante mène des politiques qui nuisent aux intérêts vitaux des peuples européens : chaque jour qui passe rend la chose plus évidente…. Mais personne ne prétend qu’il y ait complot.

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Qu’est-ce en effet qu’un complot ? Un complot présente trois caractéristiques.

Un complot suppose le secret : c’est même sa caractéristique principale. Or les politiques mondialistes et immigrationnistes sont parfaitement publiques.

La politique de mondialisation a ainsi donné lieu à des décisions prises publiquement par les gouvernements européens et occidentaux, décisions maintes fois confirmées et réitérées : baisse des droits de douanes ; libération des mouvements internationaux de capitaux ; réalisation d’un marché commun européen ; construction progressive d’un monde sans frontières économiques.

Il en est de même pour la politique immigrationniste. Elle donne lieu à des décisions connues de tous, prenant souvent la forme de lois et provoquant des débats relayés par les médias : regroupement familial, droit du sol, naturalisations…

De même ces politiques engendrent une abondante littérature administrative (rapports, études…) accessible au public.

Les cercles de décision au sein desquels sont discutées et arrêtées les grandes orientations mondialistes et immigrationnistes ont une existence parfaitement connue : les organisations internationales (sessions de négociation de l’OMC, réunions du Conseil de l’Union européenne…) ; les clubs et séminaires (Davos, Bilderberg, Le Siècle…) ; les programmes américains de formation des élites étrangères (Young Leaders…).

Non seulement ces politiques et ces décisions ne sont pas secrètes, mais elles font l’objet d’une propagande intense et permanente de la part des agents du Système (politiciens, médias, intellectuels, experts, gens de culture…).

Nul secret donc dans la conduite de ces politiques. Et nul complot dès lors.

Un complot suppose, deuxièmement, l’existence d’un groupe restreint de comploteurs : rien de tel avec les politiques mondialistes et immigrationnistes. Elles ne sont pas conduites par un petit groupe mais au contraire par l’ensemble de la classe dirigeante du monde occidental. Cette classe dirigeante s’est même constituée en une uper class mondialisée, sous leadership américain.

En France par exemple la totalité de la classe dirigeante est soit mondialiste, soit immigrationniste, soit le plus souvent les deux.

Le complot enfin, c’est sa troisième caractéristique, doit être destiné à prendre le pouvoir.

Or les promoteurs du mondialisme et de l’immigrationnisme n’ont pas cette ambition, et ce pour une raison fort simple : c’est à eux que le pouvoir appartient d’ores et déjà.

Ce pouvoir est complet, absolu, tentaculaire. Ils possèdent les entreprises et les banques, les lieux du pouvoir politique et administratif, les médias, les lieux de culture. Par la propagande médiatique ils s’efforcent de maîtriser les esprits et les comportements. Leur pouvoir est total. Ils n’ont qu’à se préoccuper de le garder.

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Concluons. La dénonciation de la « théorie du complot » fait partie des « éléments de langage » utilisés par le Système. Il s’agit là d’une des pièces de sa rhétorique destinée à créer le doute, l’ambiguïté, la confusion, d’un des outils de sa propagande visant à déplacer le débat, à noyer le poisson, à s’efforcer de montrer que ce qui est vrai est faux et inversement.

Le mondialisme, l’immigrationnisme et la disparition des frontières, nous en convenons tout à fait, ne résultent pas d’un complot. La réalité est plus simple. Il n’y a pas de complot. En revanche il y a bel et bien un projet.

 

« Notre pays doit accepter d’accueillir une partie de la misère du monde »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°102 – mai 2013)

 

Parmi les arguments utilisés par les immigrationnistes, on trouve celui-ci, qui le plus souvent fait mouche auprès des interlocuteurs : « Notre pays doit prendre sa part pour accueillir une partie de ceux qui fuient la misère et à la famine ».

Cet argument a notamment été popularisé par Michel Rocard, alors premier ministre, auteur de cet aphorisme devenu célèbre : « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part »

Nous ne sommes pas d’accord. Cette obligation morale n’existe pas. Pour les différentes raisons suivantes nous n’avons aucune obligation morale d’accueillir des immigrés, fussent-ils pauvres et miséreux.

 

  • Notre pays a des devoirs envers sa population avant toute chose

Le premier aspect qu’il convient de mettre en avant est le plus déterminant : notre pays, comme tout autre, a des devoirs envers sa population avant toute autre considération.

Les sociétés humaines sont bien administrées lorsque chacun se prend en charge et s’occupe d’abord des siens. Le devoir des parents est de s’occuper en première priorité de leurs enfants ; ils peuvent aussi aider les autres mais pas avant d’avoir correctement assumé leurs devoirs envers leurs enfants, assuré leur subsistance, leur éducation et les avoir préparés à construire leur avenir. Il en va de même pour les Etats. Le devoir des pouvoirs publics français et européens est d’abord de s’occuper de la situation des populations qui vivent en France et en Europe. La situation des pauvres d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique est l’affaire des gouvernements et des sociétés de ces régions et de personne d’autre.

Un Etat, en effet, n’est pas un individu. Les obligations morales qui pèsent sur un individu ne pèsent pas sur l’Etat. L’individu peut choisir d’être généreux et faire preuve de charité envers ses semblables, ainsi que le recommande l’Evangile. Il n’en est pas de même pour l’Etat. Imaginer que l’Etat a lui aussi une obligation de partage et de charité à l’égard de populations étrangères ou le condamner parce qu’il se montre « égoïste » revient à commettre un contresens sur ce qu’est la nature de l’Etat : l’Etat est une institution placée par nature au service exclusif des populations qui l’ont constitué.

 

  • La pauvreté résulte avant tout du dysfonctionnement des pays d’émigration

Si nous n’avons aucune obligation d’accueil c’est, deuxièmement, parce que la misère et la famine sont le plus souvent de la responsabilité même des pays dont les immigrés sont issus. Elles résultent des guerres. Elles résultent de la démographie trop importante. Elles résultent du fonctionnement des sociétés dont il s’agit sur une base ethnique (la vision ethnique de la société conduit aux guerres, à la corruption des élites au profit de leur clan, à la confiscation des ressources par les ethnies dominantes).

Il existe certes dans les pays concernés, des zones désertiques et inhospitalières qui peuvent contraindre les populations à la misère, indépendamment des comportements collectifs ou des politiques publiques suivies. Cependant les difficultés de vie des populations sont souvent liées dans ces zones à une pression démographique trop importante au regard de l’environnement et des ressources naturelles. En outre de nombreuses zones n’ont rien d’inhospitalières et sont au contraire tout à fait luxuriantes : elles n’en sont pas moins elles aussi la source d’une émigration importante (c’est le cas de certains pays d’Afrique centrale par exemple). L’immigration n’a donc rien à voir avec les conditions climatiques défavorables rencontrées dans telle ou telle région.

 

  • L’accueil des immigrés est un obstacle au développement des pays « pauvres »

Il nous semble, troisièmement, que l’accueil des miséreux du monde entier est en soi contre-productif du point de vue du développement des pays « pauvres ».

L’immigration conduit en effet les populations concernées à penser que la solution aux problèmes de leurs pays peut résider ailleurs que chez eux. Or la clé du développement se trouve dans les pays eux-mêmes et non dans le recours à une manne extérieure, qu’elle résulte de l’immigration, de l’aide internationale ou du tourisme international.

Nous traiterons de ce point plus en détail dans une future tribune (se reporter pour l’heure à cet article).

 

  • Notre « richesse » résulte de nos mérites et de notre travail

Il faut enfin affirmer que notre richesse est une conséquence de notre action et celle des générations qui nous ont précédés. Nous sommes aujourd’hui placés dans une situation qui de certains points de vue est avantageuse (richesse matérielle,  santé…). Mais ces avantages et cette richesse ne sont pas tombés du ciel : ils résultent du travail, de la créativité, des vertus morales de toutes les générations qui ont construit le pays.

Il faut aussi rejeter ce qualificatif de pays « riche » que l’on nous attribue dans le but de nous placer en position de débiteur. Pour plusieurs raisons.

Les mises en cause qui nous sont adressées par des pays « pauvres » nous paraissent tout d’abord injustifiées dans la mesure où certains de ces pays disposent de grandes richesses naturelles, richesses dont un pays comme la France est précisément dépourvu.

Il faut noter deuxièmement que la richesse du pays est une notion à considérer avec prudence. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, le niveau de vie par habitant stagne en France depuis dix ans et la position de notre pays en termes de richesse par habitant se dégrade par rapport aux autres pays riches.

En outre la richesse globale du pays ne signifie pas que l’ensemble de la population soit aisée. Il existe en France une population de souche qui éprouve des difficultés et qui peut même se trouver en situation de pauvreté. C’est de ces pauvres dont nous devons nous occuper.

Il faut enfin noter que les processus d’enrichissement de nos pays industrialisés ont engendré différents inconvénients et difficultés (la dégradation de l’environnement notamment), qu’il nous faut maintenant traiter, ce qui aura un coût.

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Notre pays n’a donc nullement l’obligation d’accueillir les immigrés et les pauvres des autres continents, au détriment de sa propre population. Cela ne veut pas dire que nous devons refuser toute aide : mais celle-ci doit être accordée si elle correspond à l’intérêt de notre population, dans le cadre d’un échange mutuellement avantageux.

Sachons argumenter face aux sophismes des tiers-mondistes et autres «  citoyens du monde », dont l’objectif premier est de nuire aux pays européens et à leurs populations de souche, en les désignant comme des coupables par nature et en les désarmant moralement.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 19/05/13

« L’immigration clandestine est inévitable »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°80 – janvier 2012)

 

Les partisans de l’immigration mettent fréquemment en avant cet argument : « Il est impossible d’arrêter l’immigration clandestine : quelle que soit la hauteur des barrières que nous dresserons, ils viendront, parce qu’ils fuient la misère et la guerre ». Et les immigrationnistes de filer la métaphore : « Inutile d’ériger des murs : une forteresse assiégée finit toujours par tomber ».

Cette vision qui conclut à notre impuissance face à un phénomène irrépressible nous paraît inexacte (nous traitons dans le présent article de l’immigration clandestine ; nous aborderons la question de l’immigration légale dans un article suivant).

Signalons d’abord que cette allusion répétitive à « la forteresse assiégée immanquablement abattue » est historiquement fausse : de nombreux châteaux ont soutenu des sièges, parfois de plusieurs années, et n’ont pas été pris (parmi les exemples célèbres citons l’échec du siège de Paris par les Normands qui a duré deux ans à la fin du 9e siècle).

S’agissant de la misère et de la guerre qui forceraient les ressortissants des pays « pauvres » à émigrer, il y aurait beaucoup à dire et nous réservons ces questions à de futures tribunes consacrées au développement.

Nous nous efforcerons pour l’heure de montrer la fausseté de l’affirmation selon laquelle l’immigration clandestine est inévitable : comme nous allons le voir il est au contraire tout à fait possible de l’endiguer.

  • La plupart des clandestins entrent légalement sur le territoire, c’est-à-dire avec l’accord des pouvoirs publics

L’immigration véritablement clandestine (immigrés cachés dans des camions ou des bateaux, après avoir le cas échéant traversé en bateau le détroit de Gibraltar) est souvent organisée par des réseaux de passeurs. En admettant qu’un gouvernement ait cette volonté, elle ne serait sans doute pas aisée à endiguer. Mais il faut voir que cette immigration véritablement clandestine ne représente qu’une faible partie de l’immigration clandestine totale. La plupart des immigrés clandestins entrent en effet sur le territoire… de façon tout à fait légale – et donc avec l’accord des pouvoirs publics – et ce grâce à deux mécanismes principaux.

Tout d’abord de nombreux immigrés clandestins entrent avec un visa « de court séjour », c’est-à-dire pour un séjour d’au maximum 3 mois permettant à l’étranger d’effectuer une visite privée ou familiale en France. Une partie des bénéficiaires de ces visas, qui sont donc entrés légalement, deviennent ensuite clandestins parce qu’ils « oublient » de rentrer chez eux à l’expiration du visa.

Le second mécanisme d’arrivée des clandestins est lié aux demandes d’asile présentées par des immigrés qui se présentent aux frontières françaises : les demandeurs d’asile deviennent pour la plupart d’entre eux des clandestins, dans le cadre du processus suivant.

L’instruction d’une demande d’asile en effet prend plusieurs mois (la décision de l’OFPRA, l’organisme qui statue sur les demandes d’asile, est rendue en moyenne au bout de 5 mois ; les déboutés ont ensuite la possibilité de faire appel devant la Cour nationale du droit d’asile, qui met en moyenne 1 an pour statuer). Or la loi ne permet pas de retenir les demandeurs d’asile dans un centre fermé en attendant que leur demande soit instruite : la durée de leur éventuelle rétention dans la zone d’attente fermée qui existe dans les ports, aéroports et gares, est limitée à 24 jours au maximum. A l’issue de cette rétention les demandeurs sont libres de circuler sur le territoire en attendant qu’il soit statué sur leur demande (le récépissé de leur demande valant autorisation de séjour).

Mieux même, les pouvoirs publics remettent aux demandeurs d’asile une somme d’argent, pour leur permettre de vivre pendant l’instruction de leur demande (en 2010, 28 000 personnes ont bénéficié de cette « allocation temporaire d’attente », pour un coût total de 105 millions d’euros). Pendant la période d’instruction de leur demande, les demandeurs d’asile bénéficient également de places d’hébergement (40 000 places sont ouvertes, dans des centres ou à l’hôtel : coût 312 millions en 2010).

Au terme de l’instruction de leurs dossiers, seul un demandeur sur cinq se voit accorder l’asile (en 2010, 52 000 demandes d’asile ont été présentées et 10 340 accordées ; voir le  rapport d’activité OFPRA page 72). Les autres demandeurs sont déboutés parce qu’ils sont ressortissants de pays considérés comme sûrs.

Or, dans la pratique, les demandeurs d’asile déboutés choisissent pour la plupart de se maintenir clandestinement sur le territoire (ils y sont d’autant plus incités qu’ils résident légalement depuis plusieurs mois et ont pour certains trouvé un travail, clandestin ou non).

On ne dispose pas de chiffres permettant de quantifier le phénomène : les départs volontaires des demandeurs d’asile déboutés ne sont pas comptabilisés ; quant aux reconduites (28 000 en 2010), elles ne concernent pas seulement les demandeurs d’asile mais les clandestins de façon générale. Nous considérons pour notre part que très probablement la quasi-totalité des 40 000 demandeurs d’asile déboutés chaque année se maintiennent sur le territoire de façon clandestine.

 

  • Les clandestins viennent en France parce qu’ils savent qu’ils y trouveront un travail et des aides multiples

Il est inexact de considérer l’immigration clandestine comme inéluctable pour la seconde raison suivante : les immigrés clandestins viennent en France parce qu’ils savent qu’ils en tireront de façon certaine un avantage considérable.

Ils savent premièrement qu’ils vont pouvoir trouver un travail, clandestin ou non, et donc percevoir des revenus qui, en termes de pouvoir d’achat dans leur pays d’origine, seront incomparablement supérieurs aux revenus susceptibles d’être obtenus sur place.

Ils savent que ces revenus comparativement élevés vont donc leur permettre de faire vivre leur famille restée sur place, leur village, leur quartier.

Ils savent troisièmement pouvoir scolariser leurs enfants et être soignés (grâce à l’AME, aide médicale accordée par l’État aux immigrés clandestins).

Ils savent qu’ils vont pouvoir squatter des logements vides, sans que le plus souvent les pouvoirs publics ne réagissent. Dans le cas où ils seraient évacués du squat ou d’un immeuble insalubre, ils savent qu’ils ont de bonnes chances d’obtenir un logement social.

Ils savent que le risque d’être pénalement condamnés et ensuite expulsés est limité (le nombre des reconduites à la frontière n’est que de 28 000 par an, alors que le nombre des nouveaux immigrés clandestins arrivant chaque année est probablement au moins cinq fois supérieur).

Ils n’ignorent pas qu’ils peuvent compter sur le soutien de réseaux militants favorables à l’immigration (ces réseaux bénéficient eux-mêmes de relais importants dans le monde des médias, ce qui leur permet d’exercer une pression efficace sur les pouvoirs publics).

Ils savent enfin qu’ils peuvent espérer être régularisés le moment venu. La loi prévoit en effet une possibilité de régularisation au bout de 10 ans de séjour (article L 313-14 du code de l’entrée et du séjour des étrangers).

D’autres clandestins sont régularisés en faisant valoir des « liens personnels et familiaux » (article L 313-11 du même code). Selon le Haut conseil à l’intégration, 15 000 personnes par an environ bénéficient d’une régularisation ; voir  rapport 2011 du Haut conseil à l’intégration page 23).

On voit que, compte-tenu de l’attitude des pouvoirs publics, l’immigration clandestine en France est tout à fait rationnelle.

 

  • Il existe des mesures efficaces pour arrêter l’immigration clandestine

L’immigration clandestine est donc pour l’essentiel une conséquence directe des décisions des pouvoirs publics, qui constituent de puissantes incitations : délivrance de visas, modalités de traitement des demandeurs d’asile, attributions d’aides multiples… Dès lors, si les pouvoirs publics cessaient d’autoriser, de tolérer et même d’encourager l’immigration clandestine, on peut considérer que celle-ci s’arrêterait d’elle-même.

Les principales mesures souhaitables sont les suivantes :

  • Ne plus accorder de visas, quelle que soit leur durée, aux ressortissants des pays d’immigration;
  • Maintien des demandeurs d’asile dans une structure fermée pendant la durée d’instruction de leur demande;
  • Reconduite les demandeurs d’asile déboutés. Reconduite également de façon systématique de l’ensemble des clandestins. Dans le cas où des obstacles à la reconduite apparaissent (refus de l’immigré de déclarer sa nationalité, refus du pays d’origine d’admettre son ressortissant, suspension de la reconduite par décision de justice…), les clandestins devraient être maintenus dans une structure de détention en attendant que les obstacles à leur reconduite soient levés;
  • Suppression des mesures de régularisation des clandestins figurant dans la loi;
  • Suppression de l’AME ; suppression de la possibilité de scolariser les clandestins;
  • Durcissement des peines pour les employeurs de travailleurs immigrés clandestins.

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Ces mesures, qui supposent des modifications de la loi, sont d’application aisée. Elles auraient très probablement une forte efficacité. C’est pourquoi les politiciens hypocrites qui ne luttent qu’en paroles contre l’immigration clandestine s’opposent avec la dernière énergie à ce que de telles mesures soient prises et même envisagées.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 23/01/12

« L’argent de l’immigration aide à développer les pays d’origine »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°77 – novembre 2011)

 

Parmi les arguments mis en avant par les partisans de l’immigration, il y a celui-ci, auquel les bonnes âmes sont spécialement sensibles : « l’argent envoyé par les immigrés dans leurs pays d’origine sert leur développement, lequel est une condition de l’arrêt futur de l’immigration ». Cette idée sympathique en apparence nous paraît tout à fait fausse : l’argent des immigrés, et de façon plus générale l’immigration elle-même, sont au contraire préjudiciables au développement des pays « pauvres ».

Le montant des transferts d’argent dans les pays d’origine est désormais considérable (l’augmentation de ces transferts découlant logiquement du fait que les volumes d’immigration ne cessent de croître à l’échelle planétaire).» Selon la Banque mondiale, les envois de fonds des migrants vers leur pays d’origine se sont élevés en 2010 à 325 milliards de dollars. Ces sommes constituent désormais le triple de l’aide publique au développement. Elles représentent  2 % du PIB pour l’ensemble des pays en développement, 6 % du PIB des « pays à faible revenu » et jusqu’à 20 % du PIB dans certains d’entre eux. Ces transferts sont pour les pays bénéficiaires la principale source de devises et la Banque mondiale considère qu’ils constituent « une ressource vitale pour les populations pauvres».

Les immigrationnistes et les organismes internationaux de développement affirment que ces sommes importantes sont consacrées au financement dans les pays d’origine d’investissements et d’activités favorables au développement : création d’entreprises locales, création d’infrastructures publiques ou communautaires, comme des écoles ou des centres de soins. Ce phénomène constitue à leurs yeux une justification importante de l’immigration. Or cette vision optimiste des choses ne correspond aucunement, selon-nous, à la réalité.

  • Les fonds transférés par les immigrés dans les pays d’origine ne sont pas consacrés au développement

Relevons tout d’abord que ces transferts de fonds, une fois convertis en monnaie locale, correspondent à un pouvoir d’achat très supérieur à ce qu’il est dans les pays d’immigration où les revenus ont été perçus : leur impact sur les sociétés locales est donc considérable.

Signalons également que le transfert par les immigrés d’une partie de leurs revenus constituent pour chacun d’eux une obligation sociale : ils ne peuvent s’y soustraire, leur village, leur quartier, leur clan ayant misé sur eux (en les aidant par exemple à réunir les fonds nécessaires pour immigrer).

Il faut remarquer ensuite que ces transferts, en Afrique du moins, ne bénéficient qu’aux familles, aux quartiers ou aux villages qui ont développé une stratégie d’émigration, en envoyant une partie des jeunes en Europe à charge pour eux de transférer sur place une part de leurs gains. Les villages, quartiers ou régions qui n’ont pas de tradition d’émigration ou ne savent pas profiter des filières d’immigration ne bénéficient nullement de ces transferts.

Mais si ces transferts n’ont rien de positif, c’est avant tout parce qu’ils ne sont pas investis, sauf exception, dans le développement local : ils sont très généralement consacrés au financement de la consommation courante (alimentation, télévisions, véhicules privés…).

L’effet nocif saute aux yeux des observateurs extérieurs ayant l’occasion de se déplacer dans les villages et quartiers bénéficiaires de ces transferts : personne ne travaille. La population restée sur place, déresponsabilisée par l’ampleur des transferts, a pris le parti d’en vivre.

L’immigration et les transferts de revenus encouragent les populations à penser que la solution des problèmes de l’Afrique se trouve à l’extérieur. Ces transferts ont le même effet funeste que les autres apports de fonds venus de l’étranger, tels ceux de l’aide internationale. Or les clés du développement se trouvent dans les pays eux-mêmes – il s’agit-là d’un truisme – et non dans le recours à des ressources dépendant intégralement de pays ou d’organismes extérieurs (qu’il s’agisse de l’immigration, de l’aide internationale, du tourisme international ou de l’exportation des produits de rente).

Les clés principales du développement des pays d’Afrique sont les suivantes : la priorité donnée à l’agriculture et au maintien des populations en milieu rural ; la construction d’un État un tant soit peu efficace, pas trop corrompu et suffisamment indépendant des logiques tribales et racistes ; l’arrêt des guerres racistes, ethniques et tribales ; et surtout le contrôle de la démographie (nous reviendrons le moment venu de façon plus détaillée sur ces questions de développement).

La démographie est le facteur majeur. Rappelons que la population africaine est passée de 800 millions à plus d’1milliard désormais, en seulement… 10 ans ; que le taux de croissance moyen de la population africaine, qui est de 2,2 %  par an, correspond à un doublement de la population tous les 31 ans ; que les 2 milliards devraient dans ces conditions être atteints dès 2040… Aucun processus de développement n’est concevable dans un tel contexte démographique, la croissance économique étant d’emblée annulée par l’augmentation de la population (de sorte que dans de nombreux pays africains, le revenu par habitant ne cesse de baisser malgré des taux de croissance de l’économie relativement élevés).Voir ces tableaux de l’INED.

 

  • Les immigrés ne retournent pas dans leur pays et ne contribuent donc pas à leur développement

La conception immigrationniste selon laquelle l’immigration est un facteur de développement repose sur un deuxième postulat : les immigrés, après une période passée en France ou en Europe, ont vocation à revenir dans leur pays, pour le développer et y faire fructifier les compétences acquises.

Là encore cette idée sympathique ne correspond pas à la réalité. Les immigrés reviennent au pays pour les vacances mais ne s’y réinstallent que de façon exceptionnelle. La chose est au demeurant logique, les pays d’origine, en Afrique en particulier, n’étant pas engagés dans un processus de développement et les difficultés ayant plutôt tendance à s’aggraver.

On sait par exemple que la fuite des cerveaux aboutit notamment à ce que les médecins africains exerçant en Europe sont plus nombreux que leurs confrères restés sur place (il y aurait ainsi semble-t-il deux fois plus de médecins malgaches exerçant en France qu’à Madagascar). Une fois installés dans les hôpitaux français ou dans les banlieues des grandes agglomérations, ces médecins étrangers y font évidemment toute leur carrière.

Témoigne de cette réalité le fait que les aides financières accordées par les pouvoirs publics pour encourager le retour des immigrés sont toujours restées un échec. Mises en œuvre dans les années 90, ces aides n’ont concerné, selon un rapport parlementaire, qu’environ 1 200 personnes par an.

A partir de 2005, le montant des aides a été fortement relevé pour les rendre plus incitatives. Ces aides au retour volontaire (ARV) comprennent la prise en charge des frais de voyage, une aide financière qui peut aller jusqu’à 2000 euros par adulte et 1000 euros par enfant mineur jusqu’au troisième enfant. Elles ont bénéficié à 2 900 personnes en 2009 et à 4 000 personnes en 2010.

Par ailleurs une aide à la création d’entreprise dans le pays d’origine peut être accordée, qui comprend notamment une aide financière pouvant aller jusqu’à 7 000 euros (voir le « guide du demandeur d’asile » (sic) édité par le ministère de l’intérieur. En 2010 1 383 projets de création d’entreprise ont donné lieu à une aide.

Comme on le constate, les résultats de ces dispositifs d’encouragement au retour restent très faibles en valeur absolue et sont dérisoires au regard du nombre des immigrés présents en France.

Profitons-en pour signaler cet autre élément du dispositif d’aide au retour, qui confine lui au délire.

Il existe en effet également une aide au retour humanitaire (ARH), qui peut être attribuée aux étrangers présents en France en situation de dénuement ou de grande précarité ou qui n’entrent pas dans le champ d’application de l’aide au retour volontaire décrite plus haut. Ces étrangers peuvent recevoir une prestation de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant mineur (les montants de cette aide ayant été relevés en 2007). Cette fois-ci le nombre des bénéficiaires est nettement plus élevé puisqu’elles ont été environ 12 000 en 2009 et encore 10 000 en 2010 (voir p. 53 du rapport parlementaire cité plus avant).

Or un parlementaire a relevé que les bénéficiaires de cette aide ont été en 2010 dans 94 % des cas… des ressortissants communautaires, qui peuvent ensuite revenir librement. Le parlementaire note sobrement dans son rapport que « étant donné leur statut et leur proximité géographique, cette aide ne favorise en rien le retour durable de ces populations dans leur pays d’origine ».

Signalons enfin l’existence d’une politique dite de co-développement. L’État français finance des projets de développement dans des pays avec lesquels il a passé des accords de « gestion concertée des flux migratoires ». (Voir cette publication du ministère de l’immigration). Censés inciter les populations à s’investir localement plutôt que d’immigrer, ces projets de développement peuvent sans doute être approuvés dans leur principe. Le problème est que leur impact peut difficilement être évalué autrement qu’à long terme. En attendant le contribuable français est appelé à financer (30 millions prévus en 2011 pour le programme budgétaire intitulé «développement solidaire et migration » ;  étant entendu que cette enveloppe ne constitue qu’un petit sous-ensemble de l’aide totale au développement (APD) consentie par la France, qui s’élève tout de même, nous sommes si riches, à 9 milliards d’euros par an.

 

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Concluons d’un mot, en revenant aux fonds transférés dans les pays d’origine. Cet argent ne sert pas, nous venons de le dire, le développement de ces pays : au contraire il y entretient la passivité et un comportement d’assistanat. A l’intention des immigrationnistes convaincus que l’immigration est une chance pour la France, faisons remarquer en outre que les fonds transférés par les immigrés ne viennent pas alimenter l’économie française.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 06/11/11

« La France a toujours été un pays d’immigration »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°47 – octobre 2010)

 

A en croire les immigrationnistes, « la France est un pays d’immigration » et « a toujours accueilli les immigrés ». Les immigrationnistes ajoutent généralement que « la plupart des Français sont originaires de l’immigration » et que « la notion de Français de souche constitue un mythe ». L’immigration serait donc selon eux un phénomène inévitable, éternel et finalement parfaitement naturel : quiconque prétendrait s’y opposer manifesterait par là-même son ignorance et son inconséquence.

Il se trouve que les affirmations des immigrationnistes ne correspondent pas à la réalité :

  • La population française est restée homogène pendant plus de mille ans

Le territoire de ce qui deviendra la France a été occupé, à partir du 6e siècle avant notre ère, par des populations venues de la région située au nord de la Mer Noire, qui, probablement en raison d’un refroidissement climatique, ont cherché à gagner les régions plus clémentes d’Europe occidentale : ce sont les Celtes (ou Gaulois). Sur une période de deux siècles, entre -500 et -300, une cinquantaine de tribus Celtes s’installent en Gaule (ainsi qu’en Suisse, dans l’actuel Bénélux, en Grande-Bretagne et dans une partie de l’Espagne) : la Gaule devient celtique. Quant aux peuples pré-celtiques, ils sont assimilés par les Gaulois ou repoussés dans les montagnes.

Après la conquête romaine (-50), les Gaulois se romanisent et la Gaule gallo-romaine devient une pièce maîtresse de l’Empire. Le peuplement dominant n’en reste pas moins celtique, les populations romaines installées définitivement en Gaule ayant été peu nombreuses.

Au début du 5e siècle de notre ère, des populations germaniques envahissent la Gaule et pour certaines s’y installent (Goths et Burgondes) : ce sont les « Grandes invasions ». Quelques décennies plus tard, d’autres Germains, les Francs, pénètrent à leur tour en Gaule et y imposent leur domination. Ces différentes populations germaniques viennent de plusieurs régions d’Europe : Europe orientale (Goths) ; région du Rhin (Francs et Alamands). D’ultimes invasions se produiront aux 9e et 10e siècles : celle des Vikings (ou Normands), populations germaniques d’Europe du Nord ; puis celle des Hongrois. A la fin du 10e siècle, les invasions sont terminées. A cette date, la situation de la population présente en France est la suivante : si leurs chefs constituent désormais l’aristocratie du pays, les Francs sont surtout installés dans la France du nord et de l’est ; les Vikings sont établis en Normandie ; l’essentiel de la population reste composé de Celtes.

Un point important doit être relevé. Toutes ces populations (Celtes et Germains) ont une appartenance raciale et culturelle commune. Elles possèdent notamment les mêmes racines linguistiques et les mêmes fondements d’organisation sociale : ce sont des «indo-européens ».

Les indo-européens sont des populations qui, installées originellement au centre de l’Europe (Caucase), se sont déplacées, par vagues successives à partir de -2000 environ, pour occuper finalement un vaste territoire allant de l’ouest de l’Europe à l’Iran et aux marges de l’Inde (d’où le nom qui leur a été attribué). Ce sont des peuples guerriers et cavaliers, qui parviennent sans difficulté à soumettre les populations autochtones peu nombreuses qu’ils rencontrent, dans des espaces territoriaux quasi vides (c’est ainsi qu’au moment où les Celtes peuplent la Gaule, les populations indigènes qu’ils trouvent devant eux ne comptent que quelques centaines de milliers d’individus). Les principaux peuples indo-européens qui se sont installés dans les différentes régions de l’Europe sont les Grecs (Ioniens, Achéens et Doriens), les Latins, les Celtes et les Germains.

Les Grandes invasions terminées, la composition de la population va rester inchangée en France pendant mille ans. Il n’y aura plus d’autres invasions (l’invasion arabe, comme on le sait, ayant été stoppée en France en 732). Il en est de même dans tous les pays européens (hormis l’Espagne, partiellement conquise par les Arabes). Il n’y a pas non plus de phénomène d’immigration significatif : c’est ainsi que le nombre des étrangers recensés n’est que de 100 000 au début du 19e siècle (1).

 

  • La France n’accueille une immigration significative que depuis le milieu du 19esiècle

Le phénomène d’immigration commence à partir des années 1850. La France s’engage alors dans la « révolution industrielle ». Le pays étant majoritairement paysan et rural, les ouvriers sont en nombre insuffisant pour couvrir les besoins de main-d’œuvre engendrés par l’essor industriel. Des immigrés venus de pays européens pauvres ou en forte croissance démographique vont venir occuper les emplois offerts par le pays puissant et en voie d’enrichissement rapide qu’est la France. Le nombre des étrangers passe à 380 000 en 1851 et dépasse le million en 1886. Il se stabilise à ce niveau jusqu’en 1914, et ce en dépit de la poursuite de l’immigration, une loi de 1889 ayant facilité les naturalisations (1). Ces immigrés sont le plus souvent Belges dans une première période, puis Italiens. En 1914 la France compte ainsi 1,1 million d’étrangers, dont 38 % d’Italiens, 26 % de Belges, 10 % d’Espagnols,  9 % d’Allemands et 7 % de Suisses (2).

Une seconde poussée d’immigration se produit après la première guerre mondiale, organisée par le gouvernement et destinée à compenser les pertes humaines. Entre 1921 et 1931, le flux d’immigration s’élève à 2 millions de personnes (3). On dénombre 2,7 millions d’étrangers en 1931, et ce malgré les nombreuses naturalisations favorisées par une loi de 1927 (1). Ces immigrés sont pour l’essentiel des Italiens, des Espagnols et des Polonais.

La crise des années 30 puis la guerre vont interrompre l’immigration et provoquer des retours : le nombre des étrangers tombe à 2,2 millions en 1936 et à 1,7 millions en 1946 (1).

Relevons ce point : comme on le voit, l’immigration du 19e et de la première partie du 20e a été quasi exclusivement indo-européenne (font exception les Juifs, chassés d’Europe de l’Est par l’antisémitisme et les pogroms, qui s’installent en France à la fin du 19e et au début du 20e).

La reconstruction d’après-guerre, accompagnée de l’adoption du système américain de « société de consommation », se traduit en France (comme dans les autres pays européens) par une forte croissance de la production. Pour combler les besoins de main d’œuvre (et éviter de financer des investissements de productivité), les industriels vont recourir à l’immigration, avec l’assentiment des pouvoirs publics.

C’est ainsi qu’est créé en 1946 l’Office national d’immigration, auquel est assigné l’objectif de réaliser l’immigration de 2 millions de personnes. La politique d’immigration ne se traduira dans les faits qu’à partir de 1956, mais l’objectif fixé n’en sera pas moins atteint : l’Institut national d’études démographiques (INED) évalue à environ 2 millions les entrées de travailleurs étrangers et de leurs familles entre 1946 et 1967 (hors rapatriés et travailleurs saisonniers) (3).

Dans les années 50 l’immigration reste quasi exclusivement européenne, les Italiens constituant parmi les immigrés le groupe le plus important. C’est ainsi qu’au recensement de 1962, la population étrangère, qui s’élève à 1,8 millions de personnes, est composée d’Italiens (36 %), d’Espagnols (24 %), de Polonais (10 %), de Belges (4 %), de Portugais (3 %), d’Allemands (3%) et de Suisses (2%), pour les nationalités les plus représentées (2).

 

  • L’immigration non européenne a commencé il y a seulement 50 ans

Dans les années 60, l’immigration devient pour partie non européenne. Une fois la guerre d’Algérie terminée, les représentants des grandes firmes se rendent ainsi dans les pays du Maghreb pour proposer des contrats de travail assortis d’une autorisation de séjour. Cependant ce sont toujours des européens, les Espagnols, qui constituent la majorité de l’immigration.

A partir du début des années 70, l’immigration va, pour la première fois, comporter une composante non européenne importante. Au recensement de 1975,  les nationalités les plus représentées dans la population étrangère sont ainsi les Portugais (22 %), les Algériens (21 %), les Espagnols (15 %), les Italiens (13 %) les Marocains (8 %) et les Tunisiens (4 %).

Au milieu des années 70, le gouvernement, confronté à la montée du chômage, interrompt l’immigration de travail : par une décision du 4 juillet 1974, il suspend l’entrée de travailleurs étrangers non ressortissants de la CEE. Mais dans le même temps il prend la décision d’autoriser et d’organiser l’immigration familiale (à compter de 1975, le droit au regroupement familial est considéré comme ayant valeur constitutionnelle). Dès lors, à compter de ce moment, l’immigration va devenir essentiellement non-européenne.

Au 1/01/2006, les immigrés installés en métropole étaient, selon l’INSEE, 5,1 millions. Selon leur pays de naissance, les immigrés les plus nombreux étaient les Algériens (14%), les Marocains (13 %), les Portugais (12%), les Italiens (6%), les Espagnols (6%), les Turcs (5%), les Tunisiens (5%),  les Anglais (3%), les Allemands (3%), les Belges (2%), les Polonais (2%), les Vietnamiens (2%), les Sénégalais (2%) et les Chinois (2%). (Signalons que l’INSEE ne considère comme immigrées que les personnes nées à l’étranger de nationalité étrangère, qu’elles aient ou non acquis ensuite la nationalité française ; les données INSEE concernant l’immigration ne comprennent donc pas les personnes issues de l’immigration nées en France) (4).

L’on dispose depuis 1994 de données précises concernant les flux migratoires (jusqu’alors les données disponibles, issues du recensement, permettaient seulement de prendre la mesure des stocks) : l’Institut national d’études démographiques – INED – comptabilise désormais de façon exhaustive les entrées légales (en se fondant sur les titres de séjour délivrés), en distinguant les ressortissants européens et non européens. Ces données permettent d’établir le constat suivant : depuis 1994, l’immigration non européenne a représenté 74 % de l’immigration totale (5).

De façon plus précise, les flux entrants d’immigrés non européens en situation régulière ont été d’environ 70 000 par an en moyenne entre 1994 et 1997. Ils sont passés à 100 000 par an en moyenne entre 1998 et 2000, puis à 140 000 en 2001. Depuis 2002, ils ont encore augmenté, atteignant en moyenne 162 000 par an. Ils ont été de 144 000 en 2007, dernière année connue (notons que ces chiffres ne rendent compte que d’une partie des flux venant accroître la population d’origine immigrée : pour obtenir la variation nette de cette population, il faut en effet ajouter les naissances, l’immigration clandestine et retrancher départs et décès ; voir notre Tribune du 13/09/09) (5).

Il est à noter qu’au cours des années 60 la population autochtone a dû s’adapter à l’immigration non européenne massive mais également à deux autres évènements démographiques :

L’installation en métropole des rapatriés d’Algérie tout d’abord  (1,5 millions de personnes au total en comptant les rapatriés du Maroc et de Tunisie ; les rapatriés appartiennent à des familles elles-mêmes originaires de métropole, d’Espagne, d’Italie ainsi qu’à des familles juives) (6).

D’autre part, au cours des années 60, les pouvoirs publics (sous la présidence du général De Gaulle) ont décidé de favoriser l’installation en métropole de nombreuses personnes originaires des DOM-TOM (cette politique, qui visait à diminuer les difficultés liées au chômage dans les DOM-TOM, a consisté notamment à faciliter l’accès des originaires à la fonction publique). En 1999, selon l’INSEE, la population native des DOM-TOM résidant en métropole s’élevait à 357 000 personnes (7). Ce chiffre ne comprend pas les personnes originaires des DOM-TOM nées en métropole : selon un auteur, le nombre total des originaires des DOM-TOM, naissances en métropole comprises, était en 1999 de 585 000 (8). D’autres observateurs estiment que ce nombre est d’environ 1 million.

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L’argumentaire des immigrationnistes est donc triplement mensonger :

– Loin d’avoir toujours existé, l’immigration ne date que de 150 ans. Jusqu’à ce que l’immigration ne commence, au milieu du 19e siècle, la composition de la population était restée la même pendant 1000 ans.

– La population « de souche » existe bien. Selon un démographe de l’INED, en 1995, une personne sur 4 résidant en France était immigrée ou descendante d’immigré, soit, à l’époque, 14 millions de personnes (9). Ce chiffre est certes élevé mais il n’en signifie par moins que les trois-quarts des Français (en 1995) étaient bel et bien… des Français de souche.

– Ce dernier point est déterminant : cette immigration n’est devenue non européenne que depuis 50 ans. Il s’agit donc là, à l’échelle historique, d’un phénomène extrêmement récent.

Relevons au passage que tous les gouvernements de la 5e république ont pris une part active à la mise en œuvre de cette immigration non européenne, du général De Gaulle, qui l’a initiée, à M Sarkozy qui l’accentue, en passant par MM. Pompidou, Giscard, Chirac et Mitterrand, qui tous l’ont justifiée, accompagnée, organisée.

L’immigration non européenne constitue à n’en pas douter un bouleversement considérable. En raison de son ampleur. En raison de sa soudaineté. En raison de ses conséquences, dont la plus nette est la suivante. L’immigration européenne se traduisait par l’assimilation des populations concernées, laquelle était réalisée dès la seconde génération. Au contraire les populations non européennes ont d’emblée rejeté l’assimilation, préférant conserver leurs traditions culturelles et religieuses et adoptant de façon croissante des comportements communautaristes et hostiles.

L’immigration désormais n’est plus indo-européenne. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays.  Nous sommes là en présence, dès lors, d’un évènement plus considérable encore, et de notre point de vue plus catastrophique, que n’ont pu l’être en leur temps les Grandes invasions.

 

Sources : 1) INED, Population et sociétés n°137, 1980 ; 2) Gérard Noiriel, histoire de l’immigration, Seuil, 1988, p. 532 ; 3) INED, Population et société n°7, 1968 ; 4) INSEE, Tableaux de l’économie française 2010, p.  41 ; 5) INED, Population n°64, 2009, p. 475 ; 6) Charles-Robert Ageron, La politique musulmane de la France au XXe siècle : de l’hexagone aux terres d’Islam,  Maisonneuve & Larose, 2003, p. 301 ;7) INSEE ; 8 ) Claude-Valentin Marie, Pouvoirs n°113, Seuil, 2005 ;9) Michèle Tribalat, Faire France, La Découverte, 1995

 

Chronique parue sur Fdesouche le 08/10/10

« Nous avons fait venir les immigrés lorsque nous en avions besoin : nous n’avons donc pas le droit de les renvoyer »

Chronique de Paysan Savoyard

(n°42 – juillet 2010)

 

Selon les immigrationnistes, la France n’aurait pas le droit moral d’interrompre l’immigration, et encore moins de renvoyer des immigrés, « parce que c’est nous qui les avons fait venir pour travailler dans nos usines ». Cet argument nous paraît sans valeur.

  • L’immigration de travail a certes été voulue et organisée par les responsables français

Il est exact que l’immigration de travail constitue avant tout une responsabilité des dirigeants français. Tout au long des années 60, avec l’accord des pouvoirs publics, les grandes entreprises françaises ont fait venir en nombre des immigrés, généralement d’Afrique du nord, pour travailler en France, notamment sur les chaînes de construction automobile.

Durant la période de forte croissance des « trente glorieuses », les entreprises étaient en effet confrontées à une situation de pénurie de main d’œuvre. Plutôt que de réaliser des investissements techniques (dits « de productivité ») permettant de réduire le nombre de postes de travail nécessaires, les entreprises ont préféré choisir la solution moins coûteuse consistant à importer de la main-d’œuvre immigrée (Ces investissements de productivité dans l’industrie ont été réalisés par la suite, au cours des années 80, la concurrence des pays à bas salaires ayant rendu la main-d’œuvre, même immigrée, encore trop onéreuse).

Le recrutement massif d’immigrés avait pour les entreprises l’autre avantage d’exercer une pression à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi des travailleurs français. L’absence de chômage et la forte création d’emplois, conséquences de la croissance économique élevée, plaçaient en effet les salariés français en position de force par rapport aux employeurs pour exiger une amélioration des conditions d’emploi et des salaires. Il se trouve que les immigrés sont très généralement prêts a accepter des conditions d’emploi et de travail dégradées par rapport aux standards européens, puisqu’elles resteront toujours bien meilleures que celles qui peuvent leur être offertes dans leur pays d’origine. Dès lors l’emploi d’immigrés a permis aux employeurs d’atténuer la situation de pénurie de main d’œuvre, d’annuler par là-même la position favorable dont bénéficiaient les salariés français et de limiter les hausses de salaires (cet effet de « dumping social importé » continue à jouer de façon encore renforcée, l’immigration de travail se poursuivant sous d’autres formes dans un contexte de fort chômage).

 

  • Le contrat passé avec les immigrés portait sur le travail : il ne leur donnait pas le droit de rester définitivement en France

En rappelant que l’immigration de travail des années de forte croissance a été voulue et organisée par la France, les immigrationnistes cherchent à disqualifier toute politique qui viserait à interrompre l’immigration en laissant entendre qu’elle constituerait une violation de contrat et une grave faute morale. Cette façon de présenter les choses est fallacieuse :

Le fait d’y avoir travaillé pendant plusieurs années ne donne pas ipso facto aux immigrés concernés le droit de se maintenir en France lorsqu’il n’y a plus de travail ; ni le droit d’y rester à la retraite ; ni non plus le droit d’obtenir une naturalisation. Le contrat qui a été passé avec eux portait en effet sur le travail, non sur l’installation définitive. D’ailleurs, pendant les années 60, l’immigration était considérée comme temporaire (c’est bien comme cela que l’entendait par exemple le roi du Maroc).

De même l’invitation qui a été faite aux immigrés de venir travailler en France s’adressait aux travailleurs eux-mêmes. Les familles en revanche n’étaient pas concernées. C’est ainsi que les immigrés des années 60 sont le plus souvent venus seuls et choisissaient de résider en foyer pour limiter leurs frais et pouvoir envoyer au pays une part importante de leur salaire. Dans les années 70, les responsables français (politiciens et juristes) ont institué de leur propre initiative un droit au regroupement familial, ouvrant la porte à l’immigration de peuplement. Il n’en reste pas moins que le droit de faire venir les familles ne constituait pas un élément du contrat passé initialement avec les immigrés.

Plusieurs remarques complémentaires nous paraissent utiles. Insistons tout d’abord sur le fait que les immigrés n’ont pas été contraints de venir. La venue en France pour travailler leur a été proposée. La perspective de recevoir un salaire en Francs était perçue comme attractive et elle a séduit beaucoup d’Africains. Mais personne ne les a obligés.

Seconde observation. Il nous semble que ces immigrés n’ont pas de récrimination légitime à faire valoir : le salaire qui leur avait été promis leur a été versé ; et ils ont bénéficié du même traitement (salaire, sécurité sociale…) que les ouvriers français faisant le même travail qu’eux, traitement nettement plus favorable que celui qu’ils auraient pu connaître en restant dans leur pays.

Troisième remarque : les immigrés ont généralement choisi de transférer une partie importante de leurs salaires dans les pays d’origine, au bénéfice des familles restées sur place (le phénomène est d’ailleurs toujours en vigueur). Ces salaires transférés n’ont donc pas alimenté l’économie française et ont réduit d’autant, pour les Français, les bénéfices tirés de l’immigration.

 

  • Le fait d’avoir organisé à un moment donné une immigration de travail ne nous interdit pas d’arrêter aujourd’hui l’immigration et de renvoyer clandestins et délinquants

L’argumentaire des immigrationnistes est de mauvaise foi à un autre titre. En l’utilisant, pour provoquer le trouble dans l’esprit de leurs contradicteurs, les immigrationnistes introduisent délibérément une confusion. La question en effet n’est pas de savoir s’il faut reconduire chez eux les gens qui vivent depuis des décennies en France après être venus y travailler dans les années 60. Dès lors que ces personnes, devenues Françaises ou non, souhaitent rester en France et dès lors qu’elles s’y comportent normalement, nul ne propose de les renvoyer.

Le débat concernant l’immigration, tel du moins qu’il est posé par le parti « national », porte sur trois points : l’arrêt de l’immigration légale et clandestine ; le renvoi des clandestins ; et le renvoi des délinquants, étrangers et naturalisés. Si elles étaient rapidement appliquées, ces trois mesures seraient sans-doute suffisantes pour nous permettre de rester durablement majoritaires et maîtres dans notre pays.

Il s’agit aujourd’hui de cela et pas d’autre chose. La thématique de l’immigration de travail des années 60 n’a donc pas à interférer dans le débat actuel sur une immigration qui présente désormais des caractéristiques bien différentes.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 01/07/10