Les « gilets jaunes » en lutte contre cette classe dirigeante qui nous trahit

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 216 – janvier 2019)

 

Ces dernières décennies, la classe dirigeante a mené en France des politiques favorables aux riches et contraires aux intérêts de la majorité de la population. Des politiques similaires ont été conduites dans les autres pays européens :

La classe dirigeante, premièrement, a délocalisé l’industrie dans les pays à très bas salaires, ce qui a enrichi très fortement, et tel était bien l’objectif, les propriétaires des entreprises. Cette politique a fait basculer dans le chômage de masse la moitié des régions françaises.

Deuxièmement elle a libéralisé les mouvements de capitaux, ce qui a permis aux hauts revenus et aux détenteurs de capitaux d’utiliser les paradis fiscaux et d’aller faire de l’optimisation fiscale dans les pays pratiquant le dumping fiscal : avec les délocalisations, c’est la deuxième raison de l’enrichissement formidable des plus riches.

Pour faire passer la pilule du chômage de masse, elle a organisé, troisièmement, le « traitement social » : indemnisation du chômage sur de longues durées ; préretraites ; RSA ; emplois aidés ; gonflement des effectifs de la fonction publique… Pour financer ces énormes dépenses d’assistanat et de traitement social du chômage, elle a matraqué les Français moyens qui travaillent ou qui sont en retraite, à coups d’impôts, de taxes, de cotisations sociales et d’amendes routières. Ce qui fait que la France est aujourd’hui le pays le plus taxé du monde et que ces taxes sont concentrées sur la classe moyenne.

Quatrièmement, elle a organisé depuis 40 ans l’immigration de masse, afin de peser à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi ; afin d’augmenter le nombre des consommateurs ; afin également de complaire aux tenants du mondialisme idéologique. Les dépenses publiques considérables engendrées par l’accueil des immigrés sont la deuxième cause majeure du matraquage socio-fiscal. De sorte que les Français moyens s’aperçoivent qu’ils sont en train de financer par leurs impôts l’invasion de leur propre pays.

C’est tout cela qu’exprime avec plus ou moins de clarté la révolte pleinement justifiée des gilets jaunes. Les Français moyens de souche ont vu leurs emplois délocalisés. Ils ont été « périphérisés » par la gentifrication des grandes villes et chassés des banlieues par les immigrés. Ils font l’objet d’un matraquage social-fiscal sans précédent, lié également aux folles dépenses et aux gâchis engendrés par l’hypertrophie de la sphère politico-administrative (mille-feuilles administratif ; organismes et institutions inutiles ; train de vie des élus trop nombreux…).  Et par dessus tout, ces Français assistent impuissants à l’invasion de l’Europe.

Plus fondamentalement encore, de nombreux Français prennent enfin conscience de ce que la classe dirigeante ne leur veut pas du bien ; qu’elle ne sert pas l’intérêt général ; qu’elle est au service des intérêts d’une petite minorité ; et qu’elle organise sciemment l’invasion migratoire de l’Europe. De nombreux Français se rendent enfin compte que la classe dirigeante les trahit. Espérons que la révolte des gilets jaunes changera quelque chose à cette situation catastrophique.

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La confrontation des trois France sans débouché politique

Chronique de Paysan Savoyard

(n°215 – janvier 2019)

 

La situation présente, qui voit les trois France en position d’antagonisme, apparaît sans débouché politique (voir cette chronique).

 

  • Le rassemblement national, tellement loin du pouvoir

Le Rassemblement national est le parti qui correspond le mieux aux aspirations de la France moyenne de souche : c’est parmi eux qu’il a puisé les 10,6 millions de voix recueillies au second tour de la présidentielle. Mais 2017 a apporté la preuve que l’accession au pouvoir du RN était impossible. Pour trois raisons.

D’abord du fait de la faiblesse de son leader, qui a montré qu’elle ne possédait pas et ne posséderait jamais une stature présidentiable. Ensuite parce que les immigrés qui participent au vote seront toujours plus nombreux. Enfin et surtout parce qu’une partie importante des Français de souche, à commencer par les retraités et les fonctionnaires, se refusent à voter RN afin de maintenir le statu quo et de préserver une situation qui jusqu’à présent leur convient.

 

  • La droite attend la prochaine vraie-fausse alternance

L’électorat de droite est profondément divisé. Sa partie bourgeoise se sent proche de Macron, a voté pour lui en 2017 et ne veut à aucun prix d’une alliance avec le RN. L’autre partie de l’électorat de droite aspire au contraire à une alliance avec le RN, avec lequel il partage les mêmes analyses et les mêmes inquiétudes sur la question centrale de l’immigration.

Mais les responsables de droite, membres à part entière du Système, n’envisagent évidemment pas une telle alliance : ils misent sur la poursuite du jeu des alternances, qui mettra la droite en bonne place pour gouverner de nouveau à la prochaine élection. A la faveur de cette alternance de façade, la droite pourra ainsi poursuivre la politique menée par le Système depuis plus de quatre décennies.

 

  • L’extrême-gauche, elle-aussi, joue le jeu du Système

Il faut dire un mot de l’extrême-gauche. Elle se prétend, par nature, proche du peuple : en réalité, plusieurs éléments montrent que nolens volens elle se situe du côté de la classe dirigeante. L’extrême-gauche, premièrement, appuie les réformes sociétales que celle-ci conduit.

Elle partage deuxièmement avec la classe dirigeante le principe de l’universalisme et appuie pour cette raison la politique immigrationniste.

Comme la classe dirigeante, troisièmement, l’extrême-gauche désigne l’extrême-droite comme l’ennemi principal.  Au moment des élections, elle soutient les partis du Système : soit elle appelle à « faire barrage à l’extrême-droite » ; soit elle s’abstient hypocritement, comme en 2017, ce qui revient à laisser élire le candidat du Système, large favori des sondages.

L’extrême-gauche, quatrièmement, joue pour les gouvernements du Système un rôle indispensable : ils peuvent ainsi, comme aujourd’hui celui de Macron, rejeter « les extrêmes » de droite comme de gauche et prendre la posture avantageuse du juste milieu. A cet égard les casseurs d’extrême-gauche, « antifas » et autres « blacks blocks », servent utilement de repoussoirs et permettent au Système de dénoncer de façon indistincte « les extrémistes ».

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Renvoyons pour conclure à cette précédente chronique : Il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas de France que peut venir l’espoir

Trois France désormais…, qui se haïssent

Chronique de Paysan Savoyard

(n°214 – décembre 2018)

 

On ne sait quelles seront les conséquences à court et moyen terme du mouvement des gilets jaunes, sur le plan social, politique voire institutionnel. Cependant le mouvement a d’ores et déjà eu pour résultat de mettre en pleine lumière ce fait considérable : il y a désormais trois France. Ces trois France ont des intérêts antagonistes. Elles sont en confrontation. Elles sont devenues irréductiblement ennemies.

 

  • La première France soutient la classe dirigeante

La première France est la France de ceux qui soutiennent la classe dirigeante et la politique mondialiste, immigrationniste et libérale-libertaire qu’elle conduit depuis quatre décennies.

Cette France d’en haut est composée de trois strates. La première, dont les effectifs sont limités à quelques milliers de personnes, est constituée de la couche dirigeante elle-même : les propriétaires des entreprises du CAC 40, des banques et des médias ; les principaux politiciens et hauts fonctionnaires ; les principaux journalistes, éditorialistes et intellectuels médiatiques.

La seconde strate est composée de tous ceux qui tirent profit des évolutions économiques intervenues ces dernières décennies, la mondialisation et la libéralisation : les cadres en premier lieu, notamment ceux des secteurs en croissance, l’économie internet, médias et publicité, nouvelles technologies… Les commerçants et professions libérales, qui profitent du pouvoir d’achat des dirigeants et des cadres, appartiennent également à cette seconde strate. Celle-ci se complète d’un autre type de profil : les immigrationnistes par idéologie, que la perspective de la disparition des frontières, des nations et des peuples européens autochtones plonge en extase. Les membres de cette seconde strate appuient les politiques économiques mondialistes. Ils appuient la politique d’accueil de l’immigration. Ils appuient également les réformes sociétales mises en œuvre ces dernières décennies, telles que le mariage homosexuel, les politiques de discrimination positive ou encore la libéralisation progressive du cannabis. Ils habitent pour la plupart le centre des grandes agglomérations attractives. Parmi eux on trouve les fameux bobos, les bourgeois de gauche.

La troisième strate est constituée de tous ceux qui soutiennent la classe dirigeante par souci de maintenir l’ordre établi et de ne pas voir bouleverser une situation qui globalement leur convient. On trouve dans cette troisième strate en particulier la majorité des retraités, qui ont massivement voté Macron par souci de ne pas mettre en danger les pensions de retraite. Y appartiennent également la majorité des fonctionnaires, qui là encore ont voté Macron pour préserver une situation qui les sécurise. Les membres de cette troisième strate n’appuient pas les politiques suivies avec enthousiasme, à la différence de la strate précédente. Ils ne tirent pas un profit direct de la mondialisation. Ils se sentent peu concernés par les réformes libertaires. Ils ne sont pas enchantés par l’immigration, à laquelle ils se résignent. Ils ont souvent un certain âge et recherchent l’ordre avant tout (voir cette chronique et celle-ci).

Cette première France a fait bloc autour de la candidature de Macron, qui a rendu caduque la frontière traditionnelle entre gauche et droite : la bourgeoisie de gauche et la bourgeoisie de droite se sont réunies autour de Macron, le candidat de la classe bourgeoise par excellence. Son élection est l’événement qui a mis en évidence l’existence de cette première France de la manière la plus nette.

 

  • La France des immigrés

La deuxième France est constituée des immigrés. La classe dirigeante a organisé l’immigration non européenne, à partir du début des années soixante, pour des raisons économiques : l’immigration permet de peser à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi et de travail ; elle permet également d’augmenter le nombre des consommateurs et les débouchés des entreprises. L’immigrationnisme a également une motivation idéologique : construire un monde sans frontières, peuplé de « citoyens du monde ».

Le nombre des immigrés d’origine non européenne augmente au rythme actuel d’environ 4 à 500 000 par an, addition faite des naissances (350 000), des installations régulières (200 000) et irrégulières (au moins 100 000), en déduisant les décès et les quelques départs. La population originaire de l’immigration non européenne d’ores et déjà présente sur le sol de la métropole est comprise entre 15 et 18 millions. Du fait du droit du sol et des naturalisations massives, les deux-tiers de ces immigrés, le plus souvent nés en France, possèdent la nationalité française.

Le fonctionnement hors la loi des quartiers dans lesquels ils habitent le plus souvent, le contenu des clips de rap, la montée en puissance continue de l’islam et du communautarisme, tout montre que ces immigrés ne sont pas intégrés à la société française et qu’ils n’ont jamais cherché à l’être. L’enjeu pour eux est moins que jamais de s’intégrer : ils savent que leur nombre ne cesse d’augmenter et que d’ici deux ou trois décennies ils vont devenir majoritaires dans les classes d’âge les plus jeunes (voir cette chronique).

Cette deuxième France est pour l’instant alliée à la première et appuie en toute logique la politique immigrationniste que celle-ci conduit. Lorsqu’ils votent, les immigrés apportent leurs suffrages à la classe dirigeante et pèsent déjà sur les résultats électoraux. Cependant une partie significative de la communauté immigrée est d’ores et déjà passée à une autre étape et soutient l’islam militant.

Deux moments ont mis en évidence l’existence à part entière de cette deuxième France, et son autonomie voire sa rupture avec le reste de la société française : les trois mois d’émeutes des banlieues en 2005 ; et l’attentat de Merah en 2012, premier d’une longue série qui, de toute évidence, n’aura plus de fin. Merah né en France et de nationalité française, comme la plupart des terroristes…

 

  • La France moyenne de souche

La troisième France est celle des Français moyens de souche européenne. Ces Français moyens blancs sont les victimes des quatre évolutions catastrophiques intervenues ces vingt dernières années.

La première évolution défavorable est la délocalisation de l’industrie dans les pays à bas-coûts, qui a fait basculer la moitié des régions françaises dans le chômage, l’assistanat et la désertification. La deuxième est l’enrichissement formidable des riches et l’augmentation de leur nombre, en France, en Europe et dans le monde, qui a notamment entraîné une envolée des prix de l’immobilier dans le centre des grandes villes, repoussant les Français moyens dans la périphérie des agglomérations. La troisième évolution défavorable est le matraquage des taxes, impôts et cotisations qui s’est fortement accru et qui pèse essentiellement sur les Français moyens, c’est-à-dire les Français qui ne sont ni riches, ni assistés, ni immigrés (voir cette chronique). La dernière évolution, la plus grave, est l’immigration massive, qui a désormais pris la dimension d’une invasion. Cette immigration de masse a notamment pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Elle a également contribué à repousser les Français moyens de souche dans les zones périurbaines : évincés des centre-villes par les prix, les Français moyens ont été chassés des banlieues par la présence massive et désormais presque exclusive des immigrés.

Le mouvement des gilets jaunes vient de mettre en pleine lumière l’existence de cette troisième France, la France moyenne de souche. On aura noté que les deux autres France n’ont rien de commun avec ce mouvement. La première France, qui en est la cible, lui est naturellement hostile : la classe dirigeante et ceux qui votent pour elle ont exhalé ces dernières semaines tout le mépris que leur inspirent les gilets jaunes. Quant à la France immigrée, elle est restée tout à fait étrangère aux gilets jaunes, sauf pour se charger des pillages en marge des manifestations.

Le mouvement des gilets jaunes montre avec clarté que les trois France sont désormais antagonistes et mêmes ennemies. En témoigne la haine que l’on peut sentir au sein de ce mouvement à l’égard de M. Macron, des politiciens du Système et des journalistes. La France moyenne a désormais tout à fait conscience de ce que la classe dirigeante ne lui veut pas du bien et agit en fonction d’intérêts qui n’ont rien à voir avec les siens. Elle sait maintenant que la classe dirigeante la trahit.

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Les émeutes de 2005, les attentats de Merah en 2012, l’élection de Macron en 2017, le mouvement des gilets jaunes en 2018, tels sont les événements qui ont mis en évidence avec le plus de clarté l’état de la France du début du 21e siècle.

Trois France, donc, qui n’ont plus rien en commun, sauf le mépris mutuel qu’elles se portent. Trois France qui se haïssent. Trois France entrées dans une logique de guerre civile (voir cette chronique).

Question : Pourquoi la majorité des Français continuent-ils à voter pour les partis immigrationnistes ? Réponse : Parce qu’ils ont peur…

Chronique de Paysan Savoyard

(n°198 – avril 2018)

 

Une large majorité des Français de souche européenne sont opposés à la poursuite de l’immigration, les études et sondages le montrent depuis plus de 20 ans (voir notamment pour la seule année 2018 ici, ici, ici, ici, ici, ici et encore ici). Ces mêmes Français pourtant votent encore majoritairement pour les partis immigrationnistes. C’est ainsi que M. Macron a obtenu en 2017 un nombre de voix double de celui de Mme Le Pen. Comment expliquer cette situation paradoxale ? Et comment conduire les Français à adopter une attitude plus cohérente et à réagir enfin, par leur vote, à l’invasion qui menace de les faire disparaître ?

 

  • Si les Français votent encore majoritairement pour les partis immigrationnistes c’est avant tout par peur de la violence et de la guerre

La plupart des Français souhaiteraient que l’immigration s’arrête. Ceux qui, au nom de l’idéologie des citoyens du monde, approuvent l’invasion de l’Europe sont une minorité. Si l’on proposait aux Français d’être par un coup de baguette magique débarrassés de l’immigration du jour au lendemain, presque tous applaudiraient avec enthousiasme. Pourquoi dans ces conditions continuent-ils malgré tout à voter en majorité pour les partis immigrationnistes ?

La médiocrité de la candidate du FN lors des deux dernières élections explique certes une partie du phénomène. Mais là n’est pas selon nous l’essentiel. Si la majorité des Français continuent à voter pour les partis immigrationnistes c’est avant tout parce qu’ils ont peur de la violence et de la guerre. Ils jugent qu’une politique anti immigration déclencherait nécessairement des violences, des affrontements, le chaos, la guerre même, et ils s’y refusent, préférant à tout prendre subir l’immigration et ses effets.

Parmi ces Français qui continuent à voter sans enthousiasme pour les partis immigrationnistes, on rencontre plus précisément trois types d’attitude (voir également cette chronique). Il y a ceux qui refusent les mesures d’arrêt de l’immigration pour des raisons morales. Une politique anti immigration se traduirait inévitablement, pensent-ils, par des mesures de rétorsion envers les immigrés, par leur départ forcé, voire par des violences à leur égard. Et ils s’y refusent par principe, quelles que soient les conséquences de leur attitude. Cette première position est celle des « martyrs » : plutôt tendre la joue gauche que tirer l’épée.

D’autres refusent la mise en œuvre d’une politique d’arrêt de l’immigration parce qu’elle serait de toute façon, selon-eux, inefficace et vaine. Ceux-là sont convaincus que, quand bien même elle tenterait de se transformer en forteresse, l’Europe échouerait inévitablement : ils refusent dès lors l’adoption d’une politique anti immigration, qui accroîtrait, jugent-ils, les tensions, le désordre et la violence tout en restant inopérante. Cette seconde attitude est celle des « résignés » : la poursuite de l’immigration de masse étant selon eux inéluctable, il leur paraît préférable de ne pas ajouter au désordre en tentant vainement de s’y opposer.

D’autres enfin refusent une politique anti immigration parce qu’ils préfèrent repousser le chaos et la violence le plus loin possible dans le temps. Ceux-là s’efforcent d’habiter les endroits où les immigrés sont encore peu nombreux, scolarisent leurs enfants dans des établissements protégés et disposent d’un niveau de vie correct et d’un patrimoine suffisant : ils espèrent que la situation ne se dégradera pas trop vite et qu’elle leur permettra de continuer à vivre de façon satisfaisante. Ils effectuent en quelque sorte un calcul fondé sur la préférence pour le court terme : plutôt que de voir s’enclencher une politique anti immigration qui provoquerait, pensent-ils eux-aussi, un chaos immédiat et bouleverserait leur existence, ils préfèrent une dégradation continue mais progressive de la situation d’ensemble, espérant qu’elle sera suffisamment lente pour les épargner eux pendant la durée qu’il leur reste à vivre. Cette position est celle des « calculateurs » : repousser le chaos à plus tard et jouir du court-terme.

Les « martyrs » ne sont pas à convaincre : qu’ils restent avec leurs désordres psychologiques. En revanche aux « résignés », nous voulons dire qu’ils se trompent : il est possible d’arrêter l’invasion, et ce sans violences. L’erreur des « calculateurs » est encore plus tragique : c’est précisément en se refusant à mener une politique d’arrêt de l’invasion que l’on provoquera à court terme la violence et le chaos.

 

  • Or ce sont précisément le pacifisme et la résignation qui engendreront le chaos

Les Français résignés et pacifistes font un mauvais calcul : c’est précisément en continuant à ne pas réagir que nous hériterons inéluctablement de la violence et de la guerre. C’est alors que la peur deviendra pleinement justifiée car les conséquences de notre inaction seront de toute évidence terribles.

Si nous ne mettons pas un terme rapidement à l’immigration nous n’éviterons pas le chaos à brève échéance. Les signes sont multiples : la persécution des chrétiens d’Orient ; le fait que les pays musulmans sont tous en situation de guerre ou de tension graves, internes ou extérieures ; le fait qu’en France, comme ailleurs en Europe, les immigrés sont d’ores et déjà à l’origine de l’essentiel de la violence…

Si les choses suivent leur cours actuel, la violence et la délinquance ne cesseront de croître (voir cette chronique). D’abord parce que les populations immigrées sont le plus souvent culturellement violentes. Deuxièmement parce que les immigrés sont chaque jour plus nombreux et déjà largement majoritaires ou même en situation d’hégémonie dans de nombreux quartiers, dans des villes entières, dans des départements entiers. La violence ne pourra qu’augmenter, troisièmement, parce que ces immigrés sont avides de revanche à l’égard des Européens et des Occidentaux, qui les ont dominés, colonisés ou réduits à l’esclavage pendant des siècles. Ils sentent qu’ils ont affaire à une population européenne désormais vieillissante, psychologiquement faible, moralement inhibée, toute prête à la soumission : ivres de leur puissance, ils deviendront chaque jour un peu plus agressifs, un peu plus arrogants, un peu plus conquérants.

Dans ces conditions l’attitude d’abstention et de résignation court-termiste dans l’espoir d’éviter la violence constitue un calcul gravement erroné. La dégradation va s’accélérer et l’espoir de passer entre les gouttes deviendra de plus en plus vain. En proscrivant certains endroits et certains horaires on pouvait jusqu’à ces dernières années éviter les ennuis : cela devient au fil des mois de moins en moins possible. Le nombre des lieux protégés sera de plus en plus restreint. On pourra être agressé partout et à tout moment. Insulté, menacé, tabassé ou poignardé à toute heure, dans la rue ou les transports en commun. Saucissonné et torturé chez soi, dans son pavillon de banlieue ou de province profonde. Car-jacké en plein jour sur une route de la France rurale. Seuls les très riches pourront continuer à se protéger de façon efficace.

Les services publics (transports, hôpitaux, universités…) seront les foyers d’une tension et d’un malaise croissants et deviendront toujours plus désagréables à fréquenter. Il y faudra notamment prendre garde en permanence à son expression et à son comportement, choisir ses mots et baisser le regard.

Pour financer l’accueil, les besoins sociaux et les exigences toujours plus impérieuses des immigrés, les impôts et taxes pesant sur les Français de souche européenne, déjà parmi les plus élevés du monde, ne cesseront d’augmenter. On notera ainsi par exemple que le gouvernement vient de décider de fermer de nouvelles classes de la France rurale et périphérique afin de pouvoir financer la forte diminution du nombre d’élèves par classe à laquelle il a décidé de procéder dans les écoles « prioritaires » de banlieues (voir cette chronique).

Dans ce contexte le basculement et la prise de pouvoir sont probablement pour bientôt. Les « quartiers » sont depuis longtemps passés sous domination des immigrés. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux dans les lieux de pouvoir et d’influence : politiciens nationaux et locaux, médias, police, avocats, enseignants…. Leurs revendications et leurs exigences ne cesseront de croître.

Le calcul courtermiste est donc gravement erroné : si nous ne réagissons pas, nous n’éviterons pas à court terme sinon le chaos du moins une dégradation spectaculaire de la situation.

 

  • C’est en menant une politique de libération de l’Europe que l’on pourra éviter la violence

La réalité est à l’inverse de ce que pensent les pacifistes, les résignés et les calculateurs courtermistes. Il est possible sans violences de mettre fin à l’invasion migratoire et de procéder en quelques années à une remigration significative : c’est en menant sans délai cette politique de libération qu’on pourra éviter le chaos.

Pour arrêter l’invasion et opérer une remigration, la politique à conduire ne présente pas de difficultés matérielles ou techniques : elle suppose seulement la volonté de la conduire. Elle passe par quatre types de mesures :

Il faut d’abord changer la loi pour supprimer les différentes procédures d’immigration actuellement ouvertes, notamment l’immigration familiale et l’asile.

Il faut deuxièmement instaurer un contrôle efficace aux frontières, appréhender et expulser les délinquants étrangers et naturalisés ainsi que les immigrés en situation irrégulière, et les placer en rétention tant que leur expulsion n’a pu être organisée.

Pour inciter les immigrés à regagner volontairement leur pays d’origine, il faut troisièmement supprimer le droit du sol et procéder à une opération générale de réattribution de la nationalité aux seules personnes dont les ascendants sont de nationalité française ou européenne depuis trois générations au moins. Il faut ensuite réserver les prestations sociales et l’accès aux services publics aux seules personnes auxquelles la nationalité française a été réattribuée.

Il faudrait quatrièmement accorder une aide en capital d’un montant incitatif aux personnes choisissant de remigrer. Pour conduire les autorités des pays d’origine à apporter leur concours à cette politique de remigration, le versement d’aides budgétaires significatives serait bien entendu nécessaire (il faudrait également ne pas hésiter à les corrompre).

Il y a lieu d’insister sur ce point : tout cela pourrait se mener de façon efficace, sans violences et sans déclencher d’émeutes durables, pour les trois raisons suivantes :

D’abord parce que nous disposons encore, nous Français et européens, de tous les leviers, militaires, policiers, administratifs, financiers et économiques. Nous pourrions notamment sans difficulté augmenter rapidement les effectifs des forces de l’ordre : les jeunes Français de souche européenne se presseraient pour être recrutés et participer à la reprise en main de notre pays. De même nous disposons amplement des moyens financiers permettant de conduire cette politique : nombreux sont les Français qui seraient prêts à payer tous les impôts qu’il faut pour financer la politique de libération pacifique de la France et de l’Europe.

Nous pourrions sans difficulté, deuxièmement, maîtriser et empêcher les réactions d’opposition violente à la politique anti immigration. Il suffirait de donner aux forces de l’ordre l’instruction de tirer sur les émeutiers et les éventuels opposants armés pour que les émeutes s’arrêtent immédiatement. Le retour à l’ordre, l’usage assumé de la force et la démonstration de notre détermination feront rapidement comprendre aux immigrés qu’ils n’ont d’autre choix que de remigrer.

La politique de libération, troisièmement, serait efficace et sans violences parce que l’aide à la remigration que nous apporterions offrirait aux immigrés une porte de sortie enviable.

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C’est en toute logique que les différentes attitudes résignées et pacifistes ont pris racine au sein des sociétés européennes : gavées de morale et d’idéologie humanistes, en paix depuis deux générations, amollies par le confort de la vie moderne, elles ont perdu tout contact avec la violence, le sang et la guerre et les ont en horreur. C’est ce qui les perdra.

Comment conduire les Français à réagir enfin, par leur vote, à l’invasion qui menace de les faire disparaître ? Comment les décider à se débarrasser dans les urnes de la classe dirigeante immigrationniste qui les conduit au gouffre ? La recette est simple : il faut tout à la fois faire peur et redonner espoir. La peur : si nous ne réagissons pas les conséquences seront terrifiantes, et ce à brève échéance. L’espoir : nous pouvons encore, si nous le voulons, libérer l’Europe pacifiquement sans drames ni chaos. Nous pouvons encore, si nous le voulons, éviter le sang, les larmes, la guerre. Et rester libres.

Il faut se rendre à l’évidence : ce n’est pas de France que peut venir l’espoir

Chronique de Paysan Savoyard

(n°192 – mars 2018)

 

L’année 2017 a été marquée en France par l’élection du pire des dirigeants possibles : un banquier immigrationniste, à la fois haut-fonctionnaire, politicien et employé de Rothschild, incarnation parfaite du Système. Il faut décidément se rendre à l’évidence : il n’y a guère d’espoir de voir le salut des Français venir de France.

 

  • L’invasion du pays se poursuit et s’accélère

L’invasion de la France se poursuit à un rythme qui ne cesse de s’accélérer. Au moins 400 000 immigrés non européens supplémentaires naissent ou s’installent chaque année en métropole. Depuis l’élection de M. Macron, les flux d’arrivée ont encore augmenté, qu’il s’agisse des installations régulières ou des demandes d’asile. Les immigrés originaires de pays non européens présents en France sont déjà au moins 15 millions.

Certes les Français de souche européenne sont encore largement majoritaires. Mais ce constat n’est pas de nature à rassurer : le nombre des immigrés augmente en effet très rapidement ; ces immigrés sont beaucoup plus jeunes ; ils sont beaucoup plus violents ; et surtout les Français sont profondément divisés et gouvernés par des traîtres.

 

  • Un pays profondément divisé

Par idéologie universaliste et pour maximiser les profits des capitalistes, la classe dirigeante est mondialiste et cherche, en Europe du moins, à abolir les frontières : c’est en toute connaissance de cause qu’elle organise l’invasion migratoire, qui engloutira le peuple de souche.

La population elle-même est divisée en profondeur. Une partie des Français de souche européenne soutiennent les orientations mondialistes, immigrationnistes et libérales-libertaires de la classe dirigeante. Une autre partie, majoritaire si l’on en croit les sondages, est hostile à la mondialisation et considère l’immigration comme néfaste. C’est pourtant le candidat du Système, favorable à l’immigration, qui a été largement élu, par 20 millions d’électeurs, soit le double de ceux qui ont apporté leur voix à Mme Le Pen.

 

  • Une population abattue, craintive, démoralisée

Autre facteur laissant mal augurer de l’avenir du pays, le moral collectif de la population est de toute évidence catastrophique. Quand ils ne recourent pas à la drogue, les Français font une consommation massive de tranquillisants et se réfugient dans les jeux vidéo. Les familles se désunissent, ce qui est une cause de stress, de trouble et d’appauvrissement des personnes concernées. De nombreux Français sont installés dans un système d’assistanat qui les démoralise et qui contribue à la fracturation de la société. En outre la grande majorité des Français n’ont aucune confiance dans les politiciens : beaucoup ont désormais conscience de ce que la classe dirigeante, loin de chercher à les protéger de l’invasion en cours, souhaite au contraire l’arrivée massive d’immigrés, l’encourage et l’organise.

Dans ce contexte délétère, les Français espèrent éviter le pire d’un point de vue individuel, pour eux-mêmes et pour leurs proches, sur le plan économique et sur le plan de la sécurité. Mais toutes les études d’opinion montrent qu’ils sont massivement pessimistes quant à l’avenir du pays : pris dans leur ensemble, la plupart des Français moyens de souche sentent bien qu’il n’y a pour eux, collectivement, plus de cap, plus d’avenir, plus d’espérance.

 

  • L’absence de perspectives électorales

Pour ceux des Français qui voudraient arrêter l’invasion, les perspectives électorales sont également absentes. En admettant qu’un leader plus crédible que Mme. Le Pen se dégage à l’avenir, on peut penser que ses chances d’être élu sont quasi inexistantes : les caractéristiques de la situation politique interne conduisent à conclure que la France est le pays où les dissidents identitaires et anti-immigration ont le moins de chance d’être élus ou de participer du moins au pouvoir. S’ils atteignent 34% des voix, qui est le score obtenu par Marine Le Pen au second tour de 2017, les autres partis d’extrême-droite européens peuvent tout à fait espérer faire partie du gouvernement : ce n’est pas le cas en France.

La première raison est que le régime politique français permet à la droite de se passer de toute alliance avec l’extrême-droite. Dans les autres pays européens, où le premier ministre gouverne et où le scrutin est proportionnel, chaque parti doit pour gouverner rechercher des alliances. En France, où c’est le président qui gouverne et où le mode de scrutin est majoritaire, un score de moins de 25 % obtenu par la droite ou par la gauche au premier tour de la présidentielle leur permet tout à fait, comme on vient de le voir avec M. Macron, d’accéder au second tour et ensuite de gouverner seules, à tour de rôle,  avec l’intégralité des pouvoirs.

La seconde raison, plus importante encore, est que les membres de la classe dirigeante, qu’ils soient de gauche ou de droite, partagent les mêmes conceptions philosophiques héritées des Lumières et adhèrent aux mêmes « valeurs républicaines » : l’individualisme, la laïcité anti-catholique, la haine de la tradition, le matérialisme, l’universalisme. La pseudo droite étant en particulier aussi universaliste que la gauche, il n’y aucune chance qu’elle puisse envisager de s’allier avec un parti dit d’extrême-droite (voir également cette chronique).

La troisième raison est un corollaire de la précédente. La classe dirigeante républicaine, au pouvoir en France depuis deux-cents ans, est issue de la révolution : ses conceptions ne sont donc pas fondamentalement démocratiques. Les républicains estiment, sans le dissimuler d’ailleurs, que le droit de participer aux processus électoraux suppose de « partager les valeurs de la république ». C’est pourquoi, au nom du principe révolutionnaire « pas de liberté pour les ennemis de la liberté », la classe dirigeante française n’hésitera pas à utiliser tous les moyens pour empêcher l’arrivée au pouvoir des dissidents : interdiction du parti d’extrême droite ; manipulations diverses destinées à discréditer ses dirigeants ; organisation d’une fraude électorale….

La dernière raison pour laquelle il est vain d’envisager une quelconque perspective électorale est que les électeurs issus de l’immigration composent une part croissante du corps électoral. Il semble ainsi établi que c’est bien aux immigrés que M. Hollande a dû son élection en 2012 contre M. Sarkozy (voir cette chronique)

Si les perspectives électorales sont nulles, il est également inutile d’espérer l’arrivée au pouvoir de sauveurs providentiels par une voie extra électorale. La population, matraquée par la propagande, démoralisée, craintive, abêtie et hébétée, est hors d’état de se révolter d’une manière ou d’une autre (étant entendu de toute façon que les révolutions ne sont jamais conduites par le peuple). Quant aux forces susceptibles de constituer pour lui un danger, l’armée et la police, le Système s’emploie à les neutraliser. Par la nomination de chefs carriéristes inféodés au Système. Par la détection et la mise à l’écart des opposants potentiels. Par l’éloignement de l’armée grâce aux OPEX. Par une entreprise de démoralisation qui passe notamment par l’attribution de moyens insuffisants et par la participation débilitante aux opérations inutiles type Sentinelle. Pour ce qui est de la police, le Système fait en sorte de la couper de la population grâce à la politique dite de sécurité routière qui vise en réalité à harceler les Français moyens. Enfin le pouvoir divise et fragilise de l’intérieur l’armée et la police en les obligeant à recruter massivement des immigrés.

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Dans ce contexte catastrophique, un espoir est né pourtant ces toutes dernières années : il vient de l’Est. Nous y revenons dans une prochaine chronique.

Front national : L’échec de F. Philippot

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 188 – septembre 2017)

 

Si le Front national veut pouvoir participer à l’exercice du pouvoir dans les années qui viennent, il doit rompre avec les choix stratégiques inspirés par F. Philippot, qui se sont révélés des impasses et ont débouché sur l’échec.

F. Philippot affirme lui que ces choix étaient les bons puisqu’ils ont permis au FN de réaliser en 2017 le score le plus élevé de son histoire (presque 34 % des suffrages exprimés au second tour, soit 10, 6 millions de voix, contre 18 % en 2012 et 6,4 millions de suffrages). Si la progression des scores est incontestable, l’analyse de F. Philippot est pourtant erronée. Les résultats du FN en effet sont dus à la dégradation continue et vertigineuse de la situation du pays (invasion migratoire, islamisation, terrorisme, délinquance, tiers-mondisation) qui confirme les analyses et les prédictions que le FN de Jean-Marie Le Pen avait défendues seul contre tous pendant 40 ans. La situation du FN est inverse de celle que décrit F. Philippot : c’est malgré sa mauvaise stratégie que le FN a réalisé ses résultats relativement élevés de 2017.

Encore faut-il ajouter que les résultats du FN, pour être les plus élevés jamais atteints, restent tout de même limités. Dans d’autres pays européens ou occidentaux, ce qu’il est convenu d’appeler l’extrême droite a atteint d’ores et déjà presque les 50 %, comme en Autriche. De même Trump a été élu pour une bonne part grâce à son programme « droitier » anti immigration. C’est également en raison de la question de l’immigration avant tout que le camp du Brexit l’a emporté au Royaume-Uni. Au niveau obtenu en 2017, le FN reste, lui, très éloigné du pouvoir.

La stratégie inspirée par F. Philippot était triplement erronée : concernant l’Euro, concernant l’immigration, concernant le positionnement politique.

 

  • La mise en avant du thème de l’euro a constitué une erreur stratégique majeure

La mise en avant du thème de la sortie de l’euro a constitué une erreur stratégique de première grandeur, pour différentes raisons :

Elle a tout d’abord conduit le FN à être perçu comme anti européen. Or la quasi-totalité des Français sont fortement attachés à l’idée européenne et estiment, à tort ou à raison, que « la construction européenne » garantit la paix. Il est certes possible de contester les choix politiques et idéologiques de l’UE sans pour autant être opposés au principe d’une union des pays européens : telle est d’ailleurs notre position personnelle. Mais cette distinction nécessaire entre « UE » et « Europe » ne pouvait être perçue par l’électorat puisque le FN mettait lui en avant le principe de souveraineté des Etats, contraire à l’idée même d’union entre européens.

La focalisation sur l’euro était une erreur grossière pour une seconde raison. Le FN avait choisi, à tort selon nous, nous y venons ci-après, de mettre au second plan la question de l’immigration dans le but de se « dédiaboliser ». En se prononçant pour la sortie de l’euro, et en en faisant qui plus est le cœur de son programme, le FN a choisi, de façon incohérente, un thème qui l’a immédiatement « rediabolisé », le  Système, n’ayant pas eu de difficulté à le discréditer auprès d’une opinion massivement pro européenne.

La thématique de l’euro constituait une erreur, troisièmement, parce qu’elle ne pouvait que susciter, en raison de sa technicité, l’incompréhension de la quasi-totalité de l’électorat. Il était impossible que les électeurs accordent de l’intérêt à des débats hermétiques sur le marché des changes, la parité de pouvoir d’achat ou la distinction entre monnaie commune et monnaie unique. De plus, les responsables du FN, M. Le Pen en tête mais également F. Philippot, ont montré dans leurs interventions qu’ils ne maîtrisaient pas les sujets qu’ils abordaient.

Le choix de la sortie de l’euro, quatrièmement, était sur le fond contestable. La situation dégradée de l’économie française n’est pas liée prioritairement à la question de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne et des autres pays de l’UE. D’abord parce que le rapport euro-dollar a lui aussi une incidence importante sur les échanges extérieurs de la France. Surtout, les délocalisations d’une part et l’immigration d’autre part ont des conséquences bien plus graves sur l’économie française (en particulier du fait du poids écrasant des dépenses sociales qu’elles engendrent) que celles que peuvent avoir les questions de compétitivité.

 

  • La mise au second plan de la question de l’immigration a constitué une autre erreur considérable

Sous l’influence de F. Philippot, le FN et sa candidate ont décidé de mettre en avant les questions économiques et de souveraineté et de placer l’immigration au second plan, en la présentant comme l’une des conséquences parmi d’autres de la mondialisation. Non seulement la question de l’immigration a été  reléguée au second plan, mais le FN sous l’influence de F. Philippot a adopté sur le sujet un discours presque identique à celui du Système.

Le FN a ainsi choisi de tenir un discours républicain parfaitement conforme, en déclarant par exemple que, dès lors qu’ils font le choix de s’intégrer à la communauté nationale, les immigrés en sont membres à part entière. De même le FN a insisté sur l’arrêt de l’immigration clandestine, comme le font tous les autres partis. Il s’en est seulement distingué en déclarant vouloir ramener le solde de l’immigration légale à 10 000 par an (Il faut d’ailleurs signaler que, si l’on se fonde sur le « solde migratoire » de l’Insee, un solde de 10 000 correspond en réalité à un nombre d’entrées légales bien plus élevé ; voir cet article).

La position du FN concernant l’immigration est insatisfaisante parce qu’elle ne permettrait en rien, dans l’hypothèse où elle serait appliquée, d’arrêter l’invasion migratoire en cours. L’arrêt de l’invasion supposerait non seulement d’arrêter toute immigration, légale comme irrégulière, mais de procéder en outre à une remigration significative : le FN de F. Philippot n’a malheureusement jamais mis en avant ce type de positions.

La position du FN sur l’immigration est insatisfaisante également parce qu’elle ne se distingue en rien des partis du Système. La modération du FN sur le sujet offre à la droite une opportunité décisive : comme l’a montré Sarkozy à deux reprises, il suffit à la droite de tenir un discours dur sur l’immigration quelques semaines avant l’élection pour apparaître crédible et doubler le FN. F. Philippot affirme que le FN étant d’ores et déjà doté d’une forte crédibilité sur le sujet de l’immigration, il doit plutôt enrichir son discours et se rendre convaincant sur d’autres secteurs de l’action publique, en particulier sur l’économie. Le raisonnement de F. Philippot est inexact. D’abord parce que l’électorat se renouvelle constamment et que les électeurs jeunes n’ont pas nécessairement en tête l’histoire et les traditions du FN. Surtout une grande partie de l’électorat ne porte attention à la vie politique qu’au moment de la présidentielle : il suffit dès lors au candidat de la droite de tenir un discours musclé au moment de l’élection pour que les électeurs, qui auront oublié les discours et les bilans du passé, tombent dans le panneau.

Le choix de faire passer la question de l’immigration au second plan est une erreur pour une troisième raison, la plus importante. Tous les électeurs ou presque ont bien conscience de la gravité de la question de l’immigration et sont effrayés par l’avenir qu’ils pressentent. Pourtant la majorité des électeurs ne votent pas pour le FN, et ce pour les deux raisons suivantes. Certains ne votent pas FN par fatalisme et sentiment d’impuissance : ils considèrent que l’immigration ne peut pas être arrêtée, que le FN lui-même n’y pourra rien et qu’il est donc inutile de voter pour lui. Les autres, la majorité, ne votent pas FN parce qu’ils ont peur que son arrivée au pouvoir ne déclenche la guerre civile.

C’est donc sur ces deux points qu’il nous faut convaincre. Convaincre que des mesures efficaces sont possibles. Et qu’elles peuvent être mise en œuvre sans déclencher de conflagration immaîtrisable. Au lieu de mettre la question de l’immigration sous le boisseau, il faut au contraire l’aborder de façon frontale et prioritaire et s’efforcer de convaincre sur les points qui jusqu’à présent ont éloigné les électeurs.

 

  • Le positionnement politique « souverainiste de gauche » inspiré par F. Philippot a constitué une dernière erreur

Le FN a cherché au cours de la campagne de 2017 à s’adresser aux électeurs de Mélenchon en cherchant à concurrencer celui-ci sur le terrain économique et social. C’était là encore une erreur. La plupart des électeurs de Mélenchon ne sont pas des salariés avant tout préoccupés de la question sociale : ces électeurs de profil « communiste » ont depuis longtemps rejoint le FN ou le camp de l’abstention. Les électeurs de Mélenchon sont des gens de gauche ancrés dans l’idéologie mondialiste, droits-de-l’hommiste et immigrationniste : le FN est pour eux un repoussoir et un ennemi. L’électorat de Mélenchon comprend aussi, il convient de ne pas l’oublier, une proportion d’immigrés sans doute non négligeable.

C’est au contraire vers les électeurs de Fillon qu’il fallait se tourner. On se souvient que sous l’influence de Philippot, le FN avait choisi de ne pas s’engager aux côtés de « la Manif pour tous ». Cette erreur énorme a accentué la cassure entre les deux électorats. La seule solution permettant au FN d’accéder aux responsabilités est pourtant une alliance entre les électeurs du FN et ceux de la droite, au-delà de leurs différences, autour d’un programme de défense de l’Europe et d’arrêt de l’invasion.

Dans la même logique, depuis qu’il a été chargé de fixer la ligne du parti, F. Philippot a cherché à rompre avec le FN traditionnel, allant jusqu’à exclure J.M. Le Pen fondateur et président du FN pendant 40 ans et propre père de la candidate. F. Philippot, s’est ainsi entouré d’une cour interlope, choisissant et promouvant des responsables dont la vie privée et le comportement personnel sont aux antipodes des traditions du Front. Il a accompagné cette politique en affichant son mépris pour les militants et responsables intermédiaires du FN « traditionnel », tandis qu’il prenait soin de copiner avec les journalistes. Les motivations et l’état d’esprit de F. Philippot sont apparus avec netteté lorsque, tirant parti de l’échec de M. Le Pen, il a créé sans attendre sa propre association politique, sans consulter ni M. Le Pen ni le reste de la direction du parti.

Quant à la stratégie de « dédiabolisation », elle a constitué elle aussi une erreur. Que le FN ait abandonné les références provocatrices à la seconde guerre mondiale est une bonne chose. Il reste que la dédiabolisation constitue une entreprise vaine. Sauf s’il s’aligne dans tous les domaines principaux sur les choix de la classe dirigeante, en particulier sur l’immigration, le FN sera nécessairement diabolisé par le Système, dont il est l’ennemi. La diabolisation par le Système, notamment par les journalistes, n’est d’ailleurs pas forcément un obstacle : D. Trump vient ainsi de montrer qu’on pouvait être élu en s’y attaquant frontalement. Mieux : son attitude de diabolisation choisie et assumée a probablement favorisé son élection. En cherchant lui à se dédiaboliser, le FN a fait fausse route. Cette erreur stratégique a été d’autant plus grossière que,  comme nous l’avons noté plus haut, le FN n’a eu de cesse, après avoir remisé le sujet de l’immigration pour complaire au Système, de se rediaboliser immédiatement en mettant en avant la sortie de l’euro.

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Face au Système mondialiste, immigrationniste et libéral libertaire, face à l’alliance des bobos et des capitalistes, le FN devrait, nous semble-t-il mettre en avant un nouveau programme. Ce programme devrait aborder les principales thématiques et être à la fois social, écologiste, anti UE mais pro européen. L’arrêt de l’invasion de l’Europe devrait cependant constituer le point majeur du programme du FN.

Le FN doit expliquer que la défense de l’Europe, de ses peuples, de son territoire et de sa civilisation passe par l’arrêt de toute immigration non européenne et par une politique de remigration significative. Il s’agit de montrer qu’une telle politique est à la fois vitale pour les Français et les Européens ; qu’elle est matériellement possible ; et qu’elle peut être conduite de façon pacifique.

En complément de ce programme, le FN doit adopter une nouvelle stratégie : s’attacher à réaliser une alliance avec la droite. Cette alliance pourrait s’envisager autour de cet axe simple, transcendant les différences qui peuvent exister entre les électeurs de droite et ceux du FN : arrêter l’invasion migratoire de la France de l’Europe. En proposant à la droite un accord sur cette base, la démarche du FN serait sans aucun doute bien perçue par l’électorat de droite, favorable dans sa majorité à une solution politique de ce type. Elle mettrait en difficulté les leaders de la droite favorables au Système et pourrait conduire une partie d’entre eux à tenter l’aventure d’une alliance.

Si elle veut pouvoir conserver la direction du FN et y exercer une action efficace, M. Le Pen aurait tout intérêt à se détourner de F. Philippot, à changer de stratégie et à remplacer ses conseillers.

« Réussir… Redresser… Rassembler… Renouveler… » : entre leurre et illusion

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 181 – mai 2017)

 

Après l’élection d’E. Macron, la plupart des politiciens, des observateurs de la vie politique et des éditorialistes ont tous à peu près prononcé les mêmes mots : ils ont souhaité que le nouveau gouvernement réussisse ; qu’il s’attache à redresser la France ; qu’il parvienne à rassembler les Français ; et qu’il renouvelle les pratiques politiques.

Tous ces objectifs paraissent faire consensus et relever du registre du bon sens. Ils n’ont pourtant aucune signification véritable et sont destinés à abuser l’électorat.

 

  • Souhaiter la réussite du gouvernement ?

L’unanimité ou presque s’est manifestée pour souhaiter « la réussite du gouvernement ». Il s’agit là pourtant d’une formule dénuée de sens.

Le concept de réussite se justifie pour parler d’un coureur du dimanche qui s’est fixé pour objectif de faire le marathon en moins de quatre heures. Ou de quelqu’un qui entame un régime alimentaire en vue de revenir à son poids de jeune fille. Ou encore de celui qui a décidé d’arrêter de fumer. Mais dans le cas qui nous occupe, de quelle réussite peut-il s’agir ?

Les gouvernements depuis quarante ans ont mené des politiques conduisant à délocaliser ; à supprimer les barrières douanières ; à importer des travailleurs peu coûteux, immigrés ou détachés ; à faire peser sur les classes moyennes les impôts permettant le financement du traitement social du chômage.

Ces politiques ont été une réussite complète. Elles ont été appliquées efficacement et ont produit les résultats attendus : les profits des financiers, des propriétaires et des dirigeants des entreprises se sont envolés. Ces politiques de plus sont passées « comme lettre à la poste » : les dispositifs d’assistanat mis en place pour amortir leur coût social ont produit l’effet anesthésiant attendu. Du point de vue de leurs objectifs véritables, les politiques menées depuis quarante ans ont donc été de complètes réussites.

On voit bien, dès lors, que le concept de réussite n’a pas de sens. Réussite pour qui ? Les politiques menées depuis quatre décennies servent les intérêts de la classe dirigeante mondialisée et sont menées au détriment de la majorité de la population. Du point de vue de la classe dirigeante, le gouvernement Macron réussira s’il parvient à prolonger et à étendre ces politiques. Du point de vue de la majorité des Français, les Français de souche de classe moyenne et de classe populaire, cette réussite même sera une catastrophe.

 

  • Redresser la France ?

De même l’objectif du « redressement de la France » auquel il est fait référence régulièrement n’a lui non plus aucun sens. Les mauvais chiffres de l’économie française ne sont mauvais que pour certains. Ils ne sont en aucune manière une mauvaise nouvelle pour la classe dirigeante.

Le déficit français des échanges extérieurs par exemple, qui tend à devenir structurel, est une conséquence des politiques de délocalisations, les échanges internationaux recouvrant en réalité des échanges internes aux entreprises multinationales.

De même le déficit et l’endettement public sont eux-aussi ambivalents. Ils sont une mauvaise nouvelle pour ceux dont on augmente les impôts afin de les financer. Mais une bonne nouvelle pour les banques qui prêtent aux Etats.

De même encore pour le chômage. Il constitue bien entendu une mauvaise chose pour les chômeurs. Mais il est sans effet pour les décideurs, le coût du traitement social du chômage et de l’assistanat pesant sur les classes moyennes, tandis que la classe dirigeante parvient par différents moyens à échapper à la fiscalité.

Autrement dit redresser la France n’a pas de sens. Les mauvaises performances de l’économie française sont une conséquence inévitable des politiques conduites en toute connaissance de cause par la classe dirigeante. Quant à leur incidence négative, ce n’est pas sur elle qu’elle pèse.

 

  • Rassembler les Français ?

De nombreux commentateurs et politiciens ont souhaité également que le gouvernement se donne pour objectif prioritaire de rassembler les Français et de « réunifier une société fracturée ». Là encore et pour les mêmes raisons que celles qui viennent d’être exposées, cet objectif est dépourvu de pertinence.

On peut souhaiter la réconciliation et le rassemblement de la famille après une dispute entre frères et sœurs. De même après la défaite d’une équipe sportive, lorsque chacun cherche à reporter sur l’autre les responsabilités, l’entraîneur doit essayer de ressouder et de rassembler le groupe afin de le remobiliser. Mais la situation de la France n’a rien à voir avec ce type de situation. Les Français sont divisés parce que leurs objectifs et leurs intérêts ne sont pas conciliables. Les uns ont intérêt à la disparition des frontières, d’autres à leur maintien. Certains ont intérêt à l’immigration, d’autres à son interruption urgente. D’aucuns ont intérêt à ce que l’impôt continue de peser sur la classe moyenne et sur les salariés, tandis que ces derniers ont évidemment intérêt à ce que cette situation cesse.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, il y a désormais trois France (voir cette chronique). La classe dirigeante d’une part, soutenue par ceux qui tirent profit de sa politique immigrationniste et mondialiste. La France de souche de classe moyenne et populaire, ensuite. La France immigrée enfin. La première et la troisième sont alliées contre la deuxième. Les intérêts des deux blocs ainsi constitués sont antagonistes : entre eux aucun « rassemblement » n’est possible.

 

  • Renouveler la politique ?

La campagne de M. Macron a été bâtie notamment sur cette promesse : le renouveau. Renouveler les pratiques politiques. Renouveler le personnel politique. Ouvrir la sphère politique à la société. Là encore ces objectifs et ces slogans sont illusoires. L’idée de renouveau résulte d’une illusion sur ce qu’est la politique.

Les pratiques en usage dans la sphère politique n’ont, par nature, rien de commun avec le registre de la morale. Réussir en politique suppose d’être impitoyable et dénué de scrupules. De ne penser qu’à soi et à sa carrière. De savoir mentir et renier sa parole. De soutenir avec conviction le contraire de ce que l’on pense vraiment. De détruire ceux dont est proche sur le fond, parce qu’ils sont vos concurrents les plus directs. De s’allier à un puissant, de se mettre à son service et de le trahir le moment venu afin de prendre sa place ou de suivre un autre leader mieux placé. L’objectif de tout politicien en outre est de jouir du pouvoir et de tous les privilèges associés. Si l’on ne suit pas la règle commune, on sera considéré comme suspect et écarté.

La volonté de renouveler les pratiques politiques révèle là encore une confusion quant à la nature de la politique. La sphère politique n’a rien de commun avec le fonctionnement du camp de boy-scouts où l’entraide, la solidarité, l’honnêteté et la bravoure sont les vertus cardinales. La politique a bien des points communs avec la guerre, dont elle est un substitut. Les politiciens sont des tueurs amoraux. C’est un fait. L’on peut peut-être souhaiter qu’ils aient certaines convictions ayant trait à l’intérêt général et qu’ils soient compétents. Mais peut-être n’est ce même pas nécessaire. Il suffit qu’ils aient le sentiment qu’en agissant dans le sens de l’intérêt général, ils assureront leur réussite propre. Ajoutons que tous les milieux concurrentiels et tous les lieux de pouvoir obéissent peu ou prou aux mêmes règles, qu’il s’agisse du monde de l’entreprise, de l’université, du milieu artistique ou du sport de haut niveau.

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Renouveler, rassembler, réussir, autant de sornettes destinées à amadouer le bon peuple crédule, avide de paix civile et de tranquillité personnelle. La France n’est pas et ne peut pas être paisible : comme nous l’avons souligné à différentes reprises, elle est au contraire entrée dans une période de guerre civile. Une guerre civile tiède, pour l’instant.