Les deux gauche et les trois France

Chronique de Paysan Savoyard

(n°218 – mars 2019)

 

Il y a désormais trois France. La France de la classe dirigeante et de ceux qui la soutiennent et approuvent sa politique mondialiste, immigrationniste et libérale-libertaire. La France des immigrés, tous bien conscients de contribuer à un processus d’invasion. La France « populiste » des Français de souche européenne qui voudraient rester majoritaires et maîtres chez eux et conserver leur mode de vie, leur organisation sociale, leur civilisation. Cette subdivision est à la fois politique et sociologique : ceux qui soutiennent la classe dirigeante sont le plus souvent des bourgeois, qui tirent parti de la mondialisation. Les immigrés, eux, habitent généralement les « quartiers » et occupent, dans les grandes agglomérations du moins, une grande partie des emplois peu qualifiés. Quant aux « populistes », ce sont presque toujours des Français moyens, salariés, fonctionnaires ou indépendants, que les évolutions économiques et sociales de ces dernières décennies ont défavorisés. Ces trois France sont en position antagoniste. Elles n’ont plus rien en commun. Et même elles se haïssent (voir cette chronique).

Il y a trois France… et il y a deux gauches, et ce depuis la révolution française. La gauche qui privilégie la liberté, d’une part : c’est la gauche « libérale », ou « bourgeoise », ou « sociale », ou « sociale-démocrate », tous ces termes étant à peu près synonymes… Et la gauche qui met en avant l’égalité d’autre part, la gauche « égalitaire », ou « communiste », ou « d’extrême-gauche ». La gauche « libérale » compose une partie de la majorité de M. Macron : elle y a rejoint la bourgeoisie de droite et s’en porte au mieux. Cette gauche appartient à part entière à la première France, celle de la classe dirigeante et de ses soutiens. Qu’en est-il du positionnement de la gauche « égalitaire », à laquelle nous nous intéresserons plus spécialement ici ?

 

  • La gauche égalitaire reste une force puissante

Cette gauche est gouvernée avant tout par l’idéal d’égalité : à la différence de la gauche libérale, elle considère que la liberté doit si nécessaire pouvoir être encadrée ou limitée afin de permette la promotion de politiques d’égalité. Ce parti-pris égalitaire a deux conséquences majeures. La gauche égalitaire tout d’abord est bien entendu hostile au capitalisme, dans la mesure où ce mode d’organisation de la société est par nature générateur des plus grandes inégalités.

La gauche égalitaire, deuxième conséquence, est « universaliste » et de ce fait favorable à l’immigration. Pour elle en effet, il n’est pas légitime qu’il puisse exister des inégalités entre les populations en fonction des hasards de leur naissance. Dès lors, en attendant que la planète entière puisse être gouvernée par des principes communs de justice, la gauche égalitaire est favorable à ce qu’une partie de la population des pays pauvres vienne chercher une vie meilleure dans les pays les mieux dotés, l’immigration constituant ainsi une façon de réduire les inégalités entre les peuples.

Cette gauche égalitaire reste une force indéniable : loin d’avoir disparu, contrairement peut-être à ce que l’on aurait pu prédire au moment de la disparition du bloc soviétique, elle reste puissante tant sur le plan idéologique que politique. Si l’on additionne le bon score de M. Mélenchon en 2017, celui de la gauche du PS représentée par M. Hamon et les scores des autres candidats d’extrême-gauche, on constate que la gauche égalitaire représente toujours une force politique d’environ 25 % des suffrages, soit un score du même ordre que celui du Parti communiste au temps de sa puissance. Non seulement la gauche égalitaire existe toujours mais elle se renouvelle dans ses effectifs, une partie non négligeable des jeunes de la classe moyenne se reconnaissant manifestement dans ses idéaux. C’est ainsi que les tenants de cette gauche égalitaire constituent une partie sans doute significative du mouvement des gilets jaunes (voir par exemple ici). De même, au-delà de ses scores électoraux, il est hors de doute que la gauche égalitaire conserve une influence idéologique importante, par exemple dans les milieux de la culture, de l’enseignement et de la fonction publique.

Comment cette gauche égalitaire se situe-t-elle dans le paysage des trois France ?

 

  • Depuis maintenant près de quatre décennies, la gauche égalitaire a pris le parti de la France immigrée

Lorsqu’il était dirigé par Georges Marchais, le Parti communisme dénonçait les conséquences sociales de l’immigration et demandait son arrêt (voir ici). Depuis, la gauche égalitaire a pris à l’inverse le parti de la France immigrée. Cette évolution est au demeurant logique, le soutien à l’immigration étant, comme nous le notions plus haut, un corollaire nécessaire de l’idéologie universaliste.

C’est ainsi que la gauche égalitaire apporte un soutien appuyé aux populations des « quartiers », à leurs doléances et à leurs revendications. Elle milite pour une extension des droits des populations immigrées : droit de vote des étrangers ; régularisation des sans-papiers ; extension des naturalisations… De même on trouve les tenants de la gauche égalitaire à la manœuvre dans les manifestations de soutien aux clandestins menacés d’expulsion.

Le parti de M. Mélenchon, la France insoumise, considère  les quartiers comme un terrain électoralement prioritaire pour lui (voir par exemple iciiciici, ici, ici, ici et ici). Le Parti communiste, ou ce qu’il en reste, et le NPA sont sur la même ligne que les mélenchonistes (voir iciici, ici).

Dans cette logique le parti de M. Mélenchon a investi de nombreux candidats ou responsables immigrés (voir par exemple iciici, ici et ici). De façon significative, on peut noter que M. Mélenchon, lui-même né au Maroc, compose son proche entourage de personnes le plus souvent originaires de l’immigration, ou nées hors d’Europe ou sans lien avec la France de souche européenne (voir ici, ici , ici et ici).

Le choix effectué par la gauche égalitaire paraît d’ailleurs payant : les études électorales montrent en effet que lorsqu’ils participent aux scrutins, les habitants des quartiers votent majoritairement pour M. Mélenchon (voir par exemple iciici, ici, ici et ici).

Son parti-pris immigrationniste recouvre cependant l’existence de deux courants différents au sein de la gauche égalitaire. Le courant traditionnel d’une part, pour lequel le soutien à l’immigration est une conséquence directe de l’universalisme républicain : la France doit accueillir les immigrés parce qu’elle est universelle. Et le courant qu’on a appelé islamo-gauchiste d’autre part. Pour les islamo-gauchistes, l’arrivée des immigrés est une juste revanche contre les injustices commises par l’Occident envers les pays pauvres et colonisés, une revanche également contre le racisme dont les blancs ont toujours fait preuve. Pour les islamo-gauchistes, en outre, l’islamisme radical, comme d’ailleurs la violence et la délinquance des quartiers, sont des formes de réaction et de protestation sociale contre les inégalités, les discriminations et le racisme dont les populations concernées sont victimes. Ce courant islamo-gauchiste est manifestement désormais dominant au sein de la gauche égalitaire.

C’est ainsi que certains responsables du parti de M. Mélenchon ont des liens directs avec les mouvements communautaristes immigrés, tels que « Les indigènes de la république » ou « La ligue de défense noire » (voir par exemple iciiciiciici, ici et ici).

De nombreux autres faits et déclarations illustrent la conversion d’une grande partie de la gauche égalitaire à l’islamo-gauchisme (voir par exemple ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, iciici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, )

Il faut relever que la concurrence entre les deux courants de la gauche égalitaire ne va pas sans tensions. L’évolution islamo-gauchiste a ainsi provoqué différentes réactions du courant républicain (voir par exemple ici). A l’inverse, les représentants de l’islamo-gauchisme critiquent à intervalles réguliers les positions républicaines traditionnelles, notamment celles de M. Mélenchon (voir iciiciici, ici, et ici).

M. Mélenchon, qui est franc-maçon et appartient au courant républicain, doit composer et louvoyer entre ces deux tendances de la gauche égalitaire (voir par exemple iciiciici). Il reste, et c’est le point à souligner, que toutes ses prises de position ainsi que celles de ses lieutenants sont farouchement universalistes et immigrationnistes, hostiles à la France de souche, favorables aux immigrés et complaisantes envers l’islam (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, iciiciici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, iciici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ).

Certaines déclarations de M. Mélenchon particulièrement significatives méritent d’être mises en exergue :  « Notre chance c’est le métissage… nous sommes fiers et contents d’être mélangés » (voir ici)«  Il est temps d’en finir avec cette idée inacceptable de Français de souche » (voir ici). «  Je ne peux pas survivre quand il y a que des blonds aux yeux bleus… c’est au-delà de mes forces » (voir ici). Ou encore : « Les Occidentaux, ça n’a pas de réalité. Personnellement, je ne souhaite pas être un occidental…. Je ne veux pas être un blanc catholique, je préfère être un noir athée » (voir ici).

On se souviendra également de l’épisode hautement symbolique qu’a été la manifestation pour soutenir les revendications des immigrés, organisée par la France insoumise et conduite par l’un de ses principaux responsables, avec porte-voix et banderoles… au sein même de la Basilique Saint-Denis (voir ici et ici).

 

  • L’immigrationnisme conduit la gauche égalitaire à soutenir de facto la classe dirigeante, contre les populistes son ennemi privilégié

Dans le paysage des trois France, la gauche égalitaire a pris le parti de la France immigrée. L’immigrationnisme la conduit également à soutenir de facto la classe dirigeante, certes capitaliste mais comme elle favorable à l’immigration. Et à combattre les populistes, anticapitalistes pourtant mais hostiles à l’immigration.

Ce positionnement se traduit tout d’abord sur le plan électoral. C’est ainsi que pendant des décennies la gauche égalitaire a systématiquement appelé à voter pour un « front républicain » contre le Front national lorsque celui-ci menaçait de l’emporter, dans le cadre d’élections locales ou nationales comme en 2002.

En 2017 la gauche égalitaire a certes pris une position plus contrastée. Les communistes ont appelé à voter pour Macron contre Le Pen (voir ici et ici). A l’inverse M. Mélenchon a indiqué que pour sa part il ne choisirait pas entre M. Macron et Mme Le Pen et il a été suivi dans l’abstention par une partie importante de ses électeurs (voir ici et ici).

Cette abstention a permis aux électeurs de la gauche égalitaire de conserver à bon compte une bonne conscience anticapitaliste : ils prennent soin d’ailleurs de proclamer régulièrement, comme on l’entend par exemple dans les manifestations de gilets jaunes, qu’ils n’ont pas fait partie des électeurs de Macron. Or cette position de neutralité des dirigeants et des électeurs de la gauche égalitaire n’est en réalité qu’un leurre et leurs déclarations anti Macron sont surfaites et hypocrites. L’abstention de la gauche égalitaire au second tour de 2017 était en effet sans risque puisque tous les sondages sans exception garantissaient que M. Macron l’emporterait très largement : la gauche égalitaire pouvait ainsi s’abstenir tout en laissant sans en avoir l’air M. Macron parvenir au pouvoir. Si au contraire les sondages avaient montré que le rapport de forces entre M. Macron et le FN se situait non pas à 70-30 mais aux alentours de 50-50, il est hors de doute que la gauche égalitaire se serait massivement mobilisée pour voter Macron et « faire barrage au fascisme ».

Au-delà des périodes électorales, la gauche égalitaire montre au quotidien que ses ennemis sont les populistes. C’est ainsi que la gauche égalitaire se déclare en première ligne sur le front de l’antifascisme. C’est au Rassemblement national que les leaders de la gauche égalitaire réservent leurs déclarations les plus virulentes (voir par exemple ici). On se souvient qu’en 2012 M. Mélenchon avait tenu à se porter personnellement candidat aux législatives à Hénin-Beaumont contre Marine Le Pen. M. Mélenchon proclame régulièrement son souhait de vouloir éradiquer ou interdire le FN (voir par exemple ici et ici).

On signalera également que LFI et les autres fractions de l’extrême-gauche organisent systématiquement depuis des années des rassemblements hostiles devant l’entrée des réunions publiques du FN. De même, c’est aux populistes que les militants radicaux de la gauche égalitaire, les « antifas » et autres « blacks blocks », s’en prennent avec violence dans la rue ou dans les manifestations.

 

  • Pour la gauche égalitaire, les immigrés sont prioritaires parce qu’ils sont les véritables pauvres du monde d’aujourd’hui

La gauche égalitaire a pris le parti de la France immigrée, ce qui la conduit à soutenir de facto la classe dirigeante, contre les populistes qui représentent eux la majorité des Français moyens. Pour la gauche égalitaire en effet, les immigrés et plus généralement les habitants des pays pauvres sont les véritables pauvres du monde d’aujourd’hui, tandis qu’à cette aune les Français de souche même prolétaires apparaissent comme bien plus favorisés : les immigrés déjà présents où ceux qui souhaitent immigrer sont donc devenus prioritaires. On se rappelle que Terra Nova avait dans une note fameuse théorisé cette position et appelé la gauche à choisir désormais les minorités et à délaisser son électorat traditionnel de Français moyens, bien moins pauvres que les immigrés et désormais trop souvent tentés par le populisme.

Pour supporter cette position inconfortable les tenants de la gauche égalitaire se donnent bonne conscience de diverses manières. Ils continuent à proclamer, de façon d’autant plus virulente que leurs déclamations sont sans conséquence, leur détestation des riches et du capitalisme. De même les militants radicaux prennent soin de casser les vitrines des banques ou d’agresser la police en marge des manifs de gauche ou de gilets jaunes. Gênés aux entournures, les tenants de la gauche égalitaire les plus honnêtes choisissent de se mettre en marge du Système capitaliste et tentent une vie écolo à l’écart de la marche du monde.

Ces tentatives de conserver ou de restaurer sa bonne conscience ne changent rien à cette réalité crue : la gauche égalitaire a choisi son camp. Sacrifiant l’anticapitalisme sur l’autel de l’immigrationnisme, elle a de fait pris le parti de la classe dirigeante, comme elle favorable à l’immigration, contre les populistes, qu’elle a désignés comme ses ennemis.

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Où l’on voit que les deux gauches, la gauche de la liberté et celle de l’égalité, la gauche de Voltaire et celle de Rousseau, se retrouvent pour finir sur l’essentiel : soutenir l’immigration et absoudre le capitalisme. Toutes les composantes, sauf une, de la société française convergent donc. Capitalistes et anticapitalistes de gauche, traders et citoyens du monde, droite libérale et gauche libérale, gauche libérale et gauche égalitaire, immigrés et immigrationnistes, tous communient autour d’un même objectif : éradiquer la France populiste, la France d’avant, la France française. Aller jusqu’au bout du projet de société multiethnique et multiculturelle. Fondre les populations européennes dans un melting pot mondial et métissé.

Les slogans de la gauche avaient de longtemps annoncé la couleur : « Changer le monde » ont toujours dit les progressistes. « Changer l’homme » proclamaient les communistes. « Changer la vie » prétendaient les électeurs de M. Mitterrand en 1981… Nous y sommes, pour notre malheur…

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La confrontation des trois France sans débouché politique

Chronique de Paysan Savoyard

(n°215 – janvier 2019)

 

La situation présente, qui voit les trois France en position d’antagonisme, apparaît sans débouché politique (voir cette chronique).

 

  • Le rassemblement national, tellement loin du pouvoir

Le Rassemblement national est le parti qui correspond le mieux aux aspirations de la France moyenne de souche : c’est parmi eux qu’il a puisé les 10,6 millions de voix recueillies au second tour de la présidentielle. Mais 2017 a apporté la preuve que l’accession au pouvoir du RN était impossible. Pour trois raisons.

D’abord du fait de la faiblesse de son leader, qui a montré qu’elle ne possédait pas et ne posséderait jamais une stature présidentiable. Ensuite parce que les immigrés qui participent au vote seront toujours plus nombreux. Enfin et surtout parce qu’une partie importante des Français de souche, à commencer par les retraités et les fonctionnaires, se refusent à voter RN afin de maintenir le statu quo et de préserver une situation qui jusqu’à présent leur convient.

 

  • La droite attend la prochaine vraie-fausse alternance

L’électorat de droite est profondément divisé. Sa partie bourgeoise se sent proche de Macron, a voté pour lui en 2017 et ne veut à aucun prix d’une alliance avec le RN. L’autre partie de l’électorat de droite aspire au contraire à une alliance avec le RN, avec lequel il partage les mêmes analyses et les mêmes inquiétudes sur la question centrale de l’immigration.

Mais les responsables de droite, membres à part entière du Système, n’envisagent évidemment pas une telle alliance : ils misent sur la poursuite du jeu des alternances, qui mettra la droite en bonne place pour gouverner de nouveau à la prochaine élection. A la faveur de cette alternance de façade, la droite pourra ainsi poursuivre la politique menée par le Système depuis plus de quatre décennies.

 

  • L’extrême-gauche, elle-aussi, joue le jeu du Système

Il faut dire un mot de l’extrême-gauche. Elle se prétend, par nature, proche du peuple : en réalité, plusieurs éléments montrent que nolens volens elle se situe du côté de la classe dirigeante. L’extrême-gauche, premièrement, appuie les réformes sociétales que celle-ci conduit.

Elle partage deuxièmement avec la classe dirigeante le principe de l’universalisme et appuie pour cette raison la politique immigrationniste.

Comme la classe dirigeante, troisièmement, l’extrême-gauche désigne l’extrême-droite comme l’ennemi principal.  Au moment des élections, elle soutient les partis du Système : soit elle appelle à « faire barrage à l’extrême-droite » ; soit elle s’abstient hypocritement, comme en 2017, ce qui revient à laisser élire le candidat du Système, large favori des sondages.

L’extrême-gauche, quatrièmement, joue pour les gouvernements du Système un rôle indispensable : ils peuvent ainsi, comme aujourd’hui celui de Macron, rejeter « les extrêmes » de droite comme de gauche et prendre la posture avantageuse du juste milieu. A cet égard les casseurs d’extrême-gauche, « antifas » et autres « blacks blocks », servent utilement de repoussoirs et permettent au Système de dénoncer de façon indistincte « les extrémistes ».

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Renvoyons pour conclure à cette précédente chronique : Il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas de France que peut venir l’espoir

Trois France désormais…, qui se haïssent

Chronique de Paysan Savoyard

(n°214 – décembre 2018)

 

On ne sait quelles seront les conséquences à court et moyen terme du mouvement des gilets jaunes, sur le plan social, politique voire institutionnel. Cependant le mouvement a d’ores et déjà eu pour résultat de mettre en pleine lumière ce fait considérable : il y a désormais trois France. Ces trois France ont des intérêts antagonistes. Elles sont en confrontation. Elles sont devenues irréductiblement ennemies.

 

  • La première France soutient la classe dirigeante

La première France est la France de ceux qui soutiennent la classe dirigeante et la politique mondialiste, immigrationniste et libérale-libertaire qu’elle conduit depuis quatre décennies.

Cette France d’en haut est composée de trois strates. La première, dont les effectifs sont limités à quelques milliers de personnes, est constituée de la couche dirigeante elle-même : les propriétaires des entreprises du CAC 40, des banques et des médias ; les principaux politiciens et hauts fonctionnaires ; les principaux journalistes, éditorialistes et intellectuels médiatiques.

La seconde strate est composée de tous ceux qui tirent profit des évolutions économiques intervenues ces dernières décennies, la mondialisation et la libéralisation : les cadres en premier lieu, notamment ceux des secteurs en croissance, l’économie internet, médias et publicité, nouvelles technologies… Les commerçants et professions libérales, qui profitent du pouvoir d’achat des dirigeants et des cadres, appartiennent également à cette seconde strate. Celle-ci se complète d’un autre type de profil : les immigrationnistes par idéologie, que la perspective de la disparition des frontières, des nations et des peuples européens autochtones plonge en extase. Les membres de cette seconde strate appuient les politiques économiques mondialistes. Ils appuient la politique d’accueil de l’immigration. Ils appuient également les réformes sociétales mises en œuvre ces dernières décennies, telles que le mariage homosexuel, les politiques de discrimination positive ou encore la libéralisation progressive du cannabis. Ils habitent pour la plupart le centre des grandes agglomérations attractives. Parmi eux on trouve les fameux bobos, les bourgeois de gauche.

La troisième strate est constituée de tous ceux qui soutiennent la classe dirigeante par souci de maintenir l’ordre établi et de ne pas voir bouleverser une situation qui globalement leur convient. On trouve dans cette troisième strate en particulier la majorité des retraités, qui ont massivement voté Macron par souci de ne pas mettre en danger les pensions de retraite. Y appartiennent également la majorité des fonctionnaires, qui là encore ont voté Macron pour préserver une situation qui les sécurise. Les membres de cette troisième strate n’appuient pas les politiques suivies avec enthousiasme, à la différence de la strate précédente. Ils ne tirent pas un profit direct de la mondialisation. Ils se sentent peu concernés par les réformes libertaires. Ils ne sont pas enchantés par l’immigration, à laquelle ils se résignent. Ils ont souvent un certain âge et recherchent l’ordre avant tout (voir cette chronique et celle-ci).

Cette première France a fait bloc autour de la candidature de Macron, qui a rendu caduque la frontière traditionnelle entre gauche et droite : la bourgeoisie de gauche et la bourgeoisie de droite se sont réunies autour de Macron, le candidat de la classe bourgeoise par excellence. Son élection est l’événement qui a mis en évidence l’existence de cette première France de la manière la plus nette.

 

  • La France des immigrés

La deuxième France est constituée des immigrés. La classe dirigeante a organisé l’immigration non européenne, à partir du début des années soixante, pour des raisons économiques : l’immigration permet de peser à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi et de travail ; elle permet également d’augmenter le nombre des consommateurs et les débouchés des entreprises. L’immigrationnisme a également une motivation idéologique : construire un monde sans frontières, peuplé de « citoyens du monde ».

Le nombre des immigrés d’origine non européenne augmente au rythme actuel d’environ 4 à 500 000 par an, addition faite des naissances (350 000), des installations régulières (200 000) et irrégulières (au moins 100 000), en déduisant les décès et les quelques départs. La population originaire de l’immigration non européenne d’ores et déjà présente sur le sol de la métropole est comprise entre 15 et 18 millions. Du fait du droit du sol et des naturalisations massives, les deux-tiers de ces immigrés, le plus souvent nés en France, possèdent la nationalité française.

Le fonctionnement hors la loi des quartiers dans lesquels ils habitent le plus souvent, le contenu des clips de rap, la montée en puissance continue de l’islam et du communautarisme, tout montre que ces immigrés ne sont pas intégrés à la société française et qu’ils n’ont jamais cherché à l’être. L’enjeu pour eux est moins que jamais de s’intégrer : ils savent que leur nombre ne cesse d’augmenter et que d’ici deux ou trois décennies ils vont devenir majoritaires dans les classes d’âge les plus jeunes (voir cette chronique).

Cette deuxième France est pour l’instant alliée à la première et appuie en toute logique la politique immigrationniste que celle-ci conduit. Lorsqu’ils votent, les immigrés apportent leurs suffrages à la classe dirigeante et pèsent déjà sur les résultats électoraux. Cependant une partie significative de la communauté immigrée est d’ores et déjà passée à une autre étape et soutient l’islam militant.

Deux moments ont mis en évidence l’existence à part entière de cette deuxième France, et son autonomie voire sa rupture avec le reste de la société française : les trois mois d’émeutes des banlieues en 2005 ; et l’attentat de Merah en 2012, premier d’une longue série qui, de toute évidence, n’aura plus de fin. Merah né en France et de nationalité française, comme la plupart des terroristes…

 

  • La France moyenne de souche

La troisième France est celle des Français moyens de souche européenne. Ces Français moyens blancs sont les victimes des quatre évolutions catastrophiques intervenues ces vingt dernières années.

La première évolution défavorable est la délocalisation de l’industrie dans les pays à bas-coûts, qui a fait basculer la moitié des régions françaises dans le chômage, l’assistanat et la désertification. La deuxième est l’enrichissement formidable des riches et l’augmentation de leur nombre, en France, en Europe et dans le monde, qui a notamment entraîné une envolée des prix de l’immobilier dans le centre des grandes villes, repoussant les Français moyens dans la périphérie des agglomérations. La troisième évolution défavorable est le matraquage des taxes, impôts et cotisations qui s’est fortement accru et qui pèse essentiellement sur les Français moyens, c’est-à-dire les Français qui ne sont ni riches, ni assistés, ni immigrés (voir cette chronique). La dernière évolution, la plus grave, est l’immigration massive, qui a désormais pris la dimension d’une invasion. Cette immigration de masse a notamment pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Elle a également contribué à repousser les Français moyens de souche dans les zones périurbaines : évincés des centre-villes par les prix, les Français moyens ont été chassés des banlieues par la présence massive et désormais presque exclusive des immigrés.

Le mouvement des gilets jaunes vient de mettre en pleine lumière l’existence de cette troisième France, la France moyenne de souche. On aura noté que les deux autres France n’ont rien de commun avec ce mouvement. La première France, qui en est la cible, lui est naturellement hostile : la classe dirigeante et ceux qui votent pour elle ont exhalé ces dernières semaines tout le mépris que leur inspirent les gilets jaunes. Quant à la France immigrée, elle est restée tout à fait étrangère aux gilets jaunes, sauf pour se charger des pillages en marge des manifestations.

Le mouvement des gilets jaunes montre avec clarté que les trois France sont désormais antagonistes et mêmes ennemies. En témoigne la haine que l’on peut sentir au sein de ce mouvement à l’égard de M. Macron, des politiciens du Système et des journalistes. La France moyenne a désormais tout à fait conscience de ce que la classe dirigeante ne lui veut pas du bien et agit en fonction d’intérêts qui n’ont rien à voir avec les siens. Elle sait maintenant que la classe dirigeante la trahit.

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Les émeutes de 2005, les attentats de Merah en 2012, l’élection de Macron en 2017, le mouvement des gilets jaunes en 2018, tels sont les événements qui ont mis en évidence avec le plus de clarté l’état de la France du début du 21e siècle.

Trois France, donc, qui n’ont plus rien en commun, sauf le mépris mutuel qu’elles se portent. Trois France qui se haïssent. Trois France entrées dans une logique de guerre civile (voir cette chronique).

Front national : L’échec de F. Philippot

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 188 – septembre 2017)

 

Si le Front national veut pouvoir participer à l’exercice du pouvoir dans les années qui viennent, il doit rompre avec les choix stratégiques inspirés par F. Philippot, qui se sont révélés des impasses et ont débouché sur l’échec.

F. Philippot affirme lui que ces choix étaient les bons puisqu’ils ont permis au FN de réaliser en 2017 le score le plus élevé de son histoire (presque 34 % des suffrages exprimés au second tour, soit 10, 6 millions de voix, contre 18 % en 2012 et 6,4 millions de suffrages). Si la progression des scores est incontestable, l’analyse de F. Philippot est pourtant erronée. Les résultats du FN en effet sont dus à la dégradation continue et vertigineuse de la situation du pays (invasion migratoire, islamisation, terrorisme, délinquance, tiers-mondisation) qui confirme les analyses et les prédictions que le FN de Jean-Marie Le Pen avait défendues seul contre tous pendant 40 ans. La situation du FN est inverse de celle que décrit F. Philippot : c’est malgré sa mauvaise stratégie que le FN a réalisé ses résultats relativement élevés de 2017.

Encore faut-il ajouter que les résultats du FN, pour être les plus élevés jamais atteints, restent tout de même limités. Dans d’autres pays européens ou occidentaux, ce qu’il est convenu d’appeler l’extrême droite a atteint d’ores et déjà presque les 50 %, comme en Autriche. De même Trump a été élu pour une bonne part grâce à son programme « droitier » anti immigration. C’est également en raison de la question de l’immigration avant tout que le camp du Brexit l’a emporté au Royaume-Uni. Au niveau obtenu en 2017, le FN reste, lui, très éloigné du pouvoir.

La stratégie inspirée par F. Philippot était triplement erronée : concernant l’Euro, concernant l’immigration, concernant le positionnement politique.

 

  • La mise en avant du thème de l’euro a constitué une erreur stratégique majeure

La mise en avant du thème de la sortie de l’euro a constitué une erreur stratégique de première grandeur, pour différentes raisons :

Elle a tout d’abord conduit le FN à être perçu comme anti européen. Or la quasi-totalité des Français sont fortement attachés à l’idée européenne et estiment, à tort ou à raison, que « la construction européenne » garantit la paix. Il est certes possible de contester les choix politiques et idéologiques de l’UE sans pour autant être opposés au principe d’une union des pays européens : telle est d’ailleurs notre position personnelle. Mais cette distinction nécessaire entre « UE » et « Europe » ne pouvait être perçue par l’électorat puisque le FN mettait lui en avant le principe de souveraineté des Etats, contraire à l’idée même d’union entre européens.

La focalisation sur l’euro était une erreur grossière pour une seconde raison. Le FN avait choisi, à tort selon nous, nous y venons ci-après, de mettre au second plan la question de l’immigration dans le but de se « dédiaboliser ». En se prononçant pour la sortie de l’euro, et en en faisant qui plus est le cœur de son programme, le FN a choisi, de façon incohérente, un thème qui l’a immédiatement « rediabolisé », le  Système, n’ayant pas eu de difficulté à le discréditer auprès d’une opinion massivement pro européenne.

La thématique de l’euro constituait une erreur, troisièmement, parce qu’elle ne pouvait que susciter, en raison de sa technicité, l’incompréhension de la quasi-totalité de l’électorat. Il était impossible que les électeurs accordent de l’intérêt à des débats hermétiques sur le marché des changes, la parité de pouvoir d’achat ou la distinction entre monnaie commune et monnaie unique. De plus, les responsables du FN, M. Le Pen en tête mais également F. Philippot, ont montré dans leurs interventions qu’ils ne maîtrisaient pas les sujets qu’ils abordaient.

Le choix de la sortie de l’euro, quatrièmement, était sur le fond contestable. La situation dégradée de l’économie française n’est pas liée prioritairement à la question de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne et des autres pays de l’UE. D’abord parce que le rapport euro-dollar a lui aussi une incidence importante sur les échanges extérieurs de la France. Surtout, les délocalisations d’une part et l’immigration d’autre part ont des conséquences bien plus graves sur l’économie française (en particulier du fait du poids écrasant des dépenses sociales qu’elles engendrent) que celles que peuvent avoir les questions de compétitivité.

 

  • La mise au second plan de la question de l’immigration a constitué une autre erreur considérable

Sous l’influence de F. Philippot, le FN et sa candidate ont décidé de mettre en avant les questions économiques et de souveraineté et de placer l’immigration au second plan, en la présentant comme l’une des conséquences parmi d’autres de la mondialisation. Non seulement la question de l’immigration a été  reléguée au second plan, mais le FN sous l’influence de F. Philippot a adopté sur le sujet un discours presque identique à celui du Système.

Le FN a ainsi choisi de tenir un discours républicain parfaitement conforme, en déclarant par exemple que, dès lors qu’ils font le choix de s’intégrer à la communauté nationale, les immigrés en sont membres à part entière. De même le FN a insisté sur l’arrêt de l’immigration clandestine, comme le font tous les autres partis. Il s’en est seulement distingué en déclarant vouloir ramener le solde de l’immigration légale à 10 000 par an (Il faut d’ailleurs signaler que, si l’on se fonde sur le « solde migratoire » de l’Insee, un solde de 10 000 correspond en réalité à un nombre d’entrées légales bien plus élevé ; voir cet article).

La position du FN concernant l’immigration est insatisfaisante parce qu’elle ne permettrait en rien, dans l’hypothèse où elle serait appliquée, d’arrêter l’invasion migratoire en cours. L’arrêt de l’invasion supposerait non seulement d’arrêter toute immigration, légale comme irrégulière, mais de procéder en outre à une remigration significative : le FN de F. Philippot n’a malheureusement jamais mis en avant ce type de positions.

La position du FN sur l’immigration est insatisfaisante également parce qu’elle ne se distingue en rien des partis du Système. La modération du FN sur le sujet offre à la droite une opportunité décisive : comme l’a montré Sarkozy à deux reprises, il suffit à la droite de tenir un discours dur sur l’immigration quelques semaines avant l’élection pour apparaître crédible et doubler le FN. F. Philippot affirme que le FN étant d’ores et déjà doté d’une forte crédibilité sur le sujet de l’immigration, il doit plutôt enrichir son discours et se rendre convaincant sur d’autres secteurs de l’action publique, en particulier sur l’économie. Le raisonnement de F. Philippot est inexact. D’abord parce que l’électorat se renouvelle constamment et que les électeurs jeunes n’ont pas nécessairement en tête l’histoire et les traditions du FN. Surtout une grande partie de l’électorat ne porte attention à la vie politique qu’au moment de la présidentielle : il suffit dès lors au candidat de la droite de tenir un discours musclé au moment de l’élection pour que les électeurs, qui auront oublié les discours et les bilans du passé, tombent dans le panneau.

Le choix de faire passer la question de l’immigration au second plan est une erreur pour une troisième raison, la plus importante. Tous les électeurs ou presque ont bien conscience de la gravité de la question de l’immigration et sont effrayés par l’avenir qu’ils pressentent. Pourtant la majorité des électeurs ne votent pas pour le FN, et ce pour les deux raisons suivantes. Certains ne votent pas FN par fatalisme et sentiment d’impuissance : ils considèrent que l’immigration ne peut pas être arrêtée, que le FN lui-même n’y pourra rien et qu’il est donc inutile de voter pour lui. Les autres, la majorité, ne votent pas FN parce qu’ils ont peur que son arrivée au pouvoir ne déclenche la guerre civile.

C’est donc sur ces deux points qu’il nous faut convaincre. Convaincre que des mesures efficaces sont possibles. Et qu’elles peuvent être mise en œuvre sans déclencher de conflagration immaîtrisable. Au lieu de mettre la question de l’immigration sous le boisseau, il faut au contraire l’aborder de façon frontale et prioritaire et s’efforcer de convaincre sur les points qui jusqu’à présent ont éloigné les électeurs.

 

  • Le positionnement politique « souverainiste de gauche » inspiré par F. Philippot a constitué une dernière erreur

Le FN a cherché au cours de la campagne de 2017 à s’adresser aux électeurs de Mélenchon en cherchant à concurrencer celui-ci sur le terrain économique et social. C’était là encore une erreur. La plupart des électeurs de Mélenchon ne sont pas des salariés avant tout préoccupés de la question sociale : ces électeurs de profil « communiste » ont depuis longtemps rejoint le FN ou le camp de l’abstention. Les électeurs de Mélenchon sont des gens de gauche ancrés dans l’idéologie mondialiste, droits-de-l’hommiste et immigrationniste : le FN est pour eux un repoussoir et un ennemi. L’électorat de Mélenchon comprend aussi, il convient de ne pas l’oublier, une proportion d’immigrés sans doute non négligeable.

C’est au contraire vers les électeurs de Fillon qu’il fallait se tourner. On se souvient que sous l’influence de Philippot, le FN avait choisi de ne pas s’engager aux côtés de « la Manif pour tous ». Cette erreur énorme a accentué la cassure entre les deux électorats. La seule solution permettant au FN d’accéder aux responsabilités est pourtant une alliance entre les électeurs du FN et ceux de la droite, au-delà de leurs différences, autour d’un programme de défense de l’Europe et d’arrêt de l’invasion.

Dans la même logique, depuis qu’il a été chargé de fixer la ligne du parti, F. Philippot a cherché à rompre avec le FN traditionnel, allant jusqu’à exclure J.M. Le Pen fondateur et président du FN pendant 40 ans et propre père de la candidate. F. Philippot, s’est ainsi entouré d’une cour interlope, choisissant et promouvant des responsables dont la vie privée et le comportement personnel sont aux antipodes des traditions du Front. Il a accompagné cette politique en affichant son mépris pour les militants et responsables intermédiaires du FN « traditionnel », tandis qu’il prenait soin de copiner avec les journalistes. Les motivations et l’état d’esprit de F. Philippot sont apparus avec netteté lorsque, tirant parti de l’échec de M. Le Pen, il a créé sans attendre sa propre association politique, sans consulter ni M. Le Pen ni le reste de la direction du parti.

Quant à la stratégie de « dédiabolisation », elle a constitué elle aussi une erreur. Que le FN ait abandonné les références provocatrices à la seconde guerre mondiale est une bonne chose. Il reste que la dédiabolisation constitue une entreprise vaine. Sauf s’il s’aligne dans tous les domaines principaux sur les choix de la classe dirigeante, en particulier sur l’immigration, le FN sera nécessairement diabolisé par le Système, dont il est l’ennemi. La diabolisation par le Système, notamment par les journalistes, n’est d’ailleurs pas forcément un obstacle : D. Trump vient ainsi de montrer qu’on pouvait être élu en s’y attaquant frontalement. Mieux : son attitude de diabolisation choisie et assumée a probablement favorisé son élection. En cherchant lui à se dédiaboliser, le FN a fait fausse route. Cette erreur stratégique a été d’autant plus grossière que,  comme nous l’avons noté plus haut, le FN n’a eu de cesse, après avoir remisé le sujet de l’immigration pour complaire au Système, de se rediaboliser immédiatement en mettant en avant la sortie de l’euro.

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Face au Système mondialiste, immigrationniste et libéral libertaire, face à l’alliance des bobos et des capitalistes, le FN devrait, nous semble-t-il mettre en avant un nouveau programme. Ce programme devrait aborder les principales thématiques et être à la fois social, écologiste, anti UE mais pro européen. L’arrêt de l’invasion de l’Europe devrait cependant constituer le point majeur du programme du FN.

Le FN doit expliquer que la défense de l’Europe, de ses peuples, de son territoire et de sa civilisation passe par l’arrêt de toute immigration non européenne et par une politique de remigration significative. Il s’agit de montrer qu’une telle politique est à la fois vitale pour les Français et les Européens ; qu’elle est matériellement possible ; et qu’elle peut être conduite de façon pacifique.

En complément de ce programme, le FN doit adopter une nouvelle stratégie : s’attacher à réaliser une alliance avec la droite. Cette alliance pourrait s’envisager autour de cet axe simple, transcendant les différences qui peuvent exister entre les électeurs de droite et ceux du FN : arrêter l’invasion migratoire de la France de l’Europe. En proposant à la droite un accord sur cette base, la démarche du FN serait sans aucun doute bien perçue par l’électorat de droite, favorable dans sa majorité à une solution politique de ce type. Elle mettrait en difficulté les leaders de la droite favorables au Système et pourrait conduire une partie d’entre eux à tenter l’aventure d’une alliance.

Si elle veut pouvoir conserver la direction du FN et y exercer une action efficace, M. Le Pen aurait tout intérêt à se détourner de F. Philippot, à changer de stratégie et à remplacer ses conseillers.

« Réussir… Redresser… Rassembler… Renouveler… » : entre leurre et illusion

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 181 – mai 2017)

 

Après l’élection d’E. Macron, la plupart des politiciens, des observateurs de la vie politique et des éditorialistes ont tous à peu près prononcé les mêmes mots : ils ont souhaité que le nouveau gouvernement réussisse ; qu’il s’attache à redresser la France ; qu’il parvienne à rassembler les Français ; et qu’il renouvelle les pratiques politiques.

Tous ces objectifs paraissent faire consensus et relever du registre du bon sens. Ils n’ont pourtant aucune signification véritable et sont destinés à abuser l’électorat.

 

  • Souhaiter la réussite du gouvernement ?

L’unanimité ou presque s’est manifestée pour souhaiter « la réussite du gouvernement ». Il s’agit là pourtant d’une formule dénuée de sens.

Le concept de réussite se justifie pour parler d’un coureur du dimanche qui s’est fixé pour objectif de faire le marathon en moins de quatre heures. Ou de quelqu’un qui entame un régime alimentaire en vue de revenir à son poids de jeune fille. Ou encore de celui qui a décidé d’arrêter de fumer. Mais dans le cas qui nous occupe, de quelle réussite peut-il s’agir ?

Les gouvernements depuis quarante ans ont mené des politiques conduisant à délocaliser ; à supprimer les barrières douanières ; à importer des travailleurs peu coûteux, immigrés ou détachés ; à faire peser sur les classes moyennes les impôts permettant le financement du traitement social du chômage.

Ces politiques ont été une réussite complète. Elles ont été appliquées efficacement et ont produit les résultats attendus : les profits des financiers, des propriétaires et des dirigeants des entreprises se sont envolés. Ces politiques de plus sont passées « comme lettre à la poste » : les dispositifs d’assistanat mis en place pour amortir leur coût social ont produit l’effet anesthésiant attendu. Du point de vue de leurs objectifs véritables, les politiques menées depuis quarante ans ont donc été de complètes réussites.

On voit bien, dès lors, que le concept de réussite n’a pas de sens. Réussite pour qui ? Les politiques menées depuis quatre décennies servent les intérêts de la classe dirigeante mondialisée et sont menées au détriment de la majorité de la population. Du point de vue de la classe dirigeante, le gouvernement Macron réussira s’il parvient à prolonger et à étendre ces politiques. Du point de vue de la majorité des Français, les Français de souche de classe moyenne et de classe populaire, cette réussite même sera une catastrophe.

 

  • Redresser la France ?

De même l’objectif du « redressement de la France » auquel il est fait référence régulièrement n’a lui non plus aucun sens. Les mauvais chiffres de l’économie française ne sont mauvais que pour certains. Ils ne sont en aucune manière une mauvaise nouvelle pour la classe dirigeante.

Le déficit français des échanges extérieurs par exemple, qui tend à devenir structurel, est une conséquence des politiques de délocalisations, les échanges internationaux recouvrant en réalité des échanges internes aux entreprises multinationales.

De même le déficit et l’endettement public sont eux-aussi ambivalents. Ils sont une mauvaise nouvelle pour ceux dont on augmente les impôts afin de les financer. Mais une bonne nouvelle pour les banques qui prêtent aux Etats.

De même encore pour le chômage. Il constitue bien entendu une mauvaise chose pour les chômeurs. Mais il est sans effet pour les décideurs, le coût du traitement social du chômage et de l’assistanat pesant sur les classes moyennes, tandis que la classe dirigeante parvient par différents moyens à échapper à la fiscalité.

Autrement dit redresser la France n’a pas de sens. Les mauvaises performances de l’économie française sont une conséquence inévitable des politiques conduites en toute connaissance de cause par la classe dirigeante. Quant à leur incidence négative, ce n’est pas sur elle qu’elle pèse.

 

  • Rassembler les Français ?

De nombreux commentateurs et politiciens ont souhaité également que le gouvernement se donne pour objectif prioritaire de rassembler les Français et de « réunifier une société fracturée ». Là encore et pour les mêmes raisons que celles qui viennent d’être exposées, cet objectif est dépourvu de pertinence.

On peut souhaiter la réconciliation et le rassemblement de la famille après une dispute entre frères et sœurs. De même après la défaite d’une équipe sportive, lorsque chacun cherche à reporter sur l’autre les responsabilités, l’entraîneur doit essayer de ressouder et de rassembler le groupe afin de le remobiliser. Mais la situation de la France n’a rien à voir avec ce type de situation. Les Français sont divisés parce que leurs objectifs et leurs intérêts ne sont pas conciliables. Les uns ont intérêt à la disparition des frontières, d’autres à leur maintien. Certains ont intérêt à l’immigration, d’autres à son interruption urgente. D’aucuns ont intérêt à ce que l’impôt continue de peser sur la classe moyenne et sur les salariés, tandis que ces derniers ont évidemment intérêt à ce que cette situation cesse.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, il y a désormais trois France (voir cette chronique). La classe dirigeante d’une part, soutenue par ceux qui tirent profit de sa politique immigrationniste et mondialiste. La France de souche de classe moyenne et populaire, ensuite. La France immigrée enfin. La première et la troisième sont alliées contre la deuxième. Les intérêts des deux blocs ainsi constitués sont antagonistes : entre eux aucun « rassemblement » n’est possible.

 

  • Renouveler la politique ?

La campagne de M. Macron a été bâtie notamment sur cette promesse : le renouveau. Renouveler les pratiques politiques. Renouveler le personnel politique. Ouvrir la sphère politique à la société. Là encore ces objectifs et ces slogans sont illusoires. L’idée de renouveau résulte d’une illusion sur ce qu’est la politique.

Les pratiques en usage dans la sphère politique n’ont, par nature, rien de commun avec le registre de la morale. Réussir en politique suppose d’être impitoyable et dénué de scrupules. De ne penser qu’à soi et à sa carrière. De savoir mentir et renier sa parole. De soutenir avec conviction le contraire de ce que l’on pense vraiment. De détruire ceux dont est proche sur le fond, parce qu’ils sont vos concurrents les plus directs. De s’allier à un puissant, de se mettre à son service et de le trahir le moment venu afin de prendre sa place ou de suivre un autre leader mieux placé. L’objectif de tout politicien en outre est de jouir du pouvoir et de tous les privilèges associés. Si l’on ne suit pas la règle commune, on sera considéré comme suspect et écarté.

La volonté de renouveler les pratiques politiques révèle là encore une confusion quant à la nature de la politique. La sphère politique n’a rien de commun avec le fonctionnement du camp de boy-scouts où l’entraide, la solidarité, l’honnêteté et la bravoure sont les vertus cardinales. La politique a bien des points communs avec la guerre, dont elle est un substitut. Les politiciens sont des tueurs amoraux. C’est un fait. L’on peut peut-être souhaiter qu’ils aient certaines convictions ayant trait à l’intérêt général et qu’ils soient compétents. Mais peut-être n’est ce même pas nécessaire. Il suffit qu’ils aient le sentiment qu’en agissant dans le sens de l’intérêt général, ils assureront leur réussite propre. Ajoutons que tous les milieux concurrentiels et tous les lieux de pouvoir obéissent peu ou prou aux mêmes règles, qu’il s’agisse du monde de l’entreprise, de l’université, du milieu artistique ou du sport de haut niveau.

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Renouveler, rassembler, réussir, autant de sornettes destinées à amadouer le bon peuple crédule, avide de paix civile et de tranquillité personnelle. La France n’est pas et ne peut pas être paisible : comme nous l’avons souligné à différentes reprises, elle est au contraire entrée dans une période de guerre civile. Une guerre civile tiède, pour l’instant.

2017 : l’immigrationnisme et le mondialisme ont obtenu 66 % des suffrages exprimés

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 180 – mai 2017)

 

Les premières leçons qu’il est possible de tirer de la présidentielle n’ont rien de réjouissant. Avec Macron, la France va  à être gouvernée en poursuivant la politique mondialiste et immigrationniste suivie depuis quarante ans. Cette politique est conduite au bénéfice de la classe dirigeante. Au bénéfice également des immigrés déjà présents et de ceux qui ne cessent d’arriver. Et au détriment de la majorité de la population.

 

  • En manipulant l’élection, le Système a réussi à faire élire son candidat

Le président élu était le candidat du système. Il a été soutenu par la totalité de ses composantes : les médias, les intellectuels, le monde de la culture, l’université, la plupart des responsables religieux, les syndicats de salariés, la haute fonction publique. Les politiciens les plus importants, notamment les anciens premiers ministres Valls, Juppé et Raffarin l’ont soutenu plus ou moins ouvertement. M. Macron était soutenu, bien entendu, par le grand patronat et les banques, qui ont financé sa campagne. Il représentait lui-même plusieurs de ces milieux puisqu’il était ou avait été à la fois haut-fonctionnaire, banquier et politicien (voir cette chronique).

La tâche du Système cette fois n’était pas simple. Le mandat de F. Hollande était en effet unanimement considéré comme raté. Depuis plusieurs années, il ne faisait pas de doute pour tous les observateurs que la droite allait revenir au pouvoir en 2017. Les socialistes perdaient les élections intermédiaires les unes après les autres. Lesté d’une popularité catastrophique, le président sortant n’a même pas osé se représenter, ce qui a constitué une première sous la Ve république. Or E. Macron se situait objectivement dans la continuité de F. Hollande. Il avait été choisi par lui pour être son conseiller économique, puis son ministre de l’économie. Il avait été soutenu dès avant le premier tour par plusieurs ministres importants du gouvernement Hollande, à commencer par l’ancien premier ministre Valls. En dépit de cet héritage encombrant, E. Macron, qui était un ministre important du gouvernement socialiste il y a encore quelques mois, a pourtant été élu.

Pour réussir ce tour de force, le Système devait éliminer F. Fillon. Si le Système récusait F. Fillon ce n’était pas en raison de ses positions économiques libérales, qui convenaient bien entendu au patronat. Mais parce que F. Fillon apparaissait nettement moins en phase qu’ E. Macron avec les choix principaux du Système. Il n’était pas libéral-libertaire, s’était déclaré chrétien pratiquant et avait manifesté son intention de limiter les droits des homosexuels en matière d’adoption et de procréation. Il avait tenu en outre sur « le terrorisme islamique » des discours relativement durs, susceptibles de perturber le bon déroulement de la politique immigrationniste. Or à l’issue des primaires de la droite, Fillon apparaissait comme presque déjà élu : à ce moment Macron était à 12 % !

Le Système a alors résolu de monter une opération ad hominem de déstabilisation de Fillon. Ont été mis en avant le fait que F. Fillon avait salarié sa femme, dans un emploi aux contours flous ; le fait qu’il avait été aidé financièrement, par le biais de sa société de conseil, par un grand patron de ses amis ; le fait enfin qu’il avait reçu certains dons en nature, notamment des costumes… Les médias ont été mobilisés pour mettre en scène les « révélations » successives, sous la forme d’un feuilleton hebdomadaire. Les juges ont été également enrôlés pour déclencher des investigations et des mises en examen avec une célérité particulière et inhabituelle.

Tout indique que l’affaire Fillon a constitué une manipulation. Il n’est pas certain, tout d’abord, la justice se prononcera le moment venu, que les pratiques reprochées à Fillon aient été illégales. Elles apparaissent, quoi qu’il en soit, vénielles et largement pratiquées dans la classe politique. Enfin, tandis que la justice et les médias étaient instrumentées de façon partiale pour détruire la candidature de Fillon, E. Macron lui ne faisait l’objet d’aucune investigation médiatique et encore moins judiciaire, et ce alors même qu’un certain nombre de questions se posaient au sujet de sa personne et de sa campagne (voir cette chronique).

L’opération a fonctionné au-delà de toute espérance. Une partie de l’électorat qui s’apprêtait à voter Fillon s’est détourné de lui. F. Fillon s’est très mal défendu, en commençant à reconnaître des fautes et à s’excuser, au lieu de dénoncer la manipulation organisée par le pouvoir. Et surtout il a été trahi par son propre camp, qui a bondi sur l’occasion pour tenter de remettre en cause sa candidature : si la droite n’avait pas repris à son compte les accusations de la gauche dès les premières publications du Canard et si au contraire elle avait fait bloc en dénonçant l’opération de manipulation, l’affaire n’aurait eu pratiquement aucun écho. Sans doute faut-il prendre en compte dans la défaite de F. Fillon le mauvais programme, impopulaire et inadapté, dont il s’était fait le champion (voir cette chronique). L’on peut considérer cependant que c’est bien « l’affaire Fillon » qui explique pour l’essentiel le fait qu’il a perdu cette élection jugée imperdable encore trois mois auparavant : 400 000 voix lui ont manqué pour atteindre le second tour.

Cette élection présidentielle a donc été manipulée. Ce constat nous conduit pour notre part à tirer ces deux conclusions. Elle nous conforte tout d’abord dans l’idée que la démocratie est un leurre, nous reviendrons sur ce point le moment venu. Elle confirme également nous semble-t-il que le Système mondialiste et immigrationniste est de nature totalitaire (voir cette chronique) : nous y reviendrons également.

 

  • Macron l’élu des gagnants de la mondialisation 

Au vu des résultats trois observations méritent d’être mises en évidence. En dépit de son score élevé (66 % des suffrages exprimés soit 20 millions de voix), il apparaît que Macron ne bénéficie pas d’une adhésion forte à sa personne ni à son programme. Après avoir obtenu 24 % des suffrages exprimés (8 millions de voix) au premier tour,  c’est en recueillant une partie des électeurs de Fillon et Mélenchon, désireux de « barrer la route au FN », qu’il a augmenté fortement son score au deuxième tour.  Cependant le score inédit du FN (33 % des suffrages exprimés soit 10 millions de voix), l’abstention nettement supérieure à celle enregistrée lors des précédentes élections (plus de 25 % des inscrits soit 12 millions de voix)  ainsi que le nombre inhabituellement élevé de blancs et nuls (plus de 11 % des suffrages exprimés soit 4 millions de voix) sont autant de signes montrant que la confiance dont bénéficie Macron est limitée.

Deuxième observation, l’élection de 2017 vient confirmer les observations de C. Guilluy (voir cette chronique) : les scores obtenus par les candidats sont géographiquement très particularisés. Les grandes agglomérations ont voté Macron. La France « périphérique » périurbaine et rurale a voté massivement Le Pen.

Enfin, troisième constat, l’immigration apparaît de toute évidence comme un facteur important de détermination du vote. M. Le Pen obtient des scores élevés dans les zones à forte immigration (le Nord, L’Est, Le Sud-est). Là où l’immigration est faible, les scores de Le Pen le sont aussi (moitié Ouest de la France).

Ces trois observations combinées confirment cette constatation qu’avec d’autres nous avons mise en exergue à plusieurs reprises (voir cette chronique) : il y a désormais trois France.

Les électeurs de Macron sont les gagnants des politiques suivies depuis quarante ans par la classe dirigeante. Ils habitent le plus souvent les grandes agglomérations, là où se concentrent l’activité et les sources de revenus. Ils choisissent le plus souvent de résider dans les centres-villes, où ils parviennent à se protéger des effets de l’immigration. C’est ainsi par exemple que M. Macron a obtenu à Paris 90 % des suffrages exprimés. De même, les Français expatriés, pleinement insérés dans la mondialisation, ont voté Macron à 93 %.

La deuxième France est celle des Français de souche européenne de classe moyenne et de classe populaire, qui subissent les effets catastrophiques de la mondialisation et de l’immigration et habitent la France périurbaine et la France rurale. Ils ont voté massivement Le Pen ou se sont abstenus.

La troisième France est celle des immigrés. Si leur présence pèse de façon significative sur le vote des autres électeurs, ils ne votent pas eux-mêmes de façon encore massive. Une partie importante des immigrés, de nationalité étrangère, ne bénéficient pas du droit de vote. La population immigrée étant nettement plus jeune que la moyenne des Français, beaucoup d’entre eux, deuxièmement, sont mineurs. Enfin les personnes d’origine immigrée se caractérisent jusqu’à présent par un comportement d’abstention élevée. Ceux des immigrés qui votent appuient bien entendu la politique immigrationniste conduite par la classe dirigeante. Ils ont dès lors voté pour Macron, comme le montrent les résultats enregistrés dans les bureaux de vote situés dans les « quartiers ».

La classe dirigeante et ceux qui la soutiennent forment une alliance avec la France des immigrés : la « deuxième France » en est la victime. Entre les deux blocs ainsi formés une guerre civile « tiède » est désormais engagée.

 

  • Trois ou quatre forces politiques à l’avenir ?

Une recomposition significative de la vie politique française est manifestement en cours. Les résultats des législatives devraient la confirmer et peut être l’amplifier.

Quatre forces politiques sont désormais en présence : elles ont chacune avec leur candidat obtenu au premier tour de la présidentielle un score du même ordre, entre 19 et 24 %.

Macron, candidat choisi par le Système pour poursuivre la politique suivie depuis quarante ans, a été soutenu par une partie des électeurs socialistes, à la suite de Valls, par les électeurs centristes, à la suite de Bayrou, et par une partie des électeurs de droite, qui se reconnaissaient jusque-là en Juppé.

Jusqu’alors les deux principaux partis, les socialistes et la droite, faisaient mine de s’opposer mais poursuivaient les mêmes politiques en se succédant au pouvoir à la faveur d’alternances factices. Mettant fin à cette opposition d’apparence, le nouveau parti créé par Macron réunit le centre, une partie de la gauche et une partie de la droite, pour incarner et poursuivre la politique choisie par le Système. Nous verrons s’il obtient dans quelques semaines une majorité parlementaire.

Ce nouveau parti a scellé d’ores et déjà le sort du Parti socialiste. Celui-ci alliait, depuis sa prise de contrôle par Mitterrand en 1971, une « première gauche » marxisante et une « deuxième gauche », sociale-libérale, favorable à l’économie de marché. Les deux ailes du PS étaient parvenues à cohabiter jusqu’à présent, malgré le tournant libéral effectué par les socialistes au pouvoir en 1983. Le quinquennat de Hollande annonçait la fin probable de cette coexistence, l’aile gauche du PS emmenée par les « frondeurs » ayant combattu les principaux choix effectués par Hollande et son gouvernement. L’élection de 2017 a clarifié les choses. La plupart des électeurs socialistes ont voté au premier tour soit pour Macron soit pour Mélenchon. Ainsi divisé et marginalisé, le PS devrait disparaître ou ne plus subsister qu’à l’état résiduel.

La gauche anticapitaliste est désormais incarnée par le mouvement de Mélenchon, qui a fait le score surprenant de 19 %, largement supérieur à celui de 2012 (11%). Mélenchon a non seulement recueilli les voix du PC et d’une partie des électeurs trotskystes mais aussi celles des électeurs socialistes fidèles aux conceptions de la « première gauche ». Profitant de la faiblesse de la candidature de Hamon et du caractère très libéral de la candidature de Macron, Mélenchon a obtenu un score élevé qui lui permettra probablement d’incarner l’opposition de gauche au prochain gouvernement.

A droite quelques élus des Républicains ont dès à présent rallié le mouvement de Macron. Mais l’attitude de la plupart va dépendre des résultats des législatives. Si la droite gagne et gouverne dans le cadre d’une cohabitation, les Républicains resteront probablement unis. Si au contraire le parti de Macron emporte la majorité, on peut penser que la droite éclatera.

Comme le Parti socialiste, le parti Républicain est lui aussi composé de deux tendances dont les positions sont fortement opposées. Une partie de la droite, autour de Juppé, de Raffarin, de Kosiusko-Morizet, de Pécresse ou de Lemaire, partage des positions identiques à celles de Macron : elle est favorable à l’économie mondialisée, à l’immigration et aux réformes libérales-libertaires. Si la droite perd les législatives, il est probable que cette droite « lib-lib » rejoindra la majorité de Macron. Les Républicains comprennent également une aile conservatrice, libérale sur le plan économique mais dont les positions sociétales, qu’il s’agisse de l’immigration, de la sécurité ou des mœurs, ne sont pas éloignées de celles de l’extrême-droite.

Quant à la quatrième force en présence, le FN, il devrait n’obtenir cette fois encore, en raison du mode de scrutin et en dépit de son bon score, que quelques députés. Comme le PS et comme les Républicains, le FN lui aussi comprend deux lignes politiques fortement opposées. La direction du parti a imposé depuis plusieurs années, sous l’impulsion de F. Philippot, une ligne souverainiste et socialement de gauche. De toute évidence ce positionnement « chevènementiste » ne correspond pas aux positions de la majorité des militants et des électeurs, qui partagent eux une ligne « identitaire » et adhèrent ou votent pour le FN avec les objectifs suivants : arrêter l’immigration, rétablir l’ordre, défendre l’identité et la civilisation européennes.

Nous verrons à l’issue des législatives jusqu’où ira la recomposition du paysage politique. La présidentielle de 2017 a fortement accentué les tensions entre les deux ailes qui existent au sein des trois principaux partis.  Le PS ayant d’ores et déjà disparu comme force significative, nous verrons si la recomposition touchera ou non également la droite et le FN.

Si ce reclassement va jusqu’au bout de la logique, le nombre des forces en présence passera de quatre à trois. Le nouveau paysage sera alors le suivant :

Un grand parti central, « En Marche », incarnant la politique mondialiste et immigrationniste menée depuis quarante ans, regroupera l’aile sociale-libérale du PS et l’aile libérale-libertaire de la droite.

Le parti de Mélenchon incarnera l’opposition de gauche. Opposé à la politique mondialiste et libérale conduite par la classe dirigeante, il sera en revanche favorable, comme elle, à l’immigration et, dès lors, fortement hostile au FN.

Une nouvelle force de droite, regroupera à la fois la droite conservatrice et le Front national, autour d’un projet politique d’arrêt de l’immigration, de réaffirmation identitaire et de remise en ordre. Cette évolution impliquera un changement de ligne du Front national et un remplacement de son actuelle direction.

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Confirmation du caractère totalitaire du Système. Election d’un président mondialiste et immigrationniste, comme l’étaient ses prédécesseurs. Recomposition en cours aux contours incertains. Nous verrons si les législatives conduisent à compléter ou à infirmer ce premier bilan peu réjouissant.

Nous attendrons également les législatives pour dresser le bilan de ce cycle électoral pour le Front national, pour qui, en dépit de tout, nous avons voté au second tour.

La colère contre-productive de Marine Le Pen. Le cynisme souriant et efficace d’E. Macron

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 179 – mai 2017)

 

De l’avis unanime Marine Le Pen a raté le débat d’entre deux tours. Elle a choisi le registre de l’agressivité, du sarcasme, de l’ironie pesante, des mimiques forcées et des sourires vindicatifs : cette méthode est contre-productive.

Les électeurs Français dans leur quasi-totalité sont des individus pacifiques. Ils détestent l’agressivité et les emportements. Parce qu’ils attendent d’un chef qu’il conserve en toute circonstance une maîtrise parfaite de lui-même. Et surtout parce qu’ils veulent conjurer le risque des conflits civils et des guerres : ils jugent qu’un chef agressif et emporté dans son expression n’a pas la maîtrise de lui même et risque de les emmener à la guerre, ce qu’ils veulent avant tout éviter.

Par son comportement, Marine Le Pen a donné du crédit aux slogans anti Front national mis en avant depuis quarante ans par la propagande du Système : le Front national, le F’Haine, cultiverait l’outrance et véhiculerait la haine…

Macron a su conserver son calme et s’est bien gardé de se situer dans le même registre : il a donc gagné. Tandis que Marine Le Pen, par le style qu’elle avait choisi, a rendu les thèses du Front national déplaisantes à beaucoup.

L’opprobre jeté sur le Front national et renforcé sans doute par ce débat est pourtant injuste.

 

  • La haine, bien présente dans tous les camps

La mauvaise image du Front national est injuste tout d’abord parce que, si haine il y a, elle est équitablement distribuée dans les différents camps en présence.

Si E. Macron a évité l’agressivité trop marquée envers son adversaire, les gens qui le soutiennent et de façon générale les électeurs hostiles au Front national manifestent couramment un sentiment de haine non dissimulé lorsqu’ils évoquent ce parti : le ton des réseaux sociaux et des forums des journaux en témoigne quotidiennement.

Il faut signaler également que les violences attribuables à des militants ou à des électeurs du Front national sont extrêmement rares. Au contraire depuis des années les « antifas » sont très régulièrement à l’origine d’actes de violences diverses dans le cadre des manifestations. De même les militants du Front national font l’objet d’agressions fréquentes, physiques et verbales, généralement impunies.

La classe dirigeante, elle, si elle se garde d’exprimer sa haine du Front national de façon trop voyante, agit sournoisement en faisant voter des lois qui limitent la liberté d’expression des opposants et en les condamnant sur cette base. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises pour des délits d’opinion, après avoir tenu des propos pourtant modérés. Dans le même esprit les journaux publient régulièrement les prises de position de bien-pensants réclamant l’interdiction du Front national.

Les adversaires du Front national, qui se placent sous le signe des « valeurs républicaines », sont les héritiers de la révolution : l’on sent effectivement chez eux que la tentation de recourir au tribunal révolutionnaire, à la guillotine et aux mesures d’exception n’est jamais très éloignée.

 

  • Les politiques qu’appliquera Macron sont criminelles… mais présentées avec le sourire

Les erreurs de communication de Marine Le Pen, pour grossières qu’elles soient, sont cependant compréhensibles et excusables. En fustigeant avec agressivité au cours du débat les politiques défendues par le Système et son candidat Macron, elle a exprimé de façon sincère la colère éprouvée par tous ceux qui subissent les effets des politiques suivies depuis quarante ans : la perte des emplois dus aux délocalisations, la concurrence déloyale des travailleurs détachés, le matraquage fiscal des classes moyennes, la peur du déclassement social, le constat de l’enrichissement indécent de la classe dirigeante, la cohabitation forcée avec des immigrés de plus en plus nombreux et de plus en plus agressifs.

Marine Le Pen s’est exprimée avec colère et agressivité, reflétant les sentiments des Français qui votent pour elle. Cette colère est contre-productive : mais elle est légitime. A l’inverse les politiques qu’appliquera Macron sont présentées avec le sourire : mais elles sont criminelles.

 

  • La France entrée en guerre civile

D’une violence inédite sans doute à la télévision, le débat d’entre deux tours en témoigne : la France est entrée dans une logique de guerre civile (voir cette chronique). Trois France se font face désormais.

La classe dirigeante, incarnée cette fois-ci par E. Macron, déploie depuis quatre décennies, avec morgue et cynisme, sa politique mondialiste et immigrationniste. Elle est soutenue par les gagnants de la mondialisation, qui parviennent à se protéger des effets catastrophiques de l’immigration. Un certain nombre de naïfs votent également pour le Système au nom des grands principes idéalistes, sans avoir conscience des conséquences de leur comportement d’idiots utiles.

Le peuple « de souche » de classe moyenne et de classe populaire est la victime du mondialisme et de l’immigration. Empli d’une rage impuissante, il vote de plus en plus massivement pour le Front national. L’extrême-gauche, avec Mélenchon, capte une partie de la protestation : elle partage avec le Front national la même hostilité à la mondialisation et au capitalisme. Elle est en revanche favorable à l’immigration : de ce fait les deux ailes qui contestent le Systèmes sont d’irréductibles ennemis.

L’un et l’autre camp, celui du Système et son opposition, se toisent avec mépris et une haine croissante.

La troisième France est celle des immigrés. Ceux d’entre eux qui se rendent aux urnes votent en toute logique pour le Système immigrationniste : ce sera pour Macron cette fois.

Mais la majorité « votent avec leurs pieds » : par la terre, par la mer, par les airs, ils arrivent, ils s’installent, ils naissent, ils nous remplacent.

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Tel est le tragique de la situation. La colère et la peur ressenties par le peuple et exprimées maladroitement par Marine Le Pen n’ont pas toujours un beau visage. E. Macron lui, le candidat du Système, n’est certes pas désagréable à regarder : mais la politique mondialiste et immigrationniste qu’il conduira est criminelle et relève de la Haute trahison.

Insuffisance et vulgarité d’un côté. Cynisme et trahison des intérêts du peuple de l’autre… A des degrés divers l’un et l’autre sont coupables :  lequel mérite le mieux la haine dont on l’accable ?

 

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