L’égalité : un leurre et un vice

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 186 – juillet 2017)

 

Dans l’esprit de chacun désormais, la France commence avec la République. L’histoire du pays antérieure à la prise de la Bastille est considérée comme une longue période obscure, faite de violence et de guerres, d’inégalités scandaleuses, de famines et d’épidémies, d’oppression absolutiste et d’inquisition, d’oppression religieuse et de superstition. Selon la doxa, le 18e siècle est venu heureusement diffuser la Lumière et préparer la révolution salvatrice, l’avènement de la république et de ses valeurs, l’accomplissement de la modernité.

Il nous semble pourtant que la république et ses « valeurs », l’égalité, la liberté, la démocratie, la laïcité, l’universalisme, méritent d’être examinées et critiquées. C’est l’exercice auquel nous nous livrerons dans une série de chroniques. Compte tenu du format de ces dernières, le sujet sera traité de façon cursive : nous espérons cependant savoir nous garder d’une superficialité abusive.

L’égalité est au cœur des valeurs de la république et suscite une adhésion générale. Elle ne mérite pas cet honneur selon nous. En dépit de sa position éminente dans l’imaginaire contemporain, l’égalité nous apparaît en effet comme un leurre, une tromperie et finalement un vice.

 

L’égalité, l’une des principales « valeurs républicaines »

La révolution française veut remplacer la société traditionnelle et lui substituer la société moderne, assise sur les « valeurs républicaines ». L’égalité est, avec la liberté, la principale de ces valeurs, l’un des concepts centraux mis en avant par la révolution. La proclamation de l’égalité a plusieurs fondements.

Proclamer l’égalité pour rompre avec la société traditionnelle

Les révolutionnaires entendent faire table-rase et rompre en tout point avec la société traditionnelle. Or La société traditionnelle n’était pas égalitaire mais au contraire organisée selon le principe hiérarchique, lequel constituait même l’une de ses caractéristiques principales. Vouloir rompre avec la société traditionnelle impliquait dès lors de proclamer un principe inverse : l’égalité.

La société traditionnelle repose tout d’abord sur le principe de hiérarchie au sein de la cellule de base qu’est la famille, sur laquelle s’exerce l’autorité du père, chef de famille. L’Eglise, l’un des deux piliers de la société d’Ancien régime, est elle-même strictement hiérarchisée. De même encore l’ordre de la noblesse, selon les principes de la société féodale, est structuré de façon hiérarchique grâce à un système pyramidal de suzerainetés et de vassalités. Surtout la société est organisée en « ordres », les deux premiers occupant une place prééminente sur le troisième. Cette inégalité des statuts est de plus héréditaire puisque l’on naît dans l’ordre auquel appartenaient ses aïeux. Au sommet de la société l’autorité du Roi a un caractère sacré.

Le principe d’inégalité qui caractérisait la société d’ancien régime découlait de trois sources. L’inégalité, tout d’abord, était considérée comme conforme à la nature, tout groupe humain comportant naturellement des chefs et des exécutants. Les chefs bénéficient le plus souvent de privilèges, lesquels découlent de leur position prééminente et du fait qu’ils détiennent la force et le pouvoir de coercition. Nous reviendrons sur ce point dans la troisième partie du présent exposé.

Le principe hiérarchique correspondait, deuxièmement, à la logique mentale des hommes des sociétés traditionnelles. Il a ainsi été montré que l’organisation en trois groupes inégalitaires chargés respectivement de la fonction sacrée, de la fonction guerrière et de la fonction du travail et de la reproduction, constitue une caractéristique des sociétés indo-européennes.

Les conceptions chrétiennes de la société d’Ancien régime, troisièmement, impliquent elles aussi l’adhésion à un principe de hiérarchie. Dieu, créateur et infiniment bon, est supérieur en tout point à l’homme, sa créature, marquée par le péché. De même le Bien est supérieur au Mal et doit l’emporter avec l’aide de Dieu. La cité terrestre est à l’image de la cité céleste ; mais, inachevée et dégradée par rapport à son modèle, elle ne peut que lui rester inférieure. Ces conceptions induisent dans les mentalités l’adhésion au principe même de hiérarchie. De même dans la vie chrétienne concrète, l’homme d’Ancien régime obéit au curé de la paroisse, guide spirituel de la communauté.

Il faut relever que la société d’Ancien régime ne se résumait pas à une pyramide des privilèges : les privilèges dont bénéficiaient les ordres dominants s’accompagnaient en effet de devoirs qui leur incombaient en propre. L’ordre ecclésiastique, outre sa mission d’encadrement spirituel, avait à sa charge l’organisation et le financement des dispositifs d’éducation, de santé et de charité publique. La noblesse devait assurer la défense des communautés et du royaume. Elle avait également un devoir de protection militaire des plus faibles, pèlerins, femmes et enfants.

C’est avec ce système mental que la révolution voulait rompre : c’est là le premier motif de l’affirmation du principe d’égalité.

 

Egalité et liberté

La mise en avant du concept d’égalité a un deuxième fondement. La proclamation de l’égalité est en effet étroitement liée aux autres préceptes fondamentaux posés par la révolution et en particulier l’affirmation de la liberté individuelle.  La « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 établit ainsi d’emblée un lien étroit entre les deux notions : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Le contenu de ces concepts de liberté et d’égalité comporte cependant différentes ambiguïtés, qui rendent leur appréhension problématique. Nous y revenons plus loin.

 

Egalité et ressentiment

La proclamation de l’égalité découle d’un troisième facteur. Les révolutionnaires sont des bourgeois : ils veulent renverser la société d’ordres qui les plaçaient dans une position dominée. Alors qu’ils disposent de richesses acquises dans l’exercice du commerce et qu’ils ont accédé parfois au même niveau culturel que les aristocrates, ils restent sauf exception confinés en dehors des ordres dominants. Le ressentiment social qu’éprouvent les bourgeois est l’un des ressorts de la révolution, peut-être le plus puissant.

L’affirmation du principe d’égalité aura sur les mentalités un effet considérable : Tocqueville parlera de « la passion française pour l’égalité ».

 

 Valeur consensuelle, l’égalité est pourtant un concept flou

Les différentes conceptions de l’égalité

L’égalité est donc un principe fondamental d’organisation de nos sociétés depuis la révolution. Ceci posé, l’égalité est un principe ambivalent : il peut revêtir plusieurs significations et correspondre à des réalités très différentes. S’il suscite une adhésion presque unanime, le principe d’égalité est pourtant un concept flou.

L’égalité peut signifier tout d’abord « égalité des droits ». Chacun est égal devant la loi. Les personnes placées dans la même situation possèdent les mêmes droits : le droit de recevoir une allocation par exemple ou l’assujettissement au même impôt. C’est la conception à laquelle renvoie la déclaration des droits de 1789.

L’égalité peut correspondre à une conception radicalement différente : « l’égalité des conditions ». L’égalité des droits n’empêche pas que se créent au cours de l’existence des inégalités de conditions : le fait de posséder le même droit de vote ou d’être traité de la même manière à situation égale par les services fiscaux ou le service des allocations familiales n’empêche pas certains de s’enrichir tandis que d’autres connaissent des difficultés matérielles. La volonté d’aboutir à une égalité des conditions est la conception communiste : la propriété collective et la distribution égalitaire des revenus empêchent que puissent se créer des différences sociales ou de richesse.

Une troisième conception de l’égalité est apparue récemment, au cours du 20e siècle : « l’égalité des chances ». Elle repose sur l’idée que l’égalité des droits revêt un caractère formel : les inégalités sociales de départ, liées en particulier au milieu social de naissance, font que l’égalité des droits reste théorique : dans la pratique, chacun en fonction de son milieu social n’est pas en mesure d’exercer ses droits de la même manière. Différentes politiques doivent dès lors être mises en œuvre pour établir une égalité des chances, en lieu et place d’une simple égalité des droits. Cette politique d’égalisation des chances, théorisée notamment par John Rawls, est à la base des politiques sociales-démocrates.

La quatrième acception de l’égalité est ce que l’on peut appeler « l’égalité corrective » : c’est la politique de redistribution et de limitation des inégalités. Cette politique utilise différents moyens : impôt redistributif, allocations sociales liées aux revenus, mise en place de services publics accessibles à tous. A l’instar de la politique d’égalité des chances, les politiques de limitation ou de réduction des inégalités appartiennent également au registre d’action de la social-démocratie.

Les différentes conceptions de l’égalité sont donc très différentes dans leurs implications. Pour illustrer leurs différences de nature on peut prendre l’image, triviale mais éclairante, de la course à pied. L’égalité des droits impose qu’au départ de la compétition sociale, chacun soit placé sur la même ligne de départ et ne parte qu’au commandement du starter. L’égalité des chances, qui complète l’égalité des droits, implique que ceux qui n’avaient pas jusqu’alors l’habitude de la course bénéficient gratuitement d’un entraînement particulier et d’un coaching intensif avant l’épreuve. L’égalité corrective conduit à retirer une partie du prix reçu par le premier et à l’attribuer aux derniers de la course ainsi qu’à ceux qui ont abandonné en cours de route. Elle implique également que l’on distribue à tout le monde des rations reconstituantes, quel que soit le rang atteint. L’égalité des conditions, elle, interdit tout classement à l’arrivée et toute distribution de médailles et même impose que chacun arrive en même temps sur la ligne. Les trois premières conceptions autorisent la compétition sociale mais la réglementent et l’aménagent. La quatrième en récuse le principe même.

 

Ces différentes conceptions correspondent aux différents segments de l’arc politique

Ces différentes conceptions correspondent aux différentes positions politiques qui existent aujourd’hui. L’égalité des droits correspond à la conception politique libérale. L’égalité des chances et les politiques correctives sont les bases de la social-démocratie. L’égalité des conditions est la conception communiste.

Deux de ces conceptions sont présentes dès la révolution. La conception libérale domine la période révolutionnaire de 1789 à 1792 et l’emporte après Thermidor. La période « communiste » de la révolution prend place entre 1792 et 1794.

La « révolution libérale » ne vise nullement l’égalité des conditions. Les décisions qu’elle prend le montrent. Le suffrage est censitaire. Les biens nationaux sont vendus en lots tellement grands qu’ils ne peuvent être achetés que par des riches. On n’abolit pas l’esclavage. On vote la loi Le Chapelier, défavorable aux employés. On institue le droit de propriété, en lui donnant le même rang que les valeurs suprêmes que sont la liberté et le droit de résister à l’oppression. On abolit la société d’ordres mais on ne recherche pas l’égalité des conditions. La révolution a été faite par la classe sociale des bourgeois qui a atteint son objectif : prendre la place de la noblesse à la tête de la société.

Par la suite les bourgeois qui, depuis deux cents ans constituent la nouvelle classe dirigeante, vont confirmer que leur objectif n’est en rien l’égalité des conditions. Ils vont ainsi mettre en place, à la faveur de la révolution industrielle, le système capitaliste qui sera très dur pour la classe populaire : travail des enfants, misère des ouvriers, enrichissement considérable des capitalistes, rentiers et propriétaires des entreprises.  Ces deux dernières décennies, la bourgeoisie n’a pas hésité pour augmenter ses profits à transférer les emplois dans les pays à bas coût, retirant les emplois par millions à leurs propres compatriotes.

La révolution communiste cherche l’égalité des conditions et exerce un pouvoir absolu au nom du peuple. L’obsession égalitaire va dériver en une obsession de la pureté morale, qui conduit à éliminer massivement non seulement les opposants mais les dirigeants eux-mêmes, dont aucun n’est jugé suffisamment vertueux.

La révolution russe, sur le modèle français, mettra elle aussi la recherche de l’égalité des conditions au centre. Elle éliminera la propriété individuelle et les propriétaires eux-mêmes.

Les conceptions politiques mettant au centre la question sociale et prônant des mécanismes « d’égalité corrective », n’apparaissent que dans le courant du 20e siècle. Ces mécanismes correctifs ont existé déjà sous l’ancien régime (institutions de santé, d’éducation et de charité). Mais les mécanismes modernes datent du 20e siècle. L’impôt sur le revenu est institué en 1914. A la suite de la grande crise économique des années 30, les Etats-Unis, avec Roosevelt, conduisent la politique du New Deal. En France le Front populaire prend différentes mesures sociales importantes. En Angleterre le rapport Beveridge de 1942 prône des politiques sociales. En France c’est à la Libération que sont institués les principaux leviers des politiques « sociales-démocrates » de correction et de redistribution : la sécurité sociale, les services publics, les politiques de redistribution et l’augmentation forte du nombre des fonctionnaires et des prélèvements obligatoires. La social-démocratie (ou social-libéralisme) est en reflux depuis les années quatre-vingt à la faveur du processus de mondialisation de l’économie marché, qui marque un retour au premier plan des idées libérales.

A noter qu’un concept nouveau, venu des Etats-Unis, est apparu dans les années quatre-vingt en Europe : la discrimination positive. Il s’apparente à l’égalité des conditions mais ne joue qu’au profit des minorités : femmes, immigrés, handicapés. Il conduit en particulier, au nom de la diversité, à réserver des places à des représentants de ces minorités (dans le système politique, dans le système de formation, dans l’emploi).

 

Une société fondée sur le concept d’égalité est nécessairement viciée

Quelle que soit l’acception retenue, l’égalité ne mérite pas le statut de valeur suprême dont elle depuis deux cents ans revêtue : il s’agit en réalité d’un concept erroné.

 La valeur d’égalité apparaît comme un leurre

L’égalité est un leurre d’abord parce que, comme on vient de le voir, les trois conceptions en vigueur sous le régime de la république, égalité des droits, des chances et égalité corrective, ne visent pas l’égalité des conditions et ne s’opposent nullement à la compétition sociale. C’est pourtant à l’égalité des conditions que renvoie l’idée d’égalité dans la pensée commune et c’est dans cette acception qu’elle revêt un caractère sacré.

La valeur d’égalité est un leurre, deuxièmement, parce que deux des conceptions dont il s’agit apparaissent seulement théoriques et en pratique inefficaces.

L’égalité des droits reste, on l’a vu, théorique et formelle. Quelle est la portée réelle de l’égalité des droits lorsqu’une partie de la population, insuffisamment éduquée ou socialement peu favorisée, ignore l’existence de ces droits ou ne dispose pas des moyens de les exercer de façon effective ? L’exercice effectif et efficace des droits est réservé en pratique aux « initiés culturels ». L’éducation et la santé notamment sont des domaines où jouent fortement les inégalités culturelles.

Les mécanismes d’égalisation des chances visent à compléter et à rendre plus effectif le principe d’égalité des droits. Or ces mécanismes d’égalisation des chances sont en pratique peu efficaces. Les ressorts des inégalités, à commencer par le milieu social et la famille, sont en effet trop puissants pour que des mécanismes de correction puissent opérer efficacement. Pour aboutir à une égalité des chances réelle il faudrait en réalité aller jusqu’à couper les liens des enfants avec leurs familles et créer une éducation communautaire, ainsi que l’envisage le Platon de « La république ».

Seuls ont donc une véritable traduction pratique les mécanismes de limitation des inégalités (services publics, allocations, redistribution).

Quant à la recherche de l’égalité des conditions, les expériences communistes ont montré qu’elles débouchent nécessairement sur l’oppression, qu’elles provoquent des politiques criminelles et délirantes (élimination des koulaks, révolution culturelle, dictature des khmers rouges) et qu’elles s’accompagnent de la constitution d’une oligarchie qui se tient à l’écart de la pauvreté de masse.

L’égalité est un leurre, troisièmement, parce que la recherche d’une société assise sur l’égalité constitue une utopie illusoire, qui ne correspond pas à la réalité de la vie humaine. La condition humaine et la vie elle-même sont en effet fondamentalement inégalitaires.

 

La condition humaine est inégalitaire

Il faut voir tout d’abord que l’activité humaine n’est pas dirigée vers l’égalité mais vers la réalisation de soi-même

Chacun se trouve aux prises avec cette dialectique fondamentale : moi et les autres. L’oubli de soi-même est préconisé par des versions extrêmes du christianisme (en particulier pour les personnes qui font le choix de la vie monastique). Cependant la grande majorité des personnes sont conduites à effectuer au quotidien un arbitrage entre « moi » et « les autres », en donnant une priorité ultime au moi. Dans le domaine des activités économiques notamment, chaque individu recherche son intérêt (intérêt financier, intérêt porté à son travail).

De même la propriété privée constitue un objectif pour la plupart des personnes. Elle procure en effet de nombreux bienfaits aux individus. Elle est structurante pour la personne et procure le sens de la responsabilité. Elle permet de constituer un patrimoine transmis aux descendants. Elle est le cadre de la liberté : même le simple jardinier est ainsi, dans son lopin, maître en son royaume. C’est pourquoi les affirmations rousseauistes contre la propriété sont fausses et antinaturelles : la nature humaine est à l’inverse de ce que Rousseau décrit. Il est aisé par exemple de vérifier la profonde vérité de cette maxime célèbre : « Donnez à quelqu’un un désert il en fera un jardin. Louez lui un jardin il en fera un désert ». Or, les individus étant plus ou moins doués, plus ou moins portés à l’initiative, plus ou moins portés à l’accumulation, la propriété privée débouche nécessairement sur la constitution d’inégalités de condition. La propriété, et l’inégalité qui en résulte, sont deux réalités profondément humaines.

De façon générale, la recherche d’égalité est antinaturelle parce que la condition humaine est inégalitaire. Inégalités des dons personnels, inégalités génétiques, inégalités devant la maladie, inégalités devant la beauté.

Notons d’ailleurs que les idéologues de l’égalité se concentrent le plus souvent sur les inégalités économiques. Or d’autres inégalités sont sûrement de plus de conséquences, comme les inégalités devant la santé ou devant la beauté. Houellebecq évoque ainsi l’extrême solitude de la personne laide, nullement atténuée par son aisance matérielle. L’idéologie républicaine se focalise sur les inégalités matérielles parce qu’il est possible de les corriger dans une certaine mesure alors qu’on est impuissant face aux autres formes d’inégalité : cette focalisation arbitraire sur les inégalités matérielles est le reflet du matérialisme de l’idéologie dominante.

Plus fondamentalement, l’encadrement mental et moral de la vie humaine est hiérarchisé. Il y a ce qui est bon et ce qui est mauvais et l’un bien sûr est supérieur à l’autre. Le mieux est supérieur au moins  bien. Le vrai est supérieur au faux. Surtout domine la condition humaine cette hiérarchie fondamentale : le bien est supérieur au mal.

On relèvera d’ailleurs que les tenants de l’égalité, et ce n’est pas là l’effet du hasard, sont souvent relativistes et considèrent tous les principes et tous les comportements comment étant équivalents.

 

La société elle-même doit être hiérarchique

Une société qui se fixe un objectif d’égalité est donc anti naturelle. Il est naturel que la société soit hiérarchique et qu’elle se traduise par différents types d’inégalités (inégalités de pouvoir et d’influence, inégalités socio-économiques)

La hiérarchie sociale est une nécessité évidente, tout d’abord, pour la conduite de la société. Imaginerait-on un navire sans capitaine, une entreprise sans chef, une armée sans général ? La récusation de l’élite débouche sur l’anarchie.

De même la société doit accepter la prééminence d’une élite intellectuelle. Elle a besoin de maîtres à penser, dont le rôle est de baliser la route, de marquer les repères, de rechercher les caps.

La hiérarchie est également une protection pour ceux qui ne sont pas capables de diriger. Maurras prend l’exemple du petit enfant, qui pour qu’il puisse être « élevé », se situe par rapport à ses parents dans un rapport inégalitaire et dépourvu de liberté. Cette situation de complète inégalité est nécessaire à l’enfant dont les besoins éducatifs essentiels se réduisent à deux : l’amour et la loi. C’est pourquoi les nouveaux parents sans autorité appliquant l’interdiction d’interdire soixante-huitarde ont créé des enfants rois, non structurés et angoissés. Pour la même raison, en ayant aboli le principe d’autorité de l’enseignant et sa position hiérarchique, l’école est souvent devenu un univers anomique et non structurant.

De façon plus générale, la nature humaine est telle qu’il existe nécessairement des dominants et des dominés. Ce rapport de domination est dans la nature des choses. Le rôle de chacun est nécessaire. Certains doivent commander, d’autres relayer les ordres et organiser, d’autres enfin les exécuter. Ces différents rôles correspondent aux caractéristiques de chaque type d’individu, à leurs aptitudes et à leurs caractères.

La position éminente des uns, la position subordonnée des autres ne signifient pas, au demeurant, que les dominants jouissent d’une supériorité globale et dans tous les domaines, et que les dominés soient systématiquement abaissés. Les doux, les justes, les bons, les modestes et les intègres ne parviendront jamais, par la nature des choses, aux fonctions de commandement, qui supposent une dureté personnelle, une absence de scrupule, une hypertrophie du moi. Mais leur rôle est essentiel car c’est sur eux que repose le bon fonctionnement de la plupart des systèmes. Le plus souvent les dominants seront des prédateurs craints mais peu aimés, contraints à la solitude. A l’inverse les doux et les intègres seront appréciés et entourés.

Notons que les militants de l’égalité prouvent d’ailleurs par leur comportement propre que la société égalitaire est un leurre. Le fonctionnement d’une assemblée quelconque permet d’observer les dominants chercher à prendre le pouvoir sur l’assemblée à laquelle ils s’adressent. On songe par exemple aux leaders des « assemblées révolutionnaires », aux trotskystes, aux anarchistes, à tous les gens de gauche, dont les leaders ne sont pas moins hiérarchiques, dominants et prédateurs que les puissants des capitalistes. Militant de l’égalité, J.C. Michéa fait lui aussi cette observation : pour échapper à ces situations de domination, il préconise la réaction du groupe et le travail sur soi. Cette réponse nous paraît pour ce qui nous concerne peu convaincante.

Résumons. Une société verticale se tient debout. Une société horizontale, sans chefs ni élites véritables est molle, avachie, sans consistance, sans cap et sans avenir. Une telle société débouche sur l’anarchie. Citons Bossuet : « Où il n’y a pas de chef, tout le monde est chef. Où tout le monde est chef tout le monde est esclave ».

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Pour les différentes raisons que nous avons exposées, l’objectif d’égalité ne mérite pas l’aura dont il bénéficie, pas davantage que son statut de valeur suprême.

Une société bonne ne peut rechercher l’égalité. En revanche elle doit faire en sorte de limiter les inégalités et s’assurer que les dominants ne puissent écraser les autres. La société bonne, en d’autres termes, ne doit pas être égale mais fraternelle. C’est dire que la fraternité nous apparaît comme un concept très supérieur à celui d’égalité : nous y reviendrons.

 

Ecole : La mixité ethnique… mais pour les autres

Chronique de Paysan Savoyard

(n°168 – janvier 2017)

 

L’un des objectifs poursuivis par la classe dirigeante est de promouvoir « la mixité sociale », aussi bien dans l’habitat que dans les écoles.

Il figure dès la première page du site du ministère de l’éducation nationale, où la ministre met en cause « la ségrégation sociale » et « les processus de ségrégation et d’exclusion » qui aboutissent à ce que « 10 % des collèges accueillent moins de 15 % d’élèves d’origine sociale défavorisée, tandis que. 10 % en accueillent plus de 63 % ».

La ministre annonce les intentions du gouvernement : « Il est urgent que la mixité sociale ne soit plus un souhait ou une injonction pour devenir une réalité. (…) Nous mettrons ainsi un terme à cette situation scandaleuse qui conduit des générations d’élèves à grandir dans le même pays sans jamais se rencontrer véritablement ».

La politique de mixité sociale, on le voit, se drape dans les grands principes : égalité, refus de l’exclusion, lutte contre la ségrégation… Cette politique se veut morale : elle est en réalité hypocrite et d’essence totalitaire.

 

  • « Social » ? Comprendre « ethnique »

La classe dirigeante et ses porte-voix mettent en avant un objectif de « mixité sociale ». Ils se signalent ainsi par leur hypocrisie puisque ce n’est évidemment pas de mixité sociale dont il s’agit. Ce que les Français refusent pour la plupart, et que l’oligarchie veut leur imposer, ce n’est pas la cohabitation des cadres et des dentistes avec des employés de bureau, des ouvriers ou des plombiers zingueurs : ce dont il s’agit c’est de mixité ethnique. Les Français dans leur immense majorité font en sorte de ne pas avoir à côtoyer, aussi bien dans leur immeuble qu’à l’école, des personnes originaires de l’immigration : c’est ce à quoi la classe dirigeante veut porter remède.

Nous sommes là en présence de l’une des composantes de la novlangue utilisée par le Régime pour dissimuler la réalité. Dans le lexique politiquement correct imposé par l’oligarchie, la cohabitation avec les immigrés devient « mixité sociale ». Les racailles et les bandits de banlieues se transforment en « jeunes des quartiers ». Les zones où ne résident plus que des immigrés parce que les Blancs les ont fuies se dénomment « banlieues défavorisées ». La cohabitation forcée entre Français de souche et immigrés est appelée « vivre ensemble ».

 

  • Imposer le vivre ensemble alors que personne n’en veut

Les élites se réclament à tout instant de la démocratie, l’une des principales valeurs de leur république. Ils n’ont de cesse de fustiger l’extrême droite et les populistes accusés d’être en réalité hostiles à la démocratie.

Dans les faits ces démocrates mettent en œuvre des politiques qui vont à l’encontre des souhaits majoritaires. Ils ont ainsi organisé une immigration massive sans avoir demandé l’avis des populations et en sachant même que la majorité des Français y sont hostiles comme le montrent toutes les études d’opinion depuis des décennies.

Ils veulent maintenant imposer la « mixité » c’est-à-dire la cohabitation forcée avec les immigrés, notamment dans le cadre scolaire. Là encore la majorité des Français ne veulent pas de ce vivre ensemble. Pour éviter la cohabitation scolaire, ils ont recours de façon croissante aux établissements privés. Les chiffres qui viennent d’être publiés par le ministère de l’éducation nationale montrent qu’en dix ans, le nombre d’élèves entrant en 6e dans les collèges privés a augmenté de plus de deux points, atteignant 22 % du total.

Encore faut-il signaler que la fuite vers l’enseignement privé serait plus importante encore si les crédits affectés par l’Etat aux établissements privés sous contrat n’étaient pas toisés par la loi (celle-ci prévoit en effet que les effectifs du privé sous contrat ne doivent pas excéder un quart du total des élèves).

Le Monde, l’un des principaux porte-paroles de la classe dirigeante, déplore dans son édito du 06/01/17 que l’école soit impuissante à enrayer « les stratégies familiales et sociales » qui visent à scolariser les élèves dans des classes « beaucoup plus homogènes » dans « une logique sociale d’entre-soi ».

Poursuivant leur logique totalitaire (voir notamment cet article), les soi-disant démocrates qui nous gouvernent recherchent à tout moment les moyens d’imposer ce vivre ensemble dont personne ne veut.

 

  • La mixité, mais seulement pour les autres

Ces politiques de mixité « sociale » atteignent des sommets d’hypocrisie et de duplicité : les membres de la classe dirigeante s’arrangent en effet pour échapper eux-mêmes à la mixité qu’ils veulent imposer aux autres. Habitant les quartiers privilégiés et plaçant leurs enfants dans les établissements protégés, ils sont experts dans les stratégies d’évitement décrites par C. Guilluy.

Si l’on en croit les auteurs d’une enquête publiée en 2015, de nombreux membres de la classe dirigeante scolarisent ainsi leurs enfants à l’Ecole alsacienne, école privée parisienne socialement et scolairement hyper sélective et protégée de toute immigration. On trouve dans la liste les noms de chauds partisans du vivre ensemble et de la mixité sociale, notamment ceux de Martine Aubry, Alain Juppé, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (que cela n’a pas empêché de devenir ministre de l’éducation nationale).

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Comme on le voit le culot des oligarques ne connaît décidément pas de limite. Non content d’être des traîtres, les membres de la classe dirigeante immigrationniste sont également d’incroyables tartuffes et des pharisiens de la pire espèce.

Haro sur les cheminées, les vaches et les automobilistes : petite leçon de propagande

Chronique de Paysan Savoyard

(n°167 – janvier 2017)

 

Trois bonnes résolutions pour ce début d’année : Ne plus brûler de bois dans la cheminée. Ne plus manger de viande. Laisser sa voiture au garage. Tels sont les commandements qui s’imposent à qui veut se comporter de façon éco-responsable, adopter un comportement citoyen et s’engager pour le développement durable.

Les cheminées à feu ouvert polluent, en effet, et leur efficacité énergétique est faible. Les élevages de bovins produisent du méthane, qui contribue à l’effet de serre. Les voitures fabriquent du CO2, autre gaz de même conséquence.

Ces recommandations écologistes partent donc d’une bonne intention. Elles n’en sont pas moins contestables et suspectes.

 

  • Les saints commandements écologistes mettent abusivement tout le monde dans le même sac

Les commandements environnementaux bien-pensants sont contestables parce qu’ils amalgament dans une condamnation indistincte des situations et des comportements sans rapport entre eux

La pollution atmosphérique est causée par le chauffage urbain, l’activité industrielle et les transports. Dans ce total les cheminées à feu ouvert ne représentent qu’une partie infime et négligeable de la production de CO2.

De même l’élevage de bovins contribue certes à la pollution atmosphérique. Mais les sources majeures de pollution sont les élevages intensifs de centaines de têtes, en Amérique du Sud et du Nord, en Hollande, en Allemagne… Il est absurde de mettre en cause dans le même mouvement les exploitations « hors-sol » de l’agro-industrie et les éleveurs de l’agriculture traditionnelle, ou ce qu’il en reste.

Quant aux voitures,  elles sont dans tous les cas une source de pollution, c’est entendu. Mais là encore mettre tous les automobilistes dans le même sac est intellectuellement malhonnête. Ce qui est contestable c’est l’utilisation de la voiture dans les grandes villes, où il est possible de mettre en place des transports en commun. En région parisienne, la pollution automobile est une conséquence de la croissance continue de l’agglomération, qui résulte elle-même de la concentration des emplois à Paris et dans quelques métropoles et de l’attribution de permis de construire de plus en plus loin du centre : ce sont ces politiques qui sont contestables. En revanche l’utilisation de la voiture en milieu diffus (hors grande agglomération) est indispensable et positive.

 

  • Les condamnations écologistes tout azimut visent à dissimuler les enjeux véritables

Les commandements écologistes désignent des cibles injustifiées dans le but de dissimuler les vrais enjeux.

En matière agricole, la propagande écologiste dénonce «  la viande » indistinctement. Elle évite ainsi que soit mis en cause de façon précise le principe de l’agriculture intensive, dédiée à la production de masse et à l’exportation. Ce modèle d’agriculture, qui a été mis en place en Europe dans les années soixante à l’imitation des Etats-Unis, a ruiné l’agriculture traditionnelle. Il a provoqué des pollutions de diverses natures, la désertification des parties non rentables du territoire et la destruction de nombreux emplois agricoles. Il est en outre à l’origine d’une production alimentaire probablement nocive pour la santé humaine.

De même la grande distribution, étroitement associée au système d’agriculture intensive, dégrade l’environnement notamment urbain. De même enfin la mondialisation des échanges agricoles élimine partout dans le monde la paysannerie traditionnelle, alimente l’exode rural, détruit l’indépendance alimentaire et déstructure les sociétés. Ce sont ces mécanismes et ces politiques qui méritent d’être débattus et mis en cause et non « la consommation de viande » de façon indistincte.

En matière de transport, culpabiliser tous les automobilistes de façon globale évite de faire porter le débat sur le phénomène de croissance des grandes agglomérations, qui augmente la durée des trajets domicile-travail et implique une augmentation de la circulation automobile.

Plutôt que l’automobile en soi, il faudra mettre en cause là encore la mondialisation et les délocalisations, qui entraînent une explosion des transports : il faut en effet acheminer vers l’Europe les produits qui y sont consommés et qui sont désormais dans presque toujours fabriqués en Asie.

Outre la croissance des transports qu’elle suppose, la mondialisation alimente également la pollution en ce qu’elle conduit à localiser la production industrielle dans les pays qui ne respectent aucune règle environnementale.

Il faudrait mettre en question, de même, les méthodes de production « à flux tendus » adoptées par les entreprises, qui leur permettent de faire l’économie des stocks. Ces méthodes de « zéro stock » impliquent de mettre en oeuvre des norias de camions : les stocks ne sont plus dans les hangars mais sur les routes.

Il faudrait mettre en débat la politique du tout TGV poursuivie par l’Etat et la SNCF depuis trois décennies, qui a contribué à ce que 80 % du fret soit désormais transporté par la route (il y a trente ans 80 % du fret était transporté par chemin de fer).

De même encore en matière de transport, on culpabilise l’automobiliste tandis qu’on fait tout pour développer le transport aérien, lui-même fortement polluant.

Surtout les objurgations écologistes évitent soigneusement de désigner la cause principale de la pollution et de la dégradation de l’environnement : l’augmentation folle de la population mondiale. Aussi bien en France qu’à l’échelle de la planète, l’augmentation continue de la population est le facteur principal de toutes les dégradations apportées à l’environnement puisqu’elle induit une hausse continue de la production industrielle, de la production alimentaire, du transport et du chauffage urbain.

La population mondiale augmente pour l’essentiel en Asie et en Afrique : elle entraîne une immigration importante qui se dirige pour l’essentiel vers l’Europe. Rappelons qu’en France, la population française qui était de 50 millions en 1968 (France métropolitaine) atteint désormais 63 millions et continue à augmenter. Cette forte augmentation est due exclusivement à l’immigration. Compte tenu de la natalité de la population de souche, la population en France et en Europe aurait sans immigration cessé d’augmenter depuis déjà plusieurs décennies.

 

  • Culpabiliser les Français moyens pour éviter la mise en cause de la classe dirigeante

La mise en cause des soirées au coin du feu, des barbecues de l’été et de la voiture pour aller chercher le pain ont pour objectif de rendre chacun coupable. Le but est de culpabiliser les Français moyens, pour les inhiber, les fragiliser et les empêcher de mettre en cause les responsables des politiques d’ensemble. Chacun doit se sentir coupable de quelque chose. Et à celui qui voudra mettre en cause les responsabilités de la classe dirigeante, les journalistes, les intellectuels et les militants répondront : « Et toi tu fais quoi ? ». Les chiens de garde du Système ajouteront : « Avant de mettre en cause les autres il faut d’abord examiner son propre comportement. Ne pas voir la paille chez les autres et oublier la poutre chez soi ». Et les Français moyens, honteux, désemparés, désarçonnés par ces sophismes, ne sauront plus quoi dire…

Le Système utilise le même mécanisme de culpabilisation (voir cette chronique) avec le domaine de la sécurité routière. Pour différentes raisons la classe dirigeante choisit délibérément le laxisme en matière de délinquance. La propagande routière vise à culpabiliser l’automobiliste moyen et à lui faire croire qu’il est lui aussi un délinquant  : l’assimilation des automobilistes au monde de la délinquance inhibe les Français moyens et leur interdit toute révolte contre la politique de laxisme envers les voyous et les bandits.

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Ajoutons ce dernier élément. Les commandements écologistes sont aussi le reflet des parti-pris sociologiques et idéologiques de leurs inspirateurs. Les écolos sont des urbains et des libertaires. Ils se méfient du monde rural, trop souvent réactionnaire. Ils détestent aussi, et jalousent, les bourgeois traditionnels, fiers de la cheminée de leur résidence normande ou de leur domicile versaillais.

Les écolos bobos urbains habitent le centre de Paris et peuvent donc se dispenser de voiture. Ils prennent en revanche fréquemment le TGV pour leur WE à Toulouse ou Amsterdam, l’avion pour leurs escapades à Berlin ou Barcelone.

Le voyageur du transport aérien est d’ailleurs porté aux nues par l’ensemble de la classe dominante, paré qu’il est de toutes les vertus. Acteur de la mondialisation, il discute parts de marché à Francfort, plan marketing à Dubaï, avant de filer à Londres pour le WE en famille. Cultivé, moderne, curieux de tout, friand de rencontres avec l’Autre, il efface les frontières d’un coup d’aile : l’usager du transport aérien est un citoyen du monde.

Il méprise in petto ce français cadre moyen, qui après le métro et le trajet en train, au volant de sa voiture dans les encombrements, rejoint en sa banlieue chaque soir son lotissement.

 

Bonne année aux lecteurs du blog. Merci de votre fidélité. Paysan Savoyard

Mixité sociale : Obliger tout le monde à « vivre ensemble » avec les immigrés

Chronique de Paysan Savoyard

(n°141 – mai 2016)

 

Depuis une vingtaine d’années les gouvernements s’attachent à mener une politique de répartition sur le territoire des populations en difficulté : c’est la politique dite de mixité sociale. Les populations en question étant le plus souvent originaires de l’immigration, la mixité qu’il s’agit de rechercher est en réalité une mixité  ethnique. L’actuel gouvernement est en train de prendre ces derniers mois différentes mesures nouvelles dans ce registre.

Il est ainsi en train de créer des centres d’accueil de demandeurs d’asile un peu partout en France, y compris dans les zones les plus improbables : les petites villes désertifiées, la campagne profonde. En accord avec la maire socialiste de Paris, il vient de décider d’installer dans le 16e arrondissement en bordure du bois de Boulogne, l’endroit le plus résidentiel de la capitale, un centre d’accueil d’urgence destiné aux demandeurs d’asile.

Plus structurellement les gouvernements multiplient les lois dans le domaine du logement pour imposer de façon irréversible la mixité sociale. La loi SRU votée en 2000 a institué un quota de logements sociaux en milieu urbain. Durcie en 2013, elle impose désormais que dans chaque commune 25 % des résidences principales soient des logements sociaux. Les communes concernées sont toutes celles qui comptent plus de 1.500 habitants en Ile-de-France et, dans les autres régions, toutes les communes de plus de 3.500 habitants qui appartiennent à une agglomération de plus de 50.000 habitants. Les communes qui n’atteignent pas le quota doivent s’engager dans un plan de rattrapage de façon à l’avoir atteint en 2025 : si ce plan de rattrapage n’est pas respecté, les communes en défaut se voient infliger des pénalités financières. De plus dans ces communes récalcitrantes, le droit de préemption dont bénéficient les communes pour réaliser des logements sociaux est transféré à l’Etat.

Le projet de loi dit « égalité et citoyenneté » qui a été présenté en conseil des ministres le 13 avril 2016 prévoit de renforcer la loi SRU. Dans les zones non défavorisées, 25 % des logements sociaux qui y sont attribués devront être affectés aux demandeurs de logement les plus modestes afin de favoriser la mixité sociale. En outre les organismes de logement social seront incités à répartir les familles les plus modestes dans tous les immeubles HLM (alors que jusqu’à présent les immeubles HLM, définis d’emblée soit comme « très sociaux » soit comme « intermédiaires », accueillent une population homogène).

Cette politique de répartition des populations en difficulté est triplement contestable.

 

  • Une politique malveillante

Une politique consistant à répartir les populations en difficulté de façon à éviter les concentrations trop importantes dans certains endroits pourrait dans l’absolu être considérée comme défendable. Mais il se trouve que, dans la plupart des cas, les « populations en difficulté » sont des populations d’origine immigrée,  Et que, pendant qu’elle mène cette politique de répartition, la classe dirigeante fait en sorte simultanément de laisser entrer une immigration massive (200.000 installations légales par an, sans compter les entrées illégales et les naissances), ce qui ne peut conduire qu’à alimenter sans cesse les endroits où se concentrent les immigrés nouvellement arrivés et, partant, les besoins de « répartition ».

Cette volonté de répartition et de mixité sociale ne constitue donc pas une fuite en avant irresponsable. Elle est plutôt selon nous le révélateur de la volonté malveillante de la classe dirigeante de porter atteinte aux intérêts des Français de souche européenne.

 

  • Une politique arbitraire et injuste

Cette politique est injuste et arbitraire parce que les HLM implantés autoritairement par les pouvoirs publics sont susceptibles d’entraîner une dégradation de la valeur des biens immobiliers situés à proximité. C’est ainsi que les familles qui ont payé très cher le droit d’habiter un quartier tranquille (au prix de 20 ou 25 ans d’endettement) peuvent voir non seulement leur quartier connaître un changement profond et non désiré mais enregistrer également une dégradation brusque de la valeur de leur bien.

A Paris, où les difficultés de logement sont les plus aiguës, l’arbitraire et l’injustice de la politique de mixité sociale sont particulièrement flagrants. Tandis que les gens qui ont accès à un logement social à Paris et à toutes les facilités afférentes ne travaillent pas toujours, les classes moyennes actives sont, elles, évincées. Les familles des classes moyennes avec enfants doivent même s’éloigner considérablement du centre de l’agglomération parisienne si elles veulent se rendre propriétaires de leur logement. L’arbitraire est d’autant plus évident que les bénéficiaires des logements sociaux sont fréquemment d’origine immigrée tandis que les classes moyennes contraintes à la grande banlieue sont le plus souvent des Français de souche européenne. Signalons, ce qui rend l’injustice plus criante encore, que les logements sociaux ne sont pas tous situés en lisière du périphérique : une partie d’entre eux sont implantés en plein centre de la capitale, parfois même dans des immeubles hauts de gamme acquis par la Ville de Paris aux frais du contribuable.

 

  • Une politique totalitaire

Cette politique de « mixité sociale » (ethnique en réalité) a toutes les caractéristiques d’une politique totalitaire.

Elle est totalitaire tout d’abord parce qu’elle est conduite sans l’assentiment du peuple. Si un référendum était organisé, elle ferait probablement l’objet d’un rejet massif.

La politique de mixité est totalitaire également parce que personne ne peut échapper : comme on l’a vu, ces politiques sont conçues pour imposer la mixité dans toutes les portions du territoire.

Ainsi que l’illustre le projet de centre d’asile dans le 16e arrondissement évoqué plus haut, la politique de mixité forcée reflète la haine sociale des gens de gauche contre la bourgeoisie de droite rétive. Il s’agit de la contraindre et de lui faire rendre gorge. On voit à ce type de projet que depuis deux cents ans l’état d’esprit de la gauche n’a pas changé : piques et guillotine ne sont jamais très loin. Ce n’est pas un hasard si les ministres du logement sont souvent choisis parmi les militants de gauche les plus haineux, comme c’est le cas de Mmes  Duflos et Cosse. Quant à la bourgeoisie de droite victime de la politique de répartition forcée, elle n’a qu’à s’en prendre à elle-même puisqu’elle vote massivement pour des partis soi-disant de droite qui en réalité mènent les mêmes politiques immigrationnistes et de mixité « sociale » que la gauche.

Cette politique enfin ressortit au registre de l’ingénierie sociale. La classe dirigeante veut imposer partout de la mixité sociale, raciale et culturelle. Cette politique s’applique au premier chef au domaine du logement. Mais elle concerne aussi l’école, où différents dispositifs visent là encore la mixité « sociale ».

Cette politique de mixité accompagnée d’une politique d’immigration massive vise à construire une société multiraciale et multiculturelle. Il s’agit de contraire le peuple à changer, pour construire un « homme nouveau » : un citoyen du monde, partageant des valeurs universelles, métissé et indifférent aux races. Cette volonté de créer un homme nouveau est le signe le plus net de la volonté totalitaire.

Les déclarations du premier ministre, M. Valls, illustrent cette volonté de procéder de façon autoritaire pour imposer la mixité. Après avoir dénoncé (le 20 janvier 2015 ) l’existence en France d’une situation « d’apartheid territorial, social, ethnique », M. Valls a souhaité la mise en œuvre une « politique du peuplement, pas seulement politique du logement ou de l’habitat (…) politique du peuplement pour lutter contre la ghettoïsation, la ségrégation ».

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Signalons l’existence d’un autre chantier gouvernemental en train d’être mise en œuvre : l’extension et le renforcement de la politique d’intercommunalité en milieu rural et périurbain. Des petites communes et communautés de communes sont en train d’être agrégées à des ensembles plus vastes et rattachées à une ou plusieurs villes moyennes. Cette politique menée discrètement et de façon progressive est motivée officiellement par une volonté de rationalisation et de réalisation d’économies d’échelle. Il n’est pas exclu qu’elle ait aussi (surtout ?) pour objectif d’étendre le champ de la loi SRU et d’imposer « en douce » la mixité « sociale » aux communes rurales, qui en sont jusqu’ici préservées.

La gauche sait qu’elle a d’ores et déjà probablement perdu les élections nationales qui auront lieu l’an prochain. Mais elle sait aussi qu’elle dispose encore d’un an pour prendre différentes mesures visant à modifier en profondeur la société. Elle est d’autant plus encline à pousser les feux qu’à l’évidence la pseudo-droite, une fois revenue aux affaires, ne remettra pas en cause les mesures sociétales.

Les mœurs et les cadres sociaux de base constituent un champ d’action privilégié pour les « ingénieurs sociaux » libertaires et mondialistes (le mariage homo, la facilitation du divorce…). Il en est de même du logement.

Fdesouche… entre la poire et le fromage

 

Chronique de Paysan Savoyard

(n°133 – février 2016)

 

Urbain Dumonde et Pierre Desavoye dînent ensemble chaque mois. Ils ne sont généralement d’accord sur rien et ne se convainquent jamais l’un l’autre. Au contraire leurs conversations les renforcent dans leurs convictions opposées: c’est pourquoi d’ailleurs ils les apprécient. La dispute porte ce soir-là sur le site Fdesouche, dont Pierre est un lecteur régulier. Urbain se refuse à fréquenter ce site nauséabond.

Urbain – Ce site n’est pas crédible. Je sais : tu vas me dire qu’il ne reprend que des articles déjà parus ailleurs et que du coup les articles de Fdesouche ont la même crédibilité que ceux des médias dans lesquels ils ont été publiés initialement. Mais vous êtes malhonnête quand même parce que vous sélectionnez uniquement les articles qui vous arrangent. Cette sélection provoque un prisme déformant. Je prends l’exemple des faits divers impliquant les immigrés. Même si vous en truffez votre site, ils ne représentent tout de même que peu de choses. L’immense majorité des immigrés ne sont pas délinquants.

Pierre – Il n’y a pas que les articles de Fdesouche qui conduisent à penser que la plupart des actes délinquants sont commis par des immigrés, il suffit de regarder les prisons.

Urbain – La sur-délinquance immigrée, en admettant qu’elle existe, ne prouve pas que l’immigration soit en soi en problème, contrairement à ce que vous dites. Si les immigrés sont délinquants c’est évidemment parce qu’ils appartiennent à des milieux en difficulté et qu’en plus ils sont victimes du racisme.

Pierre – Je me doutais de ta réponse et je connais ton amour pour le social et ton goût pour l’auto flagellation. Mais je suis d’accord avec toi : les quelques centaines de faits divers que Fdesouche publie ne prouvent pas par eux-mêmes que l’immigration soit une catastrophe. Mais je te signale qu’il y d’autres informations données par le site qui échappent à ta critique de la sélectivité orientée et malhonnête.

Urbain – Ah oui ? Par exemple ?

Pierre – Eh bien par exemple Fdesouche publie régulièrement des déclarations du patronat français ou européen en faveur de l’immigration. Le site les met en exergue bien sûr, de façon à ce que les lecteurs du site prennent bien conscience que tout le monde est d’accord pour l’immigration, partis de gauche et partis de droite, patrons et syndicalistes, gauchistes et capitalistes. Le site sélectionne cette information et la met en exergue. Mais cela ne biaise pas l’information pour autant. Cela ne diminue pas pour autant sa crédibilité. Ces déclarations du patronat sont des faits, bruts, significatifs, incontestables.

Urbain – Admettons. Mais la partialité du site est tout de même évidente. Vous ne sélectionnez que ce qui parle des trains qui arrivent en retard. Or il y a des choses qui marchent !

Pierre – Tu reprends en gros le même argument que pour la délinquance. Mais là ça ne fonctionne plus. Fdesouche veut montrer que les sociétés multiculturelles et multiraciales sont nécessairement violentes et que ça se termine toujours dans le sang. Où sont les articles dans les autres médias qui illustrent et démontrent le contraire ? Où sont les articles qui montrent qu’il y a, au contraire de ce que raconte Fdesouche, des sociétés multiculturelles heureuses et apaisées ? Où sont les trains qui arrivent à l’heure ? Même l’Obs et le Monde ne parviennent pas à trouver des trains qui arrivent à l’heure dans les sociétés multiculturelles…

Urbain – Je vais te donner un exemple de prisme déformant. Fdesouche multiplie les articles qui montrent des immigrés radicalisés, délinquants ou hostiles à l’Occident et aux Blancs. Or il y a beaucoup d’immigrés qui sont intégrés, qui travaillent, qui sont pacifiques et qui pratiquent un islam modéré et tranquille. Et vous n’en parlez pas.

Pierre – D’accord, les articles que le site publie sur les immigrés radicalisés, haineux et hostiles à l’Occident ne prouvent pas que tous les immigrés sont sur ce modèle. Les articles de l’Obs, du Monde, de Libé ou les reportages télé visent à faire passer l’idée que les immigrés pour la plupart ne posent pas de problème. On nous montre et on interroge des immigrés qui travaillent, qui ont de bons résultats scolaires et qui ont l’air sympathiques. Mais ces articles et ces reportages ne nous montrent jamais des immigrés devenus de vrais Français.

Urbain – Tu veux dire qu’ils n’ont pas de béret ni de baguette sous le bras ?

Pierre – Très drôle. Ce que je veux dire c’est que les « bons immigrés » mis en avant par la presse du régime travaillent, ont de bons résultats scolaires, ne sont pas intégristes, pas délinquants et pas haineux. D’accord. Mais ces « bons immigrés » ont aussi toujours ces trois caractéristiques : ils ont quelque chose à revendiquer, leurs droits, et des choses à dénoncer, le racisme, la discrimination. Ils sont toujours pour l’immigration et contre la fermeture des frontières. Ils sont toujours musulmans même s’ils sont modérés. Autrement dit, ils sont et restent avant tout des immigrés, qui se situent eux-mêmes en dehors de la communauté nationale. Des immigrés devenus Français comme toi et moi, Le Monde ou Libé, malgré tous leurs efforts, n’en trouvent pas. Et pour cause il n’y en a pas. Ou s’il s’en trouve quelques-uns, ce sont seulement des exceptions.

Urbain – De toute façon le site Fdesouche est biaisé par nature parce que vous ne parlez que de deux ou trois sujets : l’immigration, la délinquance, la corruption des politiques. La vie ne se résume pas à ça ! Et l’économie ? Et l’environnement ? Et la qualité de l’alimentation ? Et tout ce qui va bien, les sports, les arts ? Vous n’en parlez pas, ou seulement pour parler du lien éventuel avec l’immigration.

Pierre – D’abord le site parle d’économie. Il y a eu des milliers d’articles parus sur les questions économiques et écologiques. Et là encore ces articles montrent que la classe dirigeante est unanimement en faveur du mondialisme économique, comme elle l’est en faveur de l’immigration.

Urbain – Sois honnête. Tous ces thèmes tiennent une place mineure sur le site. Vous ne parlez pas des difficultés de la sécurité sociale, ou de l’école, ou du droit du travail, ou des inégalités de revenus, ou des impôts. C’est pourtant important non ?

Pierre – Oui c’est important bien sûr. Mais si Fdesouche n’en parle pas, ou peu, c’est que c’est beaucoup moins important que l’immigration et ses conséquences. Tous les sujets dont tu parles sont sérieux bien sûr, mais ils ne sont pas vitaux. On peut se remettre de difficultés économiques graves ou de catastrophes environnementales. On peut se remettre de la guerre, d’un raz de marée, de la famine, d’une pandémie meurtrière et même d’une explosion nucléaire. Parce qu’il y a forcément des survivants et que ceux qui ne sont pas morts reconstruisent. On ne peut pas se relever de l’invasion migratoire parce que le peuple et sa civilisation ont alors disparu. Par exemple les Égyptiens de l’Égypte antique ont connu des guerres, des famines, des massacres, des invasions de criquets. Ils ont survécu à tout cela et ont duré mille ans. Une fois qu’ils ont été envahis, ils ont disparu. Il ne reste plus que des tombeaux.

Urbain – C’est reparti sur le catastrophisme. Là encore ça ruine la crédibilité du site : vous parlez de deux ou trois thèmes seulement et en réalité toujours plus ou moins d’un seul : l’immigration. Vous êtes obsédés. C’est de la pathologie mentale. Du coup vous ne pouvez que faire fuir.

Pierre – Oui c’est vrai l’immigration est mise en exergue et est en filigrane derrière tous les articles de Fdesouche ou presque. Mais ce n’est pas pour autant un parti pris pathologique. Si l’on admet, comme nous le pensons, que l’immigration est un problème vital, et même le seul à l’être, alors il est rationnel et légitime de le traiter de façon privilégiée ou même obsessionnelle, comme nous le faisons. Lorsque quelqu’un est atteint d’un cancer, il est logique qu’il en fasse sa priorité, qu’il ne pense pas à grand-chose d’autre, qu’il mette toute son énergie dans le traitement et qu’il laisse un peu de côté ses problèmes de lumbago.

Urbain – Toujours est-il que la tonalité du site est constamment noire, catastrophiste. C’est lassant. Vous faites fuir par une grille de lecture catastrophiste. Les choses ne sont jamais blanches ou noires. La réalité est toujours plus complexe que les lectures monocolores. Le catastrophisme n’est pas crédible. C’est too much. C’est repoussoir.

Pierre – Mon cher, cette idée « tout n’est jamais blanc ou noir » sert de prétexte à l’inaction pour tous ceux qui ne veulent pas se mouiller. De même l’idée que « tout n’est jamais totalement catastrophique » rassure ceux qui n’ont pas le courage de regarder la réalité en face. Mais ces idées toutes faites sont fausses. Eh bien si, il y a des situations catastrophiques, où il n’y a rien de positif ou le négatif domine et emporte tout ! Par exemple les journalistes ou les observateurs qui traitent de la Syrie ne parlent que de massacres, de famines, de torture, de guerre. Personne ne songe à leur dire qu’ils voient tout en noir ! Personne ne leur reproche de ne parler que des trains en retard ! Personne ne leur reproche de faire du catastrophisme ! Quant à ceux qui ne veulent pas entendre parler des catastrophes, libres à eux de détourner le regard. Mais la politique de l’autruche n’a jamais été réputée pour protéger du pire.

Urbain – La malhonnêteté c’est que vous forcez la main du lecteur. C’est du matraquage. Ce qui serait honnête c’est de laisser les gens se faire leur propre avis.

Pierre – On voit que tu ne viens jamais sur le site. Ce que tu dis est faux. Fdesouche ne propose pas d’analyses clés en main engageant le site. Il n’y a pas de manifeste, de déclaration de principes, ou de texte de cadrage. Les commentaires ne sont visibles que des connectés. Lorsqu’il y a des tribunes libres elles n’engagent pas le site. Je crois même que, pour renforcer encore l’objectivité du site, les tribunes libres vont être publiées ailleurs. Fdesouche c’est une accumulation de faits. Le lecteur est libre d’en tirer la conclusion qu’il veut. Mais la plupart des gens qui refusent de fréquenter le site en prétendant que Fdesouche n’est pas crédible, craignent en fait d’être dérangés dans leurs certitudes. Ils préfèrent enfouir la tête dans le sable.

Urbain – Bon nous arrivons au moment fatidique de nos conversations où la tension monte un peu et où il vaut mieux passer à autre chose. Bon comment ça va le boulot ?

Pierre – Et comme d’habitude je constate que tu n’as pas usurpé ton prénom. Oui, oui le boulot ça va. Et toi, comment ça se passe à MSF? Les malheurs du monde te permettent toujours de t’éclater ?

Urbain – Bon allez à dans un mois.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 28/02/16

Régionales : le fromage de la décentralisation

Chronique de Paysan Savoyard

(n°130 – décembre 2015)

 

Ce dimanche d’élections régionales est l’occasion de rappeler l’existence de graves anomalies dans l’organisation administrative de la France.

Pour l’essentiel, le pays est administré par l’Etat. Cependant l’Etat et ceux qui le dirigent ont choisi de confier un certain nombre de missions (ou compétences) à des entités locales autonomes, les « collectivités territoriales », dirigées par des élus locaux : c’est ce que l’on appelle la décentralisation. Or la façon dont la décentralisation a été conduite et mise en œuvre est insatisfaisante à plusieurs égards.

 

  • Il y a trop de niveaux de décentralisation

Il faut d’abord souligner que les niveaux d’administrations décentralisées en France sont trop nombreux. Coexistent en effet les communes, des institutions de regroupement des communes, les départements et les régions. Chacun de ces niveaux assume des compétences partielles, limitées et enchevêtrées.

Les compétences de la région sont très réduites : les transports ferroviaires régionaux (financement et gestion des TER) ; le financement et la gestion des bâtiments accueillant les lycées ; l’attribution d’aides (fiscales en particulier) aux entreprises situées dans la région et aux actions de formation professionnelle.

Les départements sont chargés des secteurs plus étoffés :  financement et gestion des transports par car (scolaire et lignes régulières) ; financement et gestion du réseau routier (hors voirie communale) ; financement et gestion des bâtiments accueillant les collèges ; versement du RSA et d’aides sociales aux handicapés et aux personnes âgées dépendantes.

Les compétences des communes et des groupements de communes sont les plus nombreuses :  ; financement et gestion des services de proximité (distribution et assainissement de l’eau, ramassage et traitement des ordures ménagères, transports par car communaux) ; financement et gestion des infrastructures de proximité (gymnases, piscines, bibliothèques, salles de spectacle…) ; financement et gestion des bâtiments accueillant des écoles ; financement et gestion de la voirie communale ; établissement des plans locaux d’urbanisme et attribution des permis de construire.

Comme on le voit la situation est confuse et insatisfaisante. Les établissements scolaires par exemple dépendent tantôt des communes, des départements ou des régions. Les transports sur les distances moyennes dépendent des régions s’ils sont ferroviaires, des départements s’ils sont routiers. Un car dépend du département si la desserte est routière et de la région s’il remplace un train TER. Cet émiettement entraîne une multiplication des structures s’occupant des mêmes choses (services scolaires, services chargés du social, services chargés des transports…), toutes ces structures étant fortement consommatrices de crédits publics (bureaux, fonctionnaires…).

Il serait plus rationnel et moins coûteux de supprimer au moins un niveau d’administration, soit le département, soit la région, en regroupant les compétences au profit du niveau restant. Tous les gouvernements s’y sont refusés. Et pour cause : chaque niveau d’administration procure à la classe politique une pléthore de mandats électifs. C’est ainsi que les assemblées des futures régions comprendront près de 140 élus en moyenne (jusqu’à 209 pour la région IDF).   Ces mandats sont bien rémunérés et permettent en outre de disposer de bureaux et d’avantages en nature divers, de recruter des collaborateurs et de disposer d’un droit d’accès aux médias. On voit pourquoi les politiciens se refusent à cette mesure de rationalisation et d’assainissement pourtant évidente.

 

  • Enchevêtrement, confusion et opacité

Deuxième grave anomalie. Les compétences énumérées ci-dessus sont celles que les collectivités territoriales doivent obligatoirement assumer. Mais ces collectivités disposent également du droit d’intervenir financièrement dans d’autres secteurs que ceux de leur compétence obligatoire. Cette clause de « compétence générale » accroît l’enchevêtrement des responsabilités et l’opacité.

Par exemple les communes peuvent si elles le souhaitent accorder des subventions au titre du handicap ou de l’aide sociale (qui est une compétence départementale).

Par exemple encore, communes, départements et régions choisissent toutes de subventionner les associations (culturelles, humanitaires…). Une même association peut ainsi faire le tour des guichets et être financée trois fois (voire quatre ou cinq si elle s’adresse en plus à l’Etat et à l’UE). Les élus locaux apprécient la distribution de subventions parce qu’elles permettent de se constituer des clientèles et des obligés. A titre d’illustration on peut relever cet intéressant article qui décrit des associations « tétanisées » par la victoire annoncée du FN dans le Nord.

L’aide aux pays « pauvres » constitue également un secteur dans lequel les élus locaux, communaux, départementaux et régionaux, aiment à intervenir (par des subventions ou de l’expertise). Cette « aide » aux pays en développement leur fournit notamment l’occasion de voyager dans les contrées exotiques aux frais des contribuables.

 

  • Des contrôles insuffisants

Il y a peu de contrôles sur l’utilisation de l’argent public par les élus locaux. Les préfets doivent en principe déférer au juge administratif les décisions des collectivités qu’ils estiment illégales. En pratique seule une partie infime des actes locaux donne lieu à une transmission au juge et celle-ci ne débouche sur une annulation que dans quelques cas par an. Les chambres régionales des comptes, d’autre part, font des rapports sur la qualité des gestions locales : mais leurs recommandations ne sont que rarement suivies d’effet.

Les élus ne subissent donc pas en pratique de contrôle réel. Les services des préfectures sont débordés. Et les élus sont politiquement trop puissants (ils sont souvent députés, anciens ministres ou dirigeants de partis…) pour que les préfets et les juges s’avisent de leur chercher noise.

 

  • Le règne du clientélisme

Dans ce contexte de contrôle insuffisant, le risque est élevé que les élus locaux prennent des décisions clientélistes.

La décentralisation a ainsi provoqué le recrutement de fonctionnaires manifestement trop nombreux (et mal contrôlés). Elle a entraîné également une multiplication « d’investissements » contestables : c’est ainsi qu’ont été réalisées des salles de spectacles et autres piscines trop nombreuses et sous inutilisées.

L’attribution par les maires des permis de construire donne lieu à de nombreuses situations anormales : l’exemple des constructions en zone inondable est l’un des plus patents. De façon générale l’attribution de cette compétence aux maires est en elle-même contestable : dans les communes petites et moyennes en particulier les maires ne disposent pas en effet d’une distance suffisante et sont soumis à de trop fortes pressions pour pouvoir prendre leurs décisions dans le respect de l’intérêt général (du point de vue de la sécurité ou de la protection de l’environnement par exemple).

Le secteur de l’urbanisme commercial est l’un de ceux où la décentralisation a produit ses effets les plus nocifs. Les maires se sont en effet « laissés convaincre » par les grands groupes de distribution d’implanter partout en France des zones commerciales immenses qui ont défiguré les entrées des villes et villages et éliminé le commerce de proximité.

Les maires disposent enfin du droit d’attribuer une partie des logements sociaux existant sur leur territoire (les autres logements étant attribués par l’Etat). Cette prérogative des maires est l’une de celles qui s’exerce dans la plus grande opacité

Il est probable enfin que la décentralisation donne lieu à une forte corruption. Dans les années quatre-vingt, un grand nombre d’élus avaient été mis en cause et parfois condamnés. La chose est devenue plus rare. Les élus sont-ils désormais plus vertueux ? Il est permis d’en douter. On peut penser plutôt que les élus sont devenus trop puissants pour qu’un quelconque contrôle puisse désormais s’exercer.

 

  • La décentralisation est une cote mal taillée : il faudrait plutôt choisir, soit la centralisation, soit la fédéralisation 

La décentralisation apparaît comme une situation hybride et bâtarde. Les collectivités partagent en effet avec l’Etat la plupart de leurs compétences, celui-ci conservant le plus souvent la prééminence. Par exemple en matière scolaire, elles sont chargées des bâtiments mais pas du recrutement des enseignants ni du contenu des enseignements : il doit donc y avoir négociation entre l’Etat et les collectivités pour décider par exemple de créer une école ou d’ouvrir une classe supplémentaire. Le secteur social est lui aussi partagé entre l’Etat, la sécurité sociale et les collectivités.

Autre exemple du caractère limité des marges de manœuvre locales, les impôts locaux ne représentent que 10% du budget des collectivités, la plupart des ressources des collectivités étant des subventions de l’Etat.

De façon générale toutes les compétences locales sont supervisées par l’Etat, qui dispose de ses propres structures (service de l’équipement, service scolaire, services sociaux…).

La confusion des responsabilités locales et étatiques est encore renforcée par le fait que les élus locaux sont également députés.

Relevons que cette situation est source d’irresponsabilité. Les domaines de compétence des uns et des autres étant enchevêtrés, les élus locaux ont pour réflexe de rejeter sur l’Etat les responsabilités des difficultés que leurs électeurs sont susceptibles de rencontrer.

Il serait dès lors bien préférable d’opter pour une solution plus saine et rationnelle et de choisir entre ces deux formules.

La première option serait de mettre fin à cette décentralisation partielle, source de doublons, de gâchis, de corruption, de clientélisme sans contrôle et d’irresponsabilité des élus. Cela reviendrait à rétablir la situation qui prévalait en France avant les lois de décentralisation du début des années quatre-vingt.

La seconde solution serait d’en venir à une véritable fédéralisation, comme dans beaucoup de pays européens. Dans le cadre d’un système fédéral, les régions ont la maîtrise des compétences à dimension locale (services locaux, éducation, santé, social, justice, police). L’Etat lui est compétent pour les secteurs à dimension nationale : défense, relations internationales, politique monétaire (dès lors du moins que l’Etat dispose de sa propre monnaie). Dans un système fédéral les régions sont seules responsables de leurs secteurs d’attribution : les responsabilités sont claires et les électeurs savent à qui demander des comptes et qui sanctionner le cas échéant.

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 Insatisfaisante du point de vue de l’intérêt général, la situation créée par la décentralisation a pourtant la faveur des politiciens. La décentralisation, en effet, est un « fromage », qui a pour avantage de multiplier le nombre des postes d’élus. Elle permet aux politiciens battus au plan national de se replier sur l’échelon local. Les deux pans de l’oligarchie gouvernent ainsi l’Etat à tour de rôle à la faveur des alternances, le camp ayant perdu les élections nationales emportant généralement les élections locales qui suivent : la classe politique de gauche et de droite dispose ainsi en toute circonstance d’un nombre de postes de pouvoir suffisamment étendu.

La décentralisation s’ajoute à tous les autres dispositifs qui permettent à la classe politique de vivre aux dépens du contribuable : députés trop nombreux ; sénateurs inutiles ; institutions inutiles (conseil économique et social…) ; multiplicité des organismes parasitaires (hauts conseils, hauts comités…).

S’il advient jamais, l’assainissement tellement souhaitable de la situation du pays passe notamment, à l’évidence, par une forte réduction du nombre des structures et des personnages plus ou moins chargés de la chose publique, lesquels ont transformé l’Etat en une institution dispendieuse, impotente et bouffie.

L’affaiblissement de l’État se poursuit

Chronique de Paysan Savoyard

(n°76 – octobre 2011)

 

Poursuivant notre bilan thématique du quinquennat, nous examinerons aujourd’hui l’action du gouvernement de M. Sarkozy pour ce qui concerne le fonctionnement de l’État et l’évolution de son rôle.

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Le gouvernement de M. Sarkozy a décidé en 2008 de réduire les effectifs de la fonction publique, en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Près de 150 000 emplois auront ainsi été supprimés entre 2008 et 2012. Cette réduction n’est pas en soi scandaleuse dans un contexte de déficit budgétaire, les effectifs de la fonction publique ayant fortement augmenté ces dernières décennies. Mais la politique de réduction ne touche que la fonction publique de l’État.

Or c’est avant tout le nombre des fonctionnaires locaux qui s’est accru : les effectifs de la fonction publique territoriale ont augmenté de 56 % depuis 1990, contre seulement 4 % pour la fonction publique d’État (sachant que l’augmentation des effectifs territoriaux ne résulte que très partiellement des transferts de compétences effectués dans le cadre de la décentralisation). Les effectifs territoriaux ne sont pourtant pas touchés par la politique de réduction.

Signalons que dans plusieurs secteurs ministériels les réductions opérées sont particulièrement malvenues. C’est ainsi que 12 000 emplois ont été supprimés dans la police nationale et la gendarmerie entre 2007 et 2012 (les effectifs de la police nationale sont passés de 149 965 à 143 714 et ceux de la gendarmerie de 102 101 à 95 883).»

Relevons ce détail amusant. Le ministère de l’intérieur a « oublié » d’actualiser la rubrique « évolution des effectifs actifs de la police nationale » de son site internet, la dernière actualisation datant de 2003.

Le gouvernement de M. Sarkozy a poursuivi d’autre part la politique de vente du patrimoine immobilier de l’État conduite depuis 2004. Sont mises en vente les casernes vidées par la réduction considérable du format des forces armées, les emprises SNCF désertées en raison de la quasi disparition du transport ferroviaire de marchandises, ou encore les maisons forestières des forêts domaniales. Le gouvernement Sarkozy a également procédé dans une perspective de rationalisation et de réduction des dépenses à la fermeture de tribunaux de province. Ces fermetures permettront peut-être une réduction des coûts : elles accéléreront en revanche le mouvement de déclin de nombreuses villes moyennes.

Les ventes concernent également des hôtels particuliers historiques du centre de Paris dans lesquels étaient installés des ministères, les administrations étant désormais localisées dans des arrondissements moins coûteux ou en proche banlieue (par exemple la presse a fait état du projet de vente à des amis du président de l’hôtel du 18e siècle situé place de la Concorde abritant l’état major de la marine nationale, pour le transformer en hôtel de luxe ; l’opération est pour l’instant suspendue en raison de la polémique qu’elle a suscitée). Si elle permet d’alléger la charge pesant sur le contribuable, la politique de déménagement des administrations peut être jugée légitime. Il reste qu’elle symbolise la perte de dignité et l’abaissement de son statut que subit l’État depuis des décennies.

De façon générale la politique de cession immobilière pourrait être favorablement considérée si le produit de la vente du patrimoine était consacré au désendettement de l’État : or ce n’est le cas que de façon marginale. La part des produits de cessions immobilières consacrée au désendettement n’est que de 15 %, le reste venant abonder le pot commun des recettes : l’État se sépare donc d’une partie de son patrimoine pour financer ses dépenses courantes (et ce sans même parvenir à réduire son déficit).

Le mouvement est appelé à se poursuivre : en mai 2010 le gouvernement a indiqué que les ventes immobilières avaient rapporté 3 milliards depuis 2005 et que 1 700 ventes étaient prévues dans les trois prochaines années.

Le mouvement de privatisation d’entreprises n’a pas donné lieu à de grandes opérations sous le mandat de M. Sarkozy. Et pour cause : elles ont été tellement massives ces dernières décennies qu’il ne reste plus grand-chose à privatiser. Signalons cependant que la part de l’État dans le capital d’EDF a été légèrement réduite (mais reste pour l’instant supérieure à 80%). Dans le même registre, une loi entrée en vigueur en mars 2010 a transformé la Poste en une société anonyme. Cette loi prévoit que l’État doit conserver la majorité du capital : on peut cependant penser que le changement de statut rend une éventuelle privatisation future désormais plus aisée. Enfin l’Etat a annoncé en mars 2011 qu’il allait vendre plusieurs aéroports de province, dont il détient jusqu’à présent la majorité du capital.

Conduites à partir de 1986, les privatisations ont d’ores et déjà rapporté semble-t-il (les évaluations fluctuant selon les sources) près de 300 milliards au total (le record des recettes tirées des privatisations appartenant au gouvernement de M. Jospin (!). Parmi les privatisations récentes les plus marquantes, signalons celle des autoroutes, réalisée sous le second quinquennat de M. Chirac. Plusieurs spécialistes des finances publiques avaient à l’époque dénoncé cette privatisation, en faisant valoir que, les investissements principaux ayant été réalisés et amortis, l’exploitation des autoroutes dégageait désormais d’importants bénéfices, dont l’État a décidé de se priver.

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Toutes ces évolutions prolongent le mouvement général engagé depuis une trentaine d’années : l’État est attaqué, dans ses différentes missions et dans sa légitimité même. Il est attaqué d’en haut par l’Europe, d’en bas par la décentralisation, et en son centre même par le processus de privatisation et par le démantèlement des régulations économiques et sociales qui visaient à limiter et à encadrer le jeu de l’économie de marché.

Pour notre part nous estimons que l’État, garant naturel de l’intérêt général, doit être restauré dans son rôle d’encadrement de l’économie, d’impulsion et de planification : la réaffirmation du rôle de l’État et le rétablissement de ses moyens d’intervention nous paraît être la condition d’une prise en compte des préoccupations de long terme, par exemple en matière d’emploi, d’environnement et d’occupation de l’espace.

La restauration d’un État stratège et protecteur passe par différentes mesures que nous ne pouvons ici développer. Elle suppose sans doute la nationalisation de certains secteurs-clés (notamment celle d’une partie du secteur bancaire) ainsi que le rétablissement de règles d’encadrement de l’économie, mettant fin à la période de dérégulation libérale ouverte au début des années quatre-vingt. Elle implique de revenir sur les délégations de souveraineté consenties illégitimement depuis trente ans au profit des organes non élus de l’union européenne. Elle impose également d’encadrer davantage l’action des collectivités décentralisées.

Le dossier de la décentralisation, est en effet directement lié à la question du rôle et de la place de l’État.

M. Sarkozy avait annoncé son intention de rationaliser la structure de l’administration décentralisée, qui comprend un nombre de strates manifestement excessif (communes, groupements de communes, départements, régions). Cet empilement aboutit à un enchevêtrement et à une opacité des compétences ainsi qu’à un gâchis de dépenses (C’est ainsi par exemple que les différents niveaux d’administration locale s’occupent tous de l’enseignement scolaire ; de même communes, départements et régions sont tous également compétents pour distribuer des subventions aux associations, la multiplication des guichets constituant pour celles-ci une aubaine).

Le grand chantier de simplification, annoncé à grands renforts de déclarations définitives, a en réalité conduit seulement à une réforme minimale consistant à fusionner les fonctions de conseiller général et régional dans un nouveau mandat de conseiller territorial, en réduisant à la marge le nombre total des élus. Ce faisant la réforme ne s’attaque à aucun des défauts majeurs de la décentralisation : gâchis de dépenses, augmentation continue de la pression fiscale, absence de contrôle véritable sur les collectivités, opacité et redondance des structures, corruption et clientélisme, distribution d’emplois dans la fonction publique territoriale, propension des élus à bétonner et à lotir pour s’assurer de nouveaux électeurs et de nouveaux clients…

Nous sommes favorables pour ce qui nous concerne à une profonde réforme de la décentralisation, passant en premier lieu par la suppression d’un des niveaux d’administration locale. Le mieux sans doute serait de supprimer l’échelon intermédiaire qu’est le département, trop gros pour les compétences de proximité, trop petit pour les politiques à vocation structurelle. La redistribution de ses compétences entre les communes et les régions permettrait notamment de clarifier les responsabilités et d’alléger les coûts de structures.

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Terminons d’un mot sur le bilan de M. Sarkozy. Dans ce domaine de l’action et de la place de l’État, la conclusion sera identique à celle dégagée à propos des précédents secteurs examinés. Beaucoup de bruit, beaucoup de discours, des déclarations résolues sur les ruptures promises… et finalement pas de réforme majeure, celles-ci ayant de toute façon déjà été opérées de longue date (décentralisation, privatisations, dérégulation…). Le gouvernement de M. Sarkozy s’est contenté de poursuivre sans anicroche les politiques et les évolutions libérales engagées depuis des décennies.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 30/10/11