Immigrationnisme : La négation perverse de soi-même

Chronique de Paysan Savoyard

(n°184 – décembre 2017)

 

Les immigrationnistes sont de plusieurs types. Ceux qui occupent les postes de décision ou d’influence, immigrationnistes soit par intérêt soit par idéologie, sont pleinement lucides et informés des conséquences de l’invasion en cours.

Parmi les immigrationnistes de base beaucoup sont conscients, en réalité, de ce que l’immigration constitue une catastrophe : mais ils ne l’avouent pas et ne se l’avouent pas, afin de préserver leur réputation, leur carrière, leurs relations, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et, finalement, leur identité.

Nous laisserons de côté ici ces deux premières catégories, pour nous intéresser à une troisième : les immigrationnistes de bonne foi. Chez eux, l’immigrationnisme est souvent dicté par l’altruisme, l’oubli de soi, le souci de donner la priorité à l’Autre, à l’Etranger, au Différent. Le phénomène de haine de soi qui sous-tend les positions de l’immigrationniste de bonne foi a été de longue date mis en évidence (par P. Bruckner notamment). Il nous paraît cependant utile d’y revenir et d’examiner de nouveau ce curieux mécanisme psychologique, afin de montrer sa perversité et la fausseté des analyses qui en découlent.

 

  • Le passé : « L’Histoire de l’Autre est plus belle »

La première manifestation du désordre psychologique qui frappe les immigrationnistes sincères est le suivant : ces personnes de bonne foi ont une vision de l’Histoire borgne et à sens unique, systématiquement déformée au bénéfice de l’Autre et de l’Etranger

L’immigrationniste rappelle ainsi couramment, pour les condamner, les croisades conduites par les Européens. Il oublie de préciser, et le plus souvent il l’ignore, que les croisades en question étaient une réaction à la conquête arabe, qui commence en 632 et qui conduit à la domination arabe sur une partie de la Méditerranée, l’Afrique du nord, l’Espagne et le Moyen-Orient. C’est ainsi que la première croisade aura pour motif la libération des Lieux Saints.

Les immigrationnistes célèbrent l’Espagne arabo-andalouse, selon eux aussi brillante qu’ouverte et tolérante. Dans la réalité, les Chrétiens et les Juifs étaient dominés et placés en position inférieure (la dhimmitude). Les Espagnols n’ont eu de cesse que de se libérer de l’occupation arabe, grâce à une reconquête qui a duré sept siècles.

Les immigrationnistes dénoncent la traite des Noirs, envoyés de force dans les colonies et réduits en esclavage. Ils oublient que l’esclavage a été pratiqué de tous temps et par toutes les civilisations. Que la traite des Noirs s’est effectuée avec la collaboration des Africains eux-mêmes, les peuples dominants venant livrer aux comptoirs français ou anglais installés sur les côtes, les tribus vaincues et les villages capturés. Ils oublient de même de préciser que les Européens ont été les premiers à abolir l’esclavage. Que les Noirs ont été également réduits à l’esclavage par les Arabes et que la traite arabe a duré bien plus longtemps que celle conduite par les Blancs. Ils omettent d’indiquer que l’esclavage des Noirs par les Arabes existe toujours, notamment au Sahel. Et que les Européens eux-mêmes étaient réduits en esclavage à Alger lorsqu’ils étaient capturés par les pirates qui menaient des raids jusque dans le sud de la France. On indiquera ainsi aux immigrationnistes que les tours génoises de Corse ou les villages fortifiés de Provence étaient destinés à se protéger des raids arabes. On leur signalera encore que c’est bien la tête coupée d’un pirate maure que les Corses ont choisi pour emblème.

Les immigrationnistes dénoncent la colonisation (que pour notre part nous n’aurions certes pas approuvée). Ils passent sous silence le fait que, pour ce qui est de la France, la conquête coloniale a été peu violente (sauf en Algérie). Le fait que la colonisation s’est accompagnée de nombreuses réalisations positives. Le fait qu’elle a interrompu les guerres ethniques en Afrique pendant près d’un siècle. Le fait que la colonisation n’était pas de peuplement (sauf en Algérie et Madagascar).

Les immigrationnistes dénoncent la guerre d’Algérie. Ils omettent le fait que les violences ont concerné les deux camps. Le fait que les Algériens n’ont pas respecté les accords d’Evian à peine signés, chassant les Européens et massacrant les Harkis ainsi que des Européens. Ils commémorent Sétif mais taisent le massacre d’Oran. Ils rendent hommage aux Algériens jetés à la Seine en 1961, en oubliant de préciser que la manifestation algérienne qui avait lieu ce jour-là avait été interdite et faisait suite à une série d’assassinats de policiers parisiens perpétrés par le FLN. On peut également signaler aux immigrationnistes que l’indépendance n’a pas empêché les Algériens de se livrer récemment à une autre guerre, civile cette fois, qui a fait au moins 400 000 morts.

 

  • Le présent : « Il est juste qu’aujourd’hui l’Autre ait davantage de droits »

Avec le même état d’esprit unilatéral à rebours, les immigrationnistes admettent sans difficulté que l’Autre puisse disposer de davantage de droits que n’en ont les autochtones eux-mêmes.

Les immigrationnistes font ainsi preuve de tolérance pour les comportements anormaux et asociaux qui sont le fait des immigrés. La délinquance, les incivilités, les comportements agressifs et le langage ordurier bénéficient d’une grande mansuétude, les immigrationnistes les excusant par le racisme, les discriminations et la ghettoïsation dont les immigrés seraient victimes. Les immigrationnistes pourtant n’acceptent pas ces mêmes comportements de la part de leurs enfants, de leurs proches et plus généralement des Français de souche.

Avec l’approbation des immigrationnistes, les immigrés bénéficient également de droits dans le domaine social supérieurs à ceux attribués en pratique aux Français de souche : leur situation sociale par définition moins bonne et leurs familles nombreuses leur ouvrent droit en effet à des allocations et prestations supérieures. Leurs revenus étant en moyenne plus faibles que ceux des autochtones, ils paient également moins d’impôts et de cotisations.

Les immigrationnistes approuvent également le fait que les immigrés bénéficient de mécanismes de discrimination positive. C’est ainsi qu’ont été mis en place au fil des années des dispositifs d’aides à la préparation des concours réservés aux « jeunes des banlieues », la dispense de concours d’entrée à Sciences-Po et des recrutements préférentiels assortis de quotas dans les entreprises publiques.

 

  • Le futur : « L’Autre nous remplacera peut-être, et c’est très bien comme ça »

La négation de soi des immigrationnistes de bonne foi les conduits à consentir à l’installation massive de l’Autre dans leur propre pays.

Ils acceptent ainsi la disparition de nos frontières et récusent le droit des Blancs sur leur sol. Ils acceptent que les étrangers, non contents de prendre place légalement ou non, adoptent en outre un comportement de refus d’assimilation, de revendication et même d’hostilité franche aux populations d’accueil.

Les immigrationnistes sont pourtant les premiers à défendre les droits des peuples opprimés, les droits des peuplades primitives en danger d’extinction, ou encore les droits des Tibétains dont l’identité est menacée par l’agressivité de la politique chinoise. Les seuls auxquels les immigrationnistes dénient le droit de conserver leur identité, leur territoire et leurs frontières, ce sont les peuples européens.

Dans le même esprit les immigrationnistes acceptent l’implantation de l’islam. Ils souhaitent qu’on accorde à l’islam les mêmes droits que les autres religions. Ils acceptent sans difficulté le communautarisme musulman et son prosélytisme. Ils ne peuvent ignorer pourtant que les chrétiens sont pourchassés dans tous les pays arabes.

Les immigrationnistes, encore, dénient l’existence des races et donc de la leur propre. Ils se plaisent à dénoncer les comportements des autres Blancs, insuffisamment accueillants, xénophobes voire racistes.

Les immigrationnistes vont plus loin encore et manifestent fréquemment le mépris et la détestation qu’ils éprouvent pour leur propre peuple. Avec un rictus de dégoût, ils disent leur haine des Blancs d’extrême droite, populistes et racistes, leur détestation de « ces bons Blancs bien de chez nous » lorsqu’ils sont alcooliques ou mal éduqués, leur haine à l’égard des fraudeurs Blancs en col blanc et plus généralement leur haine des riches, dès lors qu’ils sont Blancs.

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Concluons. Les positions des immigrationnistes sont évidemment aberrantes : les Européens exceptés, tous les autres peuples se comportent exactement à l’inverse. L’Histoire est dans leur pays écrite à leur profit. Les nationaux y ont davantage de droits que les étrangers. Tous défendent jalousement leur sol et leurs frontières. Ceux qui en sont privés combattent et meurent pour les obtenir. Toutes les races autres que la race blanche sont conscientes de leur existence. Elles en éprouvent de la fierté. Et elles sont souvent racistes à l’égard des autres peuples.

La source des conceptions folles qui sont celles des immigrationnistes est évidente. C’est bien entendu l’Evangile, pris abusivement au pied de la lettre et compris faussement comme un programme de société, qui inspire les immigrationnistes sincères, qu’ils soient chrétiens ou athées de culture chrétienne. Chez les immigrationnistes, qui se croient peu ou prou destinés au martyre, l’attention et l’ouverture à l’autre prônés par l’Evangile deviennent la préférence maladive pour l’Autre. Le diagnostic a été posé de longue date : l’Europe va mourir probablement de ces « idées chrétiennes devenues folles ».

Ce comportement suicidaire d’inspiration chrétienne est encouragé bien entendu par ceux qui se sont donnés pour mission de détruire la civilisation européenne et les sociétés traditionnelles. Francs-maçons et protestants sont depuis deux-cents ans à la manœuvre, au nom de l’universalisme. Une partie des intellectuels de confession juive, au nom du cosmopolitisme, apportent également leur contribution. L’idéologie libérale-libertaire, fabriquée dans les campus américains, est venue renforcer la lutte pour l’abolition des frontières, des nations et des races.

Ajoutons enfin que les positions de ces immigrationnistes de bonne foi s’accompagnent tout de même le plus souvent d’une bonne dose d’hypocrisie. Les immigrationnistes idéalistes retrouvent ainsi instantanément le sens des réalités prosaïques au moment de choisir leur quartier ou l’établissement scolaire de leurs enfants. De même on constate le plus souvent que les immigrationnistes fréquentent avant tout des Blancs. On peut même penser que ces donneurs de leçons morales préféreront avoir comme voisins des Blancs fussent-ils d’extrême droite plutôt que ces immigrés dont ils souhaitent la présence en Europe.

Ces immigrationnistes plus ou moins sincères sont en train de participer en toute bonne conscience au crime historique absolu qu’est la destruction de l’Europe, de son territoire, de ses peuples et de sa civilisation. On ne sait finalement ce qui l’emporte chez eux, de la maladie mentale autodestructrice ou de l’hypocrisie. Cette adresse vient à l’esprit au moment de conclure : Qu’ils soient maudits.

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Immigrationnisme : ils sont complices d’un crime et se voient comme des gens bien

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 183 – novembre 2017)

 

Les immigrationnistes actifs et enthousiastes sont pour la plupart des Français moyens, qui n’occupent pas de poste de décision. Leur rôle est pourtant capital : sans l’implication quotidienne des immigrationnistes de base,  journalistes de terrain, cadres intermédiaires de la fonction publique, militants politiques ou syndicaux, bénévoles associatifs ou enseignants « engagés », la politique immigrationniste ne pourrait être appliquée ni relayée.

Les immigrationnistes ne sont pas tous actifs. Nombreux sont ceux que l’immigration massive n’enchante pas. Ils en voient les graves inconvénients et auraient préféré qu’elle ne se produise pas. Ils l’acceptent pourtant parce qu’ils refusent la mise en oeuvre des mesures qui permettraient de l’enrayer. Plutôt que de voir s’appliquer une politique de fermeté anti-immigration, qu’ils jugent immorale, ces immigrationnistes résignés préfèrent consentir à la poursuite du processus migratoire : ils votent en conséquence, pour barrer la route au parti anti immigration.

La position de ces immigrationnistes de base, actifs ou résignés, fait naître un triple paradoxe, que nous voulons ici mettre en évidence.

 

  • C’est au nom des valeurs européennes que les immigrationnistes vont détruire l’Europe

L’immigrationnisme découle pour une bonne part du désir de mettre en oeuvre les « valeurs » jugées fondamentales. Reprises à son compte par la république, qui à son tour prône l’égalité, la fraternité et l’universalisme, ces valeurs sont d’abord chrétiennes.

L’accueil des personnes issues du Tiers-Monde trouve ainsi pour une bonne part sa source dans le souci chrétien de l’Autre et de l’Etranger. De même la conception chrétienne selon laquelle les pauvres méritent une attention préférentielle explique puissamment la volonté d’accueil de personnes venues de régions du monde moins bien dotées. L’accueil d’immigrés qui au nom d’une religion différente se montrent souvent hostiles, se rattache sans conteste à l’amour chrétien dû aux ennemis.

De même encore, le principe chrétien d’expiation des péchés sous-tend les conceptions selon lesquelles l’accueil d’immigrés peut constituer une forme de réparation de l’esclavage et de la colonisation. L’idée que tous les hommes sont frères est en arrière-fond du point de vue immigrationniste, pour qui il serait immoral de se réfugier à l’intérieur de ses frontières et de se protéger de l’arrivée d’étrangers. Enfin, l’attachement chrétien à la paix joue sans aucun doute un grand rôle dans le refus immigrationniste d’envisager l’utilisation de moyens violents pour s’opposer à l’arrivée massive d’immigrés.

Nous avons dit à différentes reprises que ces conceptions chrétiennes, devenues républicaines, résultent d’une lecture erronée de l’Evangile, lequel n’a pas pour objet de proposer un modèle de société (voir notamment cette chronique). Le diagnostic a été posé de longue date : l’Europe se laisse désormais gouverner par « des idées chrétiennes devenues folles ».

Ce point, quoi qu’il en soit, mérite d’être relevé : qu’elles soient chrétiennes ou républicaines, les valeurs dont il s’agit sont en tout cas spécifiquement européennes. Elles ne sont pas partagées par les autres civilisations ou le sont seulement de façon partielle. C’est donc au nom de ces valeurs propres à l’Europe que les immigrationnistes contribuent à la mise en œuvre d’un processus qui conduira à sa destruction et à la disparition de ces valeurs mêmes. C’est là le premier paradoxe de l’immigrationnisme.

 

  • Les immigrationnistes sont souvent « des gens biens » : ils se rendent pourtant complices d’un crime de dimension historique

C’est le second paradoxe. Les immigrationnistes sont pour une bonne part « des gens biens » ou du moins sont-ils perçus comme tels. Leur activité professionnelle est souvent tournée vers le service public. Ils assument des engagements associatifs et se tiennent éloignés des comportements de prédation qui caractérisent l’économie moderne. Dans leur façon d’être quotidienne, ils s’efforcent souvent d’être attentifs aux autres, de rendre service à autrui, de jouer un rôle d’apaisement des conflits. Et ce sont ces « gens biens » qui, par leur choix immigrationniste, participent au crime le plus grave qui se puisse envisager : l’invasion organisée d’un continent entier, accompagnée de la destruction délibérée d’une civilisation.

Notons cependant que la bonté d’âme des immigrationnistes voisine souvent avec une hypocrisie aussi discrète qu’incontestable. Les immigrationnistes s’arrangent en effet souvent pour choisir un quartier ou un établissement scolaire fréquentés pour l’essentiel par une population « de souche », préférant laisser à d’autres les bienfaits de la diversité qu’ils ont fait profession de vanter.

Passons sur ce détail et revenons au propos initial. Les immigrationnistes sont des « gens biens » pétris de bons sentiments : et c’est en toute bonne conscience qu’ils participent à la mise en œuvre d’un projet criminel. Tel est le second paradoxe engendré par l’immigrationnisme. On notera que se reproduit ainsi le schéma inauguré par les communistes, devenus en termes de nombre de morts les plus grands criminels de l’Histoire au nom du principe de fraternité humaine.

 

  • Animé par la volonté de conjurer le racisme nazi, l’immigrationniste prépare le terrain d’un nouveau totalitarisme

L’immigrationnisme présente un dernier paradoxe. Pour une part non négligeable et peut être dominante, l’immigrationnisme est animé par le souci de conjurer le risque que ne se reproduisent les crimes nazis. Le nazisme comporte différentes dimensions et répond à des causes nombreuses : la crainte d’une extension de la révolution communiste ; la réaction à l’humiliation du traité de Versailles ; la réaction à la crise économique des années 30 ; la lutte pour la suprématie en Europe. C’est cependant la dimension raciale et raciste du régime nazi que l’on retient exclusivement désormais. Tout le reste est devenu détail.

Cette focalisation sur la dimension raciste du nazisme a aujourd’hui cette conséquence décisive : les immigrationnistes considèrent que toute politique de fermeté à l’égard de gens d’une autre race conduirait inéluctablement à la mise en œuvre de solutions nazies. Mieux encore, toute prise en compte de la notion de race, toute allusion même au concept, s’apparentent pour eux au nazisme et sont donc à proscrire de façon absolue.

Se met ainsi en place le troisième paradoxe immigrationniste. Pour conjurer la tentation de se livrer de nouveau à des crimes racistes à grande échelle tels que ceux commis par les nazis, les immigrationnistes choisissent de contribuer à un crime encore plus grand : la submersion de l’Europe volontaire et organisée et l’éradication de sa civilisation.

Il faut également relever le point suivant. C’est par haine du nazisme, raciste et totalitaire, que les immigrationnistes consentent à l’invasion de l’Europe. Il se trouve que les envahisseurs de l’Europe, pour la plupart Africains, sont le plus souvent les adeptes d’une religion, l’islam, elle aussi conquérante, raciste et totalitaire, à l’image de ce qu’était le nazisme.

Le troisième paradoxe immigrationniste se dédouble donc. Pour ne pas reproduire un crime, les immigrationnistes en commettent un plus grand. Pour conjurer le totalitarisme nazi, totalitarisme du siècle précédent, ils font le lit de l’islam, totalitarisme du siècle présent.

 

 

L’égalité : un leurre et un vice

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 186 – juillet 2017)

 

Dans l’esprit de chacun désormais, la France commence avec la République. L’histoire du pays antérieure à la prise de la Bastille est considérée comme une longue période obscure, faite de violence et de guerres, d’inégalités scandaleuses, de famines et d’épidémies, d’oppression absolutiste et d’inquisition, d’oppression religieuse et de superstition. Selon la doxa, le 18e siècle est venu heureusement diffuser la Lumière et préparer la révolution salvatrice, l’avènement de la république et de ses valeurs, l’accomplissement de la modernité.

Il nous semble pourtant que la république et ses « valeurs », l’égalité, la liberté, la démocratie, la laïcité, l’universalisme, méritent d’être examinées et critiquées. C’est l’exercice auquel nous nous livrerons dans une série de chroniques. Compte tenu du format de ces dernières, le sujet sera traité de façon cursive : nous espérons cependant savoir nous garder d’une superficialité abusive.

L’égalité est au cœur des valeurs de la république et suscite une adhésion générale. Elle ne mérite pas cet honneur selon nous. En dépit de sa position éminente dans l’imaginaire contemporain, l’égalité nous apparaît en effet comme un leurre, une tromperie et finalement un vice.

 

L’égalité, l’une des principales « valeurs républicaines »

La révolution française veut remplacer la société traditionnelle et lui substituer la société moderne, assise sur les « valeurs républicaines ». L’égalité est, avec la liberté, la principale de ces valeurs, l’un des concepts centraux mis en avant par la révolution. La proclamation de l’égalité a plusieurs fondements.

Proclamer l’égalité pour rompre avec la société traditionnelle

Les révolutionnaires entendent faire table-rase et rompre en tout point avec la société traditionnelle. Or La société traditionnelle n’était pas égalitaire mais au contraire organisée selon le principe hiérarchique, lequel constituait même l’une de ses caractéristiques principales. Vouloir rompre avec la société traditionnelle impliquait dès lors de proclamer un principe inverse : l’égalité.

La société traditionnelle repose tout d’abord sur le principe de hiérarchie au sein de la cellule de base qu’est la famille, sur laquelle s’exerce l’autorité du père, chef de famille. L’Eglise, l’un des deux piliers de la société d’Ancien régime, est elle-même strictement hiérarchisée. De même encore l’ordre de la noblesse, selon les principes de la société féodale, est structuré de façon hiérarchique grâce à un système pyramidal de suzerainetés et de vassalités. Surtout la société est organisée en « ordres », les deux premiers occupant une place prééminente sur le troisième. Cette inégalité des statuts est de plus héréditaire puisque l’on naît dans l’ordre auquel appartenaient ses aïeux. Au sommet de la société l’autorité du Roi a un caractère sacré.

Le principe d’inégalité qui caractérisait la société d’ancien régime découlait de trois sources. L’inégalité, tout d’abord, était considérée comme conforme à la nature, tout groupe humain comportant naturellement des chefs et des exécutants. Les chefs bénéficient le plus souvent de privilèges, lesquels découlent de leur position prééminente et du fait qu’ils détiennent la force et le pouvoir de coercition. Nous reviendrons sur ce point dans la troisième partie du présent exposé.

Le principe hiérarchique correspondait, deuxièmement, à la logique mentale des hommes des sociétés traditionnelles. Il a ainsi été montré que l’organisation en trois groupes inégalitaires chargés respectivement de la fonction sacrée, de la fonction guerrière et de la fonction du travail et de la reproduction, constitue une caractéristique des sociétés indo-européennes.

Les conceptions chrétiennes de la société d’Ancien régime, troisièmement, impliquent elles aussi l’adhésion à un principe de hiérarchie. Dieu, créateur et infiniment bon, est supérieur en tout point à l’homme, sa créature, marquée par le péché. De même le Bien est supérieur au Mal et doit l’emporter avec l’aide de Dieu. La cité terrestre est à l’image de la cité céleste ; mais, inachevée et dégradée par rapport à son modèle, elle ne peut que lui rester inférieure. Ces conceptions induisent dans les mentalités l’adhésion au principe même de hiérarchie. De même dans la vie chrétienne concrète, l’homme d’Ancien régime obéit au curé de la paroisse, guide spirituel de la communauté.

Il faut relever que la société d’Ancien régime ne se résumait pas à une pyramide des privilèges : les privilèges dont bénéficiaient les ordres dominants s’accompagnaient en effet de devoirs qui leur incombaient en propre. L’ordre ecclésiastique, outre sa mission d’encadrement spirituel, avait à sa charge l’organisation et le financement des dispositifs d’éducation, de santé et de charité publique. La noblesse devait assurer la défense des communautés et du royaume. Elle avait également un devoir de protection militaire des plus faibles, pèlerins, femmes et enfants.

C’est avec ce système mental que la révolution voulait rompre : c’est là le premier motif de l’affirmation du principe d’égalité.

 

Egalité et liberté

La mise en avant du concept d’égalité a un deuxième fondement. La proclamation de l’égalité est en effet étroitement liée aux autres préceptes fondamentaux posés par la révolution et en particulier l’affirmation de la liberté individuelle.  La « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 établit ainsi d’emblée un lien étroit entre les deux notions : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Le contenu de ces concepts de liberté et d’égalité comporte cependant différentes ambiguïtés, qui rendent leur appréhension problématique. Nous y revenons plus loin.

 

Egalité et ressentiment

La proclamation de l’égalité découle d’un troisième facteur. Les révolutionnaires sont des bourgeois : ils veulent renverser la société d’ordres qui les plaçaient dans une position dominée. Alors qu’ils disposent de richesses acquises dans l’exercice du commerce et qu’ils ont accédé parfois au même niveau culturel que les aristocrates, ils restent sauf exception confinés en dehors des ordres dominants. Le ressentiment social qu’éprouvent les bourgeois est l’un des ressorts de la révolution, peut-être le plus puissant.

L’affirmation du principe d’égalité aura sur les mentalités un effet considérable : Tocqueville parlera de « la passion française pour l’égalité ».

 

 Valeur consensuelle, l’égalité est pourtant un concept flou

Les différentes conceptions de l’égalité

L’égalité est donc un principe fondamental d’organisation de nos sociétés depuis la révolution. Ceci posé, l’égalité est un principe ambivalent : il peut revêtir plusieurs significations et correspondre à des réalités très différentes. S’il suscite une adhésion presque unanime, le principe d’égalité est pourtant un concept flou.

L’égalité peut signifier tout d’abord « égalité des droits ». Chacun est égal devant la loi. Les personnes placées dans la même situation possèdent les mêmes droits : le droit de recevoir une allocation par exemple ou l’assujettissement au même impôt. C’est la conception à laquelle renvoie la déclaration des droits de 1789.

L’égalité peut correspondre à une conception radicalement différente : « l’égalité des conditions ». L’égalité des droits n’empêche pas que se créent au cours de l’existence des inégalités de conditions : le fait de posséder le même droit de vote ou d’être traité de la même manière à situation égale par les services fiscaux ou le service des allocations familiales n’empêche pas certains de s’enrichir tandis que d’autres connaissent des difficultés matérielles. La volonté d’aboutir à une égalité des conditions est la conception communiste : la propriété collective et la distribution égalitaire des revenus empêchent que puissent se créer des différences sociales ou de richesse.

Une troisième conception de l’égalité est apparue récemment, au cours du 20e siècle : « l’égalité des chances ». Elle repose sur l’idée que l’égalité des droits revêt un caractère formel : les inégalités sociales de départ, liées en particulier au milieu social de naissance, font que l’égalité des droits reste théorique : dans la pratique, chacun en fonction de son milieu social n’est pas en mesure d’exercer ses droits de la même manière. Différentes politiques doivent dès lors être mises en œuvre pour établir une égalité des chances, en lieu et place d’une simple égalité des droits. Cette politique d’égalisation des chances, théorisée notamment par John Rawls, est à la base des politiques sociales-démocrates.

La quatrième acception de l’égalité est ce que l’on peut appeler « l’égalité corrective » : c’est la politique de redistribution et de limitation des inégalités. Cette politique utilise différents moyens : impôt redistributif, allocations sociales liées aux revenus, mise en place de services publics accessibles à tous. A l’instar de la politique d’égalité des chances, les politiques de limitation ou de réduction des inégalités appartiennent également au registre d’action de la social-démocratie.

Les différentes conceptions de l’égalité sont donc très différentes dans leurs implications. Pour illustrer leurs différences de nature on peut prendre l’image, triviale mais éclairante, de la course à pied. L’égalité des droits impose qu’au départ de la compétition sociale, chacun soit placé sur la même ligne de départ et ne parte qu’au commandement du starter. L’égalité des chances, qui complète l’égalité des droits, implique que ceux qui n’avaient pas jusqu’alors l’habitude de la course bénéficient gratuitement d’un entraînement particulier et d’un coaching intensif avant l’épreuve. L’égalité corrective conduit à retirer une partie du prix reçu par le premier et à l’attribuer aux derniers de la course ainsi qu’à ceux qui ont abandonné en cours de route. Elle implique également que l’on distribue à tout le monde des rations reconstituantes, quel que soit le rang atteint. L’égalité des conditions, elle, interdit tout classement à l’arrivée et toute distribution de médailles et même impose que chacun arrive en même temps sur la ligne. Les trois premières conceptions autorisent la compétition sociale mais la réglementent et l’aménagent. La quatrième en récuse le principe même.

 

Ces différentes conceptions correspondent aux différents segments de l’arc politique

Ces différentes conceptions correspondent aux différentes positions politiques qui existent aujourd’hui. L’égalité des droits correspond à la conception politique libérale. L’égalité des chances et les politiques correctives sont les bases de la social-démocratie. L’égalité des conditions est la conception communiste.

Deux de ces conceptions sont présentes dès la révolution. La conception libérale domine la période révolutionnaire de 1789 à 1792 et l’emporte après Thermidor. La période « communiste » de la révolution prend place entre 1792 et 1794.

La « révolution libérale » ne vise nullement l’égalité des conditions. Les décisions qu’elle prend le montrent. Le suffrage est censitaire. Les biens nationaux sont vendus en lots tellement grands qu’ils ne peuvent être achetés que par des riches. On n’abolit pas l’esclavage. On vote la loi Le Chapelier, défavorable aux employés. On institue le droit de propriété, en lui donnant le même rang que les valeurs suprêmes que sont la liberté et le droit de résister à l’oppression. On abolit la société d’ordres mais on ne recherche pas l’égalité des conditions. La révolution a été faite par la classe sociale des bourgeois qui a atteint son objectif : prendre la place de la noblesse à la tête de la société.

Par la suite les bourgeois qui, depuis deux cents ans constituent la nouvelle classe dirigeante, vont confirmer que leur objectif n’est en rien l’égalité des conditions. Ils vont ainsi mettre en place, à la faveur de la révolution industrielle, le système capitaliste qui sera très dur pour la classe populaire : travail des enfants, misère des ouvriers, enrichissement considérable des capitalistes, rentiers et propriétaires des entreprises.  Ces deux dernières décennies, la bourgeoisie n’a pas hésité pour augmenter ses profits à transférer les emplois dans les pays à bas coût, retirant les emplois par millions à leurs propres compatriotes.

La révolution communiste cherche l’égalité des conditions et exerce un pouvoir absolu au nom du peuple. L’obsession égalitaire va dériver en une obsession de la pureté morale, qui conduit à éliminer massivement non seulement les opposants mais les dirigeants eux-mêmes, dont aucun n’est jugé suffisamment vertueux.

La révolution russe, sur le modèle français, mettra elle aussi la recherche de l’égalité des conditions au centre. Elle éliminera la propriété individuelle et les propriétaires eux-mêmes.

Les conceptions politiques mettant au centre la question sociale et prônant des mécanismes « d’égalité corrective », n’apparaissent que dans le courant du 20e siècle. Ces mécanismes correctifs ont existé déjà sous l’ancien régime (institutions de santé, d’éducation et de charité). Mais les mécanismes modernes datent du 20e siècle. L’impôt sur le revenu est institué en 1914. A la suite de la grande crise économique des années 30, les Etats-Unis, avec Roosevelt, conduisent la politique du New Deal. En France le Front populaire prend différentes mesures sociales importantes. En Angleterre le rapport Beveridge de 1942 prône des politiques sociales. En France c’est à la Libération que sont institués les principaux leviers des politiques « sociales-démocrates » de correction et de redistribution : la sécurité sociale, les services publics, les politiques de redistribution et l’augmentation forte du nombre des fonctionnaires et des prélèvements obligatoires. La social-démocratie (ou social-libéralisme) est en reflux depuis les années quatre-vingt à la faveur du processus de mondialisation de l’économie marché, qui marque un retour au premier plan des idées libérales.

A noter qu’un concept nouveau, venu des Etats-Unis, est apparu dans les années quatre-vingt en Europe : la discrimination positive. Il s’apparente à l’égalité des conditions mais ne joue qu’au profit des minorités : femmes, immigrés, handicapés. Il conduit en particulier, au nom de la diversité, à réserver des places à des représentants de ces minorités (dans le système politique, dans le système de formation, dans l’emploi).

 

Une société fondée sur le concept d’égalité est nécessairement viciée

Quelle que soit l’acception retenue, l’égalité ne mérite pas le statut de valeur suprême dont elle depuis deux cents ans revêtue : il s’agit en réalité d’un concept erroné.

 La valeur d’égalité apparaît comme un leurre

L’égalité est un leurre d’abord parce que, comme on vient de le voir, les trois conceptions en vigueur sous le régime de la république, égalité des droits, des chances et égalité corrective, ne visent pas l’égalité des conditions et ne s’opposent nullement à la compétition sociale. C’est pourtant à l’égalité des conditions que renvoie l’idée d’égalité dans la pensée commune et c’est dans cette acception qu’elle revêt un caractère sacré.

La valeur d’égalité est un leurre, deuxièmement, parce que deux des conceptions dont il s’agit apparaissent seulement théoriques et en pratique inefficaces.

L’égalité des droits reste, on l’a vu, théorique et formelle. Quelle est la portée réelle de l’égalité des droits lorsqu’une partie de la population, insuffisamment éduquée ou socialement peu favorisée, ignore l’existence de ces droits ou ne dispose pas des moyens de les exercer de façon effective ? L’exercice effectif et efficace des droits est réservé en pratique aux « initiés culturels ». L’éducation et la santé notamment sont des domaines où jouent fortement les inégalités culturelles.

Les mécanismes d’égalisation des chances visent à compléter et à rendre plus effectif le principe d’égalité des droits. Or ces mécanismes d’égalisation des chances sont en pratique peu efficaces. Les ressorts des inégalités, à commencer par le milieu social et la famille, sont en effet trop puissants pour que des mécanismes de correction puissent opérer efficacement. Pour aboutir à une égalité des chances réelle il faudrait en réalité aller jusqu’à couper les liens des enfants avec leurs familles et créer une éducation communautaire, ainsi que l’envisage le Platon de « La république ».

Seuls ont donc une véritable traduction pratique les mécanismes de limitation des inégalités (services publics, allocations, redistribution).

Quant à la recherche de l’égalité des conditions, les expériences communistes ont montré qu’elles débouchent nécessairement sur l’oppression, qu’elles provoquent des politiques criminelles et délirantes (élimination des koulaks, révolution culturelle, dictature des khmers rouges) et qu’elles s’accompagnent de la constitution d’une oligarchie qui se tient à l’écart de la pauvreté de masse.

L’égalité est un leurre, troisièmement, parce que la recherche d’une société assise sur l’égalité constitue une utopie illusoire, qui ne correspond pas à la réalité de la vie humaine. La condition humaine et la vie elle-même sont en effet fondamentalement inégalitaires.

 

La condition humaine est inégalitaire

Il faut voir tout d’abord que l’activité humaine n’est pas dirigée vers l’égalité mais vers la réalisation de soi-même

Chacun se trouve aux prises avec cette dialectique fondamentale : moi et les autres. L’oubli de soi-même est préconisé par des versions extrêmes du christianisme (en particulier pour les personnes qui font le choix de la vie monastique). Cependant la grande majorité des personnes sont conduites à effectuer au quotidien un arbitrage entre « moi » et « les autres », en donnant une priorité ultime au moi. Dans le domaine des activités économiques notamment, chaque individu recherche son intérêt (intérêt financier, intérêt porté à son travail).

De même la propriété privée constitue un objectif pour la plupart des personnes. Elle procure en effet de nombreux bienfaits aux individus. Elle est structurante pour la personne et procure le sens de la responsabilité. Elle permet de constituer un patrimoine transmis aux descendants. Elle est le cadre de la liberté : même le simple jardinier est ainsi, dans son lopin, maître en son royaume. C’est pourquoi les affirmations rousseauistes contre la propriété sont fausses et antinaturelles : la nature humaine est à l’inverse de ce que Rousseau décrit. Il est aisé par exemple de vérifier la profonde vérité de cette maxime célèbre : « Donnez à quelqu’un un désert il en fera un jardin. Louez lui un jardin il en fera un désert ». Or, les individus étant plus ou moins doués, plus ou moins portés à l’initiative, plus ou moins portés à l’accumulation, la propriété privée débouche nécessairement sur la constitution d’inégalités de condition. La propriété, et l’inégalité qui en résulte, sont deux réalités profondément humaines.

De façon générale, la recherche d’égalité est antinaturelle parce que la condition humaine est inégalitaire. Inégalités des dons personnels, inégalités génétiques, inégalités devant la maladie, inégalités devant la beauté.

Notons d’ailleurs que les idéologues de l’égalité se concentrent le plus souvent sur les inégalités économiques. Or d’autres inégalités sont sûrement de plus de conséquences, comme les inégalités devant la santé ou devant la beauté. Houellebecq évoque ainsi l’extrême solitude de la personne laide, nullement atténuée par son aisance matérielle. L’idéologie républicaine se focalise sur les inégalités matérielles parce qu’il est possible de les corriger dans une certaine mesure alors qu’on est impuissant face aux autres formes d’inégalité : cette focalisation arbitraire sur les inégalités matérielles est le reflet du matérialisme de l’idéologie dominante.

Plus fondamentalement, l’encadrement mental et moral de la vie humaine est hiérarchisé. Il y a ce qui est bon et ce qui est mauvais et l’un bien sûr est supérieur à l’autre. Le mieux est supérieur au moins  bien. Le vrai est supérieur au faux. Surtout domine la condition humaine cette hiérarchie fondamentale : le bien est supérieur au mal.

On relèvera d’ailleurs que les tenants de l’égalité, et ce n’est pas là l’effet du hasard, sont souvent relativistes et considèrent tous les principes et tous les comportements comment étant équivalents.

 

La société elle-même doit être hiérarchique

Une société qui se fixe un objectif d’égalité est donc anti naturelle. Il est naturel que la société soit hiérarchique et qu’elle se traduise par différents types d’inégalités (inégalités de pouvoir et d’influence, inégalités socio-économiques)

La hiérarchie sociale est une nécessité évidente, tout d’abord, pour la conduite de la société. Imaginerait-on un navire sans capitaine, une entreprise sans chef, une armée sans général ? La récusation de l’élite débouche sur l’anarchie.

De même la société doit accepter la prééminence d’une élite intellectuelle. Elle a besoin de maîtres à penser, dont le rôle est de baliser la route, de marquer les repères, de rechercher les caps.

La hiérarchie est également une protection pour ceux qui ne sont pas capables de diriger. Maurras prend l’exemple du petit enfant, qui pour qu’il puisse être « élevé », se situe par rapport à ses parents dans un rapport inégalitaire et dépourvu de liberté. Cette situation de complète inégalité est nécessaire à l’enfant dont les besoins éducatifs essentiels se réduisent à deux : l’amour et la loi. C’est pourquoi les nouveaux parents sans autorité appliquant l’interdiction d’interdire soixante-huitarde ont créé des enfants rois, non structurés et angoissés. Pour la même raison, en ayant aboli le principe d’autorité de l’enseignant et sa position hiérarchique, l’école est souvent devenu un univers anomique et non structurant.

De façon plus générale, la nature humaine est telle qu’il existe nécessairement des dominants et des dominés. Ce rapport de domination est dans la nature des choses. Le rôle de chacun est nécessaire. Certains doivent commander, d’autres relayer les ordres et organiser, d’autres enfin les exécuter. Ces différents rôles correspondent aux caractéristiques de chaque type d’individu, à leurs aptitudes et à leurs caractères.

La position éminente des uns, la position subordonnée des autres ne signifient pas, au demeurant, que les dominants jouissent d’une supériorité globale et dans tous les domaines, et que les dominés soient systématiquement abaissés. Les doux, les justes, les bons, les modestes et les intègres ne parviendront jamais, par la nature des choses, aux fonctions de commandement, qui supposent une dureté personnelle, une absence de scrupule, une hypertrophie du moi. Mais leur rôle est essentiel car c’est sur eux que repose le bon fonctionnement de la plupart des systèmes. Le plus souvent les dominants seront des prédateurs craints mais peu aimés, contraints à la solitude. A l’inverse les doux et les intègres seront appréciés et entourés.

Notons que les militants de l’égalité prouvent d’ailleurs par leur comportement propre que la société égalitaire est un leurre. Le fonctionnement d’une assemblée quelconque permet d’observer les dominants chercher à prendre le pouvoir sur l’assemblée à laquelle ils s’adressent. On songe par exemple aux leaders des « assemblées révolutionnaires », aux trotskystes, aux anarchistes, à tous les gens de gauche, dont les leaders ne sont pas moins hiérarchiques, dominants et prédateurs que les puissants des capitalistes. Militant de l’égalité, J.C. Michéa fait lui aussi cette observation : pour échapper à ces situations de domination, il préconise la réaction du groupe et le travail sur soi. Cette réponse nous paraît pour ce qui nous concerne peu convaincante.

Résumons. Une société verticale se tient debout. Une société horizontale, sans chefs ni élites véritables est molle, avachie, sans consistance, sans cap et sans avenir. Une telle société débouche sur l’anarchie. Citons Bossuet : « Où il n’y a pas de chef, tout le monde est chef. Où tout le monde est chef tout le monde est esclave ».

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Pour les différentes raisons que nous avons exposées, l’objectif d’égalité ne mérite pas l’aura dont il bénéficie, pas davantage que son statut de valeur suprême.

Une société bonne ne peut rechercher l’égalité. En revanche elle doit faire en sorte de limiter les inégalités et s’assurer que les dominants ne puissent écraser les autres. La société bonne, en d’autres termes, ne doit pas être égale mais fraternelle. C’est dire que la fraternité nous apparaît comme un concept très supérieur à celui d’égalité : nous y reviendrons.

 

La propagande immigrationniste : la technique du jeu-de-rôles

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 185 – juillet 2017)

 

Pour pouvoir poursuivre sa politique immigrationniste sans contestation majeure, le Système doit détourner l’attention de cette double réalité effarante : La France et l’Europe sont en train d’être envahies. Et cette invasion est voulue, encouragée, organisée par la classe dirigeante.

L’une des techniques les plus efficaces que le Système emploie pour enfumer l’opinion est celle du « jeu-de-rôles » : elle consiste à organiser sur la question de l’immigration un faux débat permanent sur des sujets mineurs.

Cette technique comprend deux éléments principaux. Elle conduit tout d’abord à dévier le débat concernant l’immigration sur des thématiques secondaires, parcellaires ou non pertinentes : le burkini, la laïcité, l’intégration…

Elle consiste, deuxièmement, à faire s’affronter sur chacun de ces thèmes deux thèses, dont les tenants se disputent violemment : la thèse officielle, immigrationniste modérée, et la thèse gauchiste, immigrationniste forcenée. La thèse officielle est présentée par les principaux dirigeants politiques et par les intellectuels les plus en vue. Sous le précédent gouvernement M. Valls était son porte-parole principal : le rôle sera désormais assumé par E. Macron. J.L. Mélenchon sera lui le principal porte-voix de la thèse gauchiste. Dans le monde des « experts », G. Kepel est l’un des représentants principaux de la thèse officielle, O. Roy de la thèse gauchiste. Lorsqu’un thème lié à l’immigration vient au premier plan de l’actualité, le débat entre les deux thèses s’enclenche immédiatement.

En organisant ce jeu de rôles, la classe dirigeante immigrationniste recherche un triple effet.

Centrer les débats sur des questions secondaires permet, premier effet, de détourner l’attention de l’essentiel. En faisant semblant de se disputer entre eux, les immigrationnistes créent l’illusion d’un débat, alors qu’en réalité le cœur du sujet, l’invasion migratoire en cours et ses conséquences tragiques, est évacué.

Multiplier les thèmes de débats permet deuxièmement de créer la confusion dans les esprits : recru de controverses, bombardé d’arguties, noyé sous les syllogismes, déstabilisé par les concepts qui s’entrechoquent, le lecteur, auditeur et électeur moyen ne sait plus finalement quoi penser.

La technique a un troisième objectif. Les deux thèses qui s’opposent vigoureusement et parfois violemment sont toutes les deux favorables à l’immigration, l’une avec mesure, l’autre dans l’extrémisme. Le Système ce faisant circonscrit le champ du débat qu’il tolère : la thèse hostile à l’immigration, dénoncée comme déraisonnable, outrancière, immorale et étrangère au « cercle de la raison », en est exclue.

La technique, que nous allons maintenant illustrer par une série d’exemples, comprend une subtilité supplémentaire. La thèse gauchiste est ressentie par la plupart des Français moyens comme effrayante et profondément antipathique. La chose est voulue : elle permet ainsi de valoriser la thèse officielle. Se met en œuvre plus précisément le procédé de la vaccination.

Prenons le cas d’un débat télévisé traitant la question de l’immigration, vue bien entendu sous un angle subalterne. Exemple : « Faut-il interdire le burkini ? ». Le porte-parole du Système qui participe à l’émission, politicien, intellectuel ou journaliste, commence par dénoncer le rôle nocif de l’extrême droite « qui met de l’huile sur le feu et répand la haine ». Un contradicteur gauchiste, l’un des émules de Mélenchon par exemple, après avoir à son tour vilipendé les « populistes », présente alors la thèse gauchiste : « Sous couvert de promouvoir le droit des femmes, ceux qui veulent interdire le burkini manifestent en réalité leur hostilité à l’islam et à l’immigration : l’interdiction du burkini relève donc en fait d’un forme de racisme ».

La phraséologie gauchiste ayant été ressentie par la plupart des auditeurs comme déplaisante et provocatrice, le porte-parole du Système peut alors énoncer doctement la thèse officielle, présentée comme un compromis raisonnable : « Le burkini doit pouvoir être interdit lorsque l’ordre public est en jeu. Mais il faut savoir faire preuve de souplesse et prendre garde à ne pas stigmatiser l’ensemble des musulmans, dont l’immense majorité sont tout à fait intégrés à la société française et n’ont rien à voir avec l’extrémisme ».

Le tour est joué. L’auditoire a été vacciné : on lui a inoculé en douceur la thèse immigrationniste. La thèse du Système, pourtant proche en réalité de la position gauchiste et comme elle immigrationniste, est apparue raisonnable et de juste milieu.

Quant à la thèse anti immigration, elle ne disposait pas, bien entendu, de représentant dans l’émission : personne n’est venu défendre l’idée selon laquelle la question subalterne du burkini est agitée pour occulter celle de l’invasion migratoire et du Grand remplacement en cours. Personne pour affirmer que, si l’invasion migratoire n’est pas arrêtée, elle détruira notre culture, nos mœurs, nos modes de vie et notre civilisation même. Personne pour expliquer que l’invasion migratoire est voulue par la classe dirigeante, à la fois pour des raisons économiques – constituer une économie mondiale, au sein de laquelle la main d’œuvre, interchangeable, circule librement – et idéologiques – construire un monde sans frontières -. Les compères de l’émission, adversaires pour la frime, se sont entendus pour que la thèse hostile à l’immigration soit évacuée.

On peut recenser six thèmes principaux liés à l’immigration qui sont mis en avant pour détourner l’attention et pour alimenter un débat factice entre immigrationnistes officiels et immigrationnistes extrémistes.

 

  • Le thème du terrorisme

Les attentats terroristes font naître un risque non nul pour la classe dirigeante : par leur accumulation et leur gravité croissante, ils pourraient conduire à ce que l’opinion en vienne à mettre en cause l’immigration elle-même. Le Système est jusqu’ici parvenu sans difficulté à dresser des contre-feux : la technique du jeu-de-rôles l’y aide puissamment.

La thèse officielle soutient que la victoire contre le terrorisme est avant tout une question d’investissement sécuritaire et d’efficacité policière et judiciaire. Elle prône le maintien de l’état d’urgence, la surveillance des fichés S ou leur assignation à résidence, la détention et le jugement des Français de retour du djihad. Les arrestations réalisées et les attentats eux-mêmes donnent l’occasion de déploiements spectaculaires de forces de l’ordre, donnant l’impression d’une action efficace et déterminée et crédibilisant la thèse officielle.

Les porte-paroles gauchistes viennent eux protester contre ces mesures, au nom des libertés publiques. Tel vote au parlement prolongeant l’état d’urgence ou telle décision judiciaire à la suite d’un recours permettent de relancer le débat entre immigrationnistes officiels « sécuritaires » et immigrationnistes gauchistes « défenseurs intransigeants des libertés ».

Dans le même registre, le Système défend l’idée que la lutte contre le terrorisme passe aussi par les interventions militaires à l’étranger, en association avec les pays qui luttent contre le djihad international. Comme pour les déploiements policiers en France, ces OPEX ont aussi pour intérêt d’illustrer la détermination des pouvoirs publics : les médias servent à l’opinion des gros plans sur les avions au décollage ; les membres du gouvernement, président de la république et ministre de la défense à leur tête, ne manquent pas une occasion de passer les troupes en revue en s’efforçant face caméra d’adopter une posture martiale. Ces interventions sur des théâtres étrangers ont également le grand intérêt de détourner l’attention de ce qui se passe en France.

Les gauchistes eux dénoncent ces interventions « qui causent la mort de civils innocents et donnent aux terroristes des prétextes pour venger par leurs actes les exactions impérialistes occidentales ». Les gauchistes ajoutent, à raison parfois, que le djihadisme a été pour partie suscité et instrumentalisé par les Occidentaux.

La thèse anti invasion n’obtient qu’exceptionnellement la possibilité d’être exprimée : « Le plus sûr moyen de faire  cesser le terrorisme serait de renvoyer la plupart des immigrés : pas d’immigration pas de terrorisme. Quant à l’armée, plutôt que d’être occupée dans le désert ou au fond de la jungle, elle serait plus utile pour éloigner les immigrés indésirables, rendre les frontières étanches et reprendre le contrôle des quartiers ».  Grâce notamment à la technique du jeu-de-rôles cette thèse est quasi absente du débat public.

Pour l’instant en tout cas, les techniques d’intoxication de l’opinion font que celle-ci absorbe placidement les attentats qui se succèdent, sans mettre en cause les gouvernements, sans dénoncer leur incurie, sans exiger l’arrêt de l’immigration. Le gouvernement actuel, comme celui qui l’a précédé, l’ont annoncé : « il faudra apprendre à vivre avec le terrorisme ». Les Français s’y emploient. Déjà les attentats mineurs ou ratés, sont mis sur le compte de « déséquilibrés » et passent rapidement au second plan. Bientôt les attentats ordinaires ne mériteront plus que quelques lignes dans les journaux. Le terrorisme est en voie de banalisation (voir cette chronique).

 

  • Le thème de l’islam

Le thème de l’islam fournit bien entendu un aliment privilégié à la technique du faux débat entre comparses.

La thèse officielle, relayée par les pouvoirs publics et la majorité des journalistes, intellectuels et experts, consiste à soutenir que le fondamentalisme et l’intégrisme et à fortiori la radicalisation et le terrorisme sont une déviation et une mauvaise interprétation de l’islam. Il serait donc tout à fait injustifié d’opérer un amalgame entre les intégristes et l’ensemble des musulmans, « dont l’immense majorité ne demandent qu’à s’intégrer ». La vulgate officielle poursuit en soulignant que les musulmans sont eux aussi les victimes des attentats parce qu’ils subissent la stigmatisation et le racisme que le terrorisme alimente. Les tenants de la thèse officielle achèvent en appelant les responsables musulmans à éradiquer le fondamentalisme en leur sein. Pour attester que « les musulmans sont membres à part entière de la communauté nationale », les immigrationnistes officiels multiplient les gestes symboliques, en saluant par exemple le début du ramadan ou en participant à la « rupture du jeune » comme il y a quelques jours E. Macron.

La thèse gauchiste adopte un point de vue provocateur, comme il est de règle. Selon elle, le fondamentalisme est la seule façon dont la jeunesse issue de l’immigration, marginalisée par le chômage, la relégation et les ghettos, stigmatisée par le racisme de l’extrême droite et humiliée par le comportement de la police, peut manifester sa colère et sa révolte. Selon les islamo-gauchistes, le fondamentalisme et le terrorisme sont donc à la fois l’expression d’une colère sociale et la traduction d’une révolte contre le racisme.

Ces deux thèses en présence ne correspondent pas à la réalité. La thèse islamo-gauchiste exprime sans fard l’esprit collabo. S’agissant de la thèse officielle bien-pensante, la distinction qu’elle opère entre islam intégriste et islam modéré est vide de sens, le djihadisme n’étant jamais qu’une application rigoureuse de l’islam. Plus fondamentalement, il n’y a pas de solution de continuité entre djihadistes et musulmans de base, qui ont en commun un certain nombre de fondamentaux, tels que le ressentiment contre l’occident. Les uns et les autres ont bien conscience également que le nombre sans cesse croissant des immigrés leur permettra de devenir majoritaires avant qu’il soit longtemps et de prendre ainsi une revanche historique sur des Européens qui les ont jusqu’ici dominés.

Marginalisé par le débat entre immigrationnistes, cette analyse « anti invasion » n’a pour ainsi dire par droit de cité. Ceux qui la développent, en particulier E. Zemmour et R. Camus, parviennent par leur talent à échapper à une mise à l’écart complète. La justice vient apporter sa contribution à l’entreprise d’éviction des dissidents : c’est ainsi que ce même E. Zemmour vient une nouvelle fois d’être condamné pour provocation à la haine raciale.

 

  • Le thème des réfugiés

Le thème des réfugiés est également une bonne occasion d’alimenter un débat factice entre immigrationnistes.

La thèse officielle est balancée, comme il se doit, toute en nuances et en apparente modération. « Les réfugiés, qui fuient les guerres doivent être accueillis. Mais il faut en même temps s’efforcer d’empêcher que l’asile ne devienne un moyen dans lequel s’engouffre l’immigration économique et pour ce faire lutter contre les réseaux de passeurs ».

En regard de cette thèse officielle, la thèse gauchiste milite pour qu’on ne fixe « pas de limites à la solidarité ». La perspective d’un tri entre les migrants est dénoncée comme discriminatoire et renvoie selon les gauchistes « aux heures les plus sombres ». De façon plus générale la thèse gauchiste milite pour un monde sans frontières : no borders.

On voit une fois encore tout l’intérêt du jeu de rôle. La thèse gauchiste étant ressentie par tous les Français moyens comme irresponsable, la thèse officielle apparaît par contraste équilibrée et raisonnable.

La réalité n’a rien à voir, pourtant, avec la thèse officielle (et moins encore, bien entendu, avec la thèse gauchiste). Dans la réalité le droit d’asile est depuis des décennies détourné de son objet. La plupart des 100 000 demandes d’asile annuelles ne sont pas présentées par des familles de réfugiés mais par des hommes jeunes et seuls venant d’Afrique et non des pays du Moyen-Orient en guerre. 70 % des demandeurs d’asile sont d’ailleurs déboutés : mais aucun ou presque n’est expulsé. Les déboutés du droit d’asile se maintiennent pendant quelques années en France en situation irrégulière avant finalement d’être régularisés. La procédure d’asile est ainsi devenue une voie d’immigration, avec la complicité des pouvoirs publics.

Il va sans dire que cette analyse anti invasion n’a pas voix au chapitre, étouffée qu’elle est par le pseudo débats entre les deux complices de l’immigrationnisme.

 

  • Le thème de l’intégration

Le thème de l’intégration est lui aussi l’occasion de débats enflammés entre faux-frères ennemis, aussi opposés en apparence que d’accords sur la nécessité de poursuivre l’immigration.

La thèse officielle prône l’intégration des immigrés et affirme qu’elle est bien en cours : par le travail, par l’accès à la nationalité, par le partage des valeurs républicaines essentielles, la majorité des immigrés s’intègrent de façon satisfaisante, en dépit des difficultés, comme le montrent la réussite de ces entrepreneurs, étudiants et politiciens issus de l’immigration. La multiplication des mariages mixtes illustre également la réalité du processus d’intégration. La thèse officielle ajoute que la réussite de l’intégration est également de la responsabilité de la société française, qui doit se montrer ouverte et inclusive. Elle doit notamment accepter l’introduction de mécanismes de discrimination positive. Elle doit surtout rejeter l’extrême-droite qui, par ses positions xénophobes et intolérantes, contribue à freiner le processus d’intégration.

La thèse gauchiste récuse l’objectif même d’intégration. La phraséologie gauchiste est en substance la suivante : « Prétendre intégrer les immigrés à la société française constitue une attitude néo coloniale, voire raciste et manifeste une posture de supériorité envers la culture de l’Autre. La volonté d’intégration constitue également une violence envers les immigrés, sommés d’abandonner leur culture et de se dépouiller de leurs traditions ». C’est pourquoi les gauchistes soutiennent le refus d’intégration des « Indigènes de la république » et les universités sans Blancs qu’ils organisent.

Là encore la thèse officielle ignore (délibérément bien entendu) la réalité (sans parler de la thèse gauchiste, qui joue sa fonction de repoussoir). La réalité est que l’intégration est impossible (voir cette chronique). Impossible parce que les immigrés sont animés par le ressentiment, lequel est une conséquence de la situation d’immigré elle-même, premièrement ; des conflits et contentieux séculaires entre l’Afrique et l’Occident deuxièmement ; et troisièmement de la nature même de l’islam, religion politique incompatible avec la civilisation européenne. Il y a encore une dernière raison, la principale : l’intégration des immigrés est impossible parce que les immigrés n’en veulent pas. Ils savent qu’ils sont en train de conquérir l’Europe par leur nombre et qu’ils vont pouvoir prendre leur revanche à brève échéance et laver les humiliations subies depuis des siècles. Il n’y a pas d’intégration possible parce que les immigrés sont là désormais pour coloniser l’Europe, l’occuper, la conquérir.

Il va sans dire, que dans le débat public, cette vision pessimiste des choses est tenue à l’écart du débat public, étouffée par le jeu-de-rôle et par la vigilance sourcilleuse de la justice immigrationniste.

 

  • Le thème de la république et de ses valeurs

Un autre débat qu’affectionne le Système immigrationniste a pour thème « les valeurs de la république ». Selon la thèse officielle, le djihadisme et l’intégrisme s’attaquent à la république et à ses valeurs, et en particulier à deux d’entre elles : la laïcité et le statut de la femme. « C’est en s’arc-boutant à ces valeurs, partagées par l’immense majorité des musulmans que l’on combattra le plus efficacement le djihadisme ».

La thèse gauchiste dénonce à l’inverse la prétention des Français à imposer leurs valeurs. Pour les gauchistes, exiger des immigrés qu’ils adoptent nos normes relève du néo colonialisme, au même titre que les objurgations à s’intégrer que nous leur adressons. « Au lieu de demander aux immigrés d’adopter nos valeurs, il s’agit au contraire d’intégrer les leurs à la république, qui s’est construite par l’agrégation d’apports culturels successifs ». Quant au voile et au burkini, ils ne sont pas nécessairement à rejeter avec mépris : « il faut voir en effet, disent les gauchistes, que voile et burkini sont d’abord une façon de se protéger contre le sexisme et le machisme, aussi présents parmi les Français de souche que chez les immigrés ».

Ces disputes entre la thèse officielle et les islamo-gauchistes sur la question des valeurs relèvent une fois encore de l’enfumage. La réalité est que les terroristes, djihadistes et autres intégristes ne s’attaquent nullement à nos Valeurs pas plus qu’ils ne luttent contre la République, concepts qui les indifférent absolument. Ils sont engagés dans une opération de conquête de l’Europe, par le nombre, par l’intimidation et par la violence : cette réalité géopolitique et historique est sans rapport avec « les valeurs républicaines » que veulent défendre les porte-paroles Francs-maçons du Système.

 

  • Le thème du passé coupable de la France

Un dernier débat est mis en scène par le Système de façon régulière : il porte sur « le passé coupable » de la France et de l’Europe,

Selon la thèse officielle, les difficultés d’intégration des immigrés sont pour partie liées au passé de la France : les croisades, l’esclavage, la colonisation… Il appartient aux autorités Françaises de reconnaître les responsabilités de la France et de présenter des excuses. Dans cet esprit le président Chirac avait transformé le musée des colonies en musée de l’immigration. De même depuis une vingtaine d’années, les programmes scolaires ont été remaniés pour faire une large place aux questions d’esclavage et de colonisation, traitées sous l’angle de la repentance. Reflétant la position officielle du Système, le candidat Macron a franchi une étape supplémentaire,en déclarant que la France colonisatrice s’était rendue coupable d’un crime contre l’humanité.

La thèse gauchiste va plus loin encore, comme de juste, et radicalise la thèse officielle. La France ne doit pas se contenter de reconnaître et de commémorer : elle devrait aussi réparer. Selon les gauchistes, « les pays africains, dont les difficultés de développement résultent pour une bonne part de la colonisation, sont ainsi en droit d’exiger le versement de réparations financières ». De même, les gauchistes font valoir qu’en réparation des crimes commis, la France a le devoir d’accueillir les immigrés, descendants de ceux qui en ont été les victimes. Certains gauchistes sont encore plus radicaux et considèrent que l’immigration massive et le terrorisme sont, pour la France et l’Europe coupables, un juste retour des choses et une punition méritée.

Tout est faux dans ces deux positions immigrationnistes, l’officielle et la gauchiste, dictées l’une et l’autre par l’esprit collabo. Les croisades ? Elles ont été une réponse à l’invasion par les arabes du monde méditerranéen.

L’esclavage ?  Les Africains eux-mêmes y ont activement contribué, les peuples dominants vendant aux négriers européens les tribus vaincues. Les Arabes  réduisaient en esclavage les Européens que leurs pirates faisaient prisonniers. Quant aux Africains, les Arabes ont eux-mêmes pratiqué une traite des Noirs active. Aujourd’hui encore dans les pays sahéliens de nombreux Noirs sont en situation d’esclaves.

La colonisation ? Voulue au dix-neuvième siècle par la gauche et les républicains, la colonisation française a sans doute constitué une erreur, en dépit de ce que les colonisateurs ont pu réaliser sur place (infrastructures, écoles, dispensaires…). Pour autant la colonisation, à l’évidence, n’explique en rien les « difficultés de développement » que rencontrent les pays africains dits « pauvres ». Le chaos qui s’est installé dans de nombreux pays africains est dû à différents facteurs dans lesquels les Occidentaux n’ont qu’une part minime ou nulle : guerres tribales, impéritie des Etats, traditions de prédation sur une base clanique, guerres incessantes, racisme meurtrier. Mais le principal facteur du « sous-développement » est bien la démographie incontrôlée des Africains : les Européens n’ont à cet égard aucune responsabilité (sauf à ce qui leur soit reproché d’avoir introduit en Afrique la vaccination, réduisant par là-même la mortalité infantile de façon radicale).

Les crimes commis par la France en Algérie ? Si crimes il y a (Sétif…) il convient de les mettre en regard de ceux commis par les Algériens, à l’égard des harkis, massacrés en violation des accords d’Evian, et à l’égard des Européens (on commémore ces jours-ci le massacre, le viol et la torture d’au moins 2000 civils européens par les Algériens, à Oran le 5 juillet 1962 quelques jours après la signature des accords d’Evian).

Il convient d’ajouter cet élément décisif. En admettant que l’on puisse reprocher à la France telle ou telle faute voire tel ou tel crime commis dans le passé, on ne voit pas en quoi cela devrait nous conduire à accepter aujourd’hui l’invasion du pays par des immigrés et notre mise en minorité sur notre propre sol.

Bien entendu, cette vision des choses, qui rejette toute repentance, est à peu près totalement exclue du débat public.

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En mettant en scène un affrontement factice entre deux positions immigrationnistes, l’officielle et l’islamo-gauchiste, le Système fait en sorte qu’il occupe tout l’espace du débat public. La position « anti immigration » en est ainsi évincée.

S’il advenait que la classe dirigeante soit un jour jugée pour haute trahison, la pratique intensive du jeu-de-rôles immigrationniste figurerait sans doute en bonne place dans l’acte d’accusation.

 

Comment l’Insee manipule les chiffres de l’immigration

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 184 – juillet 2017)

 

Pour pouvoir poursuivre sa politique immigrationniste sans encombres et sans que la population de souche ne se révolte, la classe dirigeante met en œuvre différentes techniques de propagande et d’intoxication. L’une des principales consiste à manipuler les chiffres concernant l’immigration qu’elle choisit de rendre publics.

Deux organismes publics, l’Insee et l’Ined, sont chargés de fabriquer les chiffres de l’immigration. Ces institutions se livrent à trois manipulations principales, qui usent de la même technique : truquer la définition des concepts utilisés, afin d’obtenir des chiffres sans rapport avec la réalité

 

  • Les chiffres de l’immigration ne comptabilisent que les première et deuxième générations

La première manipulation, la plus importante, consiste à évacuer des chiffres tous les immigrés de la troisième génération et des générations suivantes. Elle repose sur l’adoption d’une définition restrictive de ce qu’est l’immigration.

Selon l’Insee, en effet, un « immigré » est une personne, résidant en France, qui est née à l’étranger et qui était de nationalité étrangère à sa naissance. Autrement dit, selon cette définition, quelle que soit son origine, celui qui est né en France n’est pas un immigré : l’Insee considère qu’il est « descendant d’immigré ». L’Insee définit ainsi le « descendant d’immigré » comme une personne née en France dont l’un des deux parents ou moins est « immigré ». Ces définitions, comme on va le voir, conduisent à ne comptabiliser que les immigrés de la première et de la deuxième génération.

La première génération d’immigrés est née à l’étranger avant de venir s’installer en France : ce sont les « immigrés » au  sens de la définition de l’Insee.

Les immigrés de la deuxième génération, c’est-à-dire les enfants des immigrés de première génération, sont eux nés en France. Ce sont eux que l’Insee nomme « descendants d’immigrés ».

Les enfants des « descendants d’immigrés » ne sont pas, eux, considérés par l’Insee comme des descendants d’immigrés, puisque leurs parents sont, par définition, nés en France. Autrement dit les personnes appartenant à la troisième génération de l’immigration sont considérées par l’Insee au même titre que les Français de souche. Il en est de même des générations suivantes.

Prenons l’exemple d’un Algérien arrivé en France en 1965 à l’âge de 20 ans pour travailler dans les usines automobiles. Imaginons qu’il ait fait venir en 1976, à la faveur de la nouvelle loi autorisant le regroupement familial, sa femme et les trois enfants qu’il avait d’elle à cette date. Cet Algérien et sa familles seront considérés par l’Insee comme des « immigrés » (puisqu’ils sont nés étrangers à l’étranger).

Imaginons que cet Algérien ait eu avec sa femme un quatrième enfant, un garçon né en France en 1977. Cet enfant sera, selon l’Insee, un « descendant d’immigré », puisque né en France de parents immigrés.

Imaginons maintenant que ce garçon né en 1977 ait à son tour, en 2000, à 23 ans, avec une femme elle-même d’origine algérienne, un premier enfant, qui seront suivis de 4 autres. Ces 5 enfants ne seront comptabilisés par l’Insee ni comme immigrés, ni comme descendants d’immigrés. Alors qu’ils sont issus de l’immigration, dont ils constituent la troisième génération, ils seront comptabilisés par l’Insee comme des Français de souche. Il en sera de même des générations suivantes (c’est ainsi que, les premiers immigrés non européens étant arrivés en nombre au début des années soixante, ont désormais commencé à naître en France des immigrés de la quatrième génération).

Les définitions de l’Insee sont donc, on le voit, abusivement restrictives. Les immigrés de troisième génération sont bel et bien des descendants d’immigrés : ils sont pourtant comptabilisés par l’Insee comme le sont les Français de souche.

Les responsables de l’Insee justifient leurs chiffres en affirmant qu’à compter de la troisième génération, les personnes originaires de l’immigration sont intégrées à la société française au même titre que les Français de souche. Cette argumentation est manifestement sans rapport avec la réalité : les personnes de la troisième génération restent ethniquement et culturellement issues de l’immigration. La plupart sont musulmanes. De même on peut constater que les intégristes et djihadistes appartiennent fréquemment à la troisième génération de l’immigration.

 

  • Les chiffres de l’Insee mêlent l’immigration européenne et non européenne

Sur la base de ces définitions, l’Insee publie les chiffres suivants. Selon l’Insee les « immigrés » en 2013 étaient 5,8 millions. Concernant les « descendants d’immigrés », l’Insee estime qu’en 2008, ils représentaient 11 % de la population métropolitaine, soit 6,8 millions de personnes (remarquons au passage que le dernier chiffre publié par l’Insee sur ce point date de près de dix ans). En additionnant les deux chiffres (même s’ils ne portent pas sur la même année), on obtient 12,6 millions de personnes qui, selon l’Insee, résident en France et sont immigrés ou descendants d’immigrés.

Ces chiffres en apparence robustes et carrés permettent aux « experts » d’affirmer que « tous les chiffres sont sur la table, contrairement à ce que prétend la fachosphère ». Ces données de l’Insee pourtant ne correspondent pas à la réalité.

Ces chiffres tout d’abord, comme on l’a vu plus avant, ne tiennent pas compte des immigrés de la troisième génération. Ils sont trompeurs également pour une deuxième raison : ils mélangent en effet l’immigration non européenne et l’immigration de personnes originaires d’autres pays européens. Il faut se reporter à différents tableaux enfouis dans les documents et le site de l’Insee pour prendre une mesure approximative de l’immigration non européenne.

S’agissant des « immigrés », un tableau de « deuxième niveau » nous apprend que, sur le total de 5,8 millions d’immigrés, 3,708 sont non-européens. Concernant les « descendants d’immigrés », un autre tableau, partiel et alambiqué (il ne concerne que les  personnes de 18 à 50 ans ?!) permet de conclure que les descendants d’immigrés non européens représentent 55 % du total de 6,8 millions, soit 3,74 millions. Selon ces tableaux, l’immigration non européenne (immigrés + descendants) serait donc, non pas de 12,6 millions mais de 7,448 millions (3,708 + 3,74).

On voit que les chiffres totaux mis en avant par l’Insee sur son site et ses documents principaux, conçus pour introduire la confusion, ne signifient rien. Ils sont trop élevés pour rendre compte de l’immigration non européenne, puisqu’ils mêlent immigration européenne et non européenne. Ils sont en même temps abusivement minorés puisqu’ils ne comptabilisent que les immigrés de première et deuxième génération.

Au terme de ces différentes manipulations, le but recherché par l’Insee est atteint : il est impossible de connaître même approximativement le nombre des immigrés non européens et de leurs descendants résidant en France.

 

  • Le « solde migratoire » de l’Insee mêle les étrangers et les Français

La troisième manipulation concerne  le chiffre du « solde migratoire », qui est la différence entre les entrées du territoire et les sorties. Ce solde annuel est pour 2016 de 67 000.

Les  experts malhonnêtes, relayés par les médias, utilisent ce chiffre pour démontrer que l’immigration est faible : « Si l’on prend en compte les immigrés qui s’installent en France et  ceux qui en repartent, le nombre des immigrés présents sur le territoire n’augmente que de 67 000 par an, ce qui est peu, rapporté à la population française ». Cette démonstration suffit sans doute à convaincre et à rassurer la plupart de ceux qui en prennent connaissance. Or ce chiffre de 67 000 n’a aucune valeur.

Ce chiffre du solde migratoire est sans signification tout d’abord parce qu’il ne repose pas sur des bases statistiques solides. Il n’existe pas en effet en France d’enregistrement des entrées et des sorties du territoire. Le nombre des immigrés qui entrent en France de façon légale pour s’y installer est connu car le ministère de l’intérieur leur délivre des titres de séjour une fois qu’ils sont entrés sur le territoire, titres de séjour qui sont comptabilisés. En revanche le nombre des sorties du territoire ne fait lui l’objet d’aucune comptabilisation. Dans ces conditions le solde migratoire de l’Insee ne peut résulter d’un décompte : il ne constitue qu’une estimation.

L’absence d’enregistrement et de comptabilisation des entrées et des sorties peut être analysée comme le signe d’une mauvaise administration : mais elle a le grand intérêt de contribuer à camoufler la réalité des flux migratoires.

Ce solde migratoire relativement faible permet aux experts malhonnêtes de prétendre que « de nombreux immigrés repartent». Cette affirmation est comme on vient de le voir sans fondement statistique. Elle est en outre très probablement mensongère : on ne voit pas en effet ce qui pourrait conduire à repartir les immigrés qui ont rejoint la France pour tirer parti des différents avantages qu’elle leur offre (travail, prestations sociales, services publics…).

Le solde migratoire est sans signification pour une deuxième raison : il rend compte des flux immigrés de toute origine, non européens comme européens.

Le solde soit disant « migratoire » n’a aucunement la signification que lui donnent les experts et commentateurs de mauvaise foi pour une dernière raison : il vise à rendre compte des entrées et des sorties du territoire, quelle que soit la nationalité des personnes concernées. C’est ainsi qu’un Français qui part s’installer à Londres réduit le solde migratoire positif et l’augmente s’il revient.

Ces différentes caractéristiques n’empêchent nullement les experts de s’appuyer sur le solde migratoire de l’Insee pour affirmer que « les flux migratoires n’ont rien à voir avec les fantasmes de la fachosphère ».

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Les données que l’Insee publie sont donc partielles, biaisées, déformées. L’Insee cache les deux chiffres essentiels : le nombre des immigrés non européens et de leurs descendants présents sur le territoire ; le nombre des immigrés supplémentaires qui s’installent chaque année.

Si elles camouflent les données essentielles, l’Insee et les autres institutions publiques qui produisent des statistiques (Ined, services statistiques des différents ministères) abreuvent en revanche le public de chiffres portant sur des questions accessoires : la place de la femme dans la population originaire de l’immigration, les modalités de l’insertion professionnelle des immigrés, les modes de consommation des populations issues de l’immigration… Sur des thèmes de ce type, les tableaux, graphiques, gloses et commentaires abondent. Les revues « scientifiques » et les travaux de recherche sont innombrables. Le déluge statistique joue un rôle majeur dans l’opération d’enfumage : multiplier les chiffres concernant la périphérie du sujet pour mieux en cacher le cœur.

Il se trouve pourtant que, curieusement, l’administration laisse à l’occasion filtrer, par négligence ou inconséquence, certains éléments chiffrés, qui, décryptés et mis bout à bout, prouvent la réalité de l’invasion et du Grand Remplacement. On connaît ainsi le chiffre annuel de l’immigration légale : 200 000 immigrés non européens s’installent chaque année en France. L’ordre de grandeur de l’immigration irrégulière est lui aussi connu : au moins 70 000 (soit le nombre des déboutés de leur demande d’asile, jamais expulsés). On connaît même approximativement le nombre annuel des naissances issues de l’immigration non européenne : 300 000. On connaît donc le nombre total des immigrés non européens supplémentaires qui chaque année naissent ou s’installent en France : plus de 500 000 (desquels il faut déduire le nombre des décès et des départs, qui lui n’est pas connu mais qui est probablement très faible).

Les flux sont donc à peu près connus : entre 4 et 500 000 immigrés non européens supplémentaires par an. Et le stock ? Au moins 15 millions de façon certaine. Entre 15 et 20. Nous reviendrons sur ce point, en tentant d’être plus précis.

 

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Défense de la civilisation et des peuples européens

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 183 – juin 2017)

 

L’élection d’E. Macron entraîne une recomposition politique majeure. Son parti a absorbé le centre, l’aile centre-gauche du PS et l’aile centre-droit des républicains. Cette union nouvelle est logique, ces différents courants partageant les mêmes conceptions : ils sont partisans d’une économie libérale mondialisée, de l’immigration et de réformes sociétales libertaires. Ils menaient depuis quatre décennies la politique mondialiste et immigrationniste par alternance, tantôt sous l’étiquette socialiste tantôt sous celle de la droite : ils la conduiront désormais regroupés dans le nouveau parti créé par Macron.

A gauche, l’opposition anticapitaliste à ce nouveau parti central s’organisera probablement autour de Mélenchon, auxquels devront se rallier ceux des socialistes qui n’auront pas rejoint Macron. A droite, la droite conservatrice et le FN devront sans doute s’allier s’ils veulent pouvoir offrir une alternative au nouveau parti dominant.

De nombreux observateurs ont affirmé que l’élection de Macron correspondait à la disparition des vieux clivages obsolètes et en faisait apparaître de nouveaux. Le diagnostic est incontestable mais laisse cette question ouverte : quels sont les clivages qui rendent compte aujourd’hui de l’état de la société française ?

 

  • Gauche et droite ?

Le clivage gauche-droite à l’évidence n’a plus de pertinence. Il est obsolète de longue date déjà, depuis que les socialistes au milieu des années quatre-vingt ont fait le choix d’adopter une politique économique de mondialisation libérale, se mettant ainsi à l’unisson des autres gouvernements européens. La gauche et la droite gouvernent depuis lors par alternance pour mener la même politique.

Depuis le tournant des années quatre-vingt, les deux camps qui structuraient jusqu’à ces dernières semaines la politique française sont l’un et l’autre divisés. Cohabitent ainsi au sein de la gauche des partisans et des adversaires du libéralisme économique et de la mondialisation. De même, à gauche comme à droite, on trouve des partisans de l’UE et de l’Europe fédérale aussi bien que des souverainistes. Faisant disparaître ce clivage gauche-droite obsolète, le nouveau parti de Macron constitue une clarification logique.

 

  • Progressistes et conservateurs ?

Le clivage pertinent est-il désormais, comme l’affirme E. Macron, l’opposition entre conservateurs et progressistes ? Le nom qu’il a retenu pour son parti est l’illustration de cette conception : il s’agit pour lui de rassembler ceux qui refusent le conservatisme et l’immobilisme. On retrouve là l’écho du projet des révolutionnaires de la fin du 18e siècle fondateurs de la modernité : faire le choix du progrès et de la modernité contre la tradition. Du passé faisons table rase.

Pour notre part ce clivage nous paraît dépourvu de signification : le progrès en soi ne constitue pas une valeur à laquelle on puisse se rallier.

Il paraît assez clair en effet que les faux progrès abondent et que les soi-disant progrès nuisibles ou dangereux ne sont pas rares. On voit bien par exemple que l’essor du progrès technique à compter de la révolution industrielle a déclenché un processus de dégradation de l’environnement. De même la science débridée est susceptible de provoquer des évolutions non maîtrisées : elle est aujourd’hui à même de modifier jusqu’à la nature humaine. L’économie de consommation de masse et l’urbanisation, saluées comme des progrès majeurs et moteurs de la forte croissance des trente glorieuses, ont manifestement déstabilisé nos sociétés en profondeur. De même encore, les progrès sanitaires et la réduction de la mortalité infantile ont entraîné une explosion catastrophique de la population du tiers monde. De façon générale le règne de la modernité et la mise à bas globale de la société traditionnelle ont entraîné des bouleversements dont la portée ne peut encore être mesurée.

Dans de nombreux domaines il apparaît bien préférable de ne pas révérer le progrès avec trop de dévotion, de refuser les progrès aux conséquences difficiles à appréhender, de prendre plutôt le parti de la prudence. L’instinct de conservation est une loi qu’il convient de considérer avec respect : qui ne souhaite ainsi conserver la bonne santé dont il jouit et l’équilibre de vie qu’il a acquis ? La conservation des acquis et de l’essentiel apparaissent bien préférables et doivent conduire à savoir renoncer aux mirages de la nouveauté introduite sans réflexion préalable. On voit par-là combien l’opposition entre progressistes et conservateurs apparaît peu pertinente et factice.

 

  • Pro et anti européens ?

Le clivage pertinent n’est pas non plus celui qui opposerait les pro et les anti européens. Tout le monde ou presque est en effet favorable à une coopération étroite entre pays européens. Le débat en la matière porte sur deux points.

Les uns sont favorables à la construction européenne, telle qu’elle se déroule sous l’égide de l’UE.  Les autres, dont nous sommes, sont des adversaires de cette Union européenne, qu’ils dénoncent comme une Europe libérale et mondialiste, inféodée aux Etats-Unis et ne respectant pas les vœux de la majorité de l’électorat, ainsi que l’a illustré la façon dont les dirigeants européens n’ont tenu aucun compte du « non » à l’UE exprimé par la majorité des Français lors du référendum de 2005.

L’autre point de discorde majeur est de savoir si l’Europe doit être de nature fédérale et intégrée ou fondée à l’inverse sur une logique de coopération entre Etats souverains.

Cependant, en dépit de ces divergences majeures, personne en France ou presque n’est anti européen. Chacun considère que la France doit entretenir des relations privilégiées avec les autres pays européens. En d’autres termes tous les Français estiment que les relations que la France doit entretenir avec les Européens ne peuvent pas être de même nature qu’avec les autres régions du monde.

 

  • Mondialistes et souverainistes ?

Le clivage autour duquel le FN a structuré sa stratégie et sa communication est lui aussi non pertinent. Sous l’influence de F. Philippot, le FN affirme depuis plusieurs années que le clivage majeur se situe entre les partisans de la restauration de la souveraineté de la France d’une part et les mondialistes d’autre part. Ce clivage est non pertinent et il l’est doublement.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non pertinente d’abord parce qu’elle laisse de côté la question européenne. C’est ainsi que le souverainisme du FN a été compris comme une hostilité à la construction européenne. C’est d’abord parce qu’il a été perçu comme anti européen que le FN a été nettement rejeté par une majorité de l’électorat en 2017 comme il l’avait été en 2012. La stratégie du FN articulée autour de ce clivage entre mondialistes et souverainistes constitue une erreur majeure.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non adaptée, en second lieu, parce qu’elle fait porter l’accent sur une question finalement secondaire. Même lorsqu’ils sont hostiles à la mondialisation, les gens ne sont pas attachés à la restauration de la souveraineté française comme un objectif en soi. Tout dépend des politiques suivies : retrouver une souveraineté pour mener de mauvaises politiques n’intéresse personne.

Beaucoup de gens, dont nous sommes, sont hostiles aux politiques économiques libérales, aux délocalisations et à l’immigration. Mais la question de savoir qu’elle est l’instance qui conduit ces politiques, soit l’union européenne soit l’Etat souverain, est sans importance. En d’autres termes, les Français, sûrement majoritaires, qui souhaitent un arrêt de l’immigration applaudiront l’Union européenne si celle-ci décide le moment venu d’aller dans ce sens.

 

  • « Mondialistes » contre « défenseurs de la civilisation et des peuples européens »

Le clivage pertinent nous semble-t-il est lié à la notion de civilisation et de peuplement. Il oppose ceux qui veulent conserver la civilisation européenne et défendre le droit des peuples européens à rester majoritaires sur leur sol et maître chez eux et ceux qui sont favorables à un monde sans frontières, permettant notamment la libre circulation des populations.

La civilisation européenne comprend deux éléments majeurs. La culture et les coutumes tout d’abord, issues du mariage de la raison grecque et de la foi chrétienne.

Le mode d’organisation des sociétés européennes constitue aujourd’hui le second élément clé de leur civilisation. Avec des différences entre l’Europe du nord, l’Europe latine et l’Europe centrale, il combine des services publics et une sécurité sociale, un Etat qui joue un rôle actif de régulateur tout en préservant les libertés, une économie mixte mêlant économie de marché et intervention publique.

Quant au droit des peuples européens de rester majoritaires sur leur sol et maîtres chez eux, il signifie nécessairement l’arrêt de l’invasion mais également la mise en œuvre de politiques conduisant au départ d’une partie substantielle des immigrés présents.

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Reste à trouver un terme qui rende compte au mieux de ce clivage fondamental. Renaud Camus propose d’opposer Remplacistes et Anti-remplacistes. La formule met l’accent sur l’essentiel : le projet de l’élite est de procéder à un double remplacement. L’éviction des peuples européens au profit de nouveaux venus. Et celle de la civilisation européenne au profit d’une civilisation mondialisée. La formule brillante de Renaud Camus a le défaut cependant de s’adresser à des initiés.

Pourrait-on opposer aux mondialistes les « patriotes européens » ? Là encore la formule a des défauts, la notion de patrie, qui a d’abord été de gauche avant de passer à droite, étant revendiquée par tout le monde.

Faut-il retenir ce vocable : « Les identitaires » ? Il nous semble que le terme est lui aussi un peu hermétique, moins net et moins parlant que celui de civilisation.

« Français de souche » ? L’essentiel est dit. Mais il manque la dimension européenne.

La formule à retenir devrait nous semble-t-il comprendre le mot de civilisation européenne et celui de peuples européens. Elle devrait signifier qu’il s’agit de construire et de défendre une Europe qui qui se protège de la mondialisation et de l’immigration. Cette formule pourrait-elle convenir ? « Avenir de la civilisation et des peuples européens »

 

Une haine légitime et salutaire

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 182 – juin 2017)

 

Face à son adversaire principal, l’extrême-droite, le Système utilise différentes techniques de propagande. Les électeurs d’extrême-droite sont accusés tout à la fois d’être peureux et lâches, d’être peu instruits et mal informés, d’être moralement mauvais et de souffrir de différents désordres psychologiques (voir cette chronique). Mais le principal procédé destiné à la discréditer est le suivant : l’extrême-droite est accusée d’être animée par la haine et de la propager. Lorsque l’extrême-droite est évoquée par les médias, le terme de « haine » est presque toujours utilisé. De même depuis sa création, le FN est désigné par ce sobriquet : le « F’haine ».

L’effet recherché est double. Le procédé permet d’une part de présenter les extrémistes de droite comme des personnes moralement douteuses animées de mauvais sentiments. Il permet d’autre part d’imputer à l’extrême-droite une partie de la responsabilité dans la situation de tension et de dégradation du Vivre ensemble. Le raisonnement mis en avant par le Système est simple et efficace. L’extrême-droite affiche sa haine et la propage : elle la provoque donc en retour et attise les tensions. Elle serait dès lors pour partie responsable du comportement des délinquants et des auteurs d’attentats, dont l’agressivité, le ressentiment et le refus d’intégration seraient des réactions à la haine qu’ils ressentent chez un trop grand nombre de Français de souche partisans de l’extrême-droite.

C’est ainsi qu’à l’occasion de chaque attentat, les terroristes et l’extrême-droite, « tous deux animés par la haine », sont mis sur le même plan, présentés comme les deux faces d’une même pièce et dénoncés comme également coupables (voir cette chronique).

La méthode est efficace. Beaucoup de gens reprennent sans réfléchir cette idée toute faite et la considèrent comme un fait acquis : « animée par la haine et la propageant, l’extrême-droite est pour partie responsable de la haine éprouvée en retour par certains immigrés et de leur refus de s’intégrer ».

Est-il possible de demander à ceux qui reprennent à leur compte cette accusation et la reçoivent comme une évidence de bien vouloir y réfléchir quelques instants, afin peut-être de prendre conscience de son inanité ?

 

  • Vouloir rester maître chez soi n’a rien à voir avec la haine

Ce qui domine chez les partisans de l’extrême-droite n’est pas la haine. Les anime pour l’essentiel la volonté de défendre les frontières de leur pays, de préserver leur civilisation, de pouvoir conserver leurs coutumes et leur mode de vie, de rester sur leur sol en situation de large majorité et maîtres chez eux. Ils souhaitent que leurs dirigeants les défendent face à ce qu’ils considèrent comme une invasion. Tout cela ne relève pas du registre de la haine. Vouloir continuer à vivre entre soi et selon les règles et usages ancestraux ne constitue pas une attitude haineuse.

Les partisans d’un monde sans frontières soutiennent au contraire que le simple fait de défendre l’existence des frontières et l’entre soi déchaîne par lui-même les passions et les haines nationalistes et provoquent les guerres.

Quoiqu’aujourd’hui dominant, ce raisonnement bien-pensant est pourtant erroné. L’attachement aux frontières et à l’entre soi ne débouche pas nécessairement sur le nationalisme agressif et sur les guerres. Les Tibétains, entre autres exemples, veulent défendre leur identité, souhaiteraient rester majoritaires et maîtres chez eux et s’opposent à la colonisation chinoise : personne ne les accuse d’adopter ce faisant une démarche haineuse. Inversement, ainsi que l’a illustré l’exemple de l’URSS et du communisme international, l’internationalisme peut tout à fait susciter la haine et entraîner les pires conflits tant civils qu’extérieurs.

 

  • La haine se rencontre surtout chez les adversaires de l’extrême-droite

Les anathèmes adressés aux partisans de l’extrême-droite, accusés d’être saisis par la haine, sont contestables pour une seconde raison, également puissante : il est aisé de constater que c’est bien chez les adversaires de l’extrême-droite que la haine sans fard se rencontre le plus souvent.

La haine est à l’évidence présente, tout d’abord, dans les motivations des auteurs d’attentats terroristes. A cet égard en mettant systématiquement sur le même plan les terroristes et l’extrême-droite parce qu’ils auraient en partage « la même haine » , l’élite dirigeante et les médias procèdent de façon évidemment malhonnête et obscène. Combien de morts à mettre au compte de la haine d’extrême-droite ?

De même il est faux et malhonnête de prétendre que la haine éprouvée par les terroristes et autres radicaux islamistes constitue une résultante de l’attitude haineuse de l’extrême-droite et de ses partisans. Une des preuves les plus évidentes en est que les pays d’Europe du Nord, où il n’y a pas de partis d’extrême-droite, sont eux aussi victimes des attentats et de la délinquance, du fait de leur immigration pourtant toute récente. De même ces pays particulièrement ouverts et tolérants ne peuvent encourir aucune des accusations portées à l’encontre de la France par exemple, sur le terrain de l’esclavage, de la colonisation, de la soi-disant exploitation des travailleurs immigrés, du soi-disant racisme des autochtones ou encore des interventions militaires françaises dans le monde arabo-musulmans : cela ne les protège nullement de la haine des terroristes et des immigrés violents et revendicatifs.

La haine est également fortement présente chez les adversaires politiques de l’extrême-droite. La haine éprouvée par les élites, politiciens, intellectuels, gens de spectacle, journalistes, à l’égard de l’extrême-droite transparaît sans détour à l’occasion de chacune de leurs prises de position sur le sujet. De même la haine des « antifas » à l’égard de l’extrême droite n’est pas à démontrer. De façon générale les électeurs de gauche cachent rarement dans leurs prises de position les sentiments haineux qu’ils éprouvent le plus souvent à l’égard des partisans de l’extrême droite, accusés tout à la fois de populisme, de xénophobie, de racisme, de franchouillardise et d’étroitesse d’esprit. Il est aisé de constater que, dans les discussions publiques ou privées, la crispation, l’intolérance et la colère sont le plus souvent le fait des électeurs et militants de gauche. Elément supplémentaire : ce sont les militants d’extrême-droite qui sont le plus souvent victimes dans le cadre de leurs actions militantes, de menaces et d’agressions verbales et physiques.

Il est également remarquable de constater combien les gens de gauche font généralement preuve d’une agressivité et même souvent d’une haine assumée pour dénoncer ce qu’ils détestent : les frontières nationales, la famille, la religion catholique, les valeurs traditionnelles ou la notion même de civilisation européenne.

On se trouve là  en présence d’un procédé de propagande aussi malhonnête que classique : l’inversion accusatoire. Pour les camoufler et détourner l’attention, les auteurs de turpitudes en accusent leurs adversaires. Ceux que la haine anime accusent ainsi leurs ennemis d’être haineux. Sur le plan rhétorique ce renversement de la réalité est malheureusement le plus souvent efficace.

 

  • La haine qu’il est possible d’éprouver à l’égard de l’élite et de ses agissements est légitime

Les adversaires de l’extrême-droite détenant tous les pouvoirs, ils peuvent se permettre d’être haineux. La haine voyante est en revanche interdite aux partisans de l’extrême droite. En position de faiblesse et menacés de procès, ils sont obligés à la discrétion.

Admettons que certains partisans de l’extrême-droite puissent éprouver une haine rentrée, d’autant plus enracinée et profonde qu’elle doit être cachée : il nous semble que si tel est le cas cette  haine est pleinement légitime.

L’arrivée des immigrés qui envahissent le pays ne peut que susciter la crainte. Mais à l’égard de ceux des immigrés qui, de surcroît, sont des délinquants ou des criminels, c’est bien la haine qui est compréhensible. Elle est compréhensible également envers ceux qui se comportent de façon provocatrice, revendicative et agressive. De ceux qui affichent par de multiples procédés leur refus d’intégration. De ceux qui multiplient les « incivilités » et les comportements d’intimidation. De ceux qui par effet de nombre, menace ou simple « pression de regard » obligent les autochtones à changer de trottoir et à baisser les yeux.

Mais la haine la plus légitime est celle qu’il est possible d’éprouver à l’égard des élites et des dirigeants, qui nous trahissent. L’invasion migratoire en effet, il faut y insister de nouveau, n’est pas un phénomène exogène et fortuit,  qu’il serait impossible d’interrompre ni même de ralentir. Tout au contraire elle est voulue, encouragée et organisée par l’élite des différents pays d’Europe occidentale (voir cette chronique).

Les motivations de l’élite sont pour partie économiques. Les dirigeants des entreprises et les détenteurs de capitaux ont intérêt à ce qu’une main d’œuvre bon marché puisse circuler librement. Ils ont intérêt plus généralement à ce que les grands groupes multinationaux qu’ils possèdent et dirigent puissent évoluer au sein d’un marché mondialisé.

L’élite est également mue par l’idéologie et cherche à bâtir, contre les nations et contre les peuples, un monde sans frontières, multiculturel et multiracial, un monde de citoyens du monde.

Ces gens ce faisant sont en train de détruire les vieux pays de l’Europe occidentale. Ils sont en train de les rendre progressivement invivables pour la majorité des populations de souche. Par le moyen de l’immigration, ils ont placé les gens ordinaires dans l’insécurité. Ils écrasent la classe moyenne d’impôts et de charges pour pouvoir financer l’immigration qu’ils ont organisée et le traitement social du chômage qu’ils ont provoqué en délocalisant l’industrie.

Ils sont en train de ruiner les règles de base de la vie en société. De spolier les populations européennes de souche de leur héritage De détruire des sociétés européennes qui, en paix depuis plus d’un demi-siècle, auraient pu, sans l’immigration, éprouver la douceur de vivre. Ils sont en train de provoquer un processus de tiers-mondisation générale. Ils sont en train qui plus est de créer les conditions d’une guerre civile qui, sous une forme « tiède », a déjà commencé (voir cette chronique).

Dans le même temps, ces élites en situation de haute trahison s’enrichissent de façon incommensurable et se sont ménagées des positions de repli dans les endroits de la planète qu’elles tiennent à l’abri de ces processus calamiteux.

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Face aux phénomènes catastrophiques auxquels nos sociétés sont confrontées, il est légitime d’éprouver de la haine à l’égard des élites, qui les ont volontairement déclenchés. Quant à l’absence de haine envers les responsables, elle n’est aucunement louable : elle relève en effet soit de l’aveuglement soit de la complicité.