Défense de la civilisation et des peuples européens

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 183 – juin 2017)

 

L’élection d’E. Macron entraîne une recomposition politique majeure. Son parti a absorbé le centre, l’aile centre-gauche du PS et l’aile centre-droit des républicains. Cette union nouvelle est logique, ces différents courants partageant les mêmes conceptions : ils sont partisans d’une économie libérale mondialisée, de l’immigration et de réformes sociétales libertaires. Ils menaient depuis quatre décennies la politique mondialiste et immigrationniste par alternance, tantôt sous l’étiquette socialiste tantôt sous celle de la droite : ils la conduiront désormais regroupés dans le nouveau parti créé par Macron.

A gauche, l’opposition anticapitaliste à ce nouveau parti central s’organisera probablement autour de Mélenchon, auxquels devront se rallier ceux des socialistes qui n’auront pas rejoint Macron. A droite, la droite conservatrice et le FN devront sans doute s’allier s’ils veulent pouvoir offrir une alternative au nouveau parti dominant.

De nombreux observateurs ont affirmé que l’élection de Macron correspondait à la disparition des vieux clivages obsolètes et en faisait apparaître de nouveaux. Le diagnostic est incontestable mais laisse cette question ouverte : quels sont les clivages qui rendent compte aujourd’hui de l’état de la société française ?

 

  • Gauche et droite ?

Le clivage gauche-droite à l’évidence n’a plus de pertinence. Il est obsolète de longue date déjà, depuis que les socialistes au milieu des années quatre-vingt ont fait le choix d’adopter une politique économique de mondialisation libérale, se mettant ainsi à l’unisson des autres gouvernements européens. La gauche et la droite gouvernent depuis lors par alternance pour mener la même politique.

Depuis le tournant des années quatre-vingt, les deux camps qui structuraient jusqu’à ces dernières semaines la politique française sont l’un et l’autre divisés. Cohabitent ainsi au sein de la gauche des partisans et des adversaires du libéralisme économique et de la mondialisation. De même, à gauche comme à droite, on trouve des partisans de l’UE et de l’Europe fédérale aussi bien que des souverainistes. Faisant disparaître ce clivage gauche-droite obsolète, le nouveau parti de Macron constitue une clarification logique.

 

  • Progressistes et conservateurs ?

Le clivage pertinent est-il désormais, comme l’affirme E. Macron, l’opposition entre conservateurs et progressistes ? Le nom qu’il a retenu pour son parti est l’illustration de cette conception : il s’agit pour lui de rassembler ceux qui refusent le conservatisme et l’immobilisme. On retrouve là l’écho du projet des révolutionnaires de la fin du 18e siècle fondateurs de la modernité : faire le choix du progrès et de la modernité contre la tradition. Du passé faisons table rase.

Pour notre part ce clivage nous paraît dépourvu de signification : le progrès en soi ne constitue pas une valeur à laquelle on puisse se rallier.

Il paraît assez clair en effet que les faux progrès abondent et que les soi-disant progrès nuisibles ou dangereux ne sont pas rares. On voit bien par exemple que l’essor du progrès technique à compter de la révolution industrielle a déclenché un processus de dégradation de l’environnement. De même la science débridée est susceptible de provoquer des évolutions non maîtrisées : elle est aujourd’hui à même de modifier jusqu’à la nature humaine. L’économie de consommation de masse et l’urbanisation, saluées comme des progrès majeurs et moteurs de la forte croissance des trente glorieuses, ont manifestement déstabilisé nos sociétés en profondeur. De même encore, les progrès sanitaires et la réduction de la mortalité infantile ont entraîné une explosion catastrophique de la population du tiers monde. De façon générale le règne de la modernité et la mise à bas globale de la société traditionnelle ont entraîné des bouleversements dont la portée ne peut encore être mesurée.

Dans de nombreux domaines il apparaît bien préférable de ne pas révérer le progrès avec trop de dévotion, de refuser les progrès aux conséquences difficiles à appréhender, de prendre plutôt le parti de la prudence. L’instinct de conservation est une loi qu’il convient de considérer avec respect : qui ne souhaite ainsi conserver la bonne santé dont il jouit et l’équilibre de vie qu’il a acquis ? La conservation des acquis et de l’essentiel apparaissent bien préférables et doivent conduire à savoir renoncer aux mirages de la nouveauté introduite sans réflexion préalable. On voit par-là combien l’opposition entre progressistes et conservateurs apparaît peu pertinente et factice.

 

  • Pro et anti européens ?

Le clivage pertinent n’est pas non plus celui qui opposerait les pro et les anti européens. Tout le monde ou presque est en effet favorable à une coopération étroite entre pays européens. Le débat en la matière porte sur deux points.

Les uns sont favorables à la construction européenne, telle qu’elle se déroule sous l’égide de l’UE.  Les autres, dont nous sommes, sont des adversaires de cette Union européenne, qu’ils dénoncent comme une Europe libérale et mondialiste, inféodée aux Etats-Unis et ne respectant pas les vœux de la majorité de l’électorat, ainsi que l’a illustré la façon dont les dirigeants européens n’ont tenu aucun compte du « non » à l’UE exprimé par la majorité des Français lors du référendum de 2005.

L’autre point de discorde majeur est de savoir si l’Europe doit être de nature fédérale et intégrée ou fondée à l’inverse sur une logique de coopération entre Etats souverains.

Cependant, en dépit de ces divergences majeures, personne en France ou presque n’est anti européen. Chacun considère que la France doit entretenir des relations privilégiées avec les autres pays européens. En d’autres termes tous les Français estiment que les relations que la France doit entretenir avec les Européens ne peuvent pas être de même nature qu’avec les autres régions du monde.

 

  • Mondialistes et souverainistes ?

Le clivage autour duquel le FN a structuré sa stratégie et sa communication est lui aussi non pertinent. Sous l’influence de F. Philippot, le FN affirme depuis plusieurs années que le clivage majeur se situe entre les partisans de la restauration de la souveraineté de la France d’une part et les mondialistes d’autre part. Ce clivage est non pertinent et il l’est doublement.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non pertinente d’abord parce qu’elle laisse de côté la question européenne. C’est ainsi que le souverainisme du FN a été compris comme une hostilité à la construction européenne. C’est d’abord parce qu’il a été perçu comme anti européen que le FN a été nettement rejeté par une majorité de l’électorat en 2017 comme il l’avait été en 2012. La stratégie du FN articulée autour de ce clivage entre mondialistes et souverainistes constitue une erreur majeure.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non adaptée, en second lieu, parce qu’elle fait porter l’accent sur une question finalement secondaire. Même lorsqu’ils sont hostiles à la mondialisation, les gens ne sont pas attachés à la restauration de la souveraineté française comme un objectif en soi. Tout dépend des politiques suivies : retrouver une souveraineté pour mener de mauvaises politiques n’intéresse personne.

Beaucoup de gens, dont nous sommes, sont hostiles aux politiques économiques libérales, aux délocalisations et à l’immigration. Mais la question de savoir qu’elle est l’instance qui conduit ces politiques, soit l’union européenne soit l’Etat souverain, est sans importance. En d’autres termes, les Français, sûrement majoritaires, qui souhaitent un arrêt de l’immigration applaudiront l’Union européenne si celle-ci décide le moment venu d’aller dans ce sens.

 

  • « Mondialistes » contre « défenseurs de la civilisation et des peuples européens »

Le clivage pertinent nous semble-t-il est lié à la notion de civilisation et de peuplement. Il oppose ceux qui veulent conserver la civilisation européenne et défendre le droit des peuples européens à rester majoritaires sur leur sol et maître chez eux et ceux qui sont favorables à un monde sans frontières, permettant notamment la libre circulation des populations.

La civilisation européenne comprend deux éléments majeurs. La culture et les coutumes tout d’abord, issues du mariage de la raison grecque et de la foi chrétienne.

Le mode d’organisation des sociétés européennes constitue aujourd’hui le second élément clé de leur civilisation. Avec des différences entre l’Europe du nord, l’Europe latine et l’Europe centrale, il combine des services publics et une sécurité sociale, un Etat qui joue un rôle actif de régulateur tout en préservant les libertés, une économie mixte mêlant économie de marché et intervention publique.

Quant au droit des peuples européens de rester majoritaires sur leur sol et maîtres chez eux, il signifie nécessairement l’arrêt de l’invasion mais également la mise en œuvre de politiques conduisant au départ d’une partie substantielle des immigrés présents.

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Reste à trouver un terme qui rende compte au mieux de ce clivage fondamental. Renaud Camus propose d’opposer Remplacistes et Anti-remplacistes. La formule met l’accent sur l’essentiel : le projet de l’élite est de procéder à un double remplacement. L’éviction des peuples européens au profit de nouveaux venus. Et celle de la civilisation européenne au profit d’une civilisation mondialisée. La formule brillante de Renaud Camus a le défaut cependant de s’adresser à des initiés.

Pourrait-on opposer aux mondialistes les « patriotes européens » ? Là encore la formule a des défauts, la notion de patrie, qui a d’abord été de gauche avant de passer à droite, étant revendiquée par tout le monde.

Faut-il retenir ce vocable : « Les identitaires » ? Il nous semble que le terme est lui aussi un peu hermétique, moins net et moins parlant que celui de civilisation.

« Français de souche » ? L’essentiel est dit. Mais il manque la dimension européenne.

La formule à retenir devrait nous semble-t-il comprendre le mot de civilisation européenne et celui de peuples européens. Elle devrait signifier qu’il s’agit de construire et de défendre une Europe qui qui se protège de la mondialisation et de l’immigration. Cette formule pourrait-elle convenir ? « Avenir de la civilisation et des peuples européens »

 

Une haine légitime et salutaire

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 182 – juin 2017)

 

Face à son adversaire principal, l’extrême-droite, le Système utilise différentes techniques de propagande. Les électeurs d’extrême-droite sont accusés tout à la fois d’être peureux et lâches, d’être peu instruits et mal informés, d’être moralement mauvais et de souffrir de différents désordres psychologiques (voir cette chronique). Mais le principal procédé destiné à la discréditer est le suivant : l’extrême-droite est accusée d’être animée par la haine et de la propager. Lorsque l’extrême-droite est évoquée par les médias, le terme de « haine » est presque toujours utilisé. De même depuis sa création, le FN est désigné par ce sobriquet : le « F’haine ».

L’effet recherché est double. Le procédé permet d’une part de présenter les extrémistes de droite comme des personnes moralement douteuses animées de mauvais sentiments. Il permet d’autre part d’imputer à l’extrême-droite une partie de la responsabilité dans la situation de tension et de dégradation du Vivre ensemble. Le raisonnement mis en avant par le Système est simple et efficace. L’extrême-droite affiche sa haine et la propage : elle la provoque donc en retour et attise les tensions. Elle serait dès lors pour partie responsable du comportement des délinquants et des auteurs d’attentats, dont l’agressivité, le ressentiment et le refus d’intégration seraient des réactions à la haine qu’ils ressentent chez un trop grand nombre de Français de souche partisans de l’extrême-droite.

C’est ainsi qu’à l’occasion de chaque attentat, les terroristes et l’extrême-droite, « tous deux animés par la haine », sont mis sur le même plan, présentés comme les deux faces d’une même pièce et dénoncés comme également coupables (voir cette chronique).

La méthode est efficace. Beaucoup de gens reprennent sans réfléchir cette idée toute faite et la considèrent comme un fait acquis : « animée par la haine et la propageant, l’extrême-droite est pour partie responsable de la haine éprouvée en retour par certains immigrés et de leur refus de s’intégrer ».

Est-il possible de demander à ceux qui reprennent à leur compte cette accusation et la reçoivent comme une évidence de bien vouloir y réfléchir quelques instants, afin peut-être de prendre conscience de son inanité ?

 

  • Vouloir rester maître chez soi n’a rien à voir avec la haine

Ce qui domine chez les partisans de l’extrême-droite n’est pas la haine. Les anime pour l’essentiel la volonté de défendre les frontières de leur pays, de préserver leur civilisation, de pouvoir conserver leurs coutumes et leur mode de vie, de rester sur leur sol en situation de large majorité et maîtres chez eux. Ils souhaitent que leurs dirigeants les défendent face à ce qu’ils considèrent comme une invasion. Tout cela ne relève pas du registre de la haine. Vouloir continuer à vivre entre soi et selon les règles et usages ancestraux ne constitue pas une attitude haineuse.

Les partisans d’un monde sans frontières soutiennent au contraire que le simple fait de défendre l’existence des frontières et l’entre soi déchaîne par lui-même les passions et les haines nationalistes et provoquent les guerres.

Quoiqu’aujourd’hui dominant, ce raisonnement bien-pensant est pourtant erroné. L’attachement aux frontières et à l’entre soi ne débouche pas nécessairement sur le nationalisme agressif et sur les guerres. Les Tibétains, entre autres exemples, veulent défendre leur identité, souhaiteraient rester majoritaires et maîtres chez eux et s’opposent à la colonisation chinoise : personne ne les accuse d’adopter ce faisant une démarche haineuse. Inversement, ainsi que l’a illustré l’exemple de l’URSS et du communisme international, l’internationalisme peut tout à fait susciter la haine et entraîner les pires conflits tant civils qu’extérieurs.

 

  • La haine se rencontre surtout chez les adversaires de l’extrême-droite

Les anathèmes adressés aux partisans de l’extrême-droite, accusés d’être saisis par la haine, sont contestables pour une seconde raison, également puissante : il est aisé de constater que c’est bien chez les adversaires de l’extrême-droite que la haine sans fard se rencontre le plus souvent.

La haine est à l’évidence présente, tout d’abord, dans les motivations des auteurs d’attentats terroristes. A cet égard en mettant systématiquement sur le même plan les terroristes et l’extrême-droite parce qu’ils auraient en partage « la même haine » , l’élite dirigeante et les médias procèdent de façon évidemment malhonnête et obscène. Combien de morts à mettre au compte de la haine d’extrême-droite ?

De même il est faux et malhonnête de prétendre que la haine éprouvée par les terroristes et autres radicaux islamistes constitue une résultante de l’attitude haineuse de l’extrême-droite et de ses partisans. Une des preuves les plus évidentes en est que les pays d’Europe du Nord, où il n’y a pas de partis d’extrême-droite, sont eux aussi victimes des attentats et de la délinquance, du fait de leur immigration pourtant toute récente. De même ces pays particulièrement ouverts et tolérants ne peuvent encourir aucune des accusations portées à l’encontre de la France par exemple, sur le terrain de l’esclavage, de la colonisation, de la soi-disant exploitation des travailleurs immigrés, du soi-disant racisme des autochtones ou encore des interventions militaires françaises dans le monde arabo-musulmans : cela ne les protège nullement de la haine des terroristes et des immigrés violents et revendicatifs.

La haine est également fortement présente chez les adversaires politiques de l’extrême-droite. La haine éprouvée par les élites, politiciens, intellectuels, gens de spectacle, journalistes, à l’égard de l’extrême-droite transparaît sans détour à l’occasion de chacune de leurs prises de position sur le sujet. De même la haine des « antifas » à l’égard de l’extrême droite n’est pas à démontrer. De façon générale les électeurs de gauche cachent rarement dans leurs prises de position les sentiments haineux qu’ils éprouvent le plus souvent à l’égard des partisans de l’extrême droite, accusés tout à la fois de populisme, de xénophobie, de racisme, de franchouillardise et d’étroitesse d’esprit. Il est aisé de constater que, dans les discussions publiques ou privées, la crispation, l’intolérance et la colère sont le plus souvent le fait des électeurs et militants de gauche. Elément supplémentaire : ce sont les militants d’extrême-droite qui sont le plus souvent victimes dans le cadre de leurs actions militantes, de menaces et d’agressions verbales et physiques.

Il est également remarquable de constater combien les gens de gauche font généralement preuve d’une agressivité et même souvent d’une haine assumée pour dénoncer ce qu’ils détestent : les frontières nationales, la famille, la religion catholique, les valeurs traditionnelles ou la notion même de civilisation européenne.

On se trouve là  en présence d’un procédé de propagande aussi malhonnête que classique : l’inversion accusatoire. Pour les camoufler et détourner l’attention, les auteurs de turpitudes en accusent leurs adversaires. Ceux que la haine anime accusent ainsi leurs ennemis d’être haineux. Sur le plan rhétorique ce renversement de la réalité est malheureusement le plus souvent efficace.

 

  • La haine qu’il est possible d’éprouver à l’égard de l’élite et de ses agissements est légitime

Les adversaires de l’extrême-droite détenant tous les pouvoirs, ils peuvent se permettre d’être haineux. La haine voyante est en revanche interdite aux partisans de l’extrême droite. En position de faiblesse et menacés de procès, ils sont obligés à la discrétion.

Admettons que certains partisans de l’extrême-droite puissent éprouver une haine rentrée, d’autant plus enracinée et profonde qu’elle doit être cachée : il nous semble que si tel est le cas cette  haine est pleinement légitime.

L’arrivée des immigrés qui envahissent le pays ne peut que susciter la crainte. Mais à l’égard de ceux des immigrés qui, de surcroît, sont des délinquants ou des criminels, c’est bien la haine qui est compréhensible. Elle est compréhensible également envers ceux qui se comportent de façon provocatrice, revendicative et agressive. De ceux qui affichent par de multiples procédés leur refus d’intégration. De ceux qui multiplient les « incivilités » et les comportements d’intimidation. De ceux qui par effet de nombre, menace ou simple « pression de regard » obligent les autochtones à changer de trottoir et à baisser les yeux.

Mais la haine la plus légitime est celle qu’il est possible d’éprouver à l’égard des élites et des dirigeants, qui nous trahissent. L’invasion migratoire en effet, il faut y insister de nouveau, n’est pas un phénomène exogène et fortuit,  qu’il serait impossible d’interrompre ni même de ralentir. Tout au contraire elle est voulue, encouragée et organisée par l’élite des différents pays d’Europe occidentale (voir cette chronique).

Les motivations de l’élite sont pour partie économiques. Les dirigeants des entreprises et les détenteurs de capitaux ont intérêt à ce qu’une main d’œuvre bon marché puisse circuler librement. Ils ont intérêt plus généralement à ce que les grands groupes multinationaux qu’ils possèdent et dirigent puissent évoluer au sein d’un marché mondialisé.

L’élite est également mue par l’idéologie et cherche à bâtir, contre les nations et contre les peuples, un monde sans frontières, multiculturel et multiracial, un monde de citoyens du monde.

Ces gens ce faisant sont en train de détruire les vieux pays de l’Europe occidentale. Ils sont en train de les rendre progressivement invivables pour la majorité des populations de souche. Par le moyen de l’immigration, ils ont placé les gens ordinaires dans l’insécurité. Ils écrasent la classe moyenne d’impôts et de charges pour pouvoir financer l’immigration qu’ils ont organisée et le traitement social du chômage qu’ils ont provoqué en délocalisant l’industrie.

Ils sont en train de ruiner les règles de base de la vie en société. De spolier les populations européennes de souche de leur héritage De détruire des sociétés européennes qui, en paix depuis plus d’un demi-siècle, auraient pu, sans l’immigration, éprouver la douceur de vivre. Ils sont en train de provoquer un processus de tiers-mondisation générale. Ils sont en train qui plus est de créer les conditions d’une guerre civile qui, sous une forme « tiède », a déjà commencé (voir cette chronique).

Dans le même temps, ces élites en situation de haute trahison s’enrichissent de façon incommensurable et se sont ménagées des positions de repli dans les endroits de la planète qu’elles tiennent à l’abri de ces processus calamiteux.

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Face aux phénomènes catastrophiques auxquels nos sociétés sont confrontées, il est légitime d’éprouver de la haine à l’égard des élites, qui les ont volontairement déclenchés. Quant à l’absence de haine envers les responsables, elle n’est aucunement louable : elle relève en effet soit de l’aveuglement soit de la complicité.

 

« Réussir… Redresser… Rassembler… Renouveler… » : entre leurre et illusion

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 181 – mai 2017)

 

Après l’élection de Macron, la plupart des politiciens, des observateurs de la vie politique et des éditorialistes ont tous à peu près prononcé les mêmes mots : ils ont souhaité que le nouveau gouvernement réussisse ; qu’il s’attache à redresser la France ; qu’il parvienne à rassembler les Français ; et qu’il renouvelle les pratiques politiques.

Tous ces objectifs paraissent faire consensus et relever du registre du bon sens. Ils n’ont pourtant aucune signification véritable et sont destinés à abuser l’électorat.

 

  • Souhaiter la réussite du gouvernement ?

L’unanimité ou presque s’est manifestée pour souhaiter « la réussite du gouvernement ». Il s’agit là pourtant d’une formule dénuée de sens.

Le concept de réussite se justifie pour parler d’un coureur du dimanche qui s’est fixé pour objectif de faire le marathon en moins de quatre heures. Ou de quelqu’un qui entame un régime alimentaire en vue de revenir à son poids de jeune fille. Ou encore de celui qui a décidé d’arrêter de fumer. Mais dans le cas qui nous occupe, de quelle réussite peut-il s’agir ?

Les gouvernements depuis quarante ans ont mené des politiques conduisant à délocaliser ; à supprimer les barrières douanières ; à importer des travailleurs peu coûteux, immigrés ou détachés ; à faire peser sur les classes moyennes les impôts permettant le financement du traitement social du chômage.

Ces politiques ont été une réussite complète. Elles ont été appliquées efficacement et ont produit les résultats attendus : les profits des financiers, des propriétaires et des dirigeants des entreprises se sont envolés. Ces politiques de plus sont passées « comme lettre à la poste » : les politiques d’assistanat menées pour amortir leur coût social ont produit l’effet anesthésiant attendu. Du point de vue de leurs objectifs véritables, les politiques menées depuis quarante ans ont donc été de complètes réussites.

On voit bien, dès lors, que le concept de réussite n’a pas de sens. Réussite pour qui ? Les politiques menées depuis quatre décennies servent les intérêts de la classe dirigeante mondialisée et sont menées au détriment de la majorité de la population. De point de vue de la classe dirigeante le gouvernement Macron réussira s’il parvient à prolonger et à étendre ces politiques. Du point de vue de la majorité des Français, les Français de souche de classe moyenne et de classe populaire, cette réussite sera une catastrophe.

 

  • Redresser la France ?

De même l’objectif du « redressement de la France » auquel il est fait référence régulièrement n’a lui non plus aucun sens. Les mauvais chiffres de l’économie française ne sont mauvais que pour certains. Ils ne sont en aucune manière une mauvaise nouvelle pour la classe dirigeante.

Le déficit français des échanges extérieurs par exemple, qui tend à devenir structurel, est une conséquence des politiques de délocalisations, les échanges internationaux recouvrant en réalité des échanges internes aux entreprises multinationales. De même le déficit et l’endettement public sont eux-aussi ambivalents. Ils sont une mauvaise nouvelle pour ceux dont on augmente les impôts afin de les financer. Mais une bonne nouvelle pour les banques qui prêtent aux Etats. De même encore pour le chômage. Il constitue bien entendu une mauvaise chose pour les chômeurs. Mais il est sans effet pour les décideurs, le coût du traitement social du chômage et de l’assistanat pesant sur les classes moyennes, tandis que la classe dirigeante parvient par différents moyens à échapper à la fiscalité.

Autrement dit redresser la France n’a pas de sens. Les mauvaises performances de l’économie française sont une conséquence inévitable des politiques conduites en toute connaissance de cause par la classe dirigeante. Quant à leur incidence négative, ce n’est pas sur elle qu’elle pèse.

 

  • Rassembler les Français ?

De nombreux commentateurs et politiciens ont souhaité également que le gouvernement se donne pour objectif prioritaire de rassembler les Français et de « réunifier une société fracturée ». Là encore et pour les mêmes raisons que celles qui viennent d’être exposées, cet objectif est dépourvu de pertinence.

On peut souhaiter la réconciliation et le rassemblement de la famille après une dispute entre frères et sœurs. De même après la défaite d’une équipe sportive, lorsque chacun cherche à reporter sur l’autre les responsabilités, l’entraîneur doit essayer de ressouder et de rassembler le groupe afin de le remobiliser. Mais la situation de la France n’a rien à voir avec ce type de situation. Les Français sont divisés parce que leurs objectifs et leurs intérêts ne sont pas conciliables. Les uns ont intérêt à la disparition des frontières, d’autres à leur maintien. Certains ont intérêt à l’immigration, d’autres à son interruption urgente. D’aucuns ont intérêt à ce que l’impôt continue de peser sur la classe moyenne et sur les salariés, tandis que ces derniers ont évidemment intérêt à ce que cette situation cesse.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, il y a désormais trois France. La classe dirigeante d’une part, soutenue par ceux qui tirent profit de sa politique immigrationniste et mondialiste. La France de souche de classe moyenne et populaire, ensuite. La France immigrée enfin. La première et la troisième sont alliées contre la deuxième. Les intérêts des deux blocs ainsi constitués sont antagonistes : entre eux aucun « rassemblement » n’est possible.

 

  • Renouveler la politique ?

La campagne de M. Macron a été bâtie notamment sur cette promesse : le renouveau. Renouveler les pratiques politiques. Renouveler le personnel politique. Ouvrir la sphère politique à la société. Là encore ces objectifs et ces slogans sont illusoires. L’idée de renouveau résulte d’une illusion sur ce qu’est la politique.

Les pratiques en usage dans la sphère la politique n’ont, par nature, rien de commun avec le registre de la morale. Réussir en politique suppose d’être impitoyable et dénué de scrupules. De ne penser qu’à soi et à sa carrière. De savoir mentir et renier sa parole. De soutenir avec conviction le contraire de ce que l’on pense vraiment. De détruire ceux dont est proche sur le fond, parce qu’ils sont vos concurrents les plus directs. De s’allier à un puissant, de se mettre à son service et de le trahir le moment venu afin de prendre sa place ou de suivre un autre leader mieux placé. L’objectif de tout politicien en outre est de jouir du pouvoir et de tous les privilèges associés. Si l’on ne suit pas la règle commune, on sera considéré comme suspect et écarté.

La volonté de renouveler les pratiques politiques révèle là encore une confusion quant à la nature de la politique. La sphère politique n’a rien de commun avec le fonctionnement du camp de boy-scouts où l’entraide, la solidarité, l’honnêteté et la bravoure sont les vertus cardinales. La politique a bien des points communs avec la guerre, dont elle est un substitut. Les politiques sont des tueurs amoraux. C’est un fait. L’on peut-être souhaiter qu’ils aient certaines convictions ayant trait à l’intérêt général et qu’ils soient compétents. Mais peut-être n’est ce même pas nécessaire. Il suffit qu’ils aient le sentiment qu’en agissant dans le sens de l’intérêt général, ils assureront leur réussite propre. Ajoutons que tous les milieux concurrentiels et tous les lieux de pouvoir obéissent peu ou prou aux mêmes règles, qu’il s’agisse du monde de l’entreprise, de l’université, du milieu artistique ou du sport de haut niveau.

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Renouveler, rassembler, réussir, autant de sornettes destinées à amadouer le bon peuple crédule, avide de paix civile et de tranquillité personnelle. La France n’est pas et ne peut pas être paisible : comme nous l’avons souligné à différentes reprises, elle est au contraire entrée dans une période de guerre civile. Une guerre civile tiède, pour l’instant.

Ecole : La mixité ethnique… mais pour les autres

Chronique de Paysan Savoyard

(n°168 – janvier 2017)

 

L’un des objectifs poursuivis par la classe dirigeante est de promouvoir « la mixité sociale », aussi bien dans l’habitat que dans les écoles.

Il figure dès la première page du site du ministère de l’éducation nationale, où la ministre met en cause « la ségrégation sociale » et « les processus de ségrégation et d’exclusion » qui aboutissent à ce que « 10 % des collèges accueillent moins de 15 % d’élèves d’origine sociale défavorisée, tandis que. 10 % en accueillent plus de 63 % ».

La ministre annonce les intentions du gouvernement : « Il est urgent que la mixité sociale ne soit plus un souhait ou une injonction pour devenir une réalité. (…) Nous mettrons ainsi un terme à cette situation scandaleuse qui conduit des générations d’élèves à grandir dans le même pays sans jamais se rencontrer véritablement ».

La politique de mixité sociale, on le voit, se drape dans les grands principes : égalité, refus de l’exclusion, lutte contre la ségrégation… Cette politique se veut morale : elle est en réalité hypocrite et d’essence totalitaire.

 

  • « Social » ? Comprendre « ethnique »

La classe dirigeante et ses porte-voix mettent en avant un objectif de « mixité sociale ». Ils se signalent ainsi par leur hypocrisie puisque ce n’est évidemment pas de mixité sociale dont il s’agit. Ce que les Français refusent pour la plupart, et que l’oligarchie veut leur imposer, ce n’est pas la cohabitation des cadres et des dentistes avec des employés de bureau, des ouvriers ou des plombiers zingueurs : ce dont il s’agit c’est de mixité ethnique. Les Français dans leur immense majorité font en sorte de ne pas avoir à côtoyer, aussi bien dans leur immeuble qu’à l’école, des personnes originaires de l’immigration : c’est ce à quoi la classe dirigeante veut porter remède.

Nous sommes là en présence de l’une des composantes de la novlangue utilisée par le Régime pour dissimuler la réalité. Dans le lexique politiquement correct imposé par l’oligarchie, la cohabitation avec les immigrés devient « mixité sociale ». Les racailles et les bandits de banlieues se transforment en « jeunes des quartiers ». Les zones où ne résident plus que des immigrés parce que les Blancs les ont fuies se dénomment « banlieues défavorisées ». La cohabitation forcée entre Français de souche et immigrés est appelée « vivre ensemble ».

 

  • Imposer le vivre ensemble alors que personne n’en veut

Les élites se réclament à tout instant de la démocratie, l’une des principales valeurs de leur république. Ils n’ont de cesse de fustiger l’extrême droite et les populistes accusés d’être en réalité hostiles à la démocratie.

Dans les faits ces démocrates mettent en œuvre des politiques qui vont à l’encontre des souhaits majoritaires. Ils ont ainsi organisé une immigration massive sans avoir demandé l’avis des populations et en sachant même que la majorité des Français y sont hostiles comme le montrent toutes les études d’opinion depuis des décennies.

Ils veulent maintenant imposer la « mixité » c’est-à-dire la cohabitation forcée avec les immigrés, notamment dans le cadre scolaire. Là encore la majorité des Français ne veulent pas de ce vivre ensemble. Pour éviter la cohabitation scolaire, ils ont recours de façon croissante aux établissements privés. Les chiffres qui viennent d’être publiés par le ministère de l’éducation nationale montrent qu’en dix ans, le nombre d’élèves entrant en 6e dans les collèges privés a augmenté de plus de deux points, atteignant 22 % du total.

Encore faut-il signaler que la fuite vers l’enseignement privé serait plus importante encore si les crédits affectés par l’Etat aux établissements privés sous contrat n’étaient pas toisés par la loi (celle-ci prévoit en effet que les effectifs du privé sous contrat ne doivent pas excéder un quart du total des élèves).

Le Monde, l’un des principaux porte-paroles de la classe dirigeante, déplore dans son édito du 06/01/17 que l’école soit impuissante à enrayer « les stratégies familiales et sociales » qui visent à scolariser les élèves dans des classes « beaucoup plus homogènes » dans « une logique sociale d’entre-soi ».

Poursuivant leur logique totalitaire (voir notamment cet article), les soi-disant démocrates qui nous gouvernent recherchent à tout moment les moyens d’imposer ce vivre ensemble dont personne ne veut.

 

  • La mixité, mais seulement pour les autres

Ces politiques de mixité « sociale » atteignent des sommets d’hypocrisie et de duplicité : les membres de la classe dirigeante s’arrangent en effet pour échapper eux-mêmes à la mixité qu’ils veulent imposer aux autres. Habitant les quartiers privilégiés et plaçant leurs enfants dans les établissements protégés, ils sont experts dans les stratégies d’évitement décrites par C. Guilluy.

Si l’on en croit les auteurs d’une enquête publiée en 2015, de nombreux membres de la classe dirigeante scolarisent ainsi leurs enfants à l’Ecole alsacienne, école privée parisienne socialement et scolairement hyper sélective et protégée de toute immigration. On trouve dans la liste les noms de chauds partisans du vivre ensemble et de la mixité sociale, notamment ceux de Martine Aubry, Alain Juppé, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (que cela n’a pas empêché de devenir ministre de l’éducation nationale).

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Comme on le voit le culot des oligarques ne connaît décidément pas de limite. Non content d’être des traîtres, les membres de la classe dirigeante immigrationniste sont également d’incroyables tartuffes et des pharisiens de la pire espèce.

Haro sur les cheminées, les vaches et les automobilistes : petite leçon de propagande

Chronique de Paysan Savoyard

(n°167 – janvier 2017)

 

Trois bonnes résolutions pour ce début d’année : Ne plus brûler de bois dans la cheminée. Ne plus manger de viande. Laisser sa voiture au garage. Tels sont les commandements qui s’imposent à qui veut se comporter de façon éco-responsable, adopter un comportement citoyen et s’engager pour le développement durable.

Les cheminées à feu ouvert polluent, en effet, et leur efficacité énergétique est faible. Les élevages de bovins produisent du méthane, qui contribue à l’effet de serre. Les voitures fabriquent du CO2, autre gaz de même conséquence.

Ces recommandations écologistes partent donc d’une bonne intention. Elles n’en sont pas moins contestables et suspectes.

 

  • Les saints commandements écologistes mettent abusivement tout le monde dans le même sac

Les commandements environnementaux bien-pensants sont contestables parce qu’ils amalgament dans une condamnation indistincte des situations et des comportements sans rapport entre eux

La pollution atmosphérique est causée par le chauffage urbain, l’activité industrielle et les transports. Dans ce total les cheminées à feu ouvert ne représentent qu’une partie infime et négligeable de la production de CO2.

De même l’élevage de bovins contribue certes à la pollution atmosphérique. Mais les sources majeures de pollution sont les élevages intensifs de centaines de têtes, en Amérique du Sud et du Nord, en Hollande, en Allemagne… Il est absurde de mettre en cause dans le même mouvement les exploitations « hors-sol » de l’agro-industrie et les éleveurs de l’agriculture traditionnelle, ou ce qu’il en reste.

Quant aux voitures,  elles sont dans tous les cas une source de pollution, c’est entendu. Mais là encore mettre tous les automobilistes dans le même sac est intellectuellement malhonnête. Ce qui est contestable c’est l’utilisation de la voiture dans les grandes villes, où il est possible de mettre en place des transports en commun. En région parisienne, la pollution automobile est une conséquence de la croissance continue de l’agglomération, qui résulte elle-même de la concentration des emplois à Paris et dans quelques métropoles et de l’attribution de permis de construire de plus en plus loin du centre : ce sont ces politiques qui sont contestables. En revanche l’utilisation de la voiture en milieu diffus (hors grande agglomération) est indispensable et positive.

 

  • Les condamnations écologistes tout azimut visent à dissimuler les enjeux véritables

Les commandements écologistes désignent des cibles injustifiées dans le but de dissimuler les vrais enjeux.

En matière agricole, la propagande écologiste dénonce «  la viande » indistinctement. Elle évite ainsi que soit mis en cause de façon précise le principe de l’agriculture intensive, dédiée à la production de masse et à l’exportation. Ce modèle d’agriculture, qui a été mis en place en Europe dans les années soixante à l’imitation des Etats-Unis, a ruiné l’agriculture traditionnelle. Il a provoqué des pollutions de diverses natures, la désertification des parties non rentables du territoire et la destruction de nombreux emplois agricoles. Il est en outre à l’origine d’une production alimentaire probablement nocive pour la santé humaine.

De même la grande distribution, étroitement associée au système d’agriculture intensive, dégrade l’environnement notamment urbain. De même enfin la mondialisation des échanges agricoles élimine partout dans le monde la paysannerie traditionnelle, alimente l’exode rural, détruit l’indépendance alimentaire et déstructure les sociétés. Ce sont ces mécanismes et ces politiques qui méritent d’être débattus et mis en cause et non « la consommation de viande » de façon indistincte.

En matière de transport, culpabiliser tous les automobilistes de façon globale évite de faire porter le débat sur le phénomène de croissance des grandes agglomérations, qui augmente la durée des trajets domicile-travail et implique une augmentation de la circulation automobile.

Plutôt que l’automobile en soi, il faudra mettre en cause là encore la mondialisation et les délocalisations, qui entraînent une explosion des transports : il faut en effet acheminer vers l’Europe les produits qui y sont consommés et qui sont désormais dans presque toujours fabriqués en Asie.

Outre la croissance des transports qu’elle suppose, la mondialisation alimente également la pollution en ce qu’elle conduit à localiser la production industrielle dans les pays qui ne respectent aucune règle environnementale.

Il faudrait mettre en question, de même, les méthodes de production « à flux tendus » adoptées par les entreprises, qui leur permettent de faire l’économie des stocks. Ces méthodes de « zéro stock » impliquent de mettre en oeuvre des norias de camions : les stocks ne sont plus dans les hangars mais sur les routes.

Il faudrait mettre en débat la politique du tout TGV poursuivie par l’Etat et la SNCF depuis trois décennies, qui a contribué à ce que 80 % du fret soit désormais transporté par la route (il y a trente ans 80 % du fret était transporté par chemin de fer).

De même encore en matière de transport, on culpabilise l’automobiliste tandis qu’on fait tout pour développer le transport aérien, lui-même fortement polluant.

Surtout les objurgations écologistes évitent soigneusement de désigner la cause principale de la pollution et de la dégradation de l’environnement : l’augmentation folle de la population mondiale. Aussi bien en France qu’à l’échelle de la planète, l’augmentation continue de la population est le facteur principal de toutes les dégradations apportées à l’environnement puisqu’elle induit une hausse continue de la production industrielle, de la production alimentaire, du transport et du chauffage urbain.

La population mondiale augmente pour l’essentiel en Asie et en Afrique : elle entraîne une immigration importante qui se dirige pour l’essentiel vers l’Europe. Rappelons qu’en France, la population française qui était de 50 millions en 1968 (France métropolitaine) atteint désormais 63 millions et continue à augmenter. Cette forte augmentation est due exclusivement à l’immigration. Compte tenu de la natalité de la population de souche, la population en France et en Europe aurait sans immigration cessé d’augmenter depuis déjà plusieurs décennies.

 

  • Culpabiliser les Français moyens pour éviter la mise en cause de la classe dirigeante

La mise en cause des soirées au coin du feu, des barbecues de l’été et de la voiture pour aller chercher le pain ont pour objectif de rendre chacun coupable. Le but est de culpabiliser les Français moyens, pour les inhiber, les fragiliser et les empêcher de mettre en cause les responsables des politiques d’ensemble. Chacun doit se sentir coupable de quelque chose. Et à celui qui voudra mettre en cause les responsabilités de la classe dirigeante, les journalistes, les intellectuels et les militants répondront : « Et toi tu fais quoi ? ». Les chiens de garde du Système ajouteront : « Avant de mettre en cause les autres il faut d’abord examiner son propre comportement. Ne pas voir la paille chez les autres et oublier la poutre chez soi ». Et les Français moyens, honteux, désemparés, désarçonnés par ces sophismes, ne sauront plus quoi dire…

Le Système utilise le même mécanisme de culpabilisation (voir cette chronique) avec le domaine de la sécurité routière. Pour différentes raisons la classe dirigeante choisit délibérément le laxisme en matière de délinquance. La propagande routière vise à culpabiliser l’automobiliste moyen et à lui faire croire qu’il est lui aussi un délinquant  : l’assimilation des automobilistes au monde de la délinquance inhibe les Français moyens et leur interdit toute révolte contre la politique de laxisme envers les voyous et les bandits.

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Ajoutons ce dernier élément. Les commandements écologistes sont aussi le reflet des parti-pris sociologiques et idéologiques de leurs inspirateurs. Les écolos sont des urbains et des libertaires. Ils se méfient du monde rural, trop souvent réactionnaire. Ils détestent aussi, et jalousent, les bourgeois traditionnels, fiers de la cheminée de leur résidence normande ou de leur domicile versaillais.

Les écolos bobos urbains habitent le centre de Paris et peuvent donc se dispenser de voiture. Ils prennent en revanche fréquemment le TGV pour leur WE à Toulouse ou Amsterdam, l’avion pour leurs escapades à Berlin ou Barcelone.

Le voyageur du transport aérien est d’ailleurs porté aux nues par l’ensemble de la classe dominante, paré qu’il est de toutes les vertus. Acteur de la mondialisation, il discute parts de marché à Francfort, plan marketing à Dubaï, avant de filer à Londres pour le WE en famille. Cultivé, moderne, curieux de tout, friand de rencontres avec l’Autre, il efface les frontières d’un coup d’aile : l’usager du transport aérien est un citoyen du monde.

Il méprise in petto ce français cadre moyen, qui après le métro et le trajet en train, au volant de sa voiture dans les encombrements, rejoint en sa banlieue chaque soir son lotissement.

 

Bonne année aux lecteurs du blog. Merci de votre fidélité. Paysan Savoyard

Attentat de Berlin : encore un coup de l’extrême-droite

Chronique de Paysan Savoyard

(n°166 – décembre 2016)

 

Nouvel attentat islamique en Europe, à Berlin cette fois : 12 morts. Le terrorisme prend des airs d’habitude. Comme déjà à Nice, un camion dans la foule… Comme à chaque fois les bougies sur le trottoir. La revendication par l’Etat islamique. Le profil du terroriste, entre islam et délinquance…

Comme à chaque fois le laxisme de l’Europe passoire et des polices dépassées : le terroriste présumé avait été condamné pour des violences, avait fait de la prison en Italie et était repéré comme islamiste dangereux. Cela ne l’a pas empêché de circuler et de séjourner librement en Europe. De même une fois l’attentat commis, il a pu quitter l’Allemagne, passer par la France et entrer en Italie.

Comme à l’habitude également, recourant à une propagande puissante et bien rodée, la classe dirigeante, aussi bien en France qu’en Allemagne, met en cause… l’extrême-droite !

L’extrême-droite en effet est accusée tout à la fois de propager la haine ; de se livrer à des analyses simplistes ; de faire preuve de populisme ; d’alimenter la théorie du complot ; de chercher à tirer profit des attentats ; d’être un danger pour la démocratie et les libertés ; de constituer le pendant extrémiste du djihadisme…

En dénonçant immédiatement après l’attentat les positions « extrémistes » et « haineuses » des « populistes », la classe dirigeante tant en Allemagne qu’en France cherche d’abord à éviter d’être accusée elle-même pour sa politique migratoire et de sécurité. Elle vise également à empêcher la naissance de tout questionnement sur le lien entre immigration et terrorisme et à prévenir tout débat sur le bien-fondé de la présence même des immigrés en Europe.

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Arrêtons-nous pour cette fois sur cet argument : l’extrême droite est accusée de profiter des attentats pour propager ses thèses, de « surfer sur les peurs », d’exploiter les tragédies, de « souffler sur les braises », de se repaître des cadavres « comme des vautours » (voir cet édito du Monde).

Le caractère intellectuellement malhonnête de cet argumentaire nous paraît patent. L’extrême droite s’appuie sur le terrorisme pour faire valoir ses analyses, c’est entendu : mais en quoi serait-ce condamnable ? Elle voit dans les attentats qui se succèdent la confirmation de ses thèses et de ses pronostics : pourquoi ne le dirait-elle pas ?

Prenons l’exemple du plombier qui a incité en pure perte des propriétaires négligents à faire réparer une fuite ; ou celui du médecin qui a tenté en vain de convaincre son patient d’améliorer son hygiène de vie ; ou bien encore le cas du conseil de classe qui, sans effet tangible, a mis en garde tout au long de l’année l’élève paresseux. Leur reprochera-t-on, alors qu’ils n’ont pas été écoutés et que les dégâts surviennent, de le rappeler aux intéressés : « Je vous avais prévenus  » ?

Lorsqu’un syndicat saisit l’occasion d’un plan de licenciement pour dénoncer les choix de la direction de l’entreprise et déclencher une grève, on ne lui reproche pas d’exploiter la situation. Quand l’extrême-gauche, face aux difficultés de la Grèce par exemple, met en avant ses thèses anticapitalistes, on ne lui reproche pas de souffler sur les braises. Au moment où survient une inondation meurtrière, on ne reproche pas aux écologistes de dénoncer l’attitude des maires qui accordent des permis de construire en zone inondable. Alors pourquoi l’extrême-droite devrait-elle se taire quand les faits viennent valider les analyses qu’elle développe, seule contre tous, depuis des décennies ?

Qu’attend-on de l’extrême droite ? Quelle serait de sa part une attitude digne, raisonnable, démocratique et responsable ? Qu’elle s’excuse d’avoir eu raison depuis quarante ans ? Quelle se taise et laisse le pouvoir et ses médias développer seuls leurs analyses lénifiantes ? Qu’elle fasse silence, alors que mois après mois les faits viennent confirmer la justesse de ses analyses et la pertinence de ses mises en garde ?

La propagande anti extrême-droite de l’oligarchie, nous l’avons souligné à plusieurs reprises (voir notamment cette chronique), relève des techniques totalitaires. Désigner des ennemis publics. Fabriquer des coupables. Dénoncer et calomnier les opposants. Les accuser de ses propres turpitudes. Introduire la confusion et semer le trouble dans les esprits en multipliant les concepts flous ( » complotisme « , « extrémisme « , « populisme »…).

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Les attentats manifestent la haine qu’éprouvent une partie des immigrés à l’égard des Occidentaux. Il en est de même du rap. Il en est de même des actes émeutiers commis tous les jours contre les policiers, les pompiers, les chauffeurs de bus. Et c’est l’extrême-droite qui est accusée de propager la haine…

La classe dirigeante organise l’immigration, qui est la cause première des attentats. Elle se montre incapable d’empêcher le terrorisme, d’endiguer la délinquance des immigrés et de mettre fin aux émeutes de banlieues. Et c’est l’extrême droite qu’on accuse d’accroître les tensions et de menacer la paix civile…

Cet aphorisme de Chamfort (1740-1794) rend compte à merveille de la situation qui est aujourd’hui la nôtre : « En France on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ».

La guerre civile tiède a commencé

Chronique de Paysan Savoyard

(n°165 – décembre 2016)

 

Les sociétés occidentales sont désormais divisées en trois groupes. La classe dirigeante et ceux qui la soutiennent et appuient sa politique immigrationniste et mondialiste constituent le premier. Les personnes originaires de l’immigration forment le second. Le troisième est celui de la population « de souche » de classe moyenne et populaire. Les deux premiers groupes sont, pour l’heure, des alliés objectifs. En opposition frontale avec le troisième.

Entre les deux blocs ainsi formés, la classe dominante soutenue par les personnes issues de l’immigration d’une part, les milieux populaires et middle class de souche d’autre part, la confrontation est désormais totale, absolue et sans retour. Dans plusieurs pays, comme la France en particulier, les deux blocs sont entrés depuis deux ou trois décennies dans une logique de guerre civile.

 

  • La classe dominante, en guerre contre le peuple

La classe dirigeante occidentale mène depuis une quarantaine d’années une politique radicalement contraire aux intérêts du peuple.

Elle a mis en œuvre tout d’abord la mondialisation de l’économie et en particulier la délocalisation dans les pays à bas coût des emplois industriels et d’une partie des emplois de service. Cette politique a permis un enrichissement considérable de la couche supérieure de la société, grâce à la très forte diminution des coûts salariaux et de production. La majorité de la population en revanche a pâti des effets de cette politique, source de chômage et d’augmentation des impôts destinés à financer les allocations chômage et autres minima sociaux.

En outre pour ce qui est des emplois non délocalisables, la classe dirigeante mène une politique d’immigration massive : les immigrés viennent occuper une grande partie de ces emplois, généralement peu ou pas qualifiés, exerçant ainsi une pression à la baisse sur les salaires.

Précisons que contrairement à ce que pensent peut-être une partie des électeurs naïfs, la mondialisation et l’immigration ne résultent nullement d’évolutions échappant à la volonté des dirigeants occidentaux : elles résultent au contraire de décisions délibérées, réfléchies, cohérentes, publiques et maintes fois confirmées (voir cette chronique et celle-ci).

La classe dirigeante sait parfaitement que la majorité de la population de souche est hostile à sa politique de mondialisation et d’immigration. Tous les sondages d’opinion le montrent depuis plusieurs années. A plusieurs reprises la majorité de l’électorat s’est prononcé explicitement ou implicitement pour l’arrêt de ces politiques : rejet du projet de traité constitutionnel européen en 2005 ; score de près de 50 % obtenu par le candidat d’extrême droite en Autriche en 2016 ; Brexit en 2016 ; élection de Trump il y a quelques semaines. La classe dirigeante a jusqu’ici réussi à contourner les vœux majoritaires. Elle a par exemple fait entrer en application par le traité de Lisbonne les dispositions du TCE qui avaient été rejetées par référendum. La classe dirigeante anglaise en lien avec l’establishment européen imagine en ce moment les moyens de ne pas appliquer le Brexit. Quant à l’élection de Trump, nous verrons s’il aura la volonté et les moyens d’appliquer son programme.

Non seulement la classe dirigeante ne tient pas compte de la volonté de la majorité de la population, mais elle accentue au contraire sa politique. Dans le domaine de la mondialisation, elle s’efforce de faire entrer en vigueur de nouveaux traités de libéralisation du commerce mondial (TAFTA, CETA). En Europe elle organise le système des travailleurs détachés, qui là encore vient évincer les travailleurs de souche et faire pression à la baisse sur les rémunérations et les conditions d’emploi.

Dans le domaine de l’immigration, elle laisse entrer massivement des immigrés économiques venus d’Afrique, en prétendant qu’il s’agit de réfugiés fuyant les combats en Syrie et en Irak. Elle procède, sans l’accord des populations de souche à une répartition de ces immigrés, entre pays européens et sur le territoire de chacun d’eux, comme c’est le cas pour la France qui voit s’opérer la ventilation des clandestins de Calais. Elle fait en sorte d’imposer la cohabitation avec les immigrés à toute la population (quotas de HLM, répartition des réfugiés, projets de « mixité sociale » dans les écoles…).  Elle a passé depuis quelques mois un cap supplémentaire en utilisant les marines nationales ou les bateaux d’associations subventionnées pour aller chercher les immigrés par dizaines de milliers au plus près des côtes africaines, au prétexte d’éviter les naufrages.

Pour appliquer cette politique, la classe dirigeante met en œuvre un arsenal de méthodes anti démocratiques et qui même se rattachent à la logique totalitaire.

Comme il vient d’être dit, la classe dirigeante entend poursuivre une politique contraire aux intérêts du peuple. Non seulement elle ne tient aucun compte de ce qu’il souhaite mais elle veut au contraire le contraindre, le discipliner, le modeler. Mieux elle procède à un Grand remplacement afin de « changer de peuple ».

Le caractère anti démocratique du système se constate, deuxièmement, au vu du point suivant. Afin de désarmer l’opposition de la population de souche à sa politique, la classe dirigeante met en œuvre le stratagème consistant à organiser le débat politique entre deux forces, la gauche et la droite, chacune singeant entre elles une opposition farouche. Dans la réalité gauche et droite sont des comparses pratiquant la même politique et se partageant le pouvoir à la faveur des alternances. Ce simulacre permet de rejeter l’opposition « populiste et extrémiste » en dehors du cercle du débat raisonnable et républicain. Pour l’heure, la majorité de l’électorat se laisse prendre à ce subterfuge.

La classe dirigeante, troisièmement, cherche à discréditer les opposants, ce qui constitue une technique de base des régimes totalitaires (voir cette chronique). Les opposants, qu’elle accable de son mépris, sont présentés comme des losers : « Peu diplômés, les électeurs populistes ne comprennent pas les enjeux du moment : c’est pourquoi il faut faire preuve de pédagogie à leur endroit. Inquiets et crispés, ils ont peur du monde nouveau qui se met en place. Passéistes et nostalgiques d’un âge d’or mythique, ils ne parviennent pas à s’adapter à une évolution qui les dépasse. Leurs positions sont en outre contestables sur le plan moral : aigris et intolérants, souvent racistes et haineux, les populistes veulent se renfermer sur leurs acquis de façon égoïste ». Pour achever de discréditer ses opposants, la classe dirigeante utilise volontiers à leur égard un lexique qui les range dans le registre de la psychiatrie (les populistes sont saisis par l’anxiété et aux prises avec différentes phobies…).

Quatrième technique d’inspiration totalitaire : la classe dirigeante adopte des lois interdisant l’expression des opinions contraires (loi de 1990 réprimant « l’incitation à la haine raciale ») et poursuit pénalement les dissidents (voir cette chronique).

La classe dirigeante, enfin, alimente une propagande de tous les instants. Elle procède à un matraquage des idées officielles, grâce aux relais d’opinion qu’elle contrôle presqu’entièrement (médias, cinéma, culture, édition, milieu universitaire, associations, syndicats, organisations patronales…). Recourant à une déformation systématique des faits (en mentant par exemple sur les chiffres de l’immigration…), elle utilise une novlangue visant à biaiser la réalité (« vivre ensemble », « mixité sociale », « jeunes défavorisés », « quartiers populaires »…).

Conduisant ces politiques, la classe supérieure poursuit un objectif d’enrichissement de ses membres, marié à un projet universaliste.

La couche supérieure est composée d’une part des propriétaires et cadres dirigeants des banques et entreprises multinationales ; et d’autre part de tous ceux qui constituent leur « clientèle », au sens romain du terme, c’est-à-dire de tous les obligés qui profitent de leur pouvoir d’achat (commerçants, professions libérales, cadres supérieurs) et répondent à leurs ordres (hauts fonctionnaires, intellectuels, artistes et journalistes, au service de la politique et de la propagande du régime).

Cette classe supérieure tire profit de la mondialisation, qui fait fortement baisser les coûts de production, et de l’immigration, qui procure une main d’œuvre locale peu coûteuse. Ces deux politiques l’ont fortement enrichie comme le montrent différents indicateurs (la forte hausse du revenu du décile supérieur ; la concentration croissante du patrimoine ; la hausse des prix de l’immobilier depuis vingt ans dans les secteurs attractifs ; la forte croissance sur la même période du parc des véhicules de luxe…).

Les membres de cette couche supérieure parviennent pour eux-mêmes à se protéger des conséquences négatives des politiques qu’ils conduisent. Ils ne sont pas concernés par le chômage, qui touche les professions moyennes et ouvrières. Ils se prémunissent des effets de l’immigration en habitant des quartiers protégés et en scolarisant leurs enfants dans des établissements sélectionnés. A terme, dans le cas où la situation basculerait dans l’anarchie, les principaux dirigeants se sont de longue date ménagé des positions de repli dans des endroits protégés. Si les choses se gâtaient davantage qu’aujourd’hui, les principaux oligarques européens rejoindraient en particulier les Etats-Unis.

Au-delà de cet objectif d’enrichissement à court terme, la classe dirigeante vise à remodeler le monde en fonction de ses intérêts. En cherchant à casser les structures traditionnelles, en particulier les Etats nations, et à faire disparaître l’homogénéité raciale et culturelle des populations occidentales, la classe dirigeante veut construire un monde unifié et uniformisé. Il s’agit de faire en sorte que les pouvoirs puissent s’adresser à des individus atomisés, isolés, dépourvus du soutien des structures et des repères traditionnels : ces individus dès lors seront conduits à se comporter toujours davantage comme des salariés soumis, des consommateurs dociles, des électeurs résignés, des contribuables consentants, définitivement incapables de s’opposer aux menées de l’oligarchie.

La classe dirigeante se partage en trois groupes aux motivations distinctes. Une partie d’entre elle mène la politique mondialiste et immigrationniste par intérêt mercantile. Une autre est mue par l’idéologie et l’idéal universaliste des citoyens du monde. La dernière agit par opportunisme : soutenir la politique de la classe dirigeante lui permet de faire carrière (voir cette chronique).

 

  • Les immigrés, entre guerre sainte et guerre démographique

Les immigrés poursuivent une stratégie de conquête de l’Europe constituée de trois éléments.

L’affirmation identitaire.

Fédérés par l’islam, ils refusent l’assimilation et ont choisi de longue date au contraire l’affirmation identitaire et communautaire. Pour obtenir une extension de leurs droits, ils mettent en avant des revendications toujours plus nombreuses et pressantes. Ils sont soutenus dans ces entreprises par différents pays étrangers (subventions des pays du Golfe, mosquées contrôlées par les pays du Maghreb et par la Turquie…).

Pour renforcer leurs positions, les immigrés se servent des règles et des mentalités des occidentaux comme levier. Ils prennent appui sur les règles de droit (liberté de réunion, d’expression, laïcité) pour étendre et renforcer leur présence et obtenir le respect de leurs particularismes communautaires. Ils jouent sur le ressort de la culpabilité, propre aux sociétés chrétiennes hantées par le péché originel, pour accuser les autochtones de divers méfaits à leur égard, passés et présents, et demander réparation (croisades, esclavage, colonisation, racisme…). Ils utilisent également la palette des autres valeurs européennes – liberté, égalité, solidarité – pour obtenir d’une part une quasi liberté d’installation en Europe ; d’autre part des aides sociales nombreuses ; et le droit, enfin, à divers « accommodements raisonnables » toujours plus étendus.

L’utilisation de la violence est le second élément de la stratégie de conquête.

La partie la plus radicale de la communauté musulmane commet des attentats, partout en Europe. Dans les quartiers, où les immigrés sont en situation de monopole, les émeutes et les violences dirigées contre les représentants de la société française (policiers bien sûr, mais aussi pompiers, médecins, chauffeurs de bus) sont quotidiennes : elles signifient que les caïds, qui contrôlent ces quartiers depuis plusieurs décennies désormais et y font régner leur ordre, refusent toute intrusion de l’Etat (voir cette chronique).

De façon plus large, les immigrés sont à l’origine de nombreuses agressions verbales et physiques dirigées contre la population de souche : destinées à intimider, ces agressions démontrent que les immigrés s’inscrivent dans une logique de conquête et de colonisation (voir cette chronique et celle-ci). De la même manière le rap et son contenu violent et haineux révèlent l’état d’esprit conquérant de la population immigrée.

La démographie, troisième instrument de la conquête.

L’immigration légale est d’environ 200 000 par an (voir cette chronique). L’immigration illégale est d’au moins 50 000 (50 000 est le nombre annuel des déboutés du droit d’asile, qui ne sont en pratique jamais expulsés). Les immigrés alimentent en outre une « guerre des berceaux » : le nombre des naissances d’enfants issus de l’immigration est chaque année de 300 000 environ (voir cette chronique). En tenant compte des quelques départs et des décès, le nombre des immigrés supplémentaires qui naissent ou s’installent en France est d’au moins 400 000 par an (voir cette chronique).

Sur le plan électoral, les immigrés se partagent entre deux attitudes. La majorité d’entre eux s’abstiennent, manifestant le fait qu’ils ne se sentent pas concernés par les affaires des autochtones. Les autres votent pour soutenir les politiques favorables à l’immigration et pour barrer la route à l’extrême-droite.

La stratégie de conquête, bien entendu, ne mobilise pas tous les immigrés de la même manière. La communauté immigrée, très majoritairement musulmane, a ses leaders (religieux, politiques, mafieux). Une partie des immigrés « de base » participent à cette stratégie en toute connaissance de cause. D’autres y contribuent sans avoir pleinement conscience des enjeux.

Terminons par ce point, qui démontre à lui seul que les immigrés, sans exception ou presque, sont engagés dans une stratégie de conquête. Combien y-a-t-il d’immigrés qui se prononcent pour l’arrêt de l’immigration, afin de ne pas heurter les sentiments de la population de souche majoritairement inquiète devant la poursuite du phénomène ? Combien y en a-t-il qui incitent les autres immigrés à faire le choix de l’assimilation ? Combien sont-ils à se ranger aux côtés de la population de souche, avec l’objectif de s’y fondre ? La réponse est simple et sans équivoque : il n’y en a pas.

 

  • Le peuple de souche, entre dépression et instinct de survie

Le peuple de souche des classes moyenne et populaire est le perdant de la mondialisation et des politiques d’immigration.

Cette population est touchée directement par les conséquences de la politique de mondialisation et la délocalisation des usines vers les pays à bas coût. Elle subit également la concurrence de l’immigration de travail, légale ou non, qui tire les salaires vers le bas. Elle est contrainte en outre de subir la cohabitation quotidienne avec les immigrés (dans le logement, à l’école…) ou doit, pour s’en protéger, s’exiler dans les banlieues lointaines. Ceux qui ont un emploi et qui appartiennent à la classe moyenne voient leurs impôt et cotisations augmenter fortement, afin de financer les dépenses de traitement social du chômage et les dépenses liées à l’immigration.

La population de souche se montre tout à fait lucide sur ce qui est en train de se passer.

Cette population de souche des classes moyenne et populaire est de longue date, spécialement en France, fortement pessimiste. Les études d’opinion montrent depuis longtemps que les Français, par ailleurs champions de la consommation de tranquillisants, sont les plus pessimistes du monde, persuadés pour la plupart que la situation de leurs enfants sera plus dégradée que la leur.

De même la majorité des Français de souche n’accordent plus aucune confiance depuis déjà une ou deux décennies à la classe dirigeante. Les enquêtes d’opinion le révèlent là encore. Les politiciens et les journalistes sont les corporations qui recueillent les jugements les plus négatifs. Les politiciens sont considérés comme menteurs et corrompus. Les juges comme soumis et complaisants envers les pouvoirs. Les journalistes comme menteurs et complices des oligarques.

– La population de souche se refuse pourtant, en majorité, à voter pour l’extrême-droite : elle espère ainsi conjurer les risques de guerre civile.

Cette population de souche se partage entre trois attitudes. Une partie, en augmentation, vote pour des formations d’extrême droite, tels que le FN en France. Une autre partie s’abstient. Une partie importante, enfin, continue malgré tout à voter pour les partis traditionnels, en particulier à droite. L’explication principale de ces deux dernières attitudes (abstention et vote politiquement conforme) nous paraît être la suivante. Dans la population de souche, nombreux sont ceux qui ont une conscience plus ou moins claire des catastrophes qui s’annoncent. Mais beaucoup ne se résolvent pas à voter pour les partis de rupture parce qu’ils veulent éviter les tensions que leur accession au pouvoir pourrait entraîner. Voulant conjurer les risques d’une guerre civile entre les trois groupes qui constituent aujourd’hui nos sociétés, ces Européens de souche effectuent en quelque sorte un calcul de court terme : pour éviter une guerre frontale à brève échéance, ils font le choix d’une dégradation de la situation, certaine mais progressive (voir cette chronique et celle-ci).

Collectivement dépressive, la population de souche réalise qu’elle est sans avenir. Elle découvre qu’elle est abandonnée. Elle prend progressivement conscience de ce qu’elle a été trahie.

 

  • Une lutte à mort désormais

– De nombreux signes montrent que le climat et l’état d’esprit de guerre civile sont solidement installés.

Les conversations familiales, entre amis ou entre collègues, sont soigneusement filtrées : pour éviter les pugilats, elles proscrivent toute allusion aux thématiques les plus importantes auxquelles nos sociétés sont confrontées (en particulier l’immigration). Les forums des médias et les échanges anonymes sur les réseaux sociaux sont eux, en revanche, révélateurs du climat ambiant, en dépit des dispositifs de modération qui éliminent les échanges les plus violents. Selon qu’ils appartiennent à l’un ou l’autre des trois camps en présence, les protagonistes de ces échanges ne sont d’accord sur rien et se vouent une détestation et même une haine à peine voilée. Quel que soit le sujet, l’immigration, l’économie, les relations internationales, la religion, les mœurs, l’éducation des enfants, les goûts artistiques, les trois camps ne sont d’accord sur rien. Ils défendent chacun des positions qui présentent cette double caractéristique : elles sont cohérentes. Et elles sont radicalement antagonistes.

Un autre signe de cet état d’esprit de guerre civile est à mettre en avant. Les Français et européens de souche qui appartiennent à la couche supérieure ou qui, pour des raisons idéologiques ou d’opportunisme, en soutiennent la politique mondialiste et immigrationniste, vouent une haine totale aux Français et aux Européens de souche qui défendent les positions « d’extrême droite ». Ils prennent le parti des immigrés et défendent leurs intérêts, tandis qu’ils attaquent sans retenue leurs compatriotes de souche qui défendent eux le protectionnisme et l’arrêt de l’immigration. Voilà donc les membres d’un même peuple divisés et haineux au point de se souhaiter une disparition réciproque. Au point pour les immigrationnistes de préférer les populations étrangères à leurs propres compatriotes de l’autre camp.

Dans le cas de la France, cette guerre civile en cours se rattache aux guerres et aux tensions civiles qui ont émaillé son histoire ces deux derniers siècles.

Guerres de religion, révolution de 1789, révolutions du 19e siècle, Boulangisme, affaire Dreyfus, apparition du communisme, Vichy, guerre d’Algérie, ces différents épisodes de guerre et de tensions civiles sont reliés entre eux et participent d’un même processus : la lutte deux fois séculaire entre tradition et modernité.

Depuis le 18e siècle, cette lutte oppose d’une part les tenants des principes, des concepts et des cadres d’organisation de la société traditionnelle (société hiérarchique ; constituée de cercles d’appartenance communautaires ; accordant le primat aux devoirs des individus envers la collectivité ; société chrétienne et ancrée territorialement). L’autre camp est constitué par les partisans des conceptions et des valeurs modernes  et «républicaines » : primauté des droits des individus, libres et égaux ; démocratie ; laïcité, c’est-à-dire dans la pratique athéisme et hostilité anti chrétienne ; universalisme (voir cette chronique).

Les années 1970 et 1980 ont donné lieu à de nouveaux épisodes, qui ont entretenu et alimenté la guerre civile larvée qui caractérise la France depuis deux cent ans.

La révolution libertaire de 1968 a constitué un épisode crucial, qui a bouleversé les mœurs en profondeur dans tout le monde occidental : mise en cause du principe d’autorité, dans la famille est les autres institutions ; mise en cause de l’institution familiale traditionnelle et promotion du féminisme, des comportements libertins et de l’homosexualité.

A la fin des années 1970, sur le plan économique, ce sont des politiques libérales qui ont été mises en place (voir cette chronique). Ces politiques de libéralisation se sont accompagnées d’une politique de mondialisation de l’économie, qui a conduit en particulier aux délocalisations (voir cette chronique). Comme nous l’avons vu plus avant, ces politiques ont remis en cause les équilibres qui avaient été mis en place durant les trente glorieuses (fordisme, plein emploi grâce la croissance et aux politiques keynésiennes, redistribution). Ces politiques ont débouché en particulier sur un creusement des écarts entre classes sociales : enrichissement de la classe supérieure ; chômage massif de la classe ouvrière ; stagnation puis dégradation de la situation de la classe moyenne, contrainte de payer des impôts de plus en plus lourds pour financer à la fois les allocations chômage et l’immigration.

Dans les années 1970 également a été mise en place une politique d’encouragement et d’organisation de l’immigration de masse, notamment grâce au regroupement familial.

Ces trois épisodes, révolution libertaire, révolution libérale et immigration de masse, ont constitué des ruptures majeures et ont transformé profondément la société (en France d’abord mais aussi peu ou prou dans les autres pays européens). La société était jusque-là assez homogène, tant sur le plan racial et culturel que sur le plan économique et social. Elle s’est diffractée au cours des années 70 et  80. Elle est constituée désormais en trois groupes que tout sépare, leurs intérêts, leurs objectifs, leurs  modes de vie et leurs caractéristiques principales. Ces trois groupes sont engagés dans une logique de guerre civile.

L’on peut constater que les trois ruptures des années 1970 se rattachent à l’affrontement civil qui depuis plus de deux siècles oppose tradition et modernité :

La révolution libertaire est la continuation et l’approfondissement de la révolution individualiste de 1789.

La révolution libérale est, elle aussi, étroitement liée à la révolution de 1789. A son individualisme là encore. A son idéologie universaliste ensuite. La révolution de 89 proclame l’universalité des valeurs de la république : la rupture libérale relève de la même foi dans les vertus universelles du libre commerce. La révolution libérale des années 1980 se relie enfin à l’objectif d’égalité proclamé en 1789 : une des justifications que mettent en avant les partisans de la mondialisation est la volonté d’égaliser la condition des peuples du monde entier.

Enfin la politique immigrationniste découle également des valeurs républicaines. Ses promoteurs déclarent vouloir aboutir à une plus grande égalité entre les peuples. Ils veulent laisser les peuples circuler et s’installer où ils le souhaitent au nom de la liberté. Les immigrationnistes enfin veulent parvenir à l’édification d’un monde universel.

Après la seconde guerre mondiale, la guerre civile française est restée une guerre froide pendant une trentaine d’années : c’est de guerre civile tiède dont il faut aujourd’hui parler.

Les épisodes violents n’ont pas manqué (OAS, barricades de 68) mais leur intensité est restée limitée. Pour l’essentiel la guerre était une guerre des idées, des mots, des concepts, des valeurs : une forme de « guerre froide ».

On peut considérer que l’on a désormais quitté le registre de la guerre froide. La rupture s’est produite à partir des années 1980, au cours desquelles sont intervenues les premières émeutes de banlieues (les premières émeutes urbaines ont lieu à Vaux-en-Velin en 1979). Les premiers attentats islamiques se produisent eux une décennie plus tard (1994 et 1995).

En 2005 la France a connu plus d’un mois d’émeutes. Les émeutes depuis lors sont quotidiennes dans l’une ou l’autre des 800 « zones urbaines sensibles ». Depuis 2012 les attentats sont de plus en plus fréquents et de plus en plus meurtriers.

On peut dire désormais que la guerre civile française n’est plus une guerre froide : elle est devenue depuis une trentaine d’années une guerre ouverte de basse intensité, en quelque sorte une guerre tiède.

Le point décisif est le suivant. Depuis deux cents ans qu’elle est au pouvoir, la classe dirigeante bourgeoise mène la lutte contre ce qui reste de la société traditionnelle : avec l’immigration, les tenants de la modernité et des « valeurs républicaines » ont trouvé le moyen de l’emporter de façon définitive, en submergeant, en diluant et en « remplaçant » cet ancien peuple décidément trop rétif à la perspective universaliste.

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La classe dirigeante universaliste a engagé la lutte finale pour un monde sans frontières. La population issue de l’immigration, elle, sent qu’elle est en passe de prendre une revanche historique sur cet Occident qui domine le monde musulman depuis plus de mille ans. Quant au peuple de souche, confronté aux visées diaboliques de la classe dirigeante qui le trahit délibérément, il joue désormais sa survie. Entre les trois groupes qui constituent aujourd’hui la société française et européenne, c’est une lutte à mort qui s’est engagée.

Comment tout cela peut-il finir ? Quel avenir à court terme ? Quels scénarios possibles ? On peut songer à une première hypothèse, celle d’une amélioration notable et d’un apaisement général, accompagnés d’une intégration satisfaisante des immigrés, d’une régulation des flux migratoires acceptée par tous et d’une réconciliation des Français de souche avec leurs élites… Ce scénario positif d’une « reconsolidation » de nos sociétés sur des bases renouvelées nous paraît exclu.

Quatre autres scénarios sont envisageables, nous semble-t-il, qui peuvent au demeurant se combiner et se succéder (voir cette chronique). La poursuite de la dégradation, progressive et sans clash majeur, dans la continuité de ce qui se produit depuis une quarantaine d’années. L’écroulement brutal dans l’anarchie et la guerre civile ouverte. Un coup d’Etat d’extrême-droite, ayant pour objectif premier la remise en ordre, l’arrêt de l’immigration et le départ d’une partie des immigrés présents. La prise de pouvoir rapide des musulmans, suivie de la Soumission.

Le scénario le plus probable est le premier. Quant au plus désirable…