Comment l’Insee manipule les chiffres de l’immigration

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 184 – juillet 2017)

 

Pour pouvoir poursuivre sa politique immigrationniste sans encombres et sans que la population de souche ne se révolte, la classe dirigeante met en œuvre différentes techniques de propagande et d’intoxication. L’une des principales consiste à manipuler les chiffres concernant l’immigration qu’elle choisit de rendre publics.

Deux organismes publics, l’Insee et l’Ined, sont chargés de fabriquer les chiffres de l’immigration. Ces institutions se livrent à trois manipulations principales, qui usent de la même technique : truquer la définition des concepts utilisés, afin d’obtenir des chiffres sans rapport avec la réalité

 

  • Les chiffres de l’immigration ne comptabilisent que les première et deuxième générations

La première manipulation, la plus importante, consiste à évacuer des chiffres tous les immigrés de la troisième génération et des générations suivantes. Elle repose sur l’adoption d’une définition restrictive de ce qu’est l’immigration.

Selon l’Insee, en effet, un « immigré » est une personne, résidant en France, qui est née à l’étranger et qui était de nationalité étrangère à sa naissance. Autrement dit, selon cette définition, quelle que soit son origine, celui qui est né en France n’est pas un immigré : l’Insee considère qu’il est « descendant d’immigré ». L’Insee définit ainsi le « descendant d’immigré » comme une personne née en France dont l’un des deux parents ou moins est « immigré ». Ces définitions, comme on va le voir, conduisent à ne comptabiliser que les immigrés de la première et de la deuxième génération.

La première génération d’immigrés est née à l’étranger avant de venir s’installer en France : ce sont les « immigrés » au  sens de la définition de l’Insee.

Les immigrés de la deuxième génération, c’est-à-dire les enfants des immigrés de première génération, sont eux nés en France. Ce sont eux que l’Insee nomme « descendants d’immigrés ».

Les enfants des « descendants d’immigrés » ne sont pas, eux, considérés par l’Insee comme des descendants d’immigrés, puisque leurs parents sont, par définition, nés en France. Autrement dit les personnes appartenant à la troisième génération de l’immigration sont considérées par l’Insee au même titre que les Français de souche. Il en est de même des générations suivantes.

Prenons l’exemple d’un Algérien arrivé en France en 1965 à l’âge de 20 ans pour travailler dans les usines automobiles. Imaginons qu’il ait fait venir en 1976, à la faveur de la nouvelle loi autorisant le regroupement familial, sa femme et les trois enfants qu’il avait d’elle à cette date. Cet Algérien et sa familles seront considérés par l’Insee comme des « immigrés » (puisqu’ils sont nés étrangers à l’étranger).

Imaginons que cet Algérien ait eu avec sa femme un quatrième enfant, un garçon né en France en 1977. Cet enfant sera, selon l’Insee, un « descendant d’immigré », puisque né en France de parents immigrés.

Imaginons maintenant que ce garçon né en 1977 ait à son tour, en 2000, à 23 ans, avec une femme elle-même d’origine algérienne, un premier enfant, qui seront suivis de 4 autres. Ces 5 enfants ne seront comptabilisés par l’Insee ni comme immigrés, ni comme descendants d’immigrés. Alors qu’ils sont issus de l’immigration, dont ils constituent la troisième génération, ils seront comptabilisés par l’Insee comme des Français de souche. Il en sera de même des générations suivantes (c’est ainsi que, les premiers immigrés non européens étant arrivés en nombre au début des années soixante, ont désormais commencé à naître en France des immigrés de la quatrième génération).

Les définitions de l’Insee sont donc, on le voit, abusivement restrictives. Les immigrés de troisième génération sont bel et bien des descendants d’immigrés : ils sont pourtant comptabilisés par l’Insee comme le sont les Français de souche.

Les responsables de l’Insee justifient leurs chiffres en affirmant qu’à compter de la troisième génération, les personnes originaires de l’immigration sont intégrées à la société française au même titre que les Français de souche. Cette argumentation est manifestement sans rapport avec la réalité : les personnes de la troisième génération restent ethniquement et culturellement issues de l’immigration. La plupart sont musulmanes. De même on peut constater que les intégristes et djihadistes appartiennent fréquemment à la troisième génération de l’immigration.

 

  • Les chiffres de l’Insee mêlent l’immigration européenne et non européenne

Sur la base de ces définitions, l’Insee publie les chiffres suivants. Selon l’Insee les « immigrés » en 2013 étaient 5,8 millions. Concernant les « descendants d’immigrés », l’Insee estime qu’en 2008, ils représentaient 11 % de la population métropolitaine, soit 6,8 millions de personnes (remarquons au passage que le dernier chiffre publié par l’Insee sur ce point date de près de dix ans). En additionnant les deux chiffres (même s’ils ne portent pas sur la même année), on obtient 12,6 millions de personnes qui, selon l’Insee, résident en France et sont immigrés ou descendants d’immigrés.

Ces chiffres en apparence robustes et carrés permettent aux « experts » d’affirmer que « tous les chiffres sont sur la table, contrairement à ce que prétend la fachosphère ». Ces données de l’Insee pourtant ne correspondent pas à la réalité.

Ces chiffres tout d’abord, comme on l’a vu plus avant, ne tiennent pas compte des immigrés de la troisième génération. Ils sont trompeurs également pour une deuxième raison : ils mélangent en effet l’immigration non européenne et l’immigration de personnes originaires d’autres pays européens. Il faut se reporter à différents tableaux enfouis dans les documents et le site de l’Insee pour prendre une mesure approximative de l’immigration non européenne.

S’agissant des « immigrés », un tableau de « deuxième niveau » nous apprend que, sur le total de 5,8 millions d’immigrés, 3,708 sont non-européens. Concernant les « descendants d’immigrés », un autre tableau, partiel et alambiqué (il ne concerne que les  personnes de 18 à 50 ans ?!) permet de conclure que les descendants d’immigrés non européens représentent 55 % du total de 6,8 millions, soit 3,74 millions. Selon ces tableaux, l’immigration non européenne (immigrés + descendants) serait donc, non pas de 12,6 millions mais de 7,448 millions (3,708 + 3,74).

On voit que les chiffres totaux mis en avant par l’Insee sur son site et ses documents principaux, conçus pour introduire la confusion, ne signifient rien. Ils sont trop élevés pour rendre compte de l’immigration non européenne, puisqu’ils mêlent immigration européenne et non européenne. Ils sont en même temps abusivement minorés puisqu’ils ne comptabilisent que les immigrés de première et deuxième génération.

Au terme de ces différentes manipulations, le but recherché par l’Insee est atteint : il est impossible de connaître même approximativement le nombre des immigrés non européens et de leurs descendants résidant en France.

 

  • Le « solde migratoire » de l’Insee mêle les étrangers et les Français

La troisième manipulation concerne  le chiffre du « solde migratoire », qui est la différence entre les entrées du territoire et les sorties. Ce solde annuel est pour 2016 de 67 000.

Les  experts malhonnêtes, relayés par les médias, utilisent ce chiffre pour démontrer que l’immigration est faible : « Si l’on prend en compte les immigrés qui s’installent en France et  ceux qui en repartent, le nombre des immigrés présents sur le territoire n’augmente que de 67 000 par an, ce qui est peu, rapporté à la population française ». Cette démonstration suffit sans doute à convaincre et à rassurer la plupart de ceux qui en prennent connaissance. Or ce chiffre de 67 000 n’a aucune valeur.

Ce chiffre du solde migratoire est sans signification tout d’abord parce qu’il ne repose pas sur des bases statistiques solides. Il n’existe pas en effet en France d’enregistrement des entrées et des sorties du territoire. Le nombre des immigrés qui entrent en France de façon légale pour s’y installer est connu car le ministère de l’intérieur leur délivre des titres de séjour une fois qu’ils sont entrés sur le territoire, titres de séjour qui sont comptabilisés. En revanche le nombre des sorties du territoire ne fait lui l’objet d’aucune comptabilisation. Dans ces conditions le solde migratoire de l’Insee ne peut résulter d’un décompte : il ne constitue qu’une estimation.

L’absence d’enregistrement et de comptabilisation des entrées et des sorties peut être analysée comme le signe d’une mauvaise administration : mais elle a le grand intérêt de contribuer à camoufler la réalité des flux migratoires.

Ce solde migratoire relativement faible permet aux experts malhonnêtes de prétendre que « de nombreux immigrés repartent». Cette affirmation est comme on vient de le voir sans fondement statistique. Elle est en outre très probablement mensongère : on ne voit pas en effet ce qui pourrait conduire à repartir les immigrés qui ont rejoint la France pour tirer parti des différents avantages qu’elle leur offre (travail, prestations sociales, services publics…).

Le solde migratoire est sans signification pour une deuxième raison : il rend compte des flux immigrés de toute origine, non européens comme européens.

Le solde soit disant « migratoire » n’a aucunement la signification que lui donnent les experts et commentateurs de mauvaise foi pour une dernière raison : il vise à rendre compte des entrées et des sorties du territoire, quelle que soit la nationalité des personnes concernées. C’est ainsi qu’un Français qui part s’installer à Londres réduit le solde migratoire positif et l’augmente s’il revient.

Ces différentes caractéristiques n’empêchent nullement les experts de s’appuyer sur le solde migratoire de l’Insee pour affirmer que « les flux migratoires n’ont rien à voir avec les fantasmes de la fachosphère ».

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Les données que l’Insee publie sont donc partielles, biaisées, déformées. L’Insee cache les deux chiffres essentiels : le nombre des immigrés non européens et de leurs descendants présents sur le territoire ; le nombre des immigrés supplémentaires qui s’installent chaque année.

Si elles camouflent les données essentielles, l’Insee et les autres institutions publiques qui produisent des statistiques (Ined, services statistiques des différents ministères) abreuvent en revanche le public de chiffres portant sur des questions accessoires : la place de la femme dans la population originaire de l’immigration, les modalités de l’insertion professionnelle des immigrés, les modes de consommation des populations issues de l’immigration… Sur des thèmes de ce type, les tableaux, graphiques, gloses et commentaires abondent. Les revues « scientifiques » et les travaux de recherche sont innombrables. Le déluge statistique joue un rôle majeur dans l’opération d’enfumage : multiplier les chiffres concernant la périphérie du sujet pour mieux en cacher le cœur.

Il se trouve pourtant que, curieusement, l’administration laisse à l’occasion filtrer, par négligence ou inconséquence, certains éléments chiffrés, qui, décryptés et mis bout à bout, prouvent la réalité de l’invasion et du Grand Remplacement. On connaît ainsi le chiffre annuel de l’immigration légale : 200 000 immigrés non européens s’installent chaque année en France. L’ordre de grandeur de l’immigration irrégulière est lui aussi connu : au moins 70 000 (soit le nombre des déboutés de leur demande d’asile, jamais expulsés). On connaît même approximativement le nombre annuel des naissances issues de l’immigration non européenne : 300 000. On connaît donc le nombre total des immigrés non européens supplémentaires qui chaque année naissent ou s’installent en France : plus de 500 000 (desquels il faut déduire le nombre des décès et des départs, qui lui n’est pas connu mais qui est probablement très faible).

Les flux sont donc à peu près connus : entre 4 et 500 000 immigrés non européens supplémentaires par an. Et le stock ? Au moins 15 millions de façon certaine. Entre 15 et 20. Nous reviendrons sur ce point, en tentant d’être plus précis.

 

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Droit d’asile : la preuve de la trahison

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 170 – janvier 2017)

 

Le droit d’asile était à l’origine destiné à offrir la protection de la France, qui se veut comme on le sait la patrie des droits de l’homme, aux personnes pourchassées en raison de leur race, de leur religion ou de leurs opinions. L’asile a aujourd’hui été détourné de son objet : il est devenu l’une des voies de l’immigration de masse.

La grande majorité des demandeurs d’asile, en effet, ne correspondent en rien à la définition qu’en donne la convention de Genève : ils utilisent le dispositif pour bénéficier des nombreux droits attachés à la demande d’asile et pour immigrer en France. Un rapport administratif de 2013, dont nous citerons différents passages, a mis en évidence le phénomène.

Comme nous allons le voir, cette transformation du droit d’asile en pompe aspirante de l’immigration s’opère avec la complicité active des politiciens, des services de l’Etat et des associations immigrationnistes.

 

  • La procédure d’asile est devenue l’une des modalités d’immigration

Si l’asile n’est accordé qu’à une partie des demandeurs, la demande d’asile permet dans tous les cas de s’installer en France.

  • Le nombre des demandes d’asile : 100 000 en 2016, record battu.

Le nombre des demandes d’asile a connu d’importantes fluctuations : il était de 40 000 en 1992, avant de descendre jusqu’à 20 000 en 1998 puis de remonter ensuite, atteignant 65 000 en 2004.

Depuis 2007 ce nombre augmente de nouveau. L’année 2015 avait marqué un record à la hausse. Le ministère de l’intérieur vient d’annoncer que ce record venait lui-même d’être battu : 77 886 nouvelles demandes d’asile ont été présentées en 2016.

Si l’on comprend bien les données qui viennent d’être rendues publiques par le ministère de l’intérieur, ce chiffre de 77 886, ainsi que tous les totaux annuels précédents, quoique déjà considérables, sont encore en deçà de la réalité des demandes d’asile : en effet les « dublinés » n’ont pas été jusqu’à présent comptabilisés. Les « dublinés » sont les personnes qui résident en France et y ont déposé une demande d’asile mais qui sont entrées en Europe par un autre pays que la France : en vertu d’un accord signé à Dublin, les demandes d’asile doivent être traitées par le pays d’entrée et les demandeurs concernés doivent y être « réadmis ». Le nombre de ces « dublinés », estimé à 22 500 en 2016, doit donc être ajouté au total de 77 886. Autrement dit le nombre réel des demandeurs d’asile entrés sur le territoire français en 2016 est de plus de 100 000. (NB : dans la suite de l’article, on prendra comme base, par commodité, les chiffres qui étaient jusqu’à présent considérés comme les références ; 77 886 donc pour 2016)

Les demandeurs d’asile proviennent de tous les continents. En 2016 les pays les plus représentés dans les demandes d’asile sont, dans l’ordre décroissant, le Soudan (5868 demandes), l’Afghanistan, Haïti, l’Albanie, la Syrie, la RD du Congo, la Guinée, le Bangladesh,  l’Algérie et la Chine.

  • Les demandes d’asile accordées : 26 000 en 2016, record battu là encore

Pendant vingt ans, de 1992 à 2012, le nombre des asiles accordés est resté à un niveau constant d’environ 10 000 par an. Il a fortement augmenté ces quatre dernières années : 11 500 en 2013 ; 14 500 en 2014 ; 19 506 en 2015, 26 351 en 2016, soit un quasi triplement par rapport au niveau maintenu avant 2013.

Comme nous le verrons plus loin, cette augmentation a été voulue par le gouvernement et les services administratifs.

  • La quasi-totalité des déboutés restent sur le territoire

Les demandeurs d’asile déboutés sont environ 50 000 par an (51 535 en 2016). Après avoir épuisé les différents recours qui leur sont ouverts, ils doivent en principe quitter le territoire français.

Dans la pratique les déboutés du droit d’asile restent sur le territoire et ne le quittent que de façon exceptionnelle. Le rapport de 2013 (p. 32) a estimé que le nombre des départs de déboutés du droit d’asile, volontaires ou contraints, n’est guère supérieur à 2000 par an !

Le processus d’asile donc aboutit dans presque tous les cas, que le statut soit accordé ou non, à un maintien et une installation sur le territoire. Le rapport de 2013 souligne (p. 18) que la procédure d’asile est devenue « l’une des principales voies d’entrée sur le territoire français », ajoutant (p. 11) que « la frontière est de plus en plus ténue entre demande d’asile au sens strict et motifs d’immigration ».

 

  • L’aide dont bénéficient les demandeurs et la quasi certitude de pouvoir s’installer sur le territoire constituent une forte incitation à entrer en France pour demander l’asile

Les incitations à déposer une demande d’asile sont nombreuses :

  • Le droit d’asile 

L’asile et le statut de « réfugié » peuvent être accordés : aux personnes craignant à juste titre d’être persécutées en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social ou de leurs opinions politiques (convention de Genève) ; aux personnes persécutées en raison de leur action en faveur de la liberté (préambule de la constitution de 1946) ; aux personnes reconnues réfugiées par le HCR de l’ONU ; ainsi qu’aux apatrides. L’asile peut également être accordé (il est alors nommé « protection subsidiaire) aux personnes qui ne remplissent pas les conditions ci-dessus mais qui courent le risque dans leur pays de subir la torture ou la peine de mort.

  • La demande d’asile permet le maintien sur le territoire

Toute personne entrant ou séjournant en France, qu’elle soit en situation régulière ou non, peut déposer une demande d’asile, auprès de l’OFPRA (Office français pour la protection des réfugiés et apatrides), organisme public dépendant du ministère de l’intérieur.

Dans la pratique la plupart des demandeurs d’asile sont des immigrants qui, soit se présentent à la frontière française et font part de leur intention de demander l’asile, soit pénètrent irrégulièrement sur le territoire et déposent ensuite une demande d’asile.

Pendant l’instruction de leur dossier, les demandeurs d’asile bénéficient du droit au maintien sur le territoire.

En vertu d’un règlement de l’Union européenne (dit Dublin III), c’est le pays dans lequel le demandeur d’asile est entré en Europe, régulièrement ou non, qui doit traiter la demande d’asile. Ce pays doit « réadmettre » le demandeur si celui-ci a entre-temps gagné un autre pays européen.

  • L’instruction de la demande : environ deux ans de délai

L’OFPRA instruit la demande et accorde ou non l’asile (en attribuant soit le statut de réfugié, soit le statut d’apatride, soit la protection subsidiaire). L’OFPRA prend sa décision en fonction des motifs allégués par la personne pour justifier sa demande. Le critère principal utilisé par l’OFPRA est le pays d’origine du demandeur. L’OFPRA établit chaque année une liste de pays réputés sûrs : les ressortissants de ces pays ont peu de chances de bénéficier de l’asile. Au contraire les demandeurs en provenance de pays en guerre civile ont de bonnes chances d’obtenir le statut de réfugié.

Le délai d’instruction des demandes d’asile est particulièrement élevé. Selon le rapport de 2013 (p. 29 et 30), le délai de traitement d’une demande suivi d’un recours devant la juridiction spécialisée (CNDA ; voir plus loin) est de plus d’un an et demi, et même de plus de deux ans et demi en cas de demande de réexamen et de nouveau recours devant la CNDA.

Ces délais considérables résultent premièrement du nombre élevé des demandes d’asile. Un second facteur est le grand nombre des organismes publics impliqués dans le traitement de la demande d’asile : OFPRA, OFII (Office français pour l’immigration et l’insertion), Pôle Emploi, service préfectoraux. La troisième cause est que la demande d’asile donne lieu à la mise en œuvre de nombreuses procédures destinées à protéger les droits des demandeurs d’asile. Les demandeurs bénéficient notamment de nombreuses possibilités de recours contre une décision défavorable (voir le point suivant).

Ces délais ont différentes conséquences : Ils se traduisent d’abord par une augmentation des coûts liés à la prise en charge des demandeurs (voir le point concernant les aides).

Ils favorisent, deuxièmement, l’utilisation du dispositif du droit d’asile comme un moyen d’immigration. Le rapport de 2013 (p. 31) note ainsi que « ces délais sont un facteur d’attractivité de la France pour les demandeurs d’asile ayant peu de chance d’accéder au statut de réfugié ». Il ajoute qu’ils « hypothèquent largement l’effectivité des mesures d’éloignement des déboutés ».

Enfin, les règles de régularisation des immigrés en situation irrégulière étant fondées sur la durée de présence sur le territoire, la longueur même des procédures d’instruction des demandes d’asile favorise la régularisation des déboutés qui se maintiennent sur le territoire après le rejet de leur demande.

  • De nombreux recours sont ouverts au demandeur d’asile

Les demandeurs d’asile peuvent introduire un recours, devant l’autorité qui a pris la décision, contre toutes les décisions négatives prises par l’administration à leur égard.

Ils peuvent également introduire un recours juridictionnel contre les décisions de l’administration, en particulier contre la décision de l’OFPRA de rejeter leur demande. La juridiction compétente est la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), composée de personnalités qualifiées et présidée par un magistrat.

Ce recours est massivement utilisé : 80 % des décisions de rejet de l’OFPRA font l’objet d’un recours en CNDA (par exemple il y a eu, en 2016, 50 218 décisions négatives et 39 986 recours).

Si la CNDA annule la décision de l’OFPRA, elle accorde par là-même l’asile. La CNDA attribue ainsi chaque année entre 5000 et 6000 asiles, qui viennent s’ajouter à ceux accordés par l’OFPRA (c’est ainsi qu’en 2016, 19 834 asiles ont été accordés par l’OFPRA et 6517 par la CNDA, soit un total de 26 351).

Après le rejet de la demande d’asile par la CNDA, le demandeur, s’il fait valoir un élément nouveau, peut demander à l’OFPRA de réexaminer sa demande. L’OFPRA a été ainsi amené en 2016 à réexaminer 7500 dossiers. Le guide du demandeur d’asile établi par le ministère de l’intérieur précise (p. 16) qu’il peut même y avoir une deuxième demande de réexamen (sic).

Outre les nombreux recours « légaux », il apparaît que certains demandeurs multiplient les manœuvres dilatoires destinées à augmenter les délais d’instruction de leur demande, étant entendu que pendant ce temps ils continuent à bénéficier des aides et de l’hébergement. Le rapport de 2013 a mis en évidence certaines de ces manœuvres (et souligné par là-même le laxisme de l’administration). Le rapport propose ainsi (p. 225) de ne plus verser l’aide financière aux demandeurs qui mettent trop de temps à déposer leur demande d’asile ; à ceux qui demande un troisième réexamen de la décision de rejet de l’OFPRA ; ou à ceux qui après avoir déposé une demande quittent le territoire puis y entrent de nouveau pour présenter une nouvelle demande. De même le rapport recommande d’utiliser de façon effective (ce qui signifie qu’elles ne sont pas utilisées) les dispositions de la loi qui permettent de traiter de façon simplifiée « les demandes qui ne présentent aucun élément sérieux », sans se laisser arrêter par « les critiques des associations et des avocats ».

Les garanties procédurales et les possibilités de recours n’ont cessé d’être augmentées au bénéfice des demandeurs d’asile. C’est ainsi que dernièrement une loi du 29 juillet 2015 a introduit les nouveaux droits et recours suivants : possibilité pour le demandeur lors de l’entretien devant l’OFPRA de se faire assister d’un avocat ou du représentant d’une association habilitée ; systématisation du recours suspensif devant la CNDA même pour les personnes suspectées de fraude ; facilitation de la réunion familiale en France pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire ; création d’un nouveau recours devant le TA pour les déboutés en rétention.

Notons que l’obligation pour l’administration d’organiser un entretien avec le demandeur d’asile a été posée par une directive européenne, dont la loi de 2015 a fait application (p 11 du guide).

Comme on l’a vu plus haut ces multiples recours permettent aux demandeurs de bénéficier de différentes aides et du droit de résider régulièrement en France pendant une durée prolongée. Ils accroissent également les chances des déboutés de pouvoir se maintenir sur le territoire et d’être finalement régularisés.

  • Les demandeurs d’asile ont droit à l’hébergement, à une aide financière et à la couverture santé gratuite

Dès le moment où la demande d’asile est présentée, les demandeurs d’asile ont droit à un hébergement et à une aide financière. Ce droit court pendant toute la durée de l’instruction et des recours éventuels.

Les demandeurs d’asile sont hébergés, en principe dans un Centre d’accueil pour demandeur d’asile (CADA). La gestion de ces CADA est confiée à des opérateurs privés rémunérés par l’Etat, en particulier deux, l’ADOMA et France-Terre d’Asile.

Cependant le nombre des places en CADA (21 000 en 2012 réparties dans 265 centres) étant très inférieur au nombre des demandeurs d’asile dont le dossier est en cours, les demandeurs qui n’obtiennent pas une place en CADA bénéficient du dispositif « d’hébergement d’urgence ». Ce dispositif consiste le plus souvent en un hébergement à l’hôtel pris en charge par l’Etat. Compte-tenu de la croissance des demandes d’asile et des délais d’instruction des demandes, le nombre des demandeurs d’asile en hébergement d’urgence, c’est-à-dire à l’hôtel, dépasse aujourd’hui le nombre des demandeurs en CADA (30 000 places en hébergement d’urgence en 2012).

Le rapport de 2013 a mis en évidence le fait qu’une partie des personnes ayant obtenu le statut de réfugié et une partie des déboutés du droit d’asile continuent à bénéficier du dispositif alors qu’elles n’y ont plus droit. Selon le rapport, au moins 6000 places d’hébergement d’urgence, soit 20 % du total, sont occupées par des déboutés (ce qui représente un coût de 35 millions par an).

Ce passage du guide du demandeur d’asile (p. 21) illustre là-encore l’ampleur du laxisme des pouvoirs publics en matière d’asile : « Si vous vous maintenez dans ce lieu d’hébergement au-delà de ces délais, le préfet de département pourra vous mettre en demeure de libérer ce lieu. Et, dans l’hypothèse où vous ne quitteriez toujours pas cette structure, le préfet de département pourra saisir le juge administratif des référés pour qu’il vous ordonne de libérer les lieux » (sic).

Dans la même veine ce passage du rapport de 2013 (p. 45) mérite d’être signalé. Il insiste sur la « nécessité de sensibiliser les demandeurs d’asile à la nécessité de conserver les locaux occupés en bon état ».

Outre l’hébergement les demandeurs d’asile bénéficient d’une aide financière : l’allocation pour demandeur d’asile (ADA). Créée par la loi de 2015, elle a remplacé les anciennes allocations ATA et AMS.

Le montant de l’ADA varie en fonction de la composition de la famille. Il va de 204 euros par mois pour une personne seule sans ressources, à 1122 euros pour une famille de 10 personnes

Le rapport de 2013 (p. 6) considère que le montant des aides financières est attractif et peut constituer une incitation à venir en France pour y déposer des demandes d’asile abusives. « Une prise en charge composée d’un hébergement hôtelier dans une grande agglomération et d’une allocation s’élevant à près de 350 € par mois peut s’avérer attractive pour des personnes étrangères dont la demande d’asile serait mue par d’autres motivations que les persécutions dont elles auraient fait l’objet dans leur pays d’origine ». Le rapport souligne ainsi que le montant de l’aide financière est supérieur au niveau du salaire moyen dans plusieurs des pays d’origine les plus représentés dans les demandes d’asile.

Le même rapport (p. 17 et 21) chiffrait le coût annuel de ces dispositifs d’hébergement et d’aides financières à 481 millions. Encore faut-il relever que le coût total de la politique d’asile comprend bien d’autres dépenses pour l’Etat : le fonctionnement et le coût salarial des organismes publics et privés dédiés à la politique d’asile (l’OFPRA par exemple compte 650 agents) ; le coût de la CMU ; le coût de l’accès à l’éducation…

Comme pour l’hébergement, le laxisme prévaut également pour ce qui est de l’aide financière. Le rapport de 2013 (p. 19) a ainsi constaté qu’une partie des aides étaient versées indûment. Des personnes déboutées de leur demande d’asile ou ayant, à l’inverse, obtenu le statut de réfugié continuent à percevoir des aides auxquelles elles n’ont plus droit. Le rapport estime qu’au moins 18 % des bénéficiaires de l’aide aux demandeurs d’asile n’y ont pas droit, ce qui représentait en 2012 un coût de 25 millions.

Le rapport note (p. 43) que les versements injustifiés résultent notamment du trop grand nombre d’intervenants administratifs, qui ne parviennent pas à mettre en commun des informations fiables.

Outre l’hébergement et l’aide financière, le demandeur d’asile a accès pour ses enfants au système d’éducation dans les mêmes conditions que les nationaux.

Le demandeur d’asile bénéficie également de la CMU (de base et complémentaire), c’est-à-dire de la prise en charge gratuite de tous les frais médicaux et hospitalier pour lui-même, son conjoint et ses enfants.

Il bénéficie enfin de l’assistance de l’OFII pour l’ensemble des démarches qu’il doit effectuer (établissement de la demande d’asile, accès à l’hébergement et aux aides, accès aux soins, à l’éducation…). Un guide du demandeur d’asile, traduit en plusieurs langues, détaille les droits et les démarches à effectuer.

  • L’obtention du statut de réfugié

Le demandeur d’asile qui obtient le statut de réfugié (voir le guide du demandeur d’asile) bénéficie d’une carte de résident de 10 ans renouvelable. Il en est de même de son conjoint et de ses enfants. Si la famille se trouve hors de France, le réfugié peut la faire venir dans le cadre du regroupement familial.

Le refugié signe un « contrat d’accueil et d’intégration » qui donne droit à une formation civique, à une formation linguistique, à un bilan de compétence et à un accompagnement professionnel, l’ensemble de ces prestations étant gérées par l’OFII.

Une fois le statut obtenu, le réfugié peut être logé en centre provisoire d’hébergement et déposer une demande de logement social. Il a accès librement au marché du travail. Il bénéficie de la CMU. Il peut bénéficier, s’il remplit les conditions requises, de l’ensemble des prestations sociales (RSA ; allocations familiales ; allocations logement ; allocation parent isolé ; prestation d’accueil du jeune enfant ; allocation adulte handicapé). Il peut également demander à être naturalisé.

  • Le rejet de la demande d’asile

Le demandeur d’asile débouté se voit notifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF) dans le délai d’un mois.

Un recours contre l’OQTF, cela va sans dire, peut être introduit devant le Tribunal administratif, recours suspensif.

Une formule du guide du demandeur d’asile (p. 8) visant les personnes à qui l’asile a été refusé, est particulièrement succulente : « Dans ce cas, vous devez quitter le territoire, sous peine de faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français ».

Si le débouté ne respecte pas l’OQTF, il peut être appréhendé, reconduit à la frontière et être éventuellement placé en Centre de rétention administrative (CRA) en attendant son départ du territoire.

Dans la pratique, comme on l’a vu plus haut, la quasi-totalité des déboutés ne quittent pas le territoire.

  • L’aide au retour pour les départs volontaires

Le débouté qui le demande, comme tout immigré présent en France, bénéficie d’une aide au retour s’il regagne son pays volontairement (c’est-à-dire sans être reconduit de force). Cette aide conduit d’une part à la prise en charge par l’Etat des frais de voyage vers le pays d’origine et d’autre part au versement d’une somme, en une fois, au moment du départ. Le montant de cette somme varie en fonction des pays et peut aller jusqu’à 2600 euros pour une famille de 2 enfants.

En complément une aide à la réinsertion peut être attribuée sur place, sous certaines conditions, aux étrangers rentrés dans leur pays d’origine (aide matérielle ou financière pour l’accès au logement, à la santé et à l’éducation ; aide à la recherche d’emploi ou à la création d’entreprise).

Concluons sur ce second point. On voit que le dispositif de l’asile incite fortement à entrer en France pour y déposer une demande d’asile même si l’on sait que l’on ne remplit pas les conditions requises et qu’il n’y a aucune chance d’obtenir finalement le statut de réfugié. Le simple fait de déposer une demande d’asile permet en effet, de façon automatique et pendant environ deux ans, d’être autorisé à résider sur le territoire, avec sa famille ; d’être hébergé gratuitement ; de bénéficier d’une aide financière ; de bénéficier d’une couverture santé gratuite ; et d’user de nombreuses possibilités de recours permettant d’accroître la période de traitement du dossier. Enfin les demandeurs savent que même une fois déboutés, ils ont de grandes chances de pouvoir se maintenir sur le territoire et même finalement d’être régularisés.

 

  • Le dossier de l’asile démontre la volonté de trahison de la classe dirigeante

Le dossier de l’asile démontre la volonté de la classe dirigeante de laisser s’opérer l’invasion de la France, de l’encourager et de l’organiser.

  • Non seulement le système laxiste de l’asile n’est pas revu mais les droits des demandeurs ne cessent d’être augmentés

La pérennité du dispositif de l’asile est l’une des preuves les plus nettes de la volonté d’organiser l’invasion de la France. Les autorités publiques – gouvernements qui se succèdent, parlementaires, administrations en charge de ces dossiers, juges – savent parfaitement que l’asile est détourné de son objet et qu’il constitue désormais une voie d’immigration : elles n’apportent pourtant aucun frein au processus. Ces autorités laissent entrer chaque année des dizaines de milliers de demandeurs d’asile, organisent leur hébergement et leur distribuent des aides financières, alors qu’elles savent que la plupart de ces demandes sont abusives et qu’elles déboucheront sur une décision négative. Elles laissent ensuite les déboutés s’installer sur le territoire, sans procéder à leur expulsion. Et même elles les régularisent au bout d’un certain délai.

Non seulement les pouvoirs publics laissent le système laxiste en l’état mais ils font en sorte d’augmenter encore les droits des demandeurs d’asile, rendant le dispositif toujours plus attractif. C’est ainsi que très récemment encore, comme on l’a vu plus avant, une loi de 2015 est venue améliorer les droits des demandeurs d’asile. Comme le proclame le dossier de presse distribué au moment de la publication de la loi : « Cette nouvelle loi place la France au niveau des meilleurs standards européens en matière de protection du droit d’asile. »

Les procédures d’asile sont mises en œuvre d’autre part dans un contexte de profonde désorganisation administrative. Comme on l’a vu plus avant, le rapport de 2013 a mis en évidence une série de dysfonctionnements : trop grand nombre d’intervenants ; systèmes de collecte et d’échanges d’information déficients ; hébergement et aides accordés à des personnes n’y ayant pas droit ; décisions de reconduites non exécutées… Contrairement sans doute à ce que pensent beaucoup de gens et à ce que prétend la propagande libérale, l’Etat en France est dans la plupart des domaines faible, laxiste et désorganisé.

Mais il faut voir que ce laxisme, cette faiblesse et cette désorganisation ne sont pas la marque d’une incompétence : elles sont volontaires. Si les autorités étaient seulement incompétentes et pusillanimes, elles tenteraient tout de même quelques réformes pour essayer de porter remède aux principaux dysfonctionnements. Ces tentatives de réforme resteraient délibérément modestes, et donc inefficaces, afin de ne pas heurter les milieux immigrationnistes : mais elles s’efforceraient tout de même de limiter quelque peu les dérives du système. Or ce n’est pas ce qui se produit : les autorités n’initient aucune réforme visant à limiter les dérives de l’asile. Elles laissent le nombre des demandeurs d’asile enfler, ne tentent rien pour essayer de l’endiguer, ni même pour en donner l’illusion. Mieux même, elles n’ont de cesse d’augmenter les droits et les protections des demandeurs d’asile. Leur volonté d’utiliser l’asile pour servir leur politique immigrationniste est par là-même démontrée.

Il faut relever également, dans le même registre, l’extrême complexité de la réglementation de l’asile. Celle-ci met en place une infinité de raffinements procéduraux, de distinctions subtiles et de dérogations. Citons par exemple les différences de régime entre la première et la deuxième demande de réexamen de la décision OFPRA ; les différences entre OQTF et APRF ; les multiples différences dans les délais de recours selon le stade de la procédure… Cette complexité est voulue. Elle permet aux immigrés et à leurs avocats de multiplier les contestations et d’obtenir satisfaction à un titre ou à un autre. Elle rend le système opaque pour les Français moyens qui, noyés d’emblée par la complexité, sont maintenus hors d’état d’analyser et de mettre en cause quoi que ce soit.

  • Le rôle militant des administrations

Au sein du dispositif politico-administratif immigrationniste, une mention spéciale doit être réservée aux responsables et aux personnels de deux organismes publics chargés d’organiser l’immigration : l’OFPRA et l’OFII. Ces responsables, leurs adjoints et leurs agents, organisent jour après jour un système qui alimente, suscite et organise l’immigration massive. Soulignons le rôle de l’actuel directeur de l’OFPRA, M. Pascal Brice. Depuis que ce haut fonctionnaire est à la tête de l’organisme, le nombre des demandes d’asile accordées a presque triplé. Citons l’article du Monde qui lui est consacré : « Il arrive en costume et lance un « Salam aleykoum » aux étrangers, puis s’assoie par terre près d’eux…  C’est un vrai militant de l’asile qui n’hésite pas à se revendiquer comme tel, confirme le conseiller migration de Bernard Cazeneuve… ». Le Monde ajoute que ses collaborateurs lui savent gré de son action à la tête de l’organisme notamment «  Mourad Derbak, le responsable de la division Europe et Moyen-Orient, depuis plus de vingt ans dans la maison ».

Les agents de ces organismes sont eux aussi souvent des militants. C’est ainsi par exemple que les syndicats de l’OFPRA avaient appelé à la grève en 2007 pour protester contre une disposition d’une loi sur l’immigration qui réduisait le délai de recours pour les déboutés du droit d’asile.

  • Les associations immigrationnistes

Les associations auxquelles l’Etat délègue la gestion de l’asile et de l’accueil des immigrés ont également, bien entendu, une responsabilité directe et éminente dans l’organisation de l’asile et de l’immigration. Certaines de ces associations, comme France Terre d’asile, gèrent les CADA : elles sont choisies sur appel d’offre et rémunérées pour leurs prestations. D’autres, comme la CIMADE ou le GISTI, assurent, en lien avec l’OFII, l’accompagnement social et administratif des migrants et bénéficient pour ce faire de crédits publics.

Mais ces associations financées sur subventions ne sont pas seulement des opérateurs privés prestataires de services. Elles se comportent aussi comme des militants actifs de l’immigrationnisme. Elles exercent une pression constante sur les pouvoirs publics pour que les droits des demandeurs d’asile, et des immigrés de façon générale, ainsi que les aides qui leur sont attribuées, soient toujours plus étendus. Elles s’appuient pour ce faire sur les médias et l’opinion publique. Elles jouent un rôle militant auprès des demandeurs d’asile pour les inciter à faire valoir leurs droits et à utiliser toutes les procédures et recours. Elles payent des avocats qui prennent en charge les dossiers des migrants.

Alors qu’elles sont choisies et rémunérées pour exercer une mission qui leur est confiée par l’administration, elles refusent de collaborer à toute mesure qui irait à l’encontre des intérêts des immigrés, telles que des mesures d’économie par exemple. Le rapport de 2013 (p. 33) a relevé ainsi que les associations refusaient de communiquer aux autorités l’identité des demandeurs d’asile hébergés dans les CADA qu’elles gèrent. Le rapport de 2013 note qu’elles devraient pourtant fournir la preuve de la réalité des activités pour lesquelles elles sont payées, « les éléments rendant compte de l’activité constituant la contrepartie élémentaire de l’attribution de fonds publics » (sic).

Signalons également le rôle joué par les associations charitables (Médecins du Monde, Secours catholique…) qui apportent une aide (repas, vêtements, soins…) aux immigrés déboutés du droit d’asile qui se maintiennent en situation irrégulière.

A la tête de ces associations militantes, certaines personnalités bénéficient d’une notoriété médiatique. Citons par exemple le cas du président de France Terre d’asile, M. Pierre Henry. Celui-ci est très régulièrement sollicité par les médias. P. Henry est aussi connu à un autre titre : il a été en effet mis en cause il y a quelques années, sans suites judiciaires semble-t-il, pour avoir confondu la caisse de son association et sa cassette personnelle.

  • Les médias, au service des migrants

Les médias, tous immigrationnistes, jouent bien entendu un rôle déterminant en matière d’asile. Ils cherchent ainsi à présenter tout demandeur d’asile comme la victime de la famine, de la guerre, de la terreur et de l’oppression, alors que la plupart des demandeurs sont originaires de pays où il n’y a ni famine ni guerre. Ils entretiennent une confusion entre migrants, réfugiés, demandeurs d’asile, qualifiant tout le monde de « réfugiés », alors que la plupart de ceux qu’ils présentent comme tels sont soit des demandeurs d’asile dont la plupart seront déboutés, soit des migrants déboutés et en situation irrégulière.

  • Les juges, militants immigrationnistes eux-aussi

Les juridictions jouent, elles-aussi, un rôle actif pour entretenir un dispositif d’asile qui est en réalité une voie d’immigration. Les CNDA comme on l’a vu annulent une partie des décisions négatives de l’OFPRA et attribuent 5 ou 6000 asiles supplémentaires par an. De même les juridictions administratives annulent une partie des décisions d’OQTF et  des rares mesures de reconduites des déboutés. Dans la jurisprudence du Conseil d’Etat, échelon supérieur de la juridiction administrative, on relève ainsi de nombreuses décisions favorables aux demandeurs d’asile et aux immigrés de façon générale

Il faut également relever que les deux syndicats de la magistrature judiciaire prennent régulièrement des positions immigrationnistes.

Signalons cet exemple significatif de l’état d’esprit « pro immigration » de la magistrature. Le rapport de 2013 (p. 37) signale que la CNDA a refusé de donner les éléments que les rapporteurs demandaient : « S’étant vu opposer le principe d’indépendance des juridictions administratives… la mission n’a pu mener ses investigations sur le traitement juridictionnel des demandes d’asile ».

  • Les institutions européennes, immigrationnistes elles-aussi cela va sans dire

Il faut enfin relever le rôle des institutions européennes, qui contribuent à donner à l’asile un rôle de pompe aspirante de l’immigration. Comme nous l’avons vu plus haut, des directives européennes, transcrites par la France en 2015, ont ainsi récemment augmenté les droits du demandeur d’asile en rendant obligatoire un entretien individuel, alourdissant d’autant les procédures.

De même la Cour de justice de l’union européenne (CJUE) a condamné à plusieurs reprises des décisions françaises de placement en rétention de déboutés en instance d’expulsion. Citons également, autre exemple (p. 8 du rapport de 2013), cette décision de 2012 de la CJUE étendant le bénéfice de l’Allocation ATA aux demandeurs d’asile sous régime Dublin.

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L’invasion migratoire comprend trois composantes : l’immigration légale (200 000 nouvelles installations par an) ; l’immigration irrégulière (au moins 50 000 installations par an) ; les naissances dans les familles issues de l’immigration (environ 300 000 par an). Au total, déduction faite des décès et des quelques départs, ce sont entre 400 et 500 000 nouveaux immigrés qui naissent ou s’installent chaque année en France (voir cette tribune et celle-ci).

Les installations sur le territoire issues de la procédure d’asile s’insèrent dans ces données chiffrées de la façon suivante :

– Le dispositif de l’asile vient abonder l’immigration légale : les demandeurs d’asile obtenant le statut de réfugié sont intégrés dans les statistiques annuelles de l’immigration légale.

– Elle nourrit également l’immigration irrégulière, la plupart des déboutés, comme on l’a vu, restant sur le territoire.

– Lorsqu’au bout d’un certain temps ces déboutés sont régularisés, ils intègrent alors à leur tour les statistiques annuelles de l’immigration légale.

– L’asile alimente ensuite, bien entendu, le flux des naissances immigrées en France.

Pour dissimuler autant que faire se peut leur politique de trahison, les responsables français, les médias et les différents porte-paroles de l’immigrationnisme mettent en avant le fait que le nombre de demandeurs d’asile accueillis par la France est « très inférieur aux efforts consentis par l’Allemagne », qui en 2015 a autorisé l’installation de plus d’un million de réfugiés. C’est oublier que la France laisse entrer selon les périodes entre 50 et 70 000 « réfugiés » par an, et ce depuis des décennies.

Quant à l’Allemagne, elle n’a pas fini d’endurer les effets de l’afflux brusque et massif de migrants inassimilables que lui a imposé sa chancelière. Dans le classement des responsables européens coupables de haute trahison, Mme Merkel s’est, d’un seul élan, hissée sur la plus haute marche.

Grand remplacement : en France 40 % des naissances proviennent de l’immigration

Chronique de Paysan Savoyard

(n°154 – octobre 2016)

 

  • Drépanocytose : en France 40 % des naissances sont issues de l’immigration non européenne

L’invasion migratoire s’alimente à trois sources : les installations légales de nouveaux arrivants ; les installations illégales ; et les naissances sur le sol français dans les familles issues de l’immigration non européenne.

Les installations légales d’immigrés non européens s’élèvent depuis plusieurs années à environ 200 000 par an (voir cette chronique). Les illégales à au moins 50 000 (50 000 est le nombre annuel des demandeurs d’asile déboutés, qui ne sont jamais expulsés). Quel est le nombre des naissances issues de l’immigration ? Un document produit chaque année par un organisme dépendant du ministère de la santé donne la réponse (voir pages 63 à 67).

Il se trouve en effet que les personnes de races africaine et arabe sont susceptibles d’être atteintes par une maladie d’origine génétique : la drépanocytose. Les personnes des autres races ne sont pas concernées par cette anomalie (signalons au passage que ce type de particularité génétique est une preuve de l’existence des races ; voir cette chronique ).

La drépanocytose étant une maladie grave, un dépistage est effectué par les hôpitaux chez tous les nouveaux nés dont l’un des deux parents au moins est Noir ou Arabe (y compris, donc, lorsqu’il s’agit de naissances dans un couple « mixte »). Le rapport de l’organisme chargé des dépistages à la naissance donne le nombre total des tests de la drépanocytose effectués annuellement : ce nombre est à peu de choses près celui des naissances issues de l’immigration non européenne.

Le nombre des dépistages présente deux différences avec le nombre exact des naissances issues de l’immigration (qui lui n’est pas connu, les statistiques ethniques étant interdites). Le dépistage en effet concerne également les populations issues des territoires et départements Français d’outre-mer et ne s’applique pas en revanche aux immigrés d’origine asiatique : pour déterminer le nombre exact des naissances en métropole issues de l’immigration non européenne, il faudrait donc pouvoir déduire du nombre des dépistages le nombre des naissances dans les familles originaires de l’outre-mer et y ajouter les naissances dans les familles asiatiques. Ces deux nombres ne sont pas connus. Cependant, les deux populations présentes en métropole ayant des effectifs comparables (500 000 chacune selon les chiffres cités habituellement), on peut considérer que les naissances issues de l’outre-mer (qu’il faudrait déduire) et les naissances asiatiques (qu’il faudrait ajouter) sont également d’importance comparable. De sorte que le nombre des dépistages de la drépanocytose donne une mesure très proche du nombre des naissances issues de l’immigration non européenne.

Ces précisions données, quels sont les chiffres (il s’agit ici des chiffres de la métropole) ?

Premier chiffre. En 2015, en métropole, 295 951 nouveaux nés ont été dépistés, soit 38,85 % du total des naissances (761 841). Autrement dit les naissances issues de l’immigration non européenne ont été en 2015 en métropole de l’ordre de 300 000, soit près de 40 % des naissances totales.

Deuxième chiffre. Le nombre des dépistages en proportion des naissances totales varie sensiblement d’une région à l’autre : il est par définition plus élevé dans les régions où les populations issues de l’immigration sont nombreuses. C’est ainsi qu’en Bretagne, région la moins concernée, il n’est que de 8 %. Il atteint 52 % en PACA. Le record est sans surprise détenu par la région Ile-de-France, où les dépistages ont été effectués sur… 73,4 % des nouveaux nés. Autrement dit, en Ile-de-France, près des trois-quarts des nouveaux nés sont issus de l’immigration non européenne !

Dernier chiffre. Le nombre des nouveaux nés dépistés en métropole, et donc le nombre de naissances issues de l’immigration, ne cesse d’augmenter. En 2006 il était de 214 181 soit 27 % des naissances. En 2015, comme on vient de le voir, le nombre des dépistés a été de près de 300 000, soit 38,85 % des naissances totales.

200 000 installations légales. Au moins 50 000 illégales. 300 000 naissances… Soit un total annuel de 550 000 (duquel il convient de déduire les quelques départs du territoire et les décès).

Le Grand Remplacement se poursuit donc, à un rythme qui s’accélère… Comment, averti de ces chiffres, pourrait-on de bonne foi le nier ?

 

  • Fermeture annoncée de l’usine Alstom de Belfort : mondialisation, délocalisations, trahison…

Les dirigeants d’Alstom viennent d’annoncer leur intention de fermer l’usine de Belfort, qui construit les TGV. L’affaire est doublement significative. Elle intervient dans une région, l’Est de la France, parmi les plus touchées par la désindustrialisation. Elle concerne un secteur symbolique puisque le train constitue une spécialité française : il a été inventé en France (et en Angleterre au même moment) et a toujours été un point fort à l’exportation.

Les politiciens et leurs porte-paroles journalistes se lamentent de concert. Larmes de crocodiles bien entendu ! La désindustrialisation en effet a été voulue et organisée par la classe dirigeante européenne (et américaine, cela va sans dire) : dès les années quatre-vingt elle a supprimé les droits de douane et libéralisé les mouvements internationaux de capitaux afin de pouvoir délocaliser dans les pays à bas coûts.

En complément de la politique de délocalisation,  la classe dirigeante européenne a organisé une immigration massive qui a pour effet et pour objet de diminuer le coût du travail non délocalisable. Il en est de même pour l’organisation du système des travailleurs détachés, l’immigration de travail et les travailleurs détachés constituant en quelque sorte un dispositif de « délocalisation sur place ».

Alstom est un nouvel épisode de cette politique de trahison mondialiste et immigrationniste, qui vise et organise le dumping social.

Quant aux déclarations apitoyées des politiciens, elles sont pure hypocrisie, aucun des candidats de droite et de gauche en lice n’ayant l’intention, s’il est élu, de remettre en cause quoi que ce soit d’important.

 

  • Insultes adressées à Trump : les élites américaines et européennes commencent à s’inquiéter

Trump a sûrement beaucoup de défauts. Certains points de son programme sont sans doute très contestables. Par exemple les préoccupations écologistes semblent lui échapper dans une large mesure. Mais de là à présenter Trump comme un fou dangereux, comme le fait l’oligarchie américaine et européenne, voilà qui paraît quelque peu abusif.

Sauf erreur de notre part les principaux points de son programme sont les suivants : arrêter l’immigration ; remettre en cause la mondialisation économique et protéger l’emploi américain par le protectionnisme ; mettre fin à l’interventionnisme américain dans le monde entier et aux opérations guerrières qui les accompagnent ; développer des liens privilégiés avec la Russie.

Pour ce qui nous concerne nous partageons pleinement les préoccupations et les objectifs mis en avant par Trump. Que l’on soit d’accord ou pas, on ne voit pas ce qui peut permettre d’affirmer que ce programme est l’œuvre d’un guignol ou d’un fou.

On comprend qu’un tel programme suscite la terreur des milieux dirigeants américains et de tous leurs relais en Europe (à commencer par nos politiciens, nos patrons et nos journalistes). C’est pourquoi elle l’insulte sans relâche depuis qu’il a déclaré sa candidature. Dans un premier temps l’oligarchie a traité Trump de clown et de bouffon. Maintenant que son arrivée au pouvoir devient envisageable, elle passé un cran et  le désigne désormais comme un fou dangereux.

La gradation dans l’insulte semble l’indiquer : l’inquiétude de la classe dirigeante mondialiste et immigrationniste ne cesse de croître au fur et à mesure que l’élection approche.

France : 190.000 immigrés non européens s’installent légalement chaque année en métropole

Chronique de Paysan Savoyard

(n°116 – juin 2014)

 

Les sources de l’immigration sont au nombre de trois: l’immigration légale, l’immigration irrégulière et les naissances qui surviennent dans les familles issues de l’immigration. Pour mesurer l’ampleur de l’immigration, il faut déduire de ces flux entrants les départs du territoire et les décès.

Compte tenu de l’ampleur de ces différents flux, nous estimons le nombre total des immigrés d’origine non européenne s’installant chaque année sur le territoire à au moins 400.000. Nous expliquerons comment nous parvenons à ce chiffre en détaillant dans le cadre d’une série d’articles les différentes sources d’immigration. Nous commençons ici par l’immigration légale.

Il n’y a aucun chiffre officiel concernant l’immigration clandestine, les naissances, les départs et les décès. Concernant l’immigration légale en revanche, il existe des données publiques, établies par le ministère de l’intérieur : le nombre des titres de séjour délivrés au cours de l’année.

 

  • Les différents titres de séjour : environ 190 000 titres de séjour sont délivrés chaque année à des immigrés non européens

Le code des étrangers en France prévoit que les étrangers ressortissant d’un pays non membre de l’UE peuvent séjourner sur le territoire jusqu’à trois mois sans titre de séjour. Ils doivent toutefois avoir obtenu au préalable un visa leur permettant d’entrer sur le territoire. Le visa, dont la durée est variable, est délivré par les consulats de France situés dans le pays d’origine de l’étranger. Il peut être refusé.

Les étrangers doivent en outre présenter une attestation d’accueil établie par la personne chez qui ils vont résider (NB : Les étrangers ressortissants d’un pays de l’UE répondent eux à des règles spécifiques en matière d’entrée comme de séjour, que nous évoquerons dans un futur article).

Les étrangers qui proviennent d’un pays non membre de l’UE et qui souhaitent résider sur le territoire national pour une durée supérieure à trois mois, doivent disposer, s’ils ont plus de 18 ans, d’un titre de séjour (ils doivent également être en possession d’un visa, sauf dans certaines situations). Ce titre de séjour est délivré par les préfectures.

L’administration est tenue de délivrer un titre de séjour dans deux cas : lorsque l’étranger demande un titre de séjour pour motif familial ; et lorsqu’il bénéficie d’un contrat de travail dans un secteur ou une zone géographique pour lesquelles existent des difficultés de recrutement. Dans les autres cas elle n’est pas tenue de délivrer le titre. Cependant la personne qui se voit refuser un titre peut introduire un recours, le juge administratif contrôlant la régularité du refus opposé par l’administration.

Il existe plusieurs types de titres de séjour. Les deux principaux sont :

-la carte de séjour temporaire , qui correspond à un séjour d’une durée d’au maximum 1 an. Elle comporte une « mention » correspondant au motif du séjour (visite privée, étudiant, motif familial, activité professionnelle…). Chaque mention correspond à des règles spécifiques (par exemple un visiteur n’a pas le droit de travailler alors qu’un étudiant peut travailler jusqu’à concurrence de 60 % de la durée annuelle de travail d’un salarié). 62.000 nouvelles cartes de séjour temporaires ont été délivrées en 2012.

-la carte de résident, qui est d’une durée de 10 ans. Elle autorise à travailler. 17.000 cartes de résident ont été délivrées en 2012.

Il existe également trois autres titres : certificat de résidence pour Algérien (25.000 en 2012) ; carte de séjour de retraité (226 en 2012) ; carte dite « compétences et talents » (285 en 2012).

Enfin pour certaines catégories d’étrangers, la détention d’un visa de long séjour dispense de demander un titre de séjour. Ces « visas de long séjour valant titre de séjour » concernent par exemple les conjoints de Français, les salariés, les étudiants et les bénéficiaires du regroupement familial. 84.000 visas de ce type ont été délivrés en 2012.

Au total 193.000 titres de séjour de ces différents types ont été délivrés en 2012 à des étrangers non européens arrivant en France métropolitaine.

 

  • Le nombre des titres délivrés correspond au nombre des installations légales

Le nombre des titres de séjour délivrés chaque année donne la mesure de l’immigration légale qui s’installe en France. Ce nombre est comptabilisé par le ministère de l’intérieur, qui délivre les titres, et publié sur son site.

Précisons que ce nombre porte sur les « premiers titres » de séjour, c’est à dire ceux qui sont délivrés aux immigrés qui reçoivent un titre pour la première fois : les renouvellements de titre ou les changements de nature de titre ne sont pas pris en compte.

Par exemple le titulaire d’une carte de séjour temporaire « étudiant » qui reste en France au terme de ses études et obtient un contrat de travail se voit délivrer un nouveau titre avec cette fois la mention « activité professionnelle » : ce nouveau titre ne sera pas comptabilisé. Le nombre annuel des premiers titres correspond donc au nombre annuel des entrées légales sur le territoire.

En dépit de cette précaution, le décompte des titres de séjour n’est pas un outil parfait pour mesurer l’immigration légale :

– D’abord comme nous l’avons dit plus haut, il ne tient pas compte des ressortissants des pays membres de l’UE qui émigrent en France ;

– Il ne tient pas compte non plus des mineurs arrivant sur le territoire, lesquels sont dispensés de titre de séjour. Cependant les mineurs sont intégrés dans les statistiques des flux d’immigration légale lorsqu’ils atteignent 18 ans : une fois majeurs ils doivent en effet disposer d’un titre de séjour et se voient alors délivrer un premier titre.

– Le décompte des premiers titres de séjour (lesquels correspondent nécessairement à une entrée sur le territoire) ne permet pas de rendre compte parfaitement des flux d’immigration légale parce qu’il ne tient pas compte des départs. Il n’y a pas en effet en France d’enregistrement et de comptabilisation des sorties du territoire.

Autrement dit il est impossible de savoir quelle est la proportion des bénéficiaires des titres de séjour qui s’installent durablement sur le territoire et quelle est la proportion de ceux qui le quittent au terme d’un séjour de quelques mois ou quelques années.

En d’autres termes encore, il est impossible de connaître le « solde » de l’immigration légale annuelle, c’est-à-dire les entrées moins les départs (précisons que l’INSEE calcule ce qu’elle nomme un « solde migratoire annuel » : ce chiffre est non pertinent ; nous reviendrons sur ce point dans un prochain article).

On peut cependant penser que la plupart des personnes qui entrent en France pour un séjour supérieur à trois mois, quel que soit le motif de leur séjour, vont s’installer durablement. La France est l’un des pays les plus généreux vis-à-vis de l’immigration. Ce sont les avantages qu’ils savent pouvoir tirer de l’immigration en France qui ont poussé les immigrés à choisir ce pays : il n’y a donc pas de raison qu’ils quittent le territoire ensuite.

Les départs sont d’autant moins probables que plus le séjour sur le territoire se prolonge, plus il ouvre des droits et des avantages : il permettra par exemple d’obtenir finalement un logement social et la nationalité française…

On peut donc considérer que le nombre des premiers titres délivrés chaque année (environ 190.000 par an, donc, pour la métropole) correspond à peu près à l’arrivée légale d’immigrés supplémentaires venant s’installer.

 

  • Les motifs de l’installation légale : 46 % des installations légales correspondent à l’immigration familiale

L’immigration légale a plusieurs motifs, chacun d’entre eux, comme indiqué plus avant, correspondant à un titre de séjour spécifique.

* Les études

Les étudiants reçoivent une carte de séjour temporaire d’un an, renouvelable pour une durée maximale de 4 ans. En 2012, 58.000 nouveaux étudiants ont été accueillis soit 31 % du total des entrées légales.

* Le motif économique

Les étrangers ayant reçu un titre de séjour pour exercer une activité économique (salariée, non salarié ou saisonnière) étaient 16.000 en 2012 soit 8 % du total.

Lorsque l’étranger dispose d’un contrat de travail dans un secteur professionnel connaissant des difficultés de recrutement (la liste de ces secteurs étant révisée régulièrement), la délivrance d’une carte est automatique (article L 313-10 du code des étrangers).

* Le motif familial

Les étrangers placés dans les situations suivantes obtiennent automatiquement une carte de séjour temporaire (article L 313-11) :

– Les membres de la famille d’un Français (conjoint d’un Français ; parents d’un enfant Français mineur). 52.000 titres ont été délivrés en 2012

– Le conjoint et les enfants mineurs d’un étranger vivant régulièrement en France (ils bénéficient du droit au « regroupement familial ») ; 16 000 en 2012

– Les étrangers disposant de « liens personnels et familiaux » anciens et stables en France. 18.000 en 2012.

Au total les étrangers ayant obtenu un titre de séjour pour motif familial ont été 87.000 en 2012, soit 46 % du total des entrées légales.

* Les motifs humanitaires

Le titre peut être délivré également pour motifs humanitaires. Les entrées pour ce motif se sont élevées à 18 000 en 2012, soit 9 % du total des entrées légales. Elles sont de 2 types :

– L’asile (on distingue l’asile des réfugiés et l’asile territorial). Plus de 60 000 demandes d’asile sont présentées chaque année (la plupart du temps lors de l’arrivée à la frontière française) : 20 % environ sont acceptées (12 000 asiles accordés en 2012), après une instruction du dossier, qui dure 5 mois en moyenne et qui est effectuée par « l’Office français de protection des réfugiés et apatrides ». Le nombre des demandes d’asile augmente constamment depuis 10 ans, la France étant le pays européen qui en reçoit le plus grand nombre.

– L’accueil des étrangers atteints d’une maladie grave et qui ne peuvent recevoir dans leur pays les soins appropriés (6 000 en 2012).

* Les motifs divers

L’entrée légale peut correspondre à divers autres motifs (12 000 entrées à ce titre en 2012, soit 6 % du total) : à titre de « visiteur » ; étranger entré mineur et devenu majeur ; accidenté du travail ; ancien combattant ; titulaire d’une pension de retraite.

Apportons une dernière précision pour la bonne compréhension de ces données. Le recensement des entrées légales croise donc deux informations de nature différente : le type de titre délivré et le motif de la délivrance. Par exemple peut être délivrée pour motif familial soit une carte temporaire soit une carte de résident.

 

  • Parmi les immigrés légaux, on compte chaque année 20.000 clandestins régularisés

Les clandestins qui sont régularisés chaque année se trouvent parmi les bénéficiaires des titres de séjours délivrés.

Les pouvoirs publics décident en effet chaque année de régulariser des étrangers « sans papiers » en situation irrégulière en France. Par exemple le gouvernement Sarkozy a décidé que les clandestins résidant depuis 10 ans en France ont vocation à être régularisés pour motif humanitaire.

Ces régularisations (ou « admissions exceptionnelles au séjour ») entraînent la délivrance d’un « premier » titre de séjour. Elles sont donc comprises dans la comptabilisation annuelle des premiers titres délivrés et ventilées dans les différents motifs de délivrance.

En 2012 les régularisations se sont élevées à 23 294 (soit 12 % du total des entrées). La quasi-totalité de ces régularisations (21 000 en 2012) relèvent du motif « familial »

En 2013 l’actuel gouvernement a décidé d’augmenter le nombre des régularisations, en demandant aux préfectures (circulaire du 28 novembre 2012) de régulariser les clandestins se trouvant dans différentes situations particulières (par exemple les conjoints d’étrangers en situation régulière ; par exemple encore les parents d’enfants scolarisés). Le nombre des régularisations est passé de ce fait à 35.000 en 2013.

Nous traiterons de l’immigration clandestine dans son ensemble dans un prochain article.

 

  • Les Algériens, les Marocains, les Tunisiens et les Chinois sont les plus nombreux à s’installer en France

Les nationalités qui sont les plus nombreuses à obtenir un premier titre de séjour sont : les Algériens (25 000 titres en 2012) ; les Marocains (23 000) ; les Chinois (14 000) ; les Tunisiens (12 000). A eux trois les 3 pays du Maghreb représentent 32 % du total des entrées.

Notons que le classement des pays en tête pour le nombre des entrées est identique depuis 2008.

 

  • Le nombre des installations légales ne cesse d’augmenter

Le nombre des premiers titres de séjours délivrés (autrement dit le nombre des installations légales d’étrangers non européens) augmente presque chaque année depuis au moins vingt ans.

Les chiffres (arrondis) des années pour lesquelles des statistiques officielles sont disponibles sont les suivants (précisons qu’ils ne concernent que la métropole): 1997 : 118.000 ; 1998 : 143.000 ; 1999 : 124.000 ; 2000 : 149.000 ; 2001 :164.000 ; 2002 : 181.000 ; 2003 : 190.000 ; 2004 : 191.000 ; 2005 : 187.000 ; 2006 : 183.000 ; 2007 : 171.000 ; 2008 : 183.000 ; 2009 : 194.000 ; 2010 : 196.000 ; 2011 : 193.000 ; 2012 : 193.000.

En additionnant ces données par périodes, il n’est pas sans intérêt d’examiner quelles ont été les statistiques des différents gouvernements qui se sont succédé depuis vingt ans. De 1998 à 2002 (le gouvernement était assuré par M. Jospin, Premier ministre de cohabitation) 152 000 entrées légales ont été accordées par an en moyenne. De 2003 à 2007 (M. Chirac était président de la république), le nombre moyen a été de 184.000. De 2008 à 2012, sous la présidence de M. Sarkozy, le nombre moyen annuel a atteint un niveau record : 191 000.

Il y a lieu de souligner ce point et d’insister sur le comportement de la droite. M. Chirac a autorisé une immigration légale plus importante que ne l’avait fait M. Jospin. M. Sarkozy a été encore plus loin. En 2007 beaucoup d’électeurs avaient probablement voté pour M. Sarkozy avec l’espoir qu’il réduirait l’immigration. Non seulement il ne l’a pas réduite mais il l’a au contraire fortement augmenté.

Il est vrai que les socialistes sont disposés semble-t-il à aller toujours plus loin dans ce domaine. C’est ainsi que pour 2013, selon un chiffre encore provisoire, le total des entrées légales atteint le record de 206.000.

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Après avoir traité de l’immigration légale, nous examinerons dans un prochain article l’immigration clandestine puis la question des naissances issues de l’immigration. Après avoir inventorié ces différentes sources de l’immigration annuelle (données de flux) nous terminerons cette série d’articles en traitant la question du nombre des immigrés présents (données de stock).

Nous avons bien conscience de l’aridité de la présente tribune. Encore n’avons-nous exposé que les règles principales. Le corpus du droit des étrangers est en effet spécialement complexe, truffé de règles particulières et d’exceptions.

Cette extrême complexité est à notre avis voulue. Elle offre d’abord aux immigrés, à leurs avocats et à leurs associations de soutien, de multiples points d’appui pour introduire avec succès des recours devant les juridictions. Surtout elle permet de rendre le sujet parfaitement opaque à l’observateur : l’oligarchie peut ainsi continuer à développer sa politique immigrationniste en toute impunité.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 15/06/14

140.000 naturalisés par an… Sans compter tous les autres…

Chronique de Paysan Savoyard

(n°99 – avril 2013)

Constatant que le nombre des étrangers ayant acquis la nationalité française avait baissé en 2011, le ministre de l’intérieur, M. Valls, a déclaré (conférence de presse du 28/09/12) qu’il souhaitait augmenter ce nombre pour revenir aux niveaux antérieurs. La naturalisation est en effet selon lui un moyen de favoriser l’intégration des personnes d’origine immigrée.

  • Les nombreux modes d’accès à la nationalité

En 2011 les acquisitions de nationalité se sont élevées à 112.000 contre 140.000 l’année précédente. En moyenne de 2000 à 2010, elles ont été de 140.700 par an.

Mais les chiffres officiels d’accès à la nationalité ne rendent compte que d’une partie de la réalité : le nombre des personnes d’origine immigrée accédant chaque année à la nationalité française est bien supérieur à 112 ou 140 000.

Pour s’en apercevoir il faut passer en revue les voies d’acquisition de la nationalité, qui sont au nombre de six :

  • La filiation

L’enfant né de parents dont l’un au moins est Français obtient automatiquement la nationalité française à la naissance. C’est l’application du « droit du sang ». Autrement dit, les enfants des immigrés qui ont obtenu la nationalité française sont Français. Ces personnes d’origine immigrée devenant françaises par filiation ne sont pas comptabilisées dans les statistiques des acquisitions de la nationalité.

  • La naissance en France lorsque les parents sont également nés en France

L’étranger né en France de parents dont l’un au moins est lui-même né en France obtient automatiquement la nationalité française à la naissance. C’est l’application de ce que l’on appelle le droit du sol. Là encore ces Français d’origine immigrée ayant obtenu la nationalité à la naissance ne sont pas comptabilisés dans les acquisitions de la nationalité.

  • La naissance en France

L’étranger né en France et qui y réside obtient automatiquement la nationalité française à l’âge de 18 ans (et non à la naissance, à la différence des enfants nés en France dont l’un des parents y est lui-même né ; voir plus haut). Il s’agit là encore d’une application du « droit du sol ». L’attribution automatique de la nationalité est cependant soumise à une condition : la résidence en France doit être stable (l’étranger doit avoir résidé en France au moins 5 ans depuis l’âge de 11 ans). Ces personnes ayant obtenu automatiquement la nationalité à 18 ans du fait de leur naissance en France ne sont pas non plus comptabilisées dans les statistiques des acquisitions de la nationalité.

Cet étranger né en France peut demander la nationalité française de façon anticipée, à partir de l’âge de 13 ans. En 2011 cette attribution de la nationalité par anticipation a bénéficié à 23 000 étrangers, qui eux sont comptabilisés dans les acquisitions de la nationalité.

  • Le mariage avec un Français

L’étranger qui se marie avec un Français obtient la nationalité française s’il en fait la demande. La demande ne peut être présentée que 4 ans après le mariage, en justifiant d’une communauté de vie avec son conjoint (il s’agit d’empêcher les mariages fictifs). En outre le conjoint étranger doit manifester une bonne assimilation (connaissance suffisante de la langue française ; absence de condamnation). En 2011, 21.000 étrangers ont obtenu la nationalité par mariage.

  • La naturalisation des résidents

L’étranger résidant en France régulièrement (c’est-à-dire de façon non clandestine) depuis au moins 5 ans peut demander à être naturalisé. Certaines conditions doivent être réunies : maîtrise suffisante de la langue française ; connaissance des droits et des devoirs attachés à la citoyenneté ; absence de condamnation. La naturalisation n’est pas un droit : même si les conditions sont réunies, elle peut être refusée. En pratique 70 % des demandes de naturalisations sont accordées. En 2011, il y a eu 45.000 naturalisations.

  • L’« effet collectif » de l’acquisition de nationalité

L’étranger mineur dont l’un des parents a obtenu la nationalité française par l’une des voies ci-dessus, l’obtient lui-même automatiquement. 20.000 personnes ont obtenu la nationalité en 2011 à ce titre.

En additionnant les données ci-dessus (plus 3.000 réintégrations dans la nationalité française) on obtient 112.000 naturalisations par an. Mais, redisons-le, ces 112.000 naturalisations ne rendent compte que d’une partie de la réalité. Comme nous venons de le voir, trois catégories de personnes d’origine immigrée obtiennent la nationalité française sans apparaître dans les statistiques : les enfants de Français ; les enfants nés en France de parents nés en France ; les enfants nés en France, y résidant et obtenant la nationalité automatiquement à 18 ans.

Autrement dit le nombre de personnes d’origine immigrée qui deviennent Français chaque année est bien plus élevé que 112 000 ou 140.000. Pour s’en tenir aux naissances, nous évaluons pour notre part le nombre de naissances dans les familles issues de l’immigration non européenne a au moins 250 000 par an, soit un tiers du total des naissances : la plupart de ces personnes accèdent à la nationalité française (les premiers immigrés non européens étant arrivés en France dans les années soixante, ce sont maintenant les personnes de la troisième génération issue de cette immigration qui obtiennent la nationalité par filiation).

 

  • Cette question de la nationalité a-t-elle une importance ?

Les conséquences de la détention de la nationalité française sur l’accès aux prestations et aux services publics sont limitées : les étrangers en situation régulière ont en effet les mêmes droits que les Français (ce qui est d’ailleurs profondément anormal) du point de vue de l’accès aux soins, des prestations sociales, du logement social ou de l’accès à l’éducation nationale.

La détention ou non de la nationalité conditionne en revanche l’accès à la fonction publique, qui est réservé aux personnes de nationalité française et aux Européens.

Mais la différence la plus importante entre Français et étrangers tient au droit de vote. En l’état actuel de la loi, seuls les Français votent (toutefois les résidents de nationalité européenne peuvent voter aux élections locales).

La gauche, on le sait, est favorable au droit de vote des étrangers non européens. La réforme figurait dans les engagements de campagne de M. Hollande. Il semble que M. Hollande a aujourd’hui abandonné l’idée de faire voter cette réforme au cours de son mandat (M. Sarkozy avait suivi la même voie : après s’être déclaré favorable au vote des étrangers, il avait changé d’avis une fois élu). Quoi qu’il en soit, le débat sur le droit de vote ne concerne que les élections locales. Le droit de vote aux élections nationales est réservé aux Français et aucun courant politique ne propose de remettre en cause ce principe.

L’accès des immigrés à la nationalité française est donc un enjeu important : il leur permet de participer aux scrutins nationaux décisifs, comme l’élection présidentielle, et d’influer sur l’orientation de la politique française.

C’est ainsi que le vote des Français d’origine immigrée a manifestement fortement pesé sur l’élection de 2012 : M. Hollande lui doit de toute évidence son élection (nous reviendrons sur ce point dans un prochain article).

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Dans ces conditions, la gauche a tout intérêt à accroître encore les flux migratoires ainsi que le nombre des acquisitions de nationalité : on comprend le désir de M. Valls d’augmenter le nombre des naturalisations.

Chronique parue sur Fdesouche le 07/04/13

La croissance de la population française est intégralement due à l’immigration

Chronique de Paysan Savoyard

(n°55 – janvier 2011)

 

L’INSEE vient de publier le bilan démographique de la France pour 2010 (voir INSEE). L’organisme met en avant le nombre record des naissances, 828 000 (797 000 en métropole), qui reflète la forte fécondité des Françaises (2,01 enfants par femme), très supérieure à la moyenne européenne (1,6). Cette fécondité élevée permet à la population française d’atteindre 65,8 millions d’habitants (63,1 pour la métropole).

Voulant sans doute répondre par avance aux discours « xénophobes », l’INSEE affirme que l’augmentation de la population est avant tout liée au dynamisme de la natalité, le solde migratoire ne jouant qu’un rôle mineur : les médias ont bien entendu largement fait écho à cette information politiquement conforme.

La réalité, nous nous proposons de le montrer, est exactement inverse de celle que l’INSEE s’attache à décrire. La forte augmentation de la population est intégralement due à l’immigration, sous l’effet des deux phénomènes suivants : les flux migratoires à destination de la France restent considérables ; les femmes originaires de l’immigration ont un nombre d’enfants très supérieur à celui des Françaises de souche (la fécondité de ces dernières étant probablement du même ordre que ce qu’elle est en Allemagne ou en Italie). »

Pour cacher la réalité et abuser l’électorat, l’INSEE, comme nous allons le voir, répondant aux vœux des gouvernements qui se succèdent, manipule et déforme depuis des décennies les chiffres et les concepts :

 

  • L’INSEE camoufle le nombre des immigrés qui s’établissent chaque année dans notre pays

L’INSEE affirme que le « solde migratoire » atteint en 2010 n’est que de 75 000. Pour aboutir à ce chiffre, l’institut a additionné le nombre des personnes qui en 2010 sont venues s’installer en France et a soustrait  le nombre de celles qui, y résidant jusque-là, sont parties s’installer à l’étranger. L’accroissement de la population ayant été en 2010 de 358 000, il est donc pour l’essentiel « naturel » (l’excédent des naissances sur les décès a été de 283 000), le solde migratoire n’en représentant que le cinquième. Au vu des données publiées par l’INSEE, le discours de ceux qui dénoncent l’ampleur de l’immigration constitue donc un pur phantasme : l’accroissement de population est bien dû à la fécondité appréciable des Françaises.

Or le « solde migratoire » présenté par l’INSEE constitue une manipulation malhonnête du concept d’immigration : il porte en effet sur l’ensemble des personnes qui quittent ou s’installent, de façon légale, sur le territoire et inclut donc aussi bien les mouvements migratoires légaux des Africains et des Maghrébins que ceux des Anglais… ou des Français. Par exemple un Français qui part s’installer à Londres réduit le solde migratoire, tandis qu’un Français qui revient en France à l’issue d’un séjour en expatriation l’augmente.

Contrairement à ce qu’ont pensé la plupart des journalistes, incompétents ou malhonnêtes, qui ont commenté le document de l’INSEE, le chiffre de 75 000 ne représente donc nullement le nombre des immigrés non européens supplémentaires qui se sont installés légalement en France en 2010. Pour connaître ce dernier chiffre, il faut se référer aux données qu’un autre organisme officiel, l’INED, publie discrètement au détour d’une des pages de ses épaisses publications confidentielles. Selon l’INED (voir p. 457), le nombre des immigrés non européens qui se sont installés légalement en France en 2008 (dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles) a été de 156 000.

A ce chiffre de 156 000, il faut ajouter les entrées illégales, lesquelles bien entendu ne font pas l’objet d’un chiffrage officiel (nous les évaluons pour notre part à un niveau compris entre 30 000 et 100 000 par an). Quant aux naissances d’enfants dont l’un des parents au moins est originaire de l’immigration non européenne, nous les estimons à au moins 250 000 par an (soit 30 % des naissances).

En additionnant le nombre des naissances, celui des entrées légales et illégales et en déduisant les décès et les départs, nous évaluons l’augmentation du nombre des immigrés non européens en métropole à au moins 400 000 par an (voir la Tribune parue sur FDesouche le 13/09/09).

Les flux migratoires réels n’ont donc rien à voir avec le pseudo « solde migratoire » pour gogos affiché par l’INSEE.

 

  • L’INSEE dissimule tout aussi soigneusement le nombre total des immigrés installés en France

L’organisme officiel calcule le nombre des immigrés qui sont présents en France et affirme que ces immigrés sont un peu plus de 5 millions (voir pages 41 et 214).

Selon l’INSEE, ces immigrés contribuent certes à la forte natalité française, mais de façon marginale : s’ils n’étaient pas là, la fécondité ne serait pas de 2,1 mais de 1,9, soit un niveau toujours élevé et très supérieur à la moyenne européenne. CQFD : les naissances sont avant tout le fait des Françaises, ainsi que l’illustre la « Une » du Figaro du 19 janvier 2011, qui présente les portraits de 9 bébés de l’année, tous de type européen.

Il se trouve que les chiffres de l’INSEE sont là encore le fruit d’une manipulation, sous la forme cette fois d’un (gros) mensonge par omission. L’INSEE considère en effet que sont immigrées les personnes qui, résidant en France, sont « nées étrangères à l’étranger » (qu’elles aient ou non acquis par la suite la nationalité française). Les personnes qui sont originaires de l’immigration mais qui sont nées en France ne sont donc pas comptabilisées. Nous estimons leur nombre à au moins 7 millions (l’immigration non européenne ayant commencé dans les années 60 et étant devenue massive à partir des années 70 ; naissent désormais  des immigrés qui appartiennent à la troisième génération née en France).

Le chiffre qui correspond à la réalité de l’immigration (extra européenne) présente en France n’est donc pas de 5 millions mais d’au moins 12 millions (soit 20 % de la population métropolitaine).

Pour approcher la vérité, il n’est pas nécessaire au demeurant de se plonger dans les arcanes des institutions chargées des statistiques : il suffit de parcourir les couloirs d’une maternité, de consulter les listes des naissances des bulletins municipaux, de s’attarder devant une école à l’heure de la sortie des classes ou de rechercher le classement des prénoms les plus fréquemment attribués (Voir par exemple cet article).

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Les médias ont ces dernières semaines relevé cette bizarrerie. Les Français sont les champions de la natalité européenne, laissant ainsi penser qu’ils nourrissent en l’avenir une immarcescible confiance.

Pourtant un sondage réalisé dans 57 pays vient de montrer que, tout au contraire, les Français sont, sans ex aequo, les plus pessimistes de la liste (voir Le Point du 04/01/11). Et les médias de s’interroger, en toute hypocrisie, sur la signification de ce paradoxe…

L’explication est simple : il n’y aucun paradoxe. Les enfants, en France, ce sont avant tout les immigrés qui les font. Et si les Français sont pessimistes, c’est qu’ils le savent.

Compte-tenu des flux migratoires et de la situation de la natalité, les Français de souche européenne seront, si rien ne change, minoritaires dans leur propre pays  bien avant la fin du siècle. Ils en ont sans doute pour la plupart confusément conscience, même lorsqu’ils ne se décident pas à voter pour le seul parti politique se proposant d’arrêter l’immigration (là réside d’ailleurs le paradoxe véritable, celui-là bien difficile à démêler).

Le pessimisme des Français s’alimente également des craintes qu’ils ne peuvent qu’éprouver concernant l’état de la sécurité sociale, celui des services publics, l’ampleur du chômage ou des délocalisations.

Les immigrés arrivent et les emplois s’en vont : il serait tout de même étonnant, dans un tel contexte, que les Français, certes spectaculairement avachis, poussent la bêtise et la lâcheté au point de se déclarer optimistes.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 30/01/11

France : 400 000 allochtones supplémentaires par an

Chronique de Paysan Savoyard

(n°25 – septembre 2009)

Quel est le nombre des personnes immigrées ou originaires d’une immigration non européenne qui naissent chaque année en France métropolitaine ou qui s’y installent durablement ?  Il est possible de répondre à la question en reprenant les données contenues dans les précédents articles que nous avons consacrés au sujet (voir les « tribunes libres » parues les 19 mars, 4 mai et 27 juin 2009) :

Le nombre annuel des installations légales durables est de 160 000.

Le nombre des installations clandestines est au moins de 30 000 (le chiffrage que nous avançons tient compte du nombre des reconduites annoncé par le gouvernement : il ne s’agit que d’une estimation a minima, un certain nombre d’observateurs estimant que le nombre réel d’installations clandestines est notablement plus élevé).

Le nombre des naissances d’enfants dont l’un des parents au moins est immigré ou originaire de l’immigration non européenne peut être évalué à 250 000.

Pour mesurer le surcroît annuel de populations immigrées, il faut déduire du total de ces chiffres le nombre des personnes installées qui décident de quitter le territoire, soit pour retourner dans leur pays d’origine soit pour rallier un autre pays d’immigration. Ce nombre des départs n’est pas calculé, comme nous l’avons indiqué dans un précédent article. Il est cependant probablement négligeable, la France constituant l’un des pays où l’immigration est la plus avantageuse pour ceux qui la choisissent (notamment en raison du niveau des aides accordées). D’autre part la situation de la plupart des pays d’origine n’évoluant pas de façon favorable, il est peu probable que le mouvement de « retour au pays » soit significatif. Dans ce contexte, on peut considérer que le nombre des départs n’est pas supérieur à 10 000 par an.

Pour établir un nombre net, il faut également prendre en compte et déduire les décès qui surviennent dans la population immigrée. Les données ne sont pas connues mais le chiffre est nécessairement peu élevé, la population immigrée ou originaire de l’immigration étant pour l’essentiel une population très jeune (il en ira bien entendu différemment dans les prochaines décennies). On peut estimer le nombre des décès à environ 30 000 (au terme du calcul suivant : population immigrée ou originaire de l’immigration évaluée à 10 à 12 millions, à laquelle on applique un taux de mortalité trois fois moindre que celui de la population totale soit 0,0027 ; nous reviendrons sur le chiffre de 10 à 12 millions dans un prochain article).

La prise en compte de ces différents nombres permet d’aboutir au chiffre suivant : déduction faite des départs et des décès, on peut estimer que la population immigrée ou originaire de l’immigration non européenne installée durablement en France métropolitaine augmente chaque année de 400 000 personnes environ.

Terminons en donnant les précisions suivantes :

–        Le nombre de 400 000 correspond à la situation du moment : il était par exemple inférieur dans le courant des années 90 (comme nous le notions dans un article précédent, les entrées légales ont en effet fortement augmenté à partir de 1997).

–        Ce nombre ne concerne que la France métropolitaine et ne tient donc pas compte de l’immigration à destination des départements et territoires d’outre-mer.

–        Comme nous l’avons vu, ce nombre inclut les naissances des personnes dont l’un des parents est d’origine européenne.

–        Parmi les différents chiffres sur lesquels est fondé le décompte total que nous présentons, seul le nombre des entrées légales est un chiffre officiel ; les autres chiffres (immigration clandestine, naissances, départs, décès) sont des estimations de notre cru.

–        Relevons enfin que ce nombre correspond à un flux (c’est-à-dire au nombre annuel d’immigrés supplémentaires) : l’évaluation du nombre des personnes immigrées ou originaires d’une immigration extra-européenne installées sur le territoire métropolitain (données de stock) fera l’objet de prochains articles.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 13/09/09