Attentat de Berlin : encore un coup de l’extrême-droite

Chronique de Paysan Savoyard

(n°166 – décembre 2016)

 

Nouvel attentat islamique en Europe, à Berlin cette fois : 12 morts. Le terrorisme prend des airs d’habitude. Comme déjà à Nice, un camion dans la foule… Comme à chaque fois les bougies sur le trottoir. La revendication par l’Etat islamique. Le profil du terroriste, entre islam et délinquance…

Comme à chaque fois le laxisme de l’Europe passoire et des polices dépassées : le terroriste présumé avait été condamné pour des violences, avait fait de la prison en Italie et était repéré comme islamiste dangereux. Cela ne l’a pas empêché de circuler et de séjourner librement en Europe. De même une fois l’attentat commis, il a pu quitter l’Allemagne, passer par la France et entrer en Italie.

Comme à l’habitude également, recourant à une propagande puissante et bien rodée, la classe dirigeante, aussi bien en France qu’en Allemagne, met en cause… l’extrême-droite !

L’extrême-droite en effet est accusée tout à la fois de propager la haine ; de se livrer à des analyses simplistes ; de faire preuve de populisme ; d’alimenter la théorie du complot ; de chercher à tirer profit des attentats ; d’être un danger pour la démocratie et les libertés ; de constituer le pendant extrémiste du djihadisme…

En dénonçant immédiatement après l’attentat les positions « extrémistes » et « haineuses » des « populistes », la classe dirigeante tant en Allemagne qu’en France cherche d’abord à éviter d’être accusée elle-même pour sa politique migratoire et de sécurité. Elle vise également à empêcher la naissance de tout questionnement sur le lien entre immigration et terrorisme et à prévenir tout débat sur le bien-fondé de la présence même des immigrés en Europe.

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Arrêtons-nous pour cette fois sur cet argument : l’extrême droite est accusée de profiter des attentats pour propager ses thèses, de « surfer sur les peurs », d’exploiter les tragédies, de « souffler sur les braises », de se repaître des cadavres « comme des vautours » (voir cet édito du Monde).

Le caractère intellectuellement malhonnête de cet argumentaire nous paraît patent. L’extrême droite s’appuie sur le terrorisme pour faire valoir ses analyses, c’est entendu : mais en quoi serait-ce condamnable ? Elle voit dans les attentats qui se succèdent la confirmation de ses thèses et de ses pronostics : pourquoi ne le dirait-elle pas ?

Prenons l’exemple du plombier qui a incité en pure perte des propriétaires négligents à faire réparer une fuite ; ou celui du médecin qui a tenté en vain de convaincre son patient d’améliorer son hygiène de vie ; ou bien encore le cas du conseil de classe qui, sans effet tangible, a mis en garde tout au long de l’année l’élève paresseux. Leur reprochera-t-on, alors qu’ils n’ont pas été écoutés et que les dégâts surviennent, de le rappeler aux intéressés : « Je vous avais prévenus  » ?

Lorsqu’un syndicat saisit l’occasion d’un plan de licenciement pour dénoncer les choix de la direction de l’entreprise et déclencher une grève, on ne lui reproche pas d’exploiter la situation. Quand l’extrême-gauche, face aux difficultés de la Grèce par exemple, met en avant ses thèses anticapitalistes, on ne lui reproche pas de souffler sur les braises. Au moment où survient une inondation meurtrière, on ne reproche pas aux écologistes de dénoncer l’attitude des maires qui accordent des permis de construire en zone inondable. Alors pourquoi l’extrême-droite devrait-elle se taire quand les faits viennent valider les analyses qu’elle développe, seule contre tous, depuis des décennies ?

Qu’attend-on de l’extrême droite ? Quelle serait de sa part une attitude digne, raisonnable, démocratique et responsable ? Qu’elle s’excuse d’avoir eu raison depuis quarante ans ? Quelle se taise et laisse le pouvoir et ses médias développer seuls leurs analyses lénifiantes ? Qu’elle fasse silence, alors que mois après mois les faits viennent confirmer la justesse de ses analyses et la pertinence de ses mises en garde ?

La propagande anti extrême-droite de l’oligarchie, nous l’avons souligné à plusieurs reprises (voir notamment cette chronique), relève des techniques totalitaires. Désigner des ennemis publics. Fabriquer des coupables. Dénoncer et calomnier les opposants. Les accuser de ses propres turpitudes. Introduire la confusion et semer le trouble dans les esprits en multipliant les concepts flous ( » complotisme « , « extrémisme « , « populisme »…).

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Les attentats manifestent la haine qu’éprouvent une partie des immigrés à l’égard des Occidentaux. Il en est de même du rap. Il en est de même des actes émeutiers commis tous les jours contre les policiers, les pompiers, les chauffeurs de bus. Et c’est l’extrême-droite qui est accusée de propager la haine…

La classe dirigeante organise l’immigration, qui est la cause première des attentats. Elle se montre incapable d’empêcher le terrorisme, d’endiguer la délinquance des immigrés et de mettre fin aux émeutes de banlieues. Et c’est l’extrême droite qu’on accuse d’accroître les tensions et de menacer la paix civile…

Cet aphorisme de Chamfort (1740-1794) rend compte à merveille de la situation qui est aujourd’hui la nôtre : « En France on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ».

Attentats en Europe : Banalisation ou montée aux extrêmes ?

Chronique de Paysan Savoyard

(n°148 – août 2016)

 

Les actes terroristes commis en Europe par des immigrés et/ou des islamistes ont commencé dans les années 80. On enregistre depuis 2012 une augmentation spectaculaire de leur fréquence et de leur ampleur. Toulouse et Montauban (mars 2012 ; 7 morts) ; Paris La Défense (mai 2013) ; Joué-les-Tours (décembre 2014) ; Charlie et Hypercasher (janvier 2015 ; 17 morts) ; Nice (février 2015) ; Villejuif (avril 2015 ; 1 mort) ; St-Quentin-Fallavier (juin 2015 ; 1 mort) ; Thalys (août 2015) ; Paris Bataclan et cafés (novembre 2015 ; 130 morts). Paris commissariat de la Goutte d’Or (janvier 2016). Marseille (janvier 2016). Magnanville (juin 2016 ; 2 morts). Nice (juillet 2016 ; 86 morts). St-Etienne du Rouvray (juillet 2016 ; 1 mort).

Dans les autres pays européens la liste, pour s’en tenir aux années 2000, s’allonge également. Allemagne (mars 2011, Francfort, 2 morts ; juillet 2016, Munich, 9 morts ; juillet 2016, train régional Würzburg, 1 mort ; juillet 2016,  Ansbach). Angleterre (juillet 2005, métro de Londres, 56 morts ; mai 2013, Woolwich, 1 mort ; décembre 2015, métro de Londres ; août 2016, Londres, 1 mort). Belgique (décembre 2011, Liège, 4 morts ; mai 2014, Bruxelles, 4 morts ; mars 2016, aéroport et métro de Bruxelles, 32 morts). Danemark (février 2015, Copenhague, 2 morts). Pays-Bas (novembre 2004, assassinat de T. Van Gogh). Suède (décembre 2010, Stockholm).

Sans oublier les attentats évités par la police (si l’on en croit les autorités). Sans oublier les nombreux cas d’apologie du terrorisme. Sans oublier les attaques au couteau commises par des immigrés « déséquilibrés » (Suisse, août 2016 ; Strasbourg, août 2016). Sans oublier la délinquance, ce terrorisme du quotidien. Sans oublier les agressions sexuelles de masse dans les villes allemandes au Nouvel An (ainsi que dans des festivals de musique dans plusieurs pays scandinaves). Sans oublier les messages de haine anti-France dont le Rap est truffé…

A chaque attentat, on peut effectuer les mêmes constatations. Avec les dernières attaques, un élément nouveau est toutefois apparu et il est particulièrement significatif.

 

  • Inefficacité et laxisme à chaque fois mis en lumière

Chaque nouvel attentat confirme l’absolu laxisme des pouvoirs publics.

L’on constate à chaque fois que les terroristes et leurs complices étaient tous ou presque connus des services de police, soit comme délinquants soit comme islamistes radicaux. Certains avaient été condamnés. Plusieurs étaient en situation irrégulière en Belgique ou en France. Ils ont tous pourtant été laissés libres d’agir.

 

  • La poursuite obstinée de la politique immigrationniste

Les attentats qui se succèdent, toujours commis par des immigrés, ne conduisent aucunement la classe dirigeante à réviser sa politique immigrationniste.

Loin d’envisager de fermer les frontières, l’UE se préoccupe de savoir si la répartition des réfugiés dans les différents pays européens va se faire sur la base du volontariat des différents gouvernements ou leur être dictée de façon automatique.

Après avoir imposé aux Allemands l’accueil de 1,3 millions d’immigrés en 2015, Mme Merkel milite désormais pour que les Turcs n’aient plus besoin de visa pour entrer en Europe.

L’oligarchie française n’est pas en reste, cela va sans dire. Elle a ainsi fait voter il y a quelques mois, en toute discrétion, une loi qui va encore accentuer les flux migratoires. Cette loi 2016-274 du 7 mars 2016 comporte notamment les dispositions suivantes : remplacement des cartes de séjour annuelles par des cartes pluriannuelles ; élargissement du droit des étudiants à rester en France à l’issue de leurs études pour occuper un emploi ; élargissement du droit des immigrés à séjourner en France pour raison de santé ; développement de l’assignation à résidence des immigrés faisant l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire, de préférence à leur incarcération.

Moins que jamais enfin, soulignons-le, l’oligarchie envisage de demander son avis au peuple par référendum sur la poursuite de la politique immigrationniste.

 

  • Une propagande soutenue

Les attentats incitent la classe dirigeante à redoubler l’intensité de sa propagande. Celle-ci se déploie dans trois directions principales :

Il s’agit d’abord de s’efforcer de dédouaner les pouvoirs publics : « La guerre contre Daech est une guerre mondiale, nécessairement longue : il faut donc apprendre à vivre avec le terrorisme ».

La propagande s’efforce, deuxièmement, de mettre en cause la population Française et de lui faire porter une partie de la responsabilité : « Le terrorisme naît et prospère dans un terreau favorable : les communautés immigrées, d’où sont issus les terroristes, sont en effet trop souvent victimes du racisme, des discriminations, des inégalités, du chômage ».

La classe dirigeante met en cause spécialement les Français qui votent pour l’extrême droite. Celle-ci est accusée d’avoir une part de responsabilité parce qu’elle « jette de l’huile sur le feu, encourage le racisme et propage la haine ». C’est pourquoi l’extrême droite est présentée comme le pendant de l’extrémisme islamiste, tous deux associés pour ruiner « le vivre ensemble ».

L’objectif essentiel de la propagande est d’éviter que soit mis en avant un lien de cause à effet entre immigration et terrorisme. C’est pourquoi la classe dirigeante s’efforce de convaincre l’opinion de ce que les terroristes ne représentent qu’une petite minorité : «  La grande majorité des immigrés n’ont rien à voir avec le terrorisme, sont désireux de s’intégrer et de respecter les lois et les valeurs de la république ».

Cette propagande, faut-il le préciser, est de bout en bout mensongère.

Le terrorisme en France, premièrement, n’est pas d’abord lié aux interventions françaises en Syrie ou à l’Irak : il existait bien avant elles. Il touche d’ailleurs également des pays qui ne sont nullement engagés dans ces conflits (comme l’Allemagne ou la Belgique). Le terrorisme en Europe prend certes sa place dans la lutte que mène l’Etat islamique pour instaurer un califat à l’échelle mondiale. Mais il résulte avant tout de la volonté d’une partie de la communauté immigrée d’affronter ouvertement les Européens et les sociétés européennes.

La société française, deuxième point, n’est pour rien dans le radicalisme musulman. Celui-ci monte de la même manière dans tous les pays européens, y compris les plus ouverts et les plus tolérants, comme les pays scandinaves. Ces derniers en outre n’ont pas de passé colonial ni esclavagiste : cela ne les empêche aucunement d’être touchés par la montée de l’islamisme.

S’agissant de la montée de l’extrême droite, elle n’est évidemment pas une cause de la radicalisation des musulmans mais tout au contraire l’une de ses conséquences.

Enfin, troisièmement, la distinction faite entre radicaux et musulmans modérés ne correspond pas à la réalité. Il n’y a pas entre eux de ligne de partage : au sein de la communauté musulmane, les terroristes sont comme des poissons dans l’eau.

 

  • La soumission en marche

La dernière constatation qu’il est possible d’effectuer au vu des derniers attentats est, elle, inédite : on  a vu à cette occasion apparaître en pleine lumière, pour la première fois, des comportements de soumission caractérisée.

C’est ainsi que trois personnes directement victimes des attentats ont éprouvé le besoin de proclamer leur refus de la haine et des amalgames. Une victime de l’attentat de Bruxelles amputée d’une jambe appelle à ne pas faire d’amalgames entre terroristes et musulmans. Un autre, qui a perdu son fils dans l’attentat du Bataclan, déclare qu’il n’a « pas de haine », se demande à propos des terroristes, « comment la France a pu échouer à donner de l’espoir à autant de jeunes » et considère qu’il doit lui-même en prendre « une part de responsabilité ».  Un autre, encore, qui a perdu sa femme dans l’attentat du 13 novembre, se multiplie dans les médias pour plaider le vivre ensemble.

A en juger par ces réactions, la soumission que prophétise Houellebecq semble bel et bien en marche.

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Un jour ou l’autre les prochains attentats ajouteront de nouvelles dimensions à ce schéma déjà catastrophique. On peut notamment penser aux trois suivantes :

Inévitablement l’un des futurs attentats franchira un cap quantitatif : attaque chimique, empoisonnement de l’eau d’une ville, vague d’incendies coordonnés avec attaque des pompiers débordés, destruction d’un barrage, attentat dans une centrale nucléaire…  Avec cette fois-ci des milliers de morts. Les attentats pourraient également marquer un saut qualitatif en s’attaquant à des éléments majeurs du patrimoine national (destruction d’oeuvres d’art ou de monuments symboliques, par exemple).

Il n’est pas exclu d’autre part qu’un futur attentat fournisse à la classe dirigeante un prétexte pour se débarrasser de ses principaux opposants : l’extrême-droite. Le régime pourrait s’efforcer de mettre en cause sa responsabilité, par exemple en fabriquant un attentat de toutes pièces ou en manipulant un émule de Breivik et en l’incitant à passer à l’action. Les leaders d’extrême-droite pourraient alors été arrêtés dans la foulée et les partis et les médias de leur mouvance interdits. C’est de cette manière que  l’incendie du Reichstag avait permis à Hitler de se débarrasser des communistes allemands. De même celui de Rome avait donné à Néron l’occasion de désigner et de pourchasser les Chrétiens.

Un prochain attentat pourrait également entraîner de la part de la classe dirigeante française un geste de soumission spectaculaire. On se rappelle que les émeutes de 2005 avaient conduit M. Sarkozy à mettre en place de nombreux mécanismes de discrimination positive : dans le même esprit un prochain attentat pourrait inciter le président du moment à nommer, par exemple, un premier ministre musulman.

De sorte que la question, nous semble-t-il, se pose désormais de la façon suivante. La répétition probable des attentats va-t-elle entraîner un effet de banalisation, d’acceptation passive et d’adaptation progressive de la population à ce nouveau contexte ? Ou bien provoquera-t-elle une montée aux extrêmes, par un mécanisme d’action-réaction et d’enchaînements à progression géométrique ? Nous ne devrions pas tarder à le savoir.

Deux nouveaux attentats en France : La classe dirigeante, première coupable

Chronique de Paysan Savoyard

(n°147 – juillet 2016)

 

La série des attentats commis par des islamistes continue. Cette fois c’est à Nice et St-Etienne-du-Rouvray, dans la banlieue de Rouen. Le premier attentat frappe par le nombre des morts (84). Le second par son caractère délibérément symbolique : un prêtre dans son église pendant la messe, vieillard de 85 ans, égorgé à genoux après une proclamation en arabe, selon le protocole fixé par l’Etat islamique.

Le terrorisme peut donc frapper partout : dans une grande ville balnéaire en principe fortement sécurisée ; comme dans une banlieue quelconque de la France déshéritée. Il peut frapper tout le monde : des passants choisis au hasard aussi bien que les cibles les plus symboliques.

Les premiers attentats commis en France par des immigrés issus du monde musulman datent des années quatre-vingt. Les attentats de ces derniers mois illustrent une double évolution : une fréquence et une régularité croissante ; une ampleur elle aussi croissante en termes de nombre de victimes.

Les autres pays européens envahis par les immigrés font face également, comme il est logique, aux attaques terroristes : la Belgique et l’Allemagne ces dernières semaines (3 attaques en Allemagne en quelques jours)…

La classe dirigeante, qui organise depuis cinq décennies une immigration massive, est directement responsable de ces attentats, aussi responsable que les terroristes qui les ont personnellement perpétrés. Du moins les terroristes nous débarrassent-ils de leur présence en mourant dans les attaques, tandis que les dirigeants Français et Européens restent, pour l’heure, impunis.

Pour dissimuler sa responsabilité et pouvoir poursuivre sa politique immigrationniste et mondialiste, la classe dirigeante multiplie, comme à chaque attentat, les contre-vérités. Nous nous concentrerons pour cette fois sur les trois plus grossières.

 

  • « Nous sommes en guerre avec le terrorisme »

M. Hollande l’assure : la France est en guerre avec le terrorisme. Il nous paie de mots bien entendu. Bien loin de mener une quelconque guerre, les pouvoirs publics continuent à afficher un laxisme complet à l’égard des populations à risque. La délinquance ne fait l’objet d’aucune répression sérieuse. Les actes émeutiers dans les banlieues sont quotidiens (voitures brûlées, policiers, pompiers et chauffeurs de bus caillassés…). Quant aux terroristes, ils disposent manifestement d’une grande liberté de mouvement.

Les deux derniers attentats mettent ainsi en lumière, comme à chaque fois, le laxisme et l’incompétence des autorités et des services censés protéger la population. Comme à chaque fois les auteurs étaient connus et repérés comme délinquant et/ou islamiste. Celui de Nice avait été condamné pour des faits de violence. L’un des terroristes de Rouen était fiché « islamiste radical » et avait été emprisonné pour avoir tenté par deux fois de rejoindre la Syrie. Ces deux personnages ont pu pourtant commettre leurs attentats librement.

Comme à chaque attentat, M. Hollande annonce que la France renforcera sa participation  à la lutte contre Daech en Syrie. Pourtant ce n’est évidemment pas en Syrie, ni en Irak, ni au Mali que les choses se jouent pour les Européens. Même si l’Etat islamique est chassé de toutes les régions dont il a pris le contrôle, il se reconstituera ailleurs dans un autre secteur du monde musulman en guerre. Et surtout, même si Daech est finalement privé de toute base territoriale, cela ne l’empêchera nullement de continuer à lancer des mots d’ordre et d’inciter ses sympathisants à passer à l’acte en Europe et partout dans le monde.

 

  • « Nous devons désormais vivre avec le terrorisme »

La droite réclame des mesures de durcissement, qu’elle n’avait pas prises quand elle était elle-même confrontée au terrorisme et qui sont de toute façon dérisoires (comme l’internement des fichés S).

La gauche, elle, déclare que la guerre contre le terrorisme sera longue. Elle fait valoir qu’il est impossible de surveiller tous les terroristes potentiels et tous les lieux susceptibles d’être frappés. Elle proclame, qui plus est, « refuser des mesures qui menaceraient les libertés, l’état de droit et nos valeurs ». Tirant la conclusion logique de ces trois prémisses, elle annonce que les Français vont « devoir vivre avec le terrorisme ».

Cette impuissance assumée des pouvoirs publics est évidemment scandaleuse. Le premier des droits et la première des libertés sont bien de pouvoir vivre en sécurité dans son propre pays. Le premier des devoirs d’un gouvernement n’est pas de célébrer des « valeurs » mais d’assurer la sécurité de sa population.

Les aveux d’impuissance volontaire des pouvoirs publics sont d’autant plus odieux qu’ils s’accompagnent de proclamations faussement martiales, de regards sombres surjoués et de coups de mentons ridicules : « en guerre…, état d’urgence…, devoir de résister…, fierté…, valeurs…, pas peur… ». Cette logorrhée sans consistance, ce bavardage vide de contenu, cette jactance dérisoire pourraient susciter de la part de la population française ainsi abusée et manipulée une réaction d’irrépressible colère… Il n’en est rien, au grand soulagement des oligarques.

Il serait pourtant évidemment possible de mettre fin rapidement au terrorisme (ainsi qu’à la délinquance de masse) si un gouvernement digne de ce nom choisissait de mettre en œuvre les mesures adaptées. Ni inhumaines, ni sanglantes, ces mesures seraient, pour les plus importantes, au nombre de quatre. Enfermer pour des périodes longues tous les délinquants récidivistes. Expulser les étrangers délinquants, y compris les étrangers naturalisés. Arrêter l’immigration. Conduire par différents moyens une partie des immigrés à regagner leur pays d’origine.

Redisons cette évidence. Les attentats sont tous attribuables à des personnes d’origine immigrée : pas d’immigration et pas d’immigrés, pas de terrorisme.

Mettre en œuvre ces politiques. Ou accepter de vivre avec le terrorisme… A nous de voir.

 

  • « Face aux terroristes qui veulent nous diviser, nous devons préserver la cohésion des Français de toutes origines et de toutes confessions »

Comme à l’habitude, la classe dirigeante en appelle à l’unité des Français de toutes origines et de toutes confessions. « Faire bloc, dit M. Valls, face à ceux qui veulent nous diviser… et créer une guerre de religions ». « Nous devons être dans une cohésion, dans un ensemble, dans un bloc » renchérit M. Hollande, dans le style hésitant et bancal qui n’appartient qu’à lui. M. Juppé a les mêmes mots : « Quelle que soit leur religion, les Français doivent faire bloc ».

Dans le même temps la classe dirigeante entend profiter des attentats pour tenter de disqualifier les « populistes » et les « obsédés du grand remplacement » qui dénoncent sa politique immigrationniste. Selon la classe dirigeante, la vraie fracture n’oppose pas Français de souche et musulmans, mais ceux qui veulent « vivre ensemble », dont l’immense majorité des immigrés, et ceux qui cherchent la confrontation : les islamistes et l’extrême droite. Présentés comme des frères ennemis, ou comme les deux faces d’une même pièce, populistes et islamistes sont ainsi renvoyés dos à dos. Signalons par exemple ce tour de force de SOS Racisme qui dans un communiqué a réussi à qualifier les terroristes de mouvement « d’extrême droite » !

Pour affirmer que l’immense majorité des musulmans et des immigrés sont modérés, pacifiques, désireux de s’intégrer et qu’ils « n’ont rien à voir avec le terrorisme », la classe dirigeante estime disposer de preuves irréfutables : « Les responsables de la communauté musulmane condamnent unanimement chaque attentat. De plus parmi les victimes des attentats, on trouve à chaque fois des personnes d’origine immigrée ». Ce qui permet aux oligarques de l’affirmer : « Les musulmans sont eux aussi des victimes du terrorisme. Ils en sont même les premières victimes puisque les attentats augmentent le racisme et la suspicion à leur égard ».

L’analyse mise en avant par la classe dirigeante est erronée dans sa totalité :

Parce que même si les terroristes ne sont évidemment qu’une minorité au sein de la communauté musulmane, ils sont tout de même, de toute évidence, nombreux.

Parce que les situations où de jeunes d’immigrés proclament leur solidarité avec Daech et  les terroristes sont monnaie courante  dans la rue et dans les établissements scolaires.

Parce que l’islam n’est pas une religion de paix. Le Coran est rempli de proclamations guerrières et haineuses. Et les pays musulmans sont tous en guerre, civile ou externe.

Parce que le monde musulman et l’Europe ont toujours été en conflit. Modérés ou non, tous les musulmans cultivent dès lors un certain degré de ressentiment envers les Européens.

Parce que les terroristes et les musulmans vivent en symbiose. Ils appartiennent aux mêmes familles, fréquentent les mêmes mosquées, partagent les mêmes analyses fondamentales. Il n’y a pas de solution de continuité entre modérés et islamistes. Au sein de la communauté musulmane, les islamistes sont comme un poisson dans l’eau.

Parce que même si les musulmans ne sont certes pas terroristes pour la plupart, beaucoup sont tout de même délinquants. Beaucoup d’entre eux également pourrissent la vie quotidienne des Français moyens par leur comportement incivil et agressif.

Parce que de nombreux immigrés s’abreuvent aux chansons de rap, truffées d’incantations antiFrance haineuses et guerrières.

Parce que les braves gens qui, bien sûr, existent parmi les immigrés, n’ont pas la parole : ils ne pourront pas et ne voudront pas se mettre en travers des radicaux qui font la loi.

Certes les musulmans, aussi bien en Europe que dans les pays où ils sont majoritaires, ne sont pas unis. Ils sont même, comme nous le notions plus haut, le plus souvent en guerre : guerres ethniques et tribales ; oppositions raciales et nationales (entre Arabes, Turcs, Perses…) ; lutte entre sunnites et chiites. L’affrontement entre l’Etat islamique (et avant lui Al Quaida) et les régimes en place dans les différents pays de la zone constitue l’un des conflits qui traversent le monde musulman. Daech est l’ennemi du régime marocain, du régime turc, du régime saoudien : mais le fait que les dirigeants Saoudiens ou les Turcs sont les ennemis de Daech n’en fait pas pour autant des amis de l’Europe.

De même, dans nos pays, la plupart des musulmans ne sont pas, sans doute, favorables à Daech  et ils en sont parfois les victimes : cela ne fait pas d’eux pour autant nos amis, contrairement à ce que prétendent les dirigeants européens félons.

Daech veut déclencher une guerre frontale entre l’Occident et le monde musulman, qu’il veut regrouper en un califat mondial. Les musulmans modérés participent eux, de façon consciente ou non, à une autre stratégie : la conquête de l’Europe en douceur par l’immigration et la démographie.

La stratégie de conquête par le nombre et le projet de Daech sont concurrents et ennemis : cela ne fait pas des musulmans modérés nos amis.

On renverra sur ce point à notre article de novembre 2015 suite aux attentats de Paris.

 

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Notons que l’assassinat du prêtre de St-Etienne-du-Rouvray a suscité de la part des catholiques des réactions aussi atterrantes que prévisibles : nous y reviendrons dans un article suivant.

Terminons par cette question. Se peut-il que la multiplication des attentats finisse par provoquer un renversement de la situation et conduise les populations Françaises et Européennes à porter enfin au pouvoir des responsables qui arrêteront l’invasion migratoire ?

Attentat de Bruxelles : la poussière retombée, place à la propagande

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 136 – avril 2016)

Les attentats ont beau s’enchaîner, rien n’y fait. Comme si de rien n’était, les autorités confirment et renforcent la politique de « grand remplacement » : les immigrés arrivent en nombre croissant ; on ouvre en urgence des centres d’accueil et d’hébergement ; on vote des lois augmentant la durée des titres de séjour ; on dispense les immigrés turcs de visas…

N’envisageant pas de changer de politique, l’oligarchie continue à développer sa propagande. Il s’agit d’obtenir qu’à défaut d’appuyer la politique immigrationniste, la population autochtone continue du moins passivement à laisser la classe dirigeante opérer, sans révolte ni vote de rupture. Tous les relais du régime sont mobilisés pour ce faire : journalistes, intellectuels, gens de culture, experts… Cette propagande, qui comporte à la fois des invariants et des nouveautés pour s’adapter aux circonstances, comprend les axes suivants :

  • « Les causes sociales du terrorisme »

Le premier élément est éprouvé : mettre en avant  « les causes sociales », qui expliquent le passage à l’acte terroriste (les propagandistes se sentant obligés de préciser qu’expliquer n’est pas excuser). « Comme toutes les personnes issues de l’immigration, les islamistes et autres radicaux sont victimes du racisme, des ghettos, de la discrimination, de l’absence de perspective, du ressentiment à l’égard du passé colonial »…

Cette argumentation est évidemment de bout en bout mensongère. Les immigrés, tout d’abord, ne sont pas les seuls à éprouver des difficultés de vie et ils sont les seuls à se livrer au terrorisme. Tout montre deuxièmement que les Européens sont au contraire beaucoup moins racistes que tous les autres peuples. Cette constatation, troisièmement, nous paraît particulièrement illustrative : même les pays du Nord de l’Europe, qui se sont toujours montrés particulièrement ouverts et tolérants et à qui on ne peut reprocher ni croisades, ni colonisation, ni participation à l’esclavage transatlantique, sont désormais soumis aux mêmes phénomènes catastrophiques que les Français ou les autres Européens (attentats, délinquance immigrée, affrontements communautaires…).

 

  • « La responsabilité des Français, trop souvent racistes »

Deuxième élément de la propagande du régime : essayer de faire porter une partie de la responsabilité des attentats sur les Français et les Européens. « Ils sont trop souvent racistes. Ils votent pour l’extrême droite, qui alimente les tensions. Et ce sont les coupables interventions des Européens dans les guerres du monde arabe qui provoquent en retour des attentats et des mouvements d’immigration massifs ».

L’argumentation est là encore sans valeur. Comme si le soi-disant racisme des Français et des Européens était pour quelque chose dans la montée en puissance de l’islamisme radical partout dans le monde !  Comme si les Français de base, qui subissent les attentats et l’immigration, avaient une quelconque responsabilité dans les guerres provoquées par les Américains et leurs acolytes Français (Sarkozy en Libye, Hollande et Fabius en Afrique et en Syrie) !

Les uns après les autres, les attentats viennent illustrer l’ampleur de la manipulation à laquelle se livre le régime depuis des décennies en cherchant à imputer aux Français de base la responsabilité au moins partielle de la catastrophe en cours. La veille même de l’attentat de Bruxelles, le gouvernement Français lançait une campagne de clips dénonçant le racisme anti noirs, anti arabes, antisémite et antimusulmans…

 

  • « La responsabilité de l’extrême droite, qui alimente les tensions »

Troisième axe de la propagande du régime. Mettre en cause l’extrême droite, accusée de mettre de l’huile sur le feu par son racisme et sa xénophobie et d’avoir donc une part de responsabilité dans la montée des tensions et le terrorisme. Les populistes sont ainsi présentés comme le pendant de l’islamisme, les Français étant appelés à rejeter « ces deux formes d’extrémisme » également dangereux l’un et l’autre.

L’argument, là encore, ne tient pas debout. A preuve, les problèmes posés par l’immigration sont les mêmes dans les pays où jusqu’à une date récente l’extrême droite était absente (Allemagne, Europe du nord). Accuser l’extrême droite d’être à l’origine des attentats et de l’islamisme revient à inverser l’effet et la cause : le succès de l’extrême droite n’est évidemment pas la cause de l’immigration, de la délinquance et des attentats mais tout au contraire sa conséquence. L’extrême-droite, en France par exemple, est en progression parce que les évènements lui donnent raison et confirment jour après jour ce qu’elle annonce et dénonce depuis maintenant quatre décennies.

 

  • « La France est en guerre et en état d’urgence »

Pour abuser le bon peuple et lui faire croire qu’il agit, le gouvernement a proclamé que la France était en guerre. M. Valls, est évidemment en première ligne le regard noir, les mâchoires serrées. La jactance de M. Valls ne correspond évidemment à aucune réalité concrète. Le gouvernement envoie l’armée, ou ce qu’il en reste, faire le coup de feu dans des endroits qui ne nous concernent que très indirectement. Elle fait patrouiller les militaires inoffensifs avec leurs armes sans chargeurs dans les couloirs du métro. L’armée en revanche n’est pas aux frontières, ce qui serait en principe son rôle premier dans un pays soi-disant en guerre. Les frontières restent ouvertes à tout va et les immigrés arrivent comme si de rien n’était, à raison d’au moins 600 par jour (pour s’en tenir à l’immigration légale).

Quant à l’état d’urgence il relève du même registre incantatoire et dérisoire. Alors qu’il est paraît-il en vigueur depuis plusieurs mois maintenant, les manifestations gauchistes non autorisées, accompagnées de dégradations et de caillassages de la police, sont par exemple tolérées (Nuit debout, blocages violents de lycées…).

 

  • « Les Français doivent apprendre à vivre avec les attentats »

La propagande développe, quatrième élément, un discours de relativisation destiné à ce que les Français et Européens moyens admettent que les attentats sont inévitables et se résignent à vivre avec, sans exiger de la classe dirigeante un changement radical de politique. La propagande souligne ainsi « qu’il y a des attentats partout dans le monde, comme il y a de l’immigration partout dans le monde ; qu’on ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne ; et que de toute façon il y a beaucoup plus de chances de mourir d’un accident de la route ou d’un cancer que d’un attentat ».

Ce discours relativiste est là encore mensonger. La question du cancer ou des accidents de la route et celle des attentats ne sont pas sur le même plan. On ne peut faire peser sur un gouvernement une obligation de résultat dans des domaines qu’il ne peut maîtriser que de façon très partielle, comme la santé, les accidents ou les évènements climatiques. Dès lors en revanche que les attentats sont commis par des immigrés et que le gouvernement laisse s’opérer leur arrivée sans réagir, sa responsabilité est évidemment complète.

Quant à l’argument du terrorisme subi par tous les pays du monde il est lui aussi irrecevable : les pays d’Europe ne sont pas des pays du tiers monde. Leurs populations paient suffisamment d’impôts pour être en droit d’exiger la mise en œuvre d’une police et d’une justice efficaces.

 

  • « Pas d’amalgame entre les terroristes et l’immense majorité des musulmans »

La propagande insiste enfin sur la nécessité de rejeter tout amalgame « entre la petite minorité intégriste et terroriste et la grande majorité des musulmans désireux de s’intégrer ». C’est là le point crucial de la propagande du régime : le consentement plus ou moins résigné de la population autochtone à la politique immigrationniste repose sur lui.  L’oligarchie doit éviter en effet à tout prix que le lien de cause à effet entre terrorisme et immigration soit mis en évidence.

La réalité est à l’inverse, bien entendu, de ce que la propagande met en scène. Qu’ils soient radicaux ou « modérés », tous les musulmans partagent les mêmes convictions religieuses, le même sentiment d’être victimes de racisme et de discrimination, le même ressentiment à l’égard de l’Occident et des Occidentaux. Ils  vivent dans les mêmes lieux, appartiennent aux mêmes familles, fréquentent les mêmes mosquées. Au milieu des modérés et des musulmans « bien intégrés », les radicaux sont comme des poissons dans l’eau.

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On peut se demander s’il ne convient pas d’ajouter à la propagande explicite du régime un autre élément de propagande en quelque sorte indirect. Il n’est pas exclu que le laxisme manifesté par les différents gouvernements européens vis-à-vis des clandestins à Calais ou sur les îles grecques soit considéré par les élites comme servant leur propagande. En exposant jour après jour ces spectacles de misère, la classe dirigeante et les médias peuvent espérer attendrir les François moyens et désarmer leurs réflexes xénophobes. On peut relever par exemple la façon dont les médias sélectionnent de façon complaisante des photos d’enfants destinées à attendrir le public (alors que la majorité des migrants sont des hommes jeunes, seuls et en parfaite santé).

L’incroyable désordre qui s’est installé à Calais et Grande-Synthe comme auparavant à Sangatte, permet également de donner l’impression que nos pays font face à un chaos que rien ni personne ne peut arrêter.

Mensonge et manipulation là encore : les camps de transit, les « hot spots », les barbelés, les zodiac recueillis par la marine, la misère des camps, le froid, la faim, tous ces évènements qui provoquent dans les médias des larmes de crocodile sont le fruit d’une politique délibérée. Il serait très facile de changer de cap et d’arrêter tout cela en quelques semaines, sans grande violence, en provoquant un mouvement massif de remigration volontaire. Nous reviendrons sur ce sujet dans un prochain article.

Attentats de Paris : Le silence de la résignation

Chronique de Paysan Savoyard

(n°128 – novembre 2015)

 

La foule des grandes villes n’a pas du tout réagi aux attentats qui viennent de se produire comme elle l’avait fait après ceux de janvier. Les attentats contre Charlie et l’Hypercacher avaient donné lieu à un déluge de manifestations, de déclarations, de proclamations, d’envolées verbales et de slogans : « Nous n’avons pas peur. Ils ne nous intimideront pas. Nous sommes tous Charlie… ». Tout le monde y était allé de son Sms, de sa pancarte ou de son affichette « Je suis Charlie ». De très importantes manifestations avaient eu lieu dans de nombreuses villes. Il n’était question que de Charlie dans les conversations. Et tout cela avait duré des semaines.

Rien de tel cette fois. Le gouvernement a interdit les manifestations pour des raisons de sécurité et les quelques rassemblements qui ont eu lieu quand même n’ont réuni que quelques centaines de participants. Ni slogans, ni affichettes, ni Sms « de résistance » à faire passer en chaîne. Pas de déclarations bien senties ou de proclamations bravaches. Pas de queue devant les kiosques pour pouvoir arborer Charlie sur la table du salon. Pas de logorrhée comme en janvier. Cette fois-ci les conversations de café ou de cantine évitent le sujet.

L’état d’esprit des Français de la rue s’est spectaculairement modifié. Plus de grands discours cette fois. Plus de bavardage. Cette fois ce qui domine c’est le silence. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette différence de réaction ?

 

  • Le silence des bobos

Première raison. Les attentats ont touché directement et massivement les « bobos », les jeunes bourgeois de gauche. Ce sont eux qui au moment de Charlie étaient les plus bavards, les plus militants, les plus impliqués dans les manifs, les plus inventifs, les plus créatifs. Ce sont eux qui sont les plus favorables au « vivre ensemble », à la diversité, à la société multiculturelle, à l’accueil de l’Autre. Cette fois-ci ils sont muets. Les attentats ont bousculé leurs convictions et les ont déstabilisés.

Déjà, en manifestant massivement en janvier, les Charlie exprimaient avant tout, en réalité, leur peur de voir remis en cause à la fois leurs convictions universalistes et leur mode de vie (voir ici). Avec le 13 novembre, la peur s’enracine et provoque le silence.

Le régime continue certes à dérouler sa propagande. On nous appelle comme d’habitude à ne pas faire d’amalgame entre terroristes et musulmans ; à bien vouloir admettre que les attentats n’ont rien à voir avec l’immigration ; à reconnaître les responsabilités de la société française, qui ne se montre pas assez accueillante et ouverte envers la diversité. Mais les bobos sont moins enthousiastes que d’habitude à reprendre à leur compte et à relayer la propagande bien-pensante.

Les bobos probablement reprendront la parole bruyamment dans quelques temps : il faudra encore beaucoup d’attentats avant qu’ils n’ouvrent les yeux. Mais pour l’heure, comme sidérés, ils se taisent.

 

  • Le silence de la défiance

Le silence qui suit les attentats a une deuxième explication : la défiance. Les gens de la rue ont pris conscience, davantage qu’avant le 13 novembre manifestement, que les terroristes potentiels et ceux qui les soutiennent sont très nombreux. On parle de 10.000 islamistes radicaux fichés. Chacun voit bien que les visages des terroristes publiés dans les journaux sont très semblables à ceux que l’on côtoie par milliers dans les transports, très semblables également à ceux de certains chauffeurs de bus, de vigiles de supermarché ou de flics de la Ratp.

De même, au vu du nombre des femmes voilées et des barbus salafistes que l’on croise dans la rue, chacun est amené également à se demander dans quelle mesure les immigrés qui nous entourent ne sont pas plus ou moins d’accord avec les terroristes. Dans ce contexte on peut penser que la plupart des gens vont désormais éviter les sujets de conversation sensibles, de peur de provoquer des réactions hostiles de la part de ces « Français » originaires d’outre méditerranée.

 

  • Le silence de la résignation

Ce silence a une troisième explication, la plus importante : les Français sont désormais résignés. Ils ont maintenant le sentiment que l’on ne parviendra pas à éradiquer l’islamisme ; que manifestement l’islamisme implique un grand nombre d’acteurs ; qu’il faudra accepter désormais la survenance régulière d’attentats. Et chacun s’y résigne. Comme on s’est résigné à vivre depuis des décennies avec la délinquance de masse.

Ce sentiment de résignation explique qu’il n’y ait eu aucune panique ni changement radical de comportement. La fréquentation touristique baissera sûrement. Mais les parisiens et les habitants des grandes villes n’ont pas changé grand-chose à leur vie quotidienne, continuant à vivre comme avant, à fréquenter les centres commerciaux, à prendre les transports, à s’asseoir aux terrasses. Et ils continueront à le faire, alors qu’ils savent depuis le 13 novembre que le risque est désormais non négligeable.

Cette attitude peut-elle être considérée comme du stoïcisme voire de l’héroïsme collectif ? En aucune manière. Au contraire elle est le signe le plus évident de la résignation générale. Résignation et fatalisme. Les Français n’ayant aucune envie de révolutionner leur mode de vie, d’arrêter de travailler, de consommer et de prendre les transports en commun, ils ont admis qu’il leur faudrait désormais vivre avec le risque d’attentats. Se disant qu’après tout, la probabilité d’être victime d’un attentat reste tout de même bien moindre que le risque de mourir d’un cancer, ils n’ont même pas accusé le coup en restant terrés chez eux quelques jours, intégrant immédiatement la nouvelle donne.

On aurait pu imaginer également que les attentats massifs du 13 novembre provoquent colère et révolte. Rien de tel là encore. Pas de colère ouverte ni de révolte contre les musulmans et les immigrés. Et pour cause : les Français ont peur des immigrés et leur sont soumis d’avance comme le prophétise Houellebecq.

Pas de révolte non plus contre les autorités, malgré leur incompétence, leur laxisme et leur inefficacité, que les attentats mettent en pleine lumière. Pas de colère contre la classe dirigeante, en dépit de sa responsabilité directe dans l’immigration, cause première du terrorisme. Au contraire, les sondages remontent pour l’exécutif, comme déjà en janvier, même s’ils retomberont probablement ensuite.

Ni colère ni révolte donc. Pourquoi ? Eh bien parce que colère et révolte supposeraient d’être prêts à engager une confrontation directe avec les autorités d’une part, avec les immigrés d’autre part, confrontation susceptible de déboucher sur une guerre civile véritable et sur le chaos. Les Français, manifestement, et comment les en blâmer, refusent massivement cette option. Ils préfèrent choisir une dégradation de la situation, certaine mais progressive, en espérant à titre individuel tirer leur épingle du jeu pendant encore un certain temps.

Le choix d’une confrontation globale avec les immigrés et avec ces dirigeants qui nous trahissent pourrait être motivé par la volonté de défendre et de sauvegarder  la pérennité de la civilisation européenne et de l’identité française. Mais les Français ne sont plus attachés ni à l’une ni à l’autre. Nourris par deux cents ans de modernité individualiste, ils ne se soucient plus que de maintenir leur situation personnelle. Lancer une Reconquista au nom d’objectifs collectifs, incertains et de long terme pourrait à court terme faire basculer le pays dans la guerre et le chaos. Les Français ont choisi de procéder plutôt  à un calcul individuel rationnel : profiter de ce qu’ils possèdent encore pour la plupart –  bien être matériel satisfaisant, sécurité à peu près maintenue – en espérant le conserver quelques décennies encore.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la majorité des Français ne sont pas prêts à porter le FN au pouvoir, même si beaucoup en réalité partagent ses analyses sur l’immigration et l’insécurité. Ils craignent en effet que la victoire de ce parti ne débouche sur la confrontation globale qu’ils veulent à tout prix éviter.

Les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps que les Français sont collectivement très pessimistes, les plus pessimistes du monde occidental. Ils sont également par rapport aux peuples voisins les plus gros consommateurs de tranquillisants et de psychotropes divers. Les attentats et la résignation qu’ils provoquent vont sans aucun doute dégrader encore un peu plus le moral du Français de la rue.

**

Les Français savent maintenant qu’ils devront vivre avec les attentats, comme ils vivent depuis quarante ans avec la délinquance de masse. Ils savent que la France et l’Europe sont en train d’être envahies. Que l’une et l’autre auront bientôt perdu leur identité. Que les peuples européens deviendront minoritaires dans leurs propres pays avant qu’il soit longtemps. Qu’ils devront bientôt renoncer à la douceur de vivre. Ils le savent. Et ils l’acceptent.

La fin probable de la civilisation européenne… Confrontés à cette perspective vertigineuse, les Français restent sans réaction. Il n’y a plus que la résignation. Et le silence.

Et bientôt ce sera chacun pour soi.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 29/11/15

Attentats de Paris : Les mensonges de la classe dirigeante

Chronique de Paysan Savoyard

(n°127 – novembre 2015)

 

Les partis de gouvernement et leurs relais intellectuels et médiatiques déploient depuis une semaine tous les artifices de la propagande. Avec un objectif majeur : empêcher que soit mis en évidence le lien de cause à effet entre les attentats et l’immigration. Les Français vont-ils une fois de plus majoritairement tomber dans le panneau ? Pour contribuer à l’éviter, dressons la liste de ces mensonges d’État.

  • « Les services de sécurité sont efficaces »

C’est faux, évidemment. Comme tous les autres attentats précédents, ceux qui viennent de se produire sont au contraire la preuve de l’inefficacité et du laxisme. Inefficacité des services de renseignement d’abord. Au moins deux des sept terroristes étaient fichés comme islamistes radicaux. Merah et Kouachi étaient eux aussi repérés comme radicaux. La surveillance dont tous ces individus faisaient l’objet, paraît-il, ne les a nullement empêchés d’agir (voir ces tribunes).

Laxisme de la justice ensuite. L’un des terroristes repéré comme djihadiste était également un délinquant de droit commun. Condamné à 8 reprises, il n’avait pourtant jamais été incarcéré. Merah et Kouachi étaient eux aussi des délinquants de droit commun. Et comme tous les délinquants, après avoir le cas échéant effectué un bref séjour en prison, ils s’étaient retrouvés libres comme l’air.

Laxisme des pouvoirs publics de façon générale. On vient ainsi d’apprendre que legouvernement, pourtant confronté depuis le début du mandat de M. Hollande à une succession d’attentats et d’assassinats terroristes, a choisi de procéder depuis 2012 à une diminution des effectifs de police.

 

  • « Les attentats ne sont pas liés à l’accueil des réfugiés arrivés ces derniers mois en Europe »

C’est faux. Il semble établi qu’au moins un des terroristes s’est fait passer pour un réfugié. Deux autres terroristes pourraient avoir suivi la même voie. Différentes sources indiquent que de nombreux djihadistes auraient été infiltrés à la faveur de cette arrivée en masse de réfugiés. Après avoir dénoncé la présence de djihadistes parmi les « réfugiés » comme un fantasme, certains des membres de la classe dirigeante sont aujourd’hui contraints par les événements d’admettre l’évidence. M. Valls lui-même a dû reconnaitre que certains des auteurs des attentats « avaient profité de la crise des migrants (…) pour se glisser » parmi les « réfugiés ».

Profitons-en pour rappeler les principaux chiffres concernant les énormes flux migratoires qui sont en train de submerger la France et l’Europe. Selon l’UE, 800.000 « réfugiés » sont arrivés en Europe en traversant la Méditerranée depuis le début 2015.  Ces chiffres ne comprennent pas les « réfugiés » arrivés par la terre, en Allemagne en particulier, après avoir traversé les pays balkaniques. L’UE prévoit l’arrivée en Europe de 3 millions de réfugiés d’ici 2017. Concernant la France, le gouvernement a indiqué que 30.000 « réfugiés » seraient accueillis d’ici la fin 2016.

Ces nouveaux flux viennent s’ajouter à l’immigration « habituelle » qui se produit depuis 40 ans. Rappelons là encore les chiffres concernant la France. Il y a chaque année, en France métropolitaine, 200.000 installations légales d’immigrés provenant de pays non européens (le chiffre pour 2014 est de 209.782)  ). S’ajoutent à cela au moins 50.000 clandestins (ce sont les demandeurs d’asile déboutés, qui ne sont pas expulsés). Il faut tenir compte également des naissances issues de l’immigration : au moins 290.000 naissances par an en France métropolitaine sont issues de parents d’origine africaine ou arabe (37,2 % des 781.167 naissances en France métropolitaine ont fait l’objet du dépistage de la drépanocytose en 2014 ).

En tout, en déduisant les départs et les décès, ce sont au moins 400.000 immigrés non européens supplémentaires qui naissent ou s’installent chaque année sur le territoire. Les arrivées de « réfugiés » en cours viennent s’ajouter à ce flot.

 

  • « Ces attentats sont une atteinte à la République et à ses valeurs »

C’est faux. Les terroristes ne visent ni la république, ni ses valeurs : ce sont là des concepts qui les indifférent. Ils n’attaquent ni les Lumières, ni Voltaire, ni Rousseau, dont ils se contrefichent. Ils cibleraient la France de la même manière si, comme presque tous les pays d’Europe, il s’agissait d’une monarchie constitutionnelle et non d’une république. Ils visent la France, comme ils visent toute l’Europe, en tant que pays chrétien, occidental et peuplé de Blancs.

 

« La France est frappée parce qu’elle est en guerre contre Daech »

C’est faux. La France est une cible depuis plus de vingt ans. Une vague d’attentats commis par des immigrés musulmans a eu lieu en 1995, bien avant que ne s’engage le conflit syrien. De même la France n’était pas engagée en Syrie en 2012 lors des assassinats commis par Merah. Les assassinats terroristes de janvier 2015 n’étaient pas non plus liés à la situation au Moyen-Orient mais avaient pour motif revendiqué « les blasphèmes contre le Prophète« .

L’intervention de la France en Syrie est certes le motif ou le prétexte de la vague d’attentats d’il y a quelques jours. Mais la France est visée depuis des décennies pour plusieurs raisons entremêlées.

Elle est visée en tant qu’allié des États-Unis et d’Israël. Elle l’est en tant que pays chrétien et occidental. Au sein du camp occidental elle constitue une cible privilégiée parce qu’elle présente quatre caractéristiques. C’est un pays important, connu et touristique, ce qui donne aux attentats un retentissement particulier. C’est un pays où vit une importante communauté juive. C’est, troisièmement, un pays faible et défaitiste, gouverné par des politiciens souvent issus du gauchisme, adeptes de l’auto-flagellation et de la culpabilité, idéologues du « vivre ensemble » et de la société multiculturelle.

C’est un pays, enfin, où vit une très importante population issue de l’immigration, le plus souvent musulmane (l’ancien ministre Azouz Begag a ainsi affirmé il y a quelques semaines qu’il y avait en France 15 millions de personnes de culture musulmane) : cette population immigrée considérable constitue un vivier privilégié pour le terrorisme.

 

  • « Il faut lutter contre l’islamisme radical. Mais on doit rejeter les amalgames : la plupart des musulmans sont paisibles et désireux de s’intégrer »

C’est faux. Penser régler le problème du terrorisme en voulant rechercher et éliminer les radicaux est une illusion. Il n’existe pas, en effet, de solution de continuité entre les islamistes radicaux et les « musulmans modérés, désireux de s’intégrer et soucieux de respecter les valeurs de la république ». En dépit de leurs différences mutuelles et de la diversité de leurs origines, les musulmans composent une même communauté partageant l’essentiel.

La plupart des musulmans ne sont pas terroristes, certes. On constate toutefois que les attentats qui viennent de se produire donnent lieu à de nombreuses manifestations de soutien de la part d’immigrés (voir notamment iciiciici et ). Cela avait déjà été le cas à la suite des attentats de janvier.

En outre, tous les immigrés musulmans, radicaux comme modérés, partagent un certain nombre de fondamentaux. Ils habitent les mêmes quartiers, appartiennent aux mêmes familles, fréquentent les mêmes mosquées. Ils partagent la même religion, violente et anti chrétienne. Ils ont les mêmes opinions anti occidentales. Tous se pensent victimes du racisme des occidentaux. Au sein des communautés immigrées, les terroristes sont comme des poissons dans l’eau.

Il convient également ne pas oublier que, si les terroristes ne sont qu’une petite minorité, de très nombreuses personnes issues de l’immigration sont des délinquants. Rappelons les chiffres : 3,5 millions de crimes et délits officiellement recensés sont commis chaque année en France, la plupart du temps par des personnes issues de l’immigration. Les délits et plus généralement les actes émeutiers, les incivilités, les provocations et les intimidations commis par les immigrés constituent un « terrorisme du quotidien » , qui pèse sur la vie des Français de souche encore plus lourdement que les attentats.

Il existe sans doute des immigrés, musulmans ou non, qui ne sont ni islamistes ni délinquants, qui sont de braves gens et qui aiment sincèrement la France : mais ils n’auront pas voix au chapitre et seront contraints de suivre le mouvement impulsé par les radicaux et les violents.

 

  • « L’Islam est compatible avec la République »

C’est faux là encore. Précisons. L’islam est peut-être compatible avec la république : mais il est incompatible avec la survie et la pérennité de la France et des Français.

La présence de musulmans en France et en Europe ne constituerait pas une difficulté s’ils s’y trouvaient en petit nombre. Ce n’est pas le cas : ils représentent au moins un quart de la population présente sur le territoire. La proportion est encore beaucoup plus forte si l’on ne prend en compte que les classes d’âge les plus jeunes. De même les immigrés, pour la plupart musulmans, sont majoritaires dans de nombreux quartiers. Dans ces conditions, l’islam et de façon générale l’immigration condamnent les peuples européens à devenir bientôt minoritaires dans leurs propres pays. De même l’immigration, en raison de son ampleur, provoquera si rien ne change la fin inéluctable de la civilisation européenne.

Notons également que la progression de l’islam ne pose pas qu’un problème quantitatif. L’islam est une religion de conquête. C’est une religion qui ignore la séparation du religieux et de la sphère civile et politique. L’islamisation et la conquête de l’Europe par les immigrés constituent une revanche du monde arabo-musulman contre l’occident, qu’il faut punir de ses méfaits et de sa domination passée.

Pour toutes ces raisons l’islam et l’immigration ne sont pas compatibles avec notre survie : ces phénomènes nous font au contraire courir un danger mortel.

 

  • « Pour mener la guerre contre le terrorisme, la France va prendre des mesures radicales »

C’est faux là encore. Les mesures évoquées ou décidées par le gouvernement et par ses opposants de droite sont des mesurettes qui resteront, à supposer qu’elles soient appliquées, sans effet significatif et durable. Pour être efficace, une politique de salut national devrait comprendre notamment les mesures suivantes :

– Changer la loi pour arrêter l’immigration légale.
– Cesser des délivrer des visas dans les pays d’immigration.
– Rétablir définitivement les contrôles aux frontières nationales.
– Rechercher les clandestins et les placer en rétention avant expulsion.
– Renvoyer les immigrés clandestins et les délinquants.
– Réserver les allocations, les prestations sociales et l’accès aux services publics aux Français de souche européenne.
– Supprimer l’accès à la nationalité par le droit du sol

Toutes ces mesures sont obligatoires et se tiennent l’une l’autre. Sans elles, la fin de la France et des Français est inéluctable.

 

  • « Les Français doivent malheureusement apprendre à vivre avec le terrorisme »

C’est faux, une fois de plus. Et c’est là une affirmation scandaleuse. Comme nous venons de le dire, il est tout à fait possible de prendre des mesures efficaces pour rétablir la sécurité et permettre aux Français de redevenir rapidement largement majoritaires et maîtres chez eux. L’unique condition de mise en œuvre d’une politique efficace est la volonté de la mener.

**

Les Français doivent maintenant choisir. Veulent-ils voir s’appliquer une politique d’arrêt de l’immigration, de reconduite et d’incitation au départ des immigrés ? Ou préfèrent-ils vivre avec les attentats ? Préfèrent-ils vivre également avec la surpopulation dans les villes, la délinquance, la désorganisation des services publics et la ruine des systèmes sociaux, qui sont d’autres conséquences inévitables de l’immigration ?  Préfèrent-ils devoir baisser les yeux et s’effacer devant les nouveaux maîtres ? A eux de choisir.

On reprendra pour conclure, en le paraphrasant, l’aphorisme de Bossuet à juste titre souvent cité : quand on ne veut rien changer aux causes, il est risible de venir pleurer sur les conséquences. La cause du terrorisme c’est l’immigration : sans immigration pas de terrorisme. Si l’on veut arrêter les attentats, il faut se débarrasser de l’immigration.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 22/11/15

Attentats de Paris : Les Charlie morts de peur

Chronique de Paysan Savoyard

(n°123 – février 2015)

 

Face aux attentats de janvier 2015 à Paris, « le 11 septembre Français », des foules considérables se sont mobilisées. Quelques heures seulement après l’attentat de Charlie Hebdo un rassemblement important avait lieu place de la République suivi par plusieurs autres en province. De nouveaux rassemblements avaient lieu le lendemain puis le vendredi, alors que la vague d’attentats se poursuivait. Le dimanche, 4 millions de personnes selon les médias défilaient à Paris et dans toutes les grandes villes. Ces manifestations n’ont pas de précédent par leur caractère massif et soudain.

Les défilés répondaient à un appel lancé par le gouvernement, soucieux d’afficher sa réactivité, de détourner l’attention de son échec sécuritaire et de déclencher autour de lui un rassemblement propice à la restauration de son image. La droite l’a rapidement rejoint dans l’appel à manifester.

Les manifestations répondaient donc à un mot d’ordre. Mais ce n’est pas ce qui explique qu’elles aient été massivement suivies : même si la majorité des manifestants étaient sans doute des électeurs de gauche, ce n’est pas d’abord pour soutenir ce gouvernement fortement impopulaire que les manifestants se sont déplacés. Quelles étaient donc les motivations de ces millions de personnes qui ont défilé ?

Les manifestants ont défilé pour la liberté de la presse et la liberté d’expression ? Oui sans aucun doute. De nombreux électeurs de gauche sont des lecteurs de Charlie ou du Canard et partagent leur esprit libertaire et soixante-huitard.

Ils ont défilé pour affirmer et défendre la république et ses « valeurs humanistes » ? Oui aussi. « La défense de la laïcité contre tous les intégrismes » correspond bien à l’état d’esprit des nombreux Français déchristianisés.

Pour affirmer leur refus de stigmatiser les musulmans et d’opérer un amalgame entre les terroristes et « la grande majorité des musulmans, qui sont pacifiques » ? Oui probablement, là encore. Beaucoup de Charlie sont socialistes ; les chrétiens et autre modérés étaient également bien représentés : les uns et les autres sont attachés à l’objectif du « vivre ensemble » et ont voulu l’affirmer.

Mais à notre avis ce n’est pas pour cela avant tout que les Charlie se sont massivement mobilisés : les rassemblements n’auraient pas été aussi massifs si seuls les grands principes – liberté d’expression, laïcité, Vivre ensemble – avaient été en jeu.

La raison principale de cette mobilisation impressionnante est ailleurs. Elle n’a pas été exprimée : et pour cause elle n’est pas dicible. Les Charlie ont manifesté parce qu’ils ont peur.

 

  • Quoique collectivement pessimistes, les Français restaient jusqu’ici confiants quant à leur avenir personnel

Pas plus que les autres Français, les personnes qui ont manifesté n’ont spécialement peur de mourir dans un attentat : elles savent que le risque statistique en est faible. Ce n’est donc pas pour leur vie que les Charlie craignent : ils craignent pour leur mode de vie. Ces attentats leur ont fait prendre conscience que leur mode de vie et leur niveau de vie étaient menacés à court terme.

Les Français ont conscience, depuis longtemps déjà, que les choses vont se dégrader de façon inéluctable. Les enquêtes d’opinion le montrent nettement : depuis au moins trente ans, les Français sont massivement désillusionnés sur leur avenir collectif, dans une proportion de 60 à 80 % selon les périodes.

C’est le pays le plus pessimiste d’Europe.

Ceux qui ont un certain âge sont persuadés que leurs enfants auront une vie moins bonne que la leur ; les enfants en question le savent aussi.

Tout cela n’est pas nouveau et les Français n’ont pas attendu les attentats pour prendre conscience de ce que l’avenir est sombre. Ils savent que les tendances sont défavorables ; que l’environnement se dégrade ; que des civilisations qui ne sont pas nos alliées montent en puissance ; que la population mondiale explose, en particulier en Afrique et en Orient, à nos portes. Ils se doutent bien que tout cela va mal tourner, pour les Européens en particulier.

Mais, s’ils sont pessimistes sur leur avenir collectif, les Français sont en revanche plus positifs sur leurs perspectives personnelles. C’est ce que montrent également nettement les enquêtes d’opinion.

Ces enquêtes apparemment paradoxales renseignent donc clairement sur l’état d’esprit collectif : les Français pensent que ça va se dégrader à terme ; mais que cette dégradation sera progressive ; et qu’à court et moyen terme ils vont pouvoir pour ce qui les concerne tirer leur épingle du jeu.

C’est ce relatif optimisme pour le court et moyen terme que les attentats viennent mettre par terre.

 

  • Les Charlie pensaient pouvoir conserver encore un certain temps leur vie confortable

L’optimisme des Français à court et moyen terme est fondé sur le constat suivant : beaucoup de gens bénéficient encore d’une vie qui les satisfait et qui est objectivement très correcte.

Les classes moyennes, le gros des troupes des manifs, ont une vie correcte. Ils sont souvent fonctionnaires, actifs (5,4 millions) ou retraités. S’ils ne sont pas fonctionnaires, ils occupent fréquemment un emploi dans le secteur public (grande entreprise publique…) ou quasi public (par exemple un emploi dans la sphère culturelle, financée par les subventions et le régime des intermittents ; ou encore un emploi associatif ou « humanitaire », financé par subventions publiques). La sphère publique est tellement étendue qu’elle permet à tout le monde ou presque d’échapper aux emplois manuels, qui sont eux massivement occupés par des immigrés.

Ces gens de la classe moyenne sont bien nourris, ont une voiture et peuvent partir en vacances deux semaines par an en moyenne. Les jeunes peuvent faire des études longues quasi gratuites. Les impôts sont lourds sans être encore confiscatoires. Ces Français de classe moyenne habitent pour la plupart dans des endroits corrects sans problèmes majeurs d’insécurité. Ils ont bon espoir de maintenir ce niveau et ce cadre de vie, voire de progresser un peu au cours de leur carrière.

Une partie des membres des classes populaires ont-eux aussi une vie correcte : c’est le cas s’ils sont propriétaires de leur logement ou disposent d’un HLM, à condition de vivre loin des banlieues. Pour tous, la sécurité sociale couvre la maladie et verse des pensions de retraite et des allocations chômages généreuses. Bref, la situation reste assez satisfaisante pour la majorité des Français.

Les Français moyens avaient jusqu’ici le sentiment que tout cela pourrait être à peu près maintenu à l’horizon qui les intéresse, c’est-à-dire 30 ou 40 ans. Les attentats leur ont fait prendre conscience de ce que cette analyse optimiste est probablement fausse : les choses pourraient se dégrader beaucoup plus vite que prévu et les toucher directement et à court terme.

 

  • Les attentats ont fait prendre conscience aux Charlie que les choses pouvaient se dégrader à court terme et que le désordre et le chaos pouvaient s’installer

Les Français s’aperçoivent que les terroristes potentiels sont nombreux (on parle de 1200 personnes impliquées dans le djihadisme). Ils prennent également conscience de ce que de nombreux musulmans partagent les mêmes analyses que les terroristes. De toute évidence les musulmans de la rue sont eux aussi, par exemple, très mécontents des caricatures et en complet désaccord avec la liberté d’expression si celle-ci doit déboucher sur la mise en cause du Prophète.

Officiellement les manifestants pour Charlie ne font « pas d’amalgame » entre djihadistes et musulmans de la rue : c’est même l’un des principaux messages qu’ils voulaient faire passer en manifestant. Dans leur vie concrète cependant, ces manifestants sentent bien que ce slogan ne correspond pas à la réalité.

S’ils étaient persuadés autant qu’ils le disent que les musulmans sont pour la plupart gentils et bien intégrés, les Charlie ne s’arrangeraient pas pour habiter loin des quartiers à majorité immigrée et pour inscrire leurs enfants dans des établissements scolaires protégés de l’immigration massive. Les attentats viennent confirmer ce que ces millions de sympathisants de Charlie ressentaient sans oser se l’avouer.

 

  • Les Charlie veulent avant tout éviter les tensions, les affrontements, la guerre

Dans ce contexte, les sympathisants de Charlie redoutent que ne surviennent des conflits intérieurs majeurs venant bouleverser leur mode de vie.

Ils redoutent que ces conflits soient déclenchés par les immigrés radicalisés. Ils craignent également qu’ils puissent être déclenchés par l’extrême droite et son programme d’arrêt de l’immigration et de retour à l’ordre dans les quartiers.

C’est la raison majeure pour laquelle ils ne voteront jamais pour l’extrême droite, même si les événements qui se produisent paraissent lui donner raison : les Charlie ne veulent pas risquer de déclencher des affrontements ou pire une guerre civile. Les discours et le programme de l’extrême-droite mettent de l’huile sur le feu alors que les Charlie veulent par-dessus tout que les choses s’apaisent.

Officiellement la détestation et la condamnation de l’extrême droite sont fondées sur des raisons morales : l’accueil de l’Autre, le Vivre-ensemble… Mais c’est une autre raison qui joue là avant tout : l’extrême droite est violemment dénoncée parce qu’elle annonce les mauvaises nouvelles, ce qui est comme chacun sait la manière la plus sûre d’être détesté.

Pour la même raison beaucoup de Français voudraient que l’union nationale se prolonge, que les partis s’entendent. Un gouvernement d’union nationale correspondrait sans doute aux aspirations de nombre d’entre eux. Même les Charlie, le plus souvent de gauche, seraient prêts à oublier leur haine de Sarkozy si cela pouvait conjurer les risques d’affrontements.

Le sens profond des manifs pour Charlie est là : « Nous ne voulons pas que notre vie tranquille soit remise en cause et que s’installent en lieu et place la perspective d’affrontements et le risque de conflits civils. Nous ne voulons pas que notre avenir soit la guerre. Non pas ça ! Pas nous ! Pas maintenant ! »

Les Charlie ont défilé pour ces raisons avant tout. Pour exprimer leur désarroi devant la guerre possible. Pour refuser la stigmatisation des immigrés, qui accroîtrait les tensions. Pour rejeter le FN, dont le programme pourrait amener la guerre. Pour faire corps autour du chef (même si ce qualificatif sied si peu à l’actuel président). Pour se rassembler autour des forces armées et de la police, en espérant qu’elles réussissent à maintenir la paix civile et la tranquillité.

Cet événement improbable peut être expliqué de la même manière : les policiers qui encadraient les manifestations ont été applaudis, de façon sincère, par les manifestants. Pourquoi les Charlie ont-ils applaudi la police, alors qu’ils la haïssent de façon générale ? Ce n’est pas par solidarité avec les policiers : chaque année des centaines de policiers et gendarmes sont blessés et plusieurs sont tués par des bandits ou des racailles, dans l’indifférence générale.

Les Charlie pensent même de façon générale que les policiers l’ont bien cherché, puisqu’ils multiplient les « bavures » et les « contrôles au faciès ». Le 11 janvier marque cet événement inouï : les lecteurs gauchistes de Charlie, pour la première fois de leur vie sans doute, applaudissent la police.

C’est qu’il s’est produit la chose suivante : les Charlie viennent de prendre peur. Peur de la menace que font peser les immigrés. Peur des tensions et de la guerre civile. Peur désormais de l’avenir immédiat.

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Les Charlie viennent de prendre conscience de ce que la dimension tragique de l’Histoire, est à l’image du cancer : elle n’est pas réservée aux autres. La guerre et la haine peuvent menacer tout le monde, même les bourgeois gauchistes et les cathos bienveillants confortablement installés dans la modernité européenne.

Les Charlie en défilant ont manifesté leur peur d’être menacés directement et de perdre leur mode de vie. Cette peur sera-t-elle suivie, d’un sursaut de révolte ou au contraire, comme le prédit Houellebecq, d’une soumission générale face à l’invasion migratoire et l’islam ? Nous reprendrons cette question à l’occasion d’un prochain article.

 

Chronique parue sur Fdesouche le 04/02/15