Marine Le Pen devrait passer un accord avec F. Fillon et se désister en sa faveur

Chronique de Paysan Savoyard

(n°173 – février 2017)

 

La fragilisation de F. Fillon offre au Front national une chance unique d’accéder au pouvoir dans quatre mois. Non pas en gagnant la présidentielle, la chose étant presque impossible. Mais en participant à un gouvernement, à un poste clé, pour y appliquer la politique d’arrêt de l’immigration souhaitée par la majorité des Français.

 

  • Profiter de la fragilité de la candidature Fillon pour passer un accord avec lui et se désister en sa faveur

Marine Le Pen ne peut pas gagner l’élection présidentielle. Presque tous les sondages la voient présente au second tour, après avoir été en tête à l’issue du premier. Mais aucun ne l’a jamais donné gagnante. La plupart des enquêtes lui attribuent au second tour un score sensiblement inférieur à 40 %, variable selon le candidat qui lui est opposé. Le sondage le plus favorable qu’elle ait enregistré jusqu’ici l’a créditée de 42 % au second tour contre F. Fillon, au moment où les révélations concernant l’affaire Pénélope mettaient celui-ci au plus bas.

Si la victoire de Mme Le Pen est très peu probable, il existe en revanche pour le Front national une chance unique d’accéder au pouvoir dès maintenant, pour y appliquer sur le sujet vital de l’immigration la politique que souhaitent ses électeurs et la majorité des électeurs de droite : que Marine Le Pen propose publiquement à F. Fillon un accord de gouvernement et, si celui-ci l’accepte, qu’elle se désiste dès à présent en sa faveur.

 

  • Un référendum sur l’immigration et un ministre de l’immigration Front national

Mme Le Pen pourrait proposer de se désister en faveur de F. Fillon si celui-ci s’engage sur les trois points suivants :

Premier engagement. Organiser dans les trois mois un référendum et soumettre au vote des Français cette question : « Voulez-vous que le gouvernement conduise dès à présent cette politique : arrêt de l’immigration légale ; renvoi des immigrés résidant irrégulièrement en France ; renvoi des immigrés délinquants, y compris lorsqu’ils ont obtenu la nationalité française ; incitation au départ volontaire des personnes originaires de l’immigration non européenne installées en France ».

Deuxième engagement. En cas de réponse positive au référendum, nommer une personnalité choisie par le Front national au poste de ministre de l’immigration pour appliquer la politique voulue par les Français.

Troisième engagement. Abandonner les dispositions les plus libérales du programme qu’avait défendu F. Fillon lors de la primaire de la droite, en particulier le projet conduisant à augmenter le temps de travail des salariés et des fonctionnaires sans augmentation de salaire.

 

  • Que F. Fillon l’accepte ou la refuse, une proposition d’accord serait tout bénéfice pour le Front national

Quelle serait la réaction de la droite à cette proposition ? Les centristes et la droite modérée se récrieraient, bien sûr, et en cas d’accord avec le FN rejoindraient promptement M. Macron, ou M. Bayrou s’il se présente. En revanche la majorité des électeurs de droite, qui partagent avec ceux du Front national les mêmes préoccupations et les mêmes analyses sur l’immigration et la sécurité, n’attendent que cela depuis des années : un accord de gouvernement entre la droite et le FN.

F. Fillon pourrait bel et bien être tenté par la proposition que lui ferait Mme. Le Pen. Récusé par le Système, qui lui préfère E. Macron, F. Fillon est désormais gravement fragilisé par l’opération de déstabilisation qui a été menée contre lui. Alors qu’il avait toutes les chances d’être élu il y a encore quelques semaines, il n’est plus assuré désormais d’être présent au second tour, la plupart des sondages le donnant perdant contre E. Macron. Il y a encore un mois, F. Fillon n’avait nul besoin des voix du Front national, comme c’était le cas également du candidat de la droite lors des élections présidentielles précédentes. La situation est aujourd’hui radicalement différente : pour la première fois, le candidat de la droite risque d’être éliminé dès le premier tour d’une élection présidentielle. Tandis qu’a contrario un soutien du Front national dès le premier tour rendrait sa victoire à la présidentielle presque certaine.

Pour justifier la révolution politique que constituerait un accord avec le FN, F. Fillon pourrait aisément tirer parti du contexte créé par l’arrivée massive d’immigrants irréguliers en Europe, la montée du communautarisme, les attentats et les émeutes.

Si le FN lui proposait un accord, il se pourrait certes que F. Fillon le refuse et préfère courir le risque de perdre l’élection. Ce serait même l’issue la plus probable, parce que F. Fillon subirait d’énormes pressions du Système, et toutes les formes de menaces, pour le contraindre à maintenir le FN hors de « l’arc républicain ».

Mais un refus de F. Fillon serait malgré tout fortement bénéfique pour le FN. Aux yeux des électeurs de droite en effet, le FN aurait manifesté sa volonté d’ouverture. En cas de défaite de F. Fillon, ces électeurs reprocheraient à leur parti d’avoir refusé un accord qui aurait permis la victoire. En renonçant à la candidature de son leader, le FN apparaîtrait de plus comme un parti désintéressé, avant tout soucieux de l’avenir du pays. Enfin sa proposition aurait mis en exergue le fait que la droite est sur le fond très proche de la gauche et refuse de mettre en œuvre la politique « populiste » que la majorité des Français attendent. Dans ce contexte le FN serait en bonne position pour gagner l’élection suivante.

Si au contraire le FN ne saisit pas l’occasion et ne choisit pas l’option stratégique que nous lui suggérons, il se passera la même chose que d’habitude. Il ne gagnera pas l’élection présidentielle, même s’il y obtient un score élevé. Il restera hors-jeu, continuera à apparaître comme insusceptible de gouverner et laissera le jeu de bascule et d’alternances factices entre la gauche et la droite se poursuivre, sans lui, et pour le malheur de ses électeurs.

La situation de grande difficulté dans laquelle se trouve le candidat de la droite à moins de trois mois de l’élection constitue pour le FN une chance inespérée. Elle lui ouvre une fenêtre d’opportunité dont il n’avait jamais disposé jusqu’ici : le Front national doit s’en saisir pour quitter la posture protestataire et se donner une chance de pouvoir enfin agir sur les événements et les décisions prises.

 

  • Construire une nouvelle majorité et offrir enfin aux Français un véritable choix

Les objections que la direction du Front national pourrait opposer à cette option stratégique ne tiennent pas, nous semble-t-il.

« En passant un accord de gouvernement avec la droite, le FN devrait par là-même renoncer à son programme social, accepter la poursuite de la mondialisation, de l’UE, de l’euro »… L’argument est sans valeur. Les questions économiques et sociales sont désormais secondaires par rapport à l’enjeu vital que représente l’invasion migratoire. Elles ne sont pas essentielles pour les électeurs du Front national eux-mêmes, contrairement à ce que prétend M. Philippot. Ce qu’attendent avant tout les électeurs du Front national, comme ses militants, c’est qu’on arrête l’immigration et qu’on remette de l’ordre.

« Passer un accord avec F. Fillon reviendrait à cautionner son programme ultra libéral »…. Argument non recevable là encore. D’abord parce que l’accord qu’il s’agirait de passer avec F. Fillon conduirait celui-ci à renoncer à ses projets les plus contestables. Deuxièmement parce que F. Fillon est d’ores et déjà trop fragilisé pour pouvoir appliquer, s’il est élu, la purge libérale qu’il envisageait. Sa victoire à la primaire avait créé une dynamique sur laquelle il aurait pu s’appuyer pour engager un programme de rigueur anti sociale : elle a aujourd’hui disparu.

« Un accord avec F. Fillon conduirait à pactiser avec la fausse droite, l’une des deux branche de l’oligarchie, qui met en place depuis des décennies, en accord avec la gauche, la même politique mondialiste et immigrationniste »… L’argument est lui aussi non valide. Un accord avec le FN conduirait précisément à l’éclatement de cette droite, en rejetant vers la gauche sa partie la plus mondialiste.

Le FN a l’occasion d’accentuer le mouvement déjà initié par la candidature de F. Fillon elle-même, que le Système a jugé trop conservatrice, trop blanche, trop hétérosexuelle, trop catholique, trop France Française (voir cette chronique). Il s’agit de saisir l’occasion de construire une nouvelle alliance politique, permettant d’offrir enfin aux électeurs un véritable choix. D’un côté le camp du mondialisme immigrationniste et libéral-libertaire, de Hamon à Juppé, de Bayrou à Cohn-Bendit, en passant par Attali, Minc et Pierre Bergé. Leur candidat est E. Macron, qui recevrait dans le cas d’un second tour le soutien de l’extrême gauche. De l’autre, ceux qui se proposent de défendre les intérêts du peuple européen de souche et la civilisation européenne elle-même.

Offrir un véritable choix : c’est ce qu’essaie de faire de son côté D. Trump en voulant transformer en mouvement populaire le Parti républicain, qui n’est actuellement que l’une des deux faces de l’oligarchie. Le Front national peut lui aussi rechercher le même objectif. S’il propose un accord avec la droite, il entrera enfin dans le jeu politique au lieu de rester confiné dans la protestation stérile. Il offrira un débouché politique à tous les Français floués depuis des décennies par l’alternance gauche droite factice. En cas de victoire de la droite conservatrice alliée au FN, cette majorité politique nouvelle correspondrait enfin aux vœux majoritaires de l’électorat.

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Il s’ensuivrait l’enclenchement d’une dynamique qui pourrait remettre en cause les évolutions en cours en France et en Europe. Tout redeviendrait possible. Peut-être enfin l’engagement d’un processus de restauration et de remise en ordre. Peut-être enfin l’amorce d’une dynamique de survie. Peut-être enfin le coup d’arrêt inespéré à la spirale infernale, au processus mortel, à la descente aux enfers, à l’évolution continue vers le toujours pire, dans lesquels nous sommes engagés depuis des décennies. Peut-être un frein à la décadence. Peut-être… Enfin…

Venant après l’élection de Trump, il s’agirait là du deuxième coup de tonnerre dans le ciel plombé qui pèse sur les peuples européens et l’avenir de leur civilisation.

Eliminer F. Fillon, incarnation de la France Française

Chronique de Paysan Savoyard

(n°172 – février 2017)

 

On ne sait pas ce qu’il adviendra de la candidature de F. Fillon : tout le Système s’est mobilisé pour l’évincer et ainsi dégager la voie d’E. Macron, le candidat adoubé par l’oligarchie.

La candidature de F. Fillon ne nous enthousiasme pas à plusieurs égards. Nous ne partageons pas son positionnement conservateur (voir cette chronique). Ses intentions concernant le sujet majeur et vital de l’immigration sont des plus timorées. Quant à son programme de purge libérale, il ne correspond pas aux intérêts de la majorité de la population et n’est pas adapté aux principaux enjeux du moment (voir cette chronique).

Mais l’opération de déstabilisation de grand style dont F. Fillon fait l’objet montre que sa candidature a également une autre dimension.

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F. Fillon a utilisé au mieux de ses intérêts privés les crédits alloués aux parlementaires pour l’exercice de leur mandat. Il a employé des membres de sa famille comme assistants. Le contenu de l’emploi qu’occupait son épouse était manifestement flou. Sa société de conseil délivrait probablement des prestations de pure forme à de riches clients désireux de soutenir sa carrière, en espérant de sa part un retour sur investissement le moment venu. Quoique légales ces pratiques sont sans doute moralement contestables. Mais tous les politiciens se livrent à des turpitudes comparables. Les emplois fictifs, par exemple, sont légions dans les assemblées, dans les collectivités territoriales, dans les instances de la sécurité sociale, dans les associations subventionnées, dans les hauts comités, les hautes autorités et autres conseils supérieurs. F. Fillon, de ce point de vue, n’est évidemment pas pire que les autres.

F. Fillon avait fait une partie de sa campagne des primaires sur le thème de l’intégrité. Les révélations qui le touchent fragilisent sans doute l’impact de ses proclamations vertueuses. Mais là encore tous ceux qui l’accusent aujourd’hui ne lui cèdent en rien dans le registre de la tartufferie.

F. Fillon a disposé de revenus relativement élevés grâce à sa carrière politique. Par le jeu de différents mécanismes (cumuls des mandats, avantages matériels, financement par des groupes d’intérêts…) la politique en France permet à quelqu’un qui à l’orée de sa carrière n’est qu’un fonctionnaire, un enseignant ou un assistant parlementaire de s’enrichir dans une certaine mesure. Faut-il s’en indigner ? Ce que nous contestons avant tout pour notre part ce sont les décisions prises par la classe politique depuis au moins quatre décennies, qui emmènent le pays à la catastrophe. Là est le problème. Qu’en revanche, à condition qu’ils dirigent le pays en vue de l’intérêt général, les politiciens puissent s’enrichir au cours de leur carrière ne nous choque pas outre mesure. Pourquoi les revenus des politiciens devraient-ils rester chiches alors que ceux des sportifs, des acteurs de cinéma et des dirigeants du CAC 40 atteignent des sommets d’indécence ?

On notera que le candidat favori du Système, E. Macron, ne fait pas l’objet, pour l’instant du moins, de la même curiosité inquisitoriale de la part des moralistes et des vertueux. Nous verrons dans les semaines qui viennent si les médias et la justice se penchent ou non sur les questions suivantes : Est-il normal quand on se dit de gauche d’aller pantoufler dans une banque d’affaires, de s’y ébattre dans les opérations du capitalisme financier et de devenir millionnaire en quelques années ? N’y a t-il pas mélange des genres et confusion d’intérêts lorsqu’on rejoint une banque d’affaire avec laquelle on était en contact en tant que fonctionnaire de l’inspection des finances ? Dans quelle mesure les crédits du ministère des finances ont-ils été utilisés pour servir la pré-campagne de M. Macron alors ministre ? Comment sont financées les réunions publiques  de grand format que M. Macron organise depuis plusieurs mois ?

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Ce qui est en jeu en réalité dans cette affaire n’est pas l’honnêteté de F. Fillon, ni le fait qu’il ait usé de pratiques peut-être contestables, ni encore le fait que la politique lui ait permis de disposer d’un train de vie relativement élevé. Il est, à ces différents égards, identiques aux autres politiciens. Si F. Fillon est pourchassé, c’est qu’il présente plusieurs caractéristiques qui le rendent détestable aux yeux de la classe dirigeante.

Sa situation de fils de notaire et de notable provincial ancré dans son terroir constitue une première provocation pour la bourgeoisie libérale-libertaire parisienne, mondialiste et nomade.

F. Fillon est un Français de souche intégral, autre caractéristique haïssable pour les libertaires cosmopolites.

Il est au surplus hétérosexuel, s’est opposé au mariage homosexuel et a été soutenu par la Manif pour tous. Voilà qui achève de le rendre insupportable à tous ceux qui pratiquent une sexualité « atypique » et dont la présence dans la classe dirigeante est grandissante.

Il n’est pas divorcé et n’est pas connu pour tromper sa femme, avec laquelle il a fondé une famille nombreuse. C’est tout ce que détestent les politiciens et l’ensemble des oligarques, qui profitent fréquemment de leur position pour appâter les stagiaires, assistantes et autres journalistes de trente ans moins âgées qu’eux, lesquelles de leur côté voient dans la fréquentation des pouvoirs un moyen privilégié d’accélérer leur carrière.

Provocation ultime, la plus scandaleuse de toutes sans doute, F. Fillon est chrétien. Pire encore il est catholique, le revendique et ose fréquenter les milieux monastiques.

C’en est trop décidément. Français de souche attaché aux traditions, chantre de la valeur travail, soucieux de la famille et catholique : pour les libéraux-libertaires et les cosmopolites, F. Fillon n’est pas loin d’incarner le mal absolu.

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Les Pierre Bergé, les Cohn-Bendit, les Attali, les Minc, les propriétaires des médias, la finance et le Cac 40, tout le Système arc-bouté a choisi son candidat, E. Macron, et cherche pour lui ouvrir la route à se débarrasser de F. Fillon dès avant le premier tour.

Dans la lutte que les Modernes mènent depuis deux cents ans contre tout ce qui se rattache à la société traditionnelle, F. Fillon représente une cible de choix, réunissant en sa personne plusieurs de ces traits de civilisation qu’ils veulent définitivement éradiquer.

 

L’intégration des immigrés est impossible

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 171 – janvier 2017)

 

A ceux qui s’inquiétaient des conséquences de l’immigration, les immigrationnistes ont répondu pendant des années que les difficultés d’intégration concernaient surtout « les immigrés de la deuxième génération », venus en France dans le cadre du regroupement familial. Les choses se régleraient d’elles-mêmes, nous disait-on alors, avec les générations suivantes, qui elles allaient naître en France.

C’est le contraire qui s’est produit : les immigrés de la troisième et maintenant de la quatrième génération, nés en France pourtant et y ayant toujours vécu, posent des problèmes d’intégration plus graves que leurs 7 de  et qui ne cessent de s’alourdir.

Que dire à toutes ces personnes de bonne volonté et quelque peu naïves qui ne comprennent pas pourquoi l’intégration est aussi difficile et qui se demandent ce que nous devrions faire pour qu’elle se produise enfin ? Il nous semble que la vérité est toute simple : il n’y a rien à faire. L’intégration ne s’est pas faite, elle ne se fait pas et elle ne se fera pas. Parce qu’elle est impossible.

 

  • Les immigrés ne s’intègrent pas

De multiples signes, tous convergents, montrent que les immigrés ne sont nullement en voie d’intégration. La délinquance, attribuable pour l’essentiel à l’immigration, reste à un niveau élevé. L’islam et le communautarisme musulman sont chaque jour plus présents dans la société française, accompagnés d’une augmentation continue des revendications, des exigences et des récriminations. Les attentats islamistes croissent en nombre et en gravité. Le rap occupe une place dominante dans la culture des « quartiers » : il y diffuse des textes et des images agressifs et haineux à l’égard de la société française et de la population de souche. Nombre de ces quartiers ont fait sécession et vivent depuis des décennies hors-la-loi ou plus exactement selon la loi fixée par les caïds et les islamistes.

De façon générale il apparaît que non seulement la majorité des immigrés ne se vivent pas comme Français, mais ils sont emplis de ressentiment, d’agressivité, sinon de haine, à l’égard de la France et des Français de souche européenne.

Ce sombre tableau a conduit les immigrationnistes à réviser leur discours à plusieurs reprises. Après avoir invoqué « l’assimilation » souhaitable des immigrés, ils se sont rabattus sur « l’intégration » : on attendait des immigrés qu’ils s’intègrent c’est-à-dire qu’ils puissent conserver une partie de leur culture et de leurs coutumes mais qu’ils rejettent le communautarisme et adoptent à titre individuel les valeurs essentielles de la république, comme la laïcité.

L’intégration s’étant révélée elle aussi un échec, l’oligarchie a adopté depuis une quinzaine d’années le concept du « vivre ensemble » : il s’agit de faire en sorte que les différentes communautés qui se sont constituées puissent coexister, en espérant que cette cohabitation reste pacifique (voir également cette chronique).

 

  • La société française a pourtant consenti des efforts considérables

Pourtant la société française a consenti d’importants efforts en faveur des immigrés. Elle en accueille chaque année un grand nombre. Ceux qui entrent de façon irrégulière ne sont pas expulsés mais au contraire régularisés au bout d’un certain temps. La nationalité française est accordée chaque année à un grand nombre d’immigrés (automatiquement dès la naissance, ou à 18 ans, ou sur demande, selon les cas ; voir cette chronique).

Les immigrés bénéficient des mêmes droits que les Français (droits du travail ; accès aux services publics et aux aides sociales). Etant le plus souvent dans une situation sociale moins favorable que les Français, ils reçoivent en pratique davantage d’aides que la moyenne des Français. Même les immigrés en situation irrégulière bénéficient de droits sociaux, tels que l’AME.

Les quartiers où habitent les immigrés sont destinataires en outre d’importantes dépenses publiques (politique de la ville ; ZEP). Des mécanismes de « discrimination positive » ont été mis en place au profit des immigrés, à l’embauche dans les grandes entreprises ou à l’entrée dans certaines grandes écoles.

Les immigrés, enfin, sont autorisés à pratiquer leur religion et à conserver une partie de leurs coutumes : ils reçoivent même une aide des pouvoirs publics pour construire des mosquées.

Même si les immigrés et les immigrationnistes militants considèrent qu’ils sont encore insuffisants, il n’est pas niable que ces efforts sont considérables. Ils constituent d’ailleurs, avec le chômage, l’une des sources principales de l’augmentation continue des impôts, des taxes, des déficits et de la dette publique.

Et en dépit de ces efforts indéniables, l’intégration des immigrés ne se réalise pas.

 

  • L’intégration est impossible parce que les immigrés n’en veulent pas

La raison en est simple : il n’y a pas et il n’y aura pas d’intégration parce que les immigrés n’en veulent pas. Au contraire : de nombreux immigrés ont du ressentiment à notre égard. Une partie non négligeable même nous hait. Il y a sans doute de braves gens parmi les immigrés. Mais même ceux-là partagent, au moins en partie, les discours des radicaux et ils devront de toute façon suivre le mouvement impulsé par les leaders islamistes et communautaristes.

Il y a quatre raisons convergentes à cette haine et ce ressentiment qui dominent chez les immigrés, s’agissant du moins des immigrés venus d’Afrique et du monde musulman.

Les immigrés en France et en Europe, première raison, se trouvent le plus souvent dans une situation d’infériorité symbolique. Ils occupent des emplois peu valorisants, vivent fréquemment dans des quartiers périphériques et sont pour la plupart moins riches que la moyenne des Français. Beaucoup rencontrent des difficultés sociales. Ils sont souvent en échec scolaire. Cette position inférieure est une conséquence inévitable de la condition même de l’immigré, par définition moins favorable que celle des autochtones. Elle provoque chez eux frustration, colère, ressentiment. Ces sentiments négatifs sont attisés par les immigrationnistes militants, qui encouragent les immigrés à se poser en victimes des injustices, des discriminations et du racisme (lesquels pourtant sont le plus souvent imaginaires).

La deuxième source du ressentiment irréductible des immigrés à notre égard tient à l’Histoire. L’Afrique du Nord et le Proche Orient, d’où sont issus beaucoup d’immigrés, ont depuis toujours été en conflit avec l’Occident (conquête arabe, croisades, colonisation, guerres de décolonisation). Depuis des siècles en outre, les Africains et les Arabes sont dominés par les Blancs : domination physique et géopolitique (esclavage, colonisation), domination culturelle, technique, scientifique. Ce passé de conflit et de domination fait écho à la position d’infériorité que les immigrés connaissent aujourd’hui dans les pays d’accueil. Il accroît encore leur frustration et leur dépit.

Troisième source du ressentiment et de la haine : la plupart des immigrés sont musulmans. Or l’islam présente différentes caractéristiques qui interdisent l’intégration des immigrés en Europe. C’est une culture qui rejette plusieurs aspects importants auxquels tiennent aujourd’hui les Européens (la laïcité, le statut de la femme…). C’est une culture fondée sur un texte sacré dans lequel la dimension violente et guerrière est fortement présente. C’est une culture, enfin, qui est en guerre avec l’Occident chrétien depuis son origine (VIIsiècle).

Il est une dernière raison à cette situation, peut-être la plus puissante. Les immigrés Africains et orientaux ont tous bien conscience de ce qui est en train de se passer. Ils savent qu’ils sont en train d’envahir l’Europe. Ils savent que leur nombre augmente de façon continue. Ils savent que la couche supérieure des sociétés européennes (les dirigeants des entreprises, les politiciens, les journalistes, les antiracistes, les humanitaires, les chrétiens…) approuve l’arrivée massive des immigrés ou, en tout cas, refuse de s’y opposer. Ils savent que tous les Européens ou presque sont amollis et faibles et ne sont pas prêts, mentalement et physiquement, à s’opposer à l’invasion et à la domination des immigrés. Le ressentiment des immigrés s’accompagne dès lors désormais d’un sentiment de puissance : ils savent qu’ils tiennent enfin leur revanche et qu’ils vont pouvoir laver les humiliations subies depuis des siècles.

Dès lors la question n’est pas d’augmenter nos efforts. Tout effort supplémentaire de la société française en faveur des immigrés ne sera pas ressenti par eux comme un signe de bonne volonté mais comme une nouvelle preuve de notre faiblesse et de notre naïveté. Aucun geste supplémentaire de notre part en faveur de l’intégration et du vivre-ensemble ne pourra provoquer l’apaisement et désarmer l’hostilité des immigrés : il ne fera qu’augmenter leur mépris.

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Que les naïfs, les doux et les généreux acceptent enfin de regarder la réalité en face. Que les bienveillants, les tolérants et les pacifistes abandonnent, avant qu’il ne soit trop tard, leurs illusions moralement confortables. Que les militants du « vivre ensemble » sortent de leur état d’aveuglement volontaire. Il n’y a aucune chance que les immigrés s’assimilent. Il n’y a aucune chance pour qu’ils s’intègrent (voir également cette chronique).

Il n’y a aucune chance même que la coexistence puisse rester pacifique. Tous les pays musulmans ou presque sont en guerre avec d’autres. Tous les pays où existe une importante communauté musulmane sont en guerre civile ou en prennent le chemin. De façon plus générale, tous les pays multiculturels et multiraciaux sont en guerre civile, en tension grave ou en conflit latent.

La question n’est plus de savoir comment intégrer au mieux les immigrés. Pour les Français comme pour tous les Européens, l’enjeu désormais est d’une autre nature et se résume simplement. Soit la majorité des immigrés s’en vont et regagnent leurs pays d’origine, grâce à différentes politiques de renvoi forcé (pour les délinquants et les clandestins), de suppression des aides et avantages sociaux dont bénéficient les immigrés et d’incitations au départ volontaire : nous pourrons alors rester maîtres chez nous, continuer à y vivre paisiblement et préserver notre civilisation. Dans le cas contraire nous serons rapidement marginalisés en tant que peuple et nous disparaîtrons en tant que civilisation.

Sera venu alors le temps de la Soumission.

Droit d’asile : la preuve de la trahison

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 170 – janvier 2017)

 

Le droit d’asile était à l’origine destiné à offrir la protection de la France, qui se veut comme on le sait la patrie des droits de l’homme, aux personnes pourchassées en raison de leur race, de leur religion ou de leurs opinions. L’asile a aujourd’hui été détourné de son objet : il est devenu l’une des voies de l’immigration de masse.

La grande majorité des demandeurs d’asile, en effet, ne correspondent en rien à la définition qu’en donne la convention de Genève : ils utilisent le dispositif pour bénéficier des nombreux droits attachés à la demande d’asile et pour immigrer en France. Un rapport administratif de 2013, dont nous citerons différents passages, a mis en évidence le phénomène.

Comme nous allons le voir, cette transformation du droit d’asile en pompe aspirante de l’immigration s’opère avec la complicité active des politiciens, des services de l’Etat et des associations immigrationnistes.

 

  1. La procédure d’asile est devenue l’une des modalités d’immigration
  • Le nombre des demandes d’asile : 100 000 en 2016, record battu.

Le nombre des demandes d’asile a connu d’importantes fluctuations : il était de 40 000 en 1992, avant de descendre jusqu’à 20 000 en 1998 puis de remonter ensuite, atteignant 65 000 en 2004.

Depuis 2007 ce nombre augmente de nouveau. L’année 2015 avait marqué un record à la hausse. Le ministère de l’intérieur vient d’annoncer que ce record venait lui-même d’être battu : 77 886 nouvelles demandes d’asile ont été présentées en 2016.

Si l’on comprend bien les données qui viennent d’être rendues publiques par le ministère de l’intérieur, ce chiffre de 77 886, ainsi que tous les totaux annuels précédents, quoique déjà considérables, sont encore en deçà de la réalité des demandes d’asile : en effet les « dublinés » n’ont pas été jusqu’à présent comptabilisés. Les « dublinés » sont les personnes qui résident en France et y ont déposé une demande d’asile mais qui sont entrées en Europe par un autre pays que la France : en vertu d’un accord signé à Dublin, les demandes d’asile doivent être traitées par le pays d’entrée et les demandeurs concernés doivent y être « réadmis ». Le nombre de ces « dublinés », estimé à 22 500 en 2016, doit donc être ajouté au total de 77 886. Autrement dit le nombre réel des demandeurs d’asile entrés sur le territoire français en 2016 est de plus de 100 000. (NB : dans la suite de l’article, on prendra comme base, par commodité, les chiffres qui étaient jusqu’à présent considérés comme les références ; 77 886 donc pour 2016)

Les demandeurs d’asile proviennent de tous les continents. En 2016 les pays les plus représentés dans les demandes d’asile sont, dans l’ordre décroissant, le Soudan (5868 demandes), l’Afghanistan, Haïti, l’Albanie, la Syrie, la RD du Congo, la Guinée, le Bangladesh,  l’Algérie et la Chine.

  • Les demandes d’asile accordées : 26 000 en 2016, record battu là encore

Pendant vingt ans, de 1992 à 2012, le nombre des asiles accordés est resté à un niveau constant d’environ 10 000 par an. Il a fortement augmenté ces quatre dernières années : 11 500 en 2013 ; 14 500 en 2014 ; 19 506 en 2015, 26 351 en 2016, soit un quasi triplement par rapport au niveau maintenu avant 2013.

Comme nous le verrons plus loin, cette augmentation a été voulue par le gouvernement et les services administratifs.

  • La quasi-totalité des déboutés restent sur le territoire

Les demandeurs d’asile déboutés sont environ 50 000 par an (51 535 en 2016). Après avoir épuisé les différents recours qui leur sont ouverts, ils doivent en principe quitter le territoire français.

Dans la pratique les déboutés du droit d’asile restent sur le territoire et ne le quittent que de façon exceptionnelle. Le rapport de 2013 (p. 32) a estimé que le nombre des départs de déboutés du droit d’asile, volontaires ou contraints, n’est guère supérieur à 2000 par an !

Le processus d’asile donc aboutit dans presque tous les cas, que le statut soit accordé ou non, à un maintien et une installation sur le territoire. Le rapport de 2013 souligne (p. 18) que la procédure d’asile est devenue « l’une des principales voies d’entrée sur le territoire français », ajoutant (p. 11) que « la frontière est de plus en plus ténue entre demande d’asile au sens strict et motifs d’immigration ».

 

  1. L’aide dont bénéficient les demandeurs et la quasi certitude de pouvoir s’installer sur le territoire constituent une forte incitation à entrer en France pour demander l’asile
  • Le droit d’asile 

L’asile et le statut de « réfugié » peuvent être accordés : aux personnes craignant à juste titre d’être persécutées en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social ou de leurs opinions politiques (convention de Genève) ; aux personnes persécutées en raison de leur action en faveur de la liberté (préambule de la constitution de 1946) ; aux personnes reconnues réfugiées par le HCR de l’ONU ; ainsi qu’aux apatrides. L’asile peut également être accordé (il est alors nommé « protection subsidiaire) aux personnes qui ne remplissent pas les conditions ci-dessus mais qui courent le risque dans leur pays de subir la torture ou la peine de mort.

  • La demande d’asile permet le maintien sur le territoire

Toute personne entrant ou séjournant en France, qu’elle soit en situation régulière ou non, peut déposer une demande d’asile, auprès de l’OFPRA (Office français pour la protection des réfugiés et apatrides), organisme public dépendant du ministère de l’intérieur.

Dans la pratique la plupart des demandeurs d’asile sont des immigrants qui, soit se présentent à la frontière française et font part de leur intention de demander l’asile, soit pénètrent irrégulièrement sur le territoire et déposent ensuite une demande d’asile.

Pendant l’instruction de leur dossier, les demandeurs d’asile bénéficient du droit au maintien sur le territoire.

En vertu d’un règlement de l’Union européenne (dit Dublin III), c’est le pays dans lequel le demandeur d’asile est entré en Europe, régulièrement ou non, qui doit traiter la demande d’asile. Ce pays doit « réadmettre » le demandeur si celui-ci a entre-temps gagné un autre pays européen.

  • L’instruction de la demande : environ deux ans de délai

L’OFPRA instruit la demande et accorde ou non l’asile (en attribuant soit le statut de réfugié, soit le statut d’apatride, soit la protection subsidiaire). L’OFPRA prend sa décision en fonction des motifs allégués par la personne pour justifier sa demande. Le critère principal utilisé par l’OFPRA est le pays d’origine du demandeur. L’OFPRA établit chaque année une liste de pays réputés sûrs : les ressortissants de ces pays ont peu de chances de bénéficier de l’asile. Au contraire les demandeurs en provenance de pays en guerre civile ont de bonnes chances d’obtenir le statut de réfugié.

Le délai d’instruction des demandes d’asile est particulièrement élevé. Selon le rapport de 2013 (p. 29 et 30), le délai de traitement d’une demande suivi d’un recours devant la juridiction spécialisée (CNDA ; voir plus loin) est de plus d’un an et demi, et même de plus de deux ans et demi en cas de demande de réexamen et de nouveau recours devant la CNDA.

Ces délais considérables résultent premièrement du nombre élevé des demandes d’asile. Un second facteur est le grand nombre des organismes publics impliqués dans le traitement de la demande d’asile : OFPRA, OFII (Office français pour l’immigration et l’insertion), Pôle Emploi, service préfectoraux. La troisième cause est que la demande d’asile donne lieu à la mise en œuvre de nombreuses procédures destinées à protéger les droits des demandeurs d’asile. Les demandeurs bénéficient notamment de nombreuses possibilités de recours contre une décision défavorable (voir le point suivant).

Ces délais ont différentes conséquences : Ils se traduisent d’abord par une augmentation des coûts liés à la prise en charge des demandeurs (voir le point concernant les aides).

Ils favorisent, deuxièmement, l’utilisation du dispositif du droit d’asile comme un moyen d’immigration. Le rapport de 2013 (p. 31) note ainsi que « ces délais sont un facteur d’attractivité de la France pour les demandeurs d’asile ayant peu de chance d’accéder au statut de réfugié ». Il ajoute qu’ils « hypothèquent largement l’effectivité des mesures d’éloignement des déboutés ».

Enfin, les règles de régularisation des immigrés en situation irrégulière étant fondées sur la durée de présence sur le territoire, la longueur même des procédures d’instruction des demandes d’asile favorise la régularisation des déboutés qui se maintiennent sur le territoire après le rejet de leur demande.

  • De nombreux recours sont ouverts au demandeur d’asile

Les demandeurs d’asile peuvent introduire un recours, devant l’autorité qui a pris la décision, contre toutes les décisions négatives prises par l’administration à leur égard.

Ils peuvent également introduire un recours juridictionnel contre les décisions de l’administration, en particulier contre la décision de l’OFPRA de rejeter leur demande. La juridiction compétente est la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), composée de personnalités qualifiées et présidée par un magistrat.

Ce recours est massivement utilisé : 80 % des décisions de rejet de l’OFPRA font l’objet d’un recours en CNDA (par exemple il y a eu, en 2016, 50 218 décisions négatives et 39 986 recours).

Si la CNDA annule la décision de l’OFPRA, elle accorde par là-même l’asile. La CNDA attribue ainsi chaque année entre 5000 et 6000 asiles, qui viennent s’ajouter à ceux accordés par l’OFPRA (c’est ainsi qu’en 2016, 19 834 asiles ont été accordés par l’OFPRA et 6517 par la CNDA, soit un total de 26 351).

Après le rejet de la demande d’asile par la CNDA, le demandeur, s’il fait valoir un élément nouveau, peut demander à l’OFPRA de réexaminer sa demande. L’OFPRA a été ainsi amené en 2016 à réexaminer 7500 dossiers. Le guide du demandeur d’asile établi par le ministère de l’intérieur précise (p. 16) qu’il peut même y avoir une deuxième demande de réexamen (sic).

Outre les nombreux recours « légaux », il apparaît que certains demandeurs multiplient les manœuvres dilatoires destinées à augmenter les délais d’instruction de leur demande, étant entendu que pendant ce temps ils continuent à bénéficier des aides et de l’hébergement. Le rapport de 2013 a mis en évidence certaines de ces manœuvres (et souligné par là-même le laxisme de l’administration). Le rapport propose ainsi (p. 225) de ne plus verser l’aide financière aux demandeurs qui mettent trop de temps à déposer leur demande d’asile ; à ceux qui demande un troisième réexamen de la décision de rejet de l’OFPRA ; ou à ceux qui après avoir déposé une demande quittent le territoire puis y entrent de nouveau pour présenter une nouvelle demande. De même le rapport recommande d’utiliser de façon effective (ce qui signifie qu’elles ne sont pas utilisées) les dispositions de la loi qui permettent de traiter de façon simplifiée « les demandes qui ne présentent aucun élément sérieux », sans se laisser arrêter par « les critiques des associations et des avocats ».

Les garanties procédurales et les possibilités de recours n’ont cessé d’être augmentées au bénéfice des demandeurs d’asile. C’est ainsi que dernièrement une loi du 29 juillet 2015 a introduit les nouveaux droits et recours suivants : possibilité pour le demandeur lors de l’entretien devant l’OFPRA de se faire assister d’un avocat ou du représentant d’une association habilitée ; systématisation du recours suspensif devant la CNDA même pour les personnes suspectées de fraude ; facilitation de la réunion familiale en France pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire ; création d’un nouveau recours devant le TA pour les déboutés en rétention.

Notons que l’obligation pour l’administration d’organiser un entretien avec le demandeur d’asile a été posée par une directive européenne, dont la loi de 2015 a fait application (p 11 du guide).

Comme on l’a vu plus haut ces multiples recours permettent aux demandeurs de bénéficier de différentes aides et du droit de résider régulièrement en France pendant une durée prolongée. Ils accroissent également les chances des déboutés de pouvoir se maintenir sur le territoire et d’être finalement régularisés.

  • Les demandeurs d’asile ont droit à l’hébergement, à une aide financière et à la couverture santé gratuite

Dès le moment où la demande d’asile est présentée, les demandeurs d’asile ont droit à un hébergement et à une aide financière. Ce droit court pendant toute la durée de l’instruction et des recours éventuels.

Les demandeurs d’asile sont hébergés, en principe dans un Centre d’accueil pour demandeur d’asile (CADA). La gestion de ces CADA est confiée à des opérateurs privés rémunérés par l’Etat, en particulier deux, l’ADOMA et France-Terre d’Asile.

Cependant le nombre des places en CADA (21 000 en 2012 réparties dans 265 centres) étant très inférieur au nombre des demandeurs d’asile dont le dossier est en cours, les demandeurs qui n’obtiennent pas une place en CADA bénéficient du dispositif « d’hébergement d’urgence ». Ce dispositif consiste le plus souvent en un hébergement à l’hôtel pris en charge par l’Etat. Compte-tenu de la croissance des demandes d’asile et des délais d’instruction des demandes, le nombre des demandeurs d’asile en hébergement d’urgence, c’est-à-dire à l’hôtel, dépasse aujourd’hui le nombre des demandeurs en CADA (30 000 places en hébergement d’urgence en 2012).

Le rapport de 2013 a mis en évidence le fait qu’une partie des personnes ayant obtenu le statut de réfugié et une partie des déboutés du droit d’asile continuent à bénéficier du dispositif alors qu’elles n’y ont plus droit. Selon le rapport, au moins 6000 places d’hébergement d’urgence, soit 20 % du total, sont occupées par des déboutés (ce qui représente un coût de 35 millions par an).

Ce passage du guide du demandeur d’asile (p. 21) illustre là-encore l’ampleur du laxisme des pouvoirs publics en matière d’asile : « Si vous vous maintenez dans ce lieu d’hébergement au-delà de ces délais, le préfet de département pourra vous mettre en demeure de libérer ce lieu. Et, dans l’hypothèse où vous ne quitteriez toujours pas cette structure, le préfet de département pourra saisir le juge administratif des référés pour qu’il vous ordonne de libérer les lieux » (sic).

Dans la même veine ce passage du rapport de 2013 (p. 45) mérite d’être signalé. Il insiste sur la « nécessité de sensibiliser les demandeurs d’asile à la nécessité de conserver les locaux occupés en bon état ».

Outre l’hébergement les demandeurs d’asile bénéficient d’une aide financière : l’allocation pour demandeur d’asile (ADA). Créée par la loi de 2015, elle a remplacé les anciennes allocations ATA et AMS.

Le montant de l’ADA varie en fonction de la composition de la famille. Il va de 204 euros par mois pour une personne seule sans ressources, à 1122 euros pour une famille de 10 personnes

Le rapport de 2013 (p. 6) considère que le montant des aides financières est attractif et peut constituer une incitation à venir en France pour y déposer des demandes d’asile abusives. « Une prise en charge composée d’un hébergement hôtelier dans une grande agglomération et d’une allocation s’élevant à près de 350 € par mois peut s’avérer attractive pour des personnes étrangères dont la demande d’asile serait mue par d’autres motivations que les persécutions dont elles auraient fait l’objet dans leur pays d’origine ». Le rapport souligne ainsi que le montant de l’aide financière est supérieur au niveau du salaire moyen dans plusieurs des pays d’origine les plus représentés dans les demandes d’asile.

Le même rapport (p. 17 et 21) chiffrait le coût annuel de ces dispositifs d’hébergement et d’aides financières à 481 millions. Encore faut-il relever que le coût total de la politique d’asile comprend bien d’autres dépenses pour l’Etat : le fonctionnement et le coût salarial des organismes publics et privés dédiés à la politique d’asile (l’OFPRA par exemple compte 650 agents) ; le coût de la CMU ; le coût de l’accès à l’éducation…

Comme pour l’hébergement, le laxisme prévaut également pour ce qui est de l’aide financière. Le rapport de 2013 (p. 19) a ainsi constaté qu’une partie des aides étaient versées indûment. Des personnes déboutées de leur demande d’asile ou ayant, à l’inverse, obtenu le statut de réfugié continuent à percevoir des aides auxquelles elles n’ont plus droit. Le rapport estime qu’au moins 18 % des bénéficiaires de l’aide aux demandeurs d’asile n’y ont pas droit, ce qui représentait en 2012 un coût de 25 millions.

Le rapport note (p. 43) que les versements injustifiés résultent notamment du trop grand nombre d’intervenants administratifs, qui ne parviennent pas à mettre en commun des informations fiables.

Outre l’hébergement et l’aide financière, le demandeur d’asile a accès pour ses enfants au système d’éducation dans les mêmes conditions que les nationaux.

Le demandeur d’asile bénéficie également de la CMU (de base et complémentaire), c’est-à-dire de la prise en charge gratuite de tous les frais médicaux et hospitalier pour lui-même, son conjoint et ses enfants.

Il bénéficie enfin de l’assistance de l’OFII pour l’ensemble des démarches qu’il doit effectuer (établissement de la demande d’asile, accès à l’hébergement et aux aides, accès aux soins, à l’éducation…). Un guide du demandeur d’asile, traduit en plusieurs langues, détaille les droits et les démarches à effectuer.

  • L’obtention du statut de réfugié

Le demandeur d’asile qui obtient le statut de réfugié (voir le guide du demandeur d’asile) bénéficie d’une carte de résident de 10 ans renouvelable. Il en est de même de son conjoint et de ses enfants. Si la famille se trouve hors de France, le réfugié peut la faire venir dans le cadre du regroupement familial.

Le refugié signe un « contrat d’accueil et d’intégration » qui donne droit à une formation civique, à une formation linguistique, à un bilan de compétence et à un accompagnement professionnel, l’ensemble de ces prestations étant gérées par l’OFII.

Une fois le statut obtenu, le réfugié peut être logé en centre provisoire d’hébergement et déposer une demande de logement social. Il a accès librement au marché du travail. Il bénéficie de la CMU. Il peut bénéficier, s’il remplit les conditions requises, de l’ensemble des prestations sociales (RSA ; allocations familiales ; allocations logement ; allocation parent isolé ; prestation d’accueil du jeune enfant ; allocation adulte handicapé). Il peut également demander à être naturalisé.

  • Le rejet de la demande d’asile

Le demandeur d’asile débouté se voit notifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF) dans le délai d’un mois.

Un recours contre l’OQTF, cela va sans dire, peut être introduit devant le Tribunal administratif, recours suspensif.

Une formule du guide du demandeur d’asile (p. 8) visant les personnes à qui l’asile a été refusé, est particulièrement succulente : « Dans ce cas, vous devez quitter le territoire, sous peine de faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français ».

Si le débouté ne respecte pas l’OQTF, il peut être appréhendé, reconduit à la frontière et être éventuellement placé en Centre de rétention administrative (CRA) en attendant son départ du territoire.

Dans la pratique, comme on l’a vu plus haut, la quasi-totalité des déboutés ne quittent pas le territoire.

  • L’aide au retour pour les départs volontaires

Le débouté qui le demande, comme tout immigré présent en France, bénéficie d’une aide au retour s’il regagne son pays volontairement (c’est-à-dire sans être reconduit de force). Cette aide conduit d’une part à la prise en charge par l’Etat des frais de voyage vers le pays d’origine et d’autre part au versement d’une somme, en une fois, au moment du départ. Le montant de cette somme varie en fonction des pays et peut aller jusqu’à 2600 euros pour une famille de 2 enfants.

En complément une aide à la réinsertion peut être attribuée sur place, sous certaines conditions, aux étrangers rentrés dans leur pays d’origine (aide matérielle ou financière pour l’accès au logement, à la santé et à l’éducation ; aide à la recherche d’emploi ou à la création d’entreprise).

Concluons sur ce second point. On voit que le dispositif de l’asile incite fortement à entrer en France pour y déposer une demande d’asile même si l’on sait que l’on ne remplit pas les conditions requises et qu’il n’y a aucune chance d’obtenir finalement le statut de réfugié. Le simple fait de déposer une demande d’asile permet en effet, de façon automatique et pendant environ deux ans, d’être autorisé à résider sur le territoire, avec sa famille ; d’être hébergé gratuitement ; de bénéficier d’une aide financière ; de bénéficier d’une couverture santé gratuite ; et d’user de nombreuses possibilités de recours permettant d’accroître la période de traitement du dossier. Enfin les demandeurs savent que même une fois déboutés, ils ont de grandes chances de pouvoir se maintenir sur le territoire et même finalement d’être régularisés.

 

  1. Le dossier de l’asile démontre la volonté de trahison de la classe dirigeante

Le dossier de l’asile démontre la volonté de la classe dirigeante de laisser s’opérer l’invasion de la France, de l’encourager et de l’organiser.

  • Non seulement le système laxiste de l’asile n’est pas revu mais les droits des demandeurs ne cessent d’être augmentés

La pérennité du dispositif de l’asile est l’une des preuves les plus nettes de la volonté d’organiser l’invasion de la France. Les autorités publiques – gouvernements qui se succèdent, parlementaires, administrations en charge de ces dossiers, juges – savent parfaitement que l’asile est détourné de son objet et qu’il constitue désormais une voie d’immigration : elles n’apportent pourtant aucun frein au processus. Ces autorités laissent entrer chaque année des dizaines de milliers de demandeurs d’asile, organisent leur hébergement et leur distribuent des aides financières, alors qu’elles savent que la plupart de ces demandes sont abusives et qu’elles déboucheront sur une décision négative. Elles laissent ensuite les déboutés s’installer sur le territoire, sans procéder à leur expulsion. Et même elles les régularisent au bout d’un certain délai.

Non seulement les pouvoirs publics laissent le système laxiste en l’état mais ils font en sorte d’augmenter encore les droits des demandeurs d’asile, rendant le dispositif toujours plus attractif. C’est ainsi que très récemment encore, comme on l’a vu plus avant, une loi de 2015 est venue améliorer les droits des demandeurs d’asile. Comme le proclame le dossier de presse distribué au moment de la publication de la loi : « Cette nouvelle loi place la France au niveau des meilleurs standards européens en matière de protection du droit d’asile. »

Les procédures d’asile sont mises en œuvre d’autre part dans un contexte de profonde désorganisation administrative. Comme on l’a vu plus avant, le rapport de 2013 a mis en évidence une série de dysfonctionnements : trop grand nombre d’intervenants ; systèmes de collecte et d’échanges d’information déficients ; hébergement et aides accordés à des personnes n’y ayant pas droit ; décisions de reconduites non exécutées… Contrairement sans doute à ce que pensent beaucoup de gens et à ce que prétend la propagande libérale, l’Etat en France est dans la plupart des domaines faible, laxiste et désorganisé.

Mais il faut voir que ce laxisme, cette faiblesse et cette désorganisation ne sont pas la marque d’une incompétence : elles sont volontaires. Si les autorités étaient seulement incompétentes et pusillanimes, elles tenteraient tout de même quelques réformes pour essayer de porter remède aux principaux dysfonctionnements. Ces tentatives de réforme resteraient délibérément modestes, et donc inefficaces, afin de ne pas heurter les milieux immigrationnistes : mais elles s’efforceraient tout de même de limiter quelque peu les dérives du système. Or ce n’est pas ce qui se produit : les autorités n’initient aucune réforme visant à limiter les dérives de l’asile. Elles laissent le nombre des demandeurs d’asile enfler, ne tentent rien pour essayer de l’endiguer, ni même pour en donner l’illusion. Mieux même, elles n’ont de cesse d’augmenter les droits et les protections des demandeurs d’asile. Leur volonté d’utiliser l’asile pour servir leur politique immigrationniste est par là-même démontrée.

Il faut relever également, dans le même registre, l’extrême complexité de la réglementation de l’asile. Celle-ci met en place une infinité de raffinements procéduraux, de distinctions subtiles et de dérogations. Citons par exemple les différences de régime entre la première et la deuxième demande de réexamen de la décision OFPRA ; les différences entre OQTF et APRF ; les multiples différences dans les délais de recours selon le stade de la procédure… Cette complexité est voulue. Elle permet aux immigrés et à leurs avocats de multiplier les contestations et d’obtenir satisfaction à un titre ou à un autre. Elle rend le système opaque pour les Français moyens qui, noyés d’emblée par la complexité, sont maintenus hors d’état d’analyser et de mettre en cause quoi que ce soit.

  • Le rôle militant des administrations

Au sein du dispositif politico-administratif immigrationniste, une mention spéciale doit être réservée aux responsables et aux personnels de deux organismes publics chargés d’organiser l’immigration : l’OFPRA et l’OFII. Ces responsables, leurs adjoints et leurs agents, organisent jour après jour un système qui alimente, suscite et organise l’immigration massive. Soulignons le rôle de l’actuel directeur de l’OFPRA, M. Pascal Brice. Depuis que ce haut fonctionnaire est à la tête de l’organisme, le nombre des demandes d’asile accordées a presque triplé. Citons l’article du Monde qui lui est consacré : « Il arrive en costume et lance un « Salam aleykoum » aux étrangers, puis s’assoie par terre près d’eux…  C’est un vrai militant de l’asile qui n’hésite pas à se revendiquer comme tel, confirme le conseiller migration de Bernard Cazeneuve… ». Le Monde ajoute que ses collaborateurs lui savent gré de son action à la tête de l’organisme notamment «  Mourad Derbak, le responsable de la division Europe et Moyen-Orient, depuis plus de vingt ans dans la maison ».

Les agents de ces organismes sont eux aussi souvent des militants. C’est ainsi par exemple que les syndicats de l’OFPRA avaient appelé à la grève en 2007 pour protester contre une disposition d’une loi sur l’immigration qui réduisait le délai de recours pour les déboutés du droit d’asile.

  • Les associations immigrationnistes

Les associations auxquelles l’Etat délègue la gestion de l’asile et de l’accueil des immigrés ont également, bien entendu, une responsabilité directe et éminente dans l’organisation de l’asile et de l’immigration. Certaines de ces associations, comme France Terre d’asile, gèrent les CADA : elles sont choisies sur appel d’offre et rémunérées pour leurs prestations. D’autres, comme la CIMADE ou le GISTI, assurent, en lien avec l’OFII, l’accompagnement social et administratif des migrants et bénéficient pour ce faire de crédits publics.

Mais ces associations financées sur subventions ne sont pas seulement des opérateurs privés prestataires de services. Elles se comportent aussi comme des militants actifs de l’immigrationnisme. Elles exercent une pression constante sur les pouvoirs publics pour que les droits des demandeurs d’asile, et des immigrés de façon générale, ainsi que les aides qui leur sont attribuées, soient toujours plus étendus. Elles s’appuient pour ce faire sur les médias et l’opinion publique. Elles jouent un rôle militant auprès des demandeurs d’asile pour les inciter à faire valoir leurs droits et à utiliser toutes les procédures et recours. Elles payent des avocats qui prennent en charge les dossiers des migrants.

Alors qu’elles sont choisies et rémunérées pour exercer une mission qui leur est confiée par l’administration, elles refusent de collaborer à toute mesure qui irait à l’encontre des intérêts des immigrés, telles que des mesures d’économie par exemple. Le rapport de 2013 (p. 33) a relevé ainsi que les associations refusaient de communiquer aux autorités l’identité des demandeurs d’asile hébergés dans les CADA qu’elles gèrent. Le rapport de 2013 note qu’elles devraient pourtant fournir la preuve de la réalité des activités pour lesquelles elles sont payées, « les éléments rendant compte de l’activité constituant la contrepartie élémentaire de l’attribution de fonds publics » (sic).

Signalons également le rôle joué par les associations charitables (Médecins du Monde, Secours catholique…) qui apportent une aide (repas, vêtements, soins…) aux immigrés déboutés du droit d’asile qui se maintiennent en situation irrégulière.

A la tête de ces associations militantes, certaines personnalités bénéficient d’une notoriété médiatique. Citons par exemple le cas du président de France Terre d’asile, M. Pierre Henry. Celui-ci est très régulièrement sollicité par les médias. P. Henry est aussi connu à un autre titre : il a été en effet mis en cause il y a quelques années, sans suites judiciaires semble-t-il, pour avoir confondu la caisse de son association et sa cassette personnelle.

  • Les médias, au service des migrants

Les médias, tous immigrationnistes, jouent bien entendu un rôle déterminant en matière d’asile. Ils cherchent ainsi à présenter tout demandeur d’asile comme la victime de la famine, de la guerre, de la terreur et de l’oppression, alors que la plupart des demandeurs sont originaires de pays où il n’y a ni famine ni guerre. Ils entretiennent une confusion entre migrants, réfugiés, demandeurs d’asile, qualifiant tout le monde de « réfugiés », alors que la plupart de ceux qu’ils présentent comme tels sont soit des demandeurs d’asile dont la plupart seront déboutés, soit des migrants déboutés et en situation irrégulière.

  • Les juges, militants immigrationnistes eux-aussi

Les juridictions jouent, elles-aussi, un rôle actif pour entretenir un dispositif d’asile qui est en réalité une voie d’immigration. Les CNDA comme on l’a vu annulent une partie des décisions négatives de l’OFPRA et attribuent 5 ou 6000 asiles supplémentaires par an. De même les juridictions administratives annulent une partie des décisions d’OQTF et  des rares mesures de reconduites des déboutés. Dans la jurisprudence du Conseil d’Etat, échelon supérieur de la juridiction administrative, on relève ainsi de nombreuses décisions favorables aux demandeurs d’asile et aux immigrés de façon générale

Il faut également relever que les deux syndicats de la magistrature judiciaire prennent régulièrement des positions immigrationnistes.

Signalons cet exemple significatif de l’état d’esprit « pro immigration » de la magistrature. Le rapport de 2013 (p. 37) signale que la CNDA a refusé de donner les éléments que les rapporteurs demandaient : « S’étant vu opposer le principe d’indépendance des juridictions administratives… la mission n’a pu mener ses investigations sur le traitement juridictionnel des demandes d’asile ».

  • Les institutions européennes, immigrationnistes elles-aussi cela va sans dire

Il faut enfin relever le rôle des institutions européennes, qui contribuent à donner à l’asile un rôle de pompe aspirante de l’immigration. Comme nous l’avons vu plus haut, des directives européennes, transcrites par la France en 2015, ont ainsi récemment augmenté les droits du demandeur d’asile en rendant obligatoire un entretien individuel, alourdissant d’autant les procédures.

De même la Cour de justice de l’union européenne (CJUE) a condamné à plusieurs reprises des décisions françaises de placement en rétention de déboutés en instance d’expulsion. Citons également, autre exemple (p. 8 du rapport de 2013), cette décision de 2012 de la CJUE étendant le bénéfice de l’Allocation ATA aux demandeurs d’asile sous régime Dublin.

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L’invasion migratoire comprend trois composantes : l’immigration légale (200 000 nouvelles installations par an) ; l’immigration irrégulière (au moins 50 000 installations par an) ; les naissances dans les familles issues de l’immigration (environ 300 000 par an). Au total, déduction faite des décès et des quelques départs, ce sont entre 400 et 500 000 nouveaux immigrés qui naissent ou s’installent chaque année en France (voir cette tribune et celle-ci).

Les installations sur le territoire issues de la procédure d’asile s’insèrent dans ces données chiffrées de la façon suivante :

– Le dispositif de l’asile vient abonder l’immigration légale : les demandeurs d’asile obtenant le statut de réfugié sont intégrés dans les statistiques annuelles de l’immigration légale.

– Elle nourrit également l’immigration irrégulière, la plupart des déboutés, comme on l’a vu, restant sur le territoire.

– Lorsqu’au bout d’un certain temps ces déboutés sont régularisés, ils intègrent alors à leur tour les statistiques annuelles de l’immigration légale.

– L’asile alimente ensuite, bien entendu, le flux des naissances immigrées en France.

Pour dissimuler autant que faire se peut leur politique de trahison, les responsables français, les médias et les différents porte-paroles de l’immigrationnisme mettent en avant le fait que le nombre de demandeurs d’asile accueillis par la France est « très inférieur aux efforts consentis par l’Allemagne », qui en 2015 a autorisé l’installation de plus d’un million de réfugiés. C’est oublier que la France laisse entrer selon les périodes entre 50 et 70 000 « réfugiés » par an, et ce depuis des décennies.

Quant à l’Allemagne, elle n’a pas fini d’endurer les effets de l’afflux brusque et massif de migrants inassimilables que lui a imposé sa chancelière. Dans le classement des responsables européens coupables de haute trahison, Mme Merkel s’est, d’un seul élan, hissée sur la plus haute marche.

La ligne bleue Marine du Front national : Quelle erreur ! Quel contresens ! Quel gâchis !

Chronique de Paysan Savoyard

(n°169 – janvier 2017)

 

On apprend dans la presse qu’un membre de la direction du FN souhaite aller plus loin dans la ligne choisie par Marine Le Pen. « Il n’est pas possible de revenir sur trente années d’immigration massive » déclare-t-il, selon ce qu’indique Le Monde

Nous sommes trahis depuis des décennies par la classe dirigeante, qui organise la mondialisation et l’immigration au détriment du peuple. Elle met en scène un débat factice gauche-droite pour abuser les électeurs et leur donner l’illusion d’un choix : en réalité, gouvernant à tour de rôle à la faveur des alternances, les deux camps mènent la même politique.

A la périphérie de ce simulacre d’affrontement, l’extrême gauche dénonce à juste titre la mondialisation. Mais elle appuie l’immigration. Et in fine au second tour elle appelle à voter à gauche…

Restait le Front national. Il ne détenait pas de pouvoirs mais se faisait le porte-parole des perdants de la politique mondialiste et immigrationniste. Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN a pendant quarante ans, seul contre tous, exprimé ce que ressentaient les Français de souche conscients d’être menacés par l’invasion migratoire.

Grâce au FN une partie désormais importante de la population de souche a compris que les politiques conduites par les élites mondialisées menacent la souveraineté des peuples européens, leur identité culturelle et raciale et finalement leur civilisation même. Grâce au FN ces thèmes ont fini par s’imposer dans le débat public.

Et aujourd’hui nous voici lâchés par ce parti qui seul nous représentait.

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Depuis qu’elle a pris le contrôle du Front national, avec ses conseillers, A. Soral d’abord, F. Philippot ensuite, tous deux venus de la gauche, Marine Le Pen a modifié du tout au tout le discours et la ligne du parti.

Le Front national se déclare désormais « attaché aux valeurs de la république ». Alors que les valeurs dont il s’agit sont universalistes et anti France.

Le Front national déclare aujourd’hui que « L’islam est compatible avec la république » Alors que l’islam, s’il est peut-être compatible avec la république, est en revanche absolument incompatible avec la civilisation européenne.

Le Front national évoque « nos compatriotes musulmans », qui partagent dans leur grande majorité « les valeurs de la république ». Alors qu’un grand nombre d’immigrés n’ont pour la France et les Français que détestation et mépris.

Au moment même où une partie grandissante de l’opinion prend conscience de la réalité de l’invasion, Marine Le Pen choisit de déclarer : « Le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste » ,

Alors que l’invasion migratoire est en train de changer le peuplement, la culture et la nature même des pays européens, Marine Le Pen a plusieurs fois déclaré qu’elle récusait la définition, pourtant factuellement peu contestable, que De Gaulle donnait de la France, pays de culture gréco-latine, de religion chrétienne et de race blanche.

De façon générale le FN a fait passer au second plan le sujet pourtant vital de l’immigration. En lieu et place, il a mis en avant des thèmes technocratiques, tels que la monnaie unique ou le mode de décision au sein de l’UE, hermétiques et abstraits pour la grande majorité des gens, et de toute façon secondaires.

Sur les questions économiques et sociales, les positions qu’il défend (l’opposition à la mondialisation, le choix d’un Etat stratège) sont certes pertinentes. Mais elles s’accompagnent d’un discours souverainiste qui le fait percevoir comme un parti anti européen, alors que la grande majorité des Français, même au FN, sont attachés à l’idéal européen et souhaitent une Europe unie sur l’essentiel, capable de défendre son existence, son identité et sa civilisation.

Dans la même veine, le FN a commis l’erreur de ne pas s’engager en faveur de la Manif pour tous, premier mouvement massif contre les idées libertaires au pouvoir depuis quarante ans : il s’est ainsi coupé de la partie de l’électorat qui se reconnait aujourd’hui en F. Fillon.

Sur le plan du fond, en résumé, le FN tient sur l’économie et le social le même discours que M. Mélenchon. Et sur l’immigration le même discours que l’ensemble de la classe politique, de la gauche à la droite. Le FN dès lors n’a plus de discours propre.

Sur le plan de la forme, qui plus est, compte-tenu des thèmes choisis et de la personnalité des porte-paroles, le discours du FN est le plus souvent insipide et confus.

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Si du moins cette mutation radicale était couronnée de succès sur le plan électoral. Mais tel n’est pas le cas malheureusement. Le FN a quelques députés et quelques mairies : comme déjà il y a vingt ans. Marine Le Pen a de bonnes chances d’atteindre le second tour en 2017 : comme déjà son père en 2002. Même s’il progresse un peu, le FN reste très loin du compte, réunissant au plan national nettement moins d’un tiers des intentions de vote.

La direction du FN considère que ses bons résultats récents aux élections locales et européennes sont la récompense de la justesse de sa ligne politique. La vérité est à l’exact inverse : c’est malgré son discours médiocre et à côté de la plaque que le FN obtient de bons scores. Et s’il les obtient c’est parce que les faits quotidiens confirment ce que le FN de Jean-Marie Le Pen avait annoncé pendant quarante ans.

Ajoutons que l’entreprise de dédiabolisation, l’un des axes stratégiques du FN de Mme Le Pen, est elle-aussi un échec : le FN est toujours aussi violemment rejeté par la classe dirigeante, les politiciens, les intellectuels et les médias. Cet échec, paradoxalement, est d’ailleurs une chance pour lui : la diabolisation dont il continue à faire l’objet permet au FN d’être toujours perçu comme un parti anti système, alors que son discours est désormais banal et, sur les points essentiels, presque identique à celui des autres.

Dans ce contexte, même si elle atteint le second tour en 2017, Marine Le Pen y sera selon toute vraisemblance largement battue. Il suffira au candidat de la droite, comme en 2007, comme en 2012, de tenir quelques semaines avant l’élection un discours de fermeté sur l’immigration et la sécurité pour emporter la mise. Au lieu de s’égarer sur les questions de monnaie ou de souveraineté, le FN aurait dû s’attacher pendant toutes ces années à montrer que les discours de fermeté de la droite sont purement verbaux. Il aurait dû se concentrer sur le bilan de la droite depuis des décennies en matière d’immigration et de sécurité. Il aurait dû porter à la connaissance de l’opinion les chiffres officiels montrant que l’immigration est aussi forte quand la droite gouverne que quand elle laisse la place aux socialistes.

Il aurait fallu s’attacher à montrer que l’accession au pouvoir du FN constitue la seule chance d’éviter notre mise en minorité définitive sur notre propre sol. La seule chance d’éviter la disparition de notre civilisation. La seule chance d’éviter la guerre civile.

Le projet que le FN devrait proposer coule pourtant de source et pourrait rencontrer l’accord d’une large majorité : Pour une Europe se protégeant de la mondialisation et de l’immigration, unie pour préserver son identité. Pour un Etat social fort, venant encadrer l’économie de marché afin de préserver les intérêts de la grande masse des Français aujourd’hui menacés par le libéralisme. Pour un arrêt de l’immigration, le renvoi des étrangers délinquants et clandestins et l’incitation au départ d’une grande partie des immigrés présents.

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Nous sommes donc abandonnés par le seul parti qui jusque-là représentait la France et les Français. Espérons du moins que leur échec prévisible en 2017 entraînera le départ de F. Philippot et le retrait de Marine Le Pen.

Ecole : La mixité ethnique… mais pour les autres

Chronique de Paysan Savoyard

(n°168 – janvier 2017)

 

L’un des objectifs poursuivis par la classe dirigeante est de promouvoir « la mixité sociale », aussi bien dans l’habitat que dans les écoles.

Il figure dès la première page du site du ministère de l’éducation nationale, où la ministre met en cause « la ségrégation sociale » et « les processus de ségrégation et d’exclusion » qui aboutissent à ce que « 10 % des collèges accueillent moins de 15 % d’élèves d’origine sociale défavorisée, tandis que. 10 % en accueillent plus de 63 % ».

La ministre annonce les intentions du gouvernement : « Il est urgent que la mixité sociale ne soit plus un souhait ou une injonction pour devenir une réalité. (…) Nous mettrons ainsi un terme à cette situation scandaleuse qui conduit des générations d’élèves à grandir dans le même pays sans jamais se rencontrer véritablement ».

La politique de mixité sociale, on le voit, se drape dans les grands principes : égalité, refus de l’exclusion, lutte contre la ségrégation… Cette politique se veut morale : elle est en réalité hypocrite et d’essence totalitaire.

 

  • « Social » ? Comprendre « ethnique »

La classe dirigeante et ses porte-voix mettent en avant un objectif de « mixité sociale ». Ils se signalent ainsi par leur hypocrisie puisque ce n’est évidemment pas de mixité sociale dont il s’agit. Ce que les Français refusent pour la plupart, et que l’oligarchie veut leur imposer, ce n’est pas la cohabitation des cadres et des dentistes avec des employés de bureau, des ouvriers ou des plombiers zingueurs : ce dont il s’agit c’est de mixité ethnique. Les Français dans leur immense majorité font en sorte de ne pas avoir à côtoyer, aussi bien dans leur immeuble qu’à l’école, des personnes originaires de l’immigration : c’est ce à quoi la classe dirigeante veut porter remède.

Nous sommes là en présence de l’une des composantes de la novlangue utilisée par le Régime pour dissimuler la réalité. Dans le lexique politiquement correct imposé par l’oligarchie, la cohabitation avec les immigrés devient « mixité sociale ». Les racailles et les bandits de banlieues se transforment en « jeunes des quartiers ». Les zones où ne résident plus que des immigrés parce que les Blancs les ont fuies se dénomment « banlieues défavorisées ». La cohabitation forcée entre Français de souche et immigrés est appelée « vivre ensemble ».

 

  • Imposer le vivre ensemble alors que personne n’en veut

Les élites se réclament à tout instant de la démocratie, l’une des principales valeurs de leur république. Ils n’ont de cesse de fustiger l’extrême droite et les populistes accusés d’être en réalité hostiles à la démocratie.

Dans les faits ces démocrates mettent en œuvre des politiques qui vont à l’encontre des souhaits majoritaires. Ils ont ainsi organisé une immigration massive sans avoir demandé l’avis des populations et en sachant même que la majorité des Français y sont hostiles comme le montrent toutes les études d’opinion depuis des décennies.

Ils veulent maintenant imposer la « mixité » c’est-à-dire la cohabitation forcée avec les immigrés, notamment dans le cadre scolaire. Là encore la majorité des Français ne veulent pas de ce vivre ensemble. Pour éviter la cohabitation scolaire, ils ont recours de façon croissante aux établissements privés. Les chiffres qui viennent d’être publiés par le ministère de l’éducation nationale montrent qu’en dix ans, le nombre d’élèves entrant en 6e dans les collèges privés a augmenté de plus de deux points, atteignant 22 % du total.

Encore faut-il signaler que la fuite vers l’enseignement privé serait plus importante encore si les crédits affectés par l’Etat aux établissements privés sous contrat n’étaient pas toisés par la loi (celle-ci prévoit en effet que les effectifs du privé sous contrat ne doivent pas excéder un quart du total des élèves).

Le Monde, l’un des principaux porte-paroles de la classe dirigeante, déplore dans son édito du 06/01/17 que l’école soit impuissante à enrayer « les stratégies familiales et sociales » qui visent à scolariser les élèves dans des classes « beaucoup plus homogènes » dans « une logique sociale d’entre-soi ».

Poursuivant leur logique totalitaire (voir notamment cet article), les soi-disant démocrates qui nous gouvernent recherchent à tout moment les moyens d’imposer ce vivre ensemble dont personne ne veut.

 

  • La mixité, mais seulement pour les autres

Ces politiques de mixité « sociale » atteignent des sommets d’hypocrisie et de duplicité : les membres de la classe dirigeante s’arrangent en effet pour échapper eux-mêmes à la mixité qu’ils veulent imposer aux autres. Habitant les quartiers privilégiés et plaçant leurs enfants dans les établissements protégés, ils sont experts dans les stratégies d’évitement décrites par C. Guilluy.

Si l’on en croit les auteurs d’une enquête publiée en 2015, de nombreux membres de la classe dirigeante scolarisent ainsi leurs enfants à l’Ecole alsacienne, école privée parisienne socialement et scolairement hyper sélective et protégée de toute immigration. On trouve dans la liste les noms de chauds partisans du vivre ensemble et de la mixité sociale, notamment ceux de Martine Aubry, Alain Juppé, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (que cela n’a pas empêché de devenir ministre de l’éducation nationale).

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Comme on le voit le culot des oligarques ne connaît décidément pas de limite. Non content d’être des traîtres, les membres de la classe dirigeante immigrationniste sont également d’incroyables tartuffes et des pharisiens de la pire espèce.

Haro sur les cheminées, les vaches et les automobilistes : petite leçon de propagande

Chronique de Paysan Savoyard

(n°167 – janvier 2017)

 

Trois bonnes résolutions pour ce début d’année : Ne plus brûler de bois dans la cheminée. Ne plus manger de viande. Laisser sa voiture au garage. Tels sont les commandements qui s’imposent à qui veut se comporter de façon éco-responsable, adopter un comportement citoyen et s’engager pour le développement durable.

Les cheminées à feu ouvert polluent, en effet, et leur efficacité énergétique est faible. Les élevages de bovins produisent du méthane, qui contribue à l’effet de serre. Les voitures fabriquent du CO2, autre gaz de même conséquence.

Ces recommandations écologistes partent donc d’une bonne intention. Elles n’en sont pas moins contestables et suspectes.

 

  • Les saints commandements écologistes mettent abusivement tout le monde dans le même sac

Les commandements environnementaux bien-pensants sont contestables parce qu’ils amalgament dans une condamnation indistincte des situations et des comportements sans rapport entre eux

La pollution atmosphérique est causée par le chauffage urbain, l’activité industrielle et les transports. Dans ce total les cheminées à feu ouvert ne représentent qu’une partie infime et négligeable de la production de CO2.

De même l’élevage de bovins contribue certes à la pollution atmosphérique. Mais les sources majeures de pollution sont les élevages intensifs de centaines de têtes, en Amérique du Sud et du Nord, en Hollande, en Allemagne… Il est absurde de mettre en cause dans le même mouvement les exploitations « hors-sol » de l’agro-industrie et les éleveurs de l’agriculture traditionnelle, ou ce qu’il en reste.

Quant aux voitures,  elles sont dans tous les cas une source de pollution, c’est entendu. Mais là encore mettre tous les automobilistes dans le même sac est intellectuellement malhonnête. Ce qui est contestable c’est l’utilisation de la voiture dans les grandes villes, où il est possible de mettre en place des transports en commun. En région parisienne, la pollution automobile est une conséquence de la croissance continue de l’agglomération, qui résulte elle-même de la concentration des emplois à Paris et dans quelques métropoles et de l’attribution de permis de construire de plus en plus loin du centre : ce sont ces politiques qui sont contestables. En revanche l’utilisation de la voiture en milieu diffus (hors grande agglomération) est indispensable et positive.

 

  • Les condamnations écologistes tout azimut visent à dissimuler les enjeux véritables

Les commandements écologistes désignent des cibles injustifiées dans le but de dissimuler les vrais enjeux.

En matière agricole, la propagande écologiste dénonce «  la viande » indistinctement. Elle évite ainsi que soit mis en cause de façon précise le principe de l’agriculture intensive, dédiée à la production de masse et à l’exportation. Ce modèle d’agriculture, qui a été mis en place en Europe dans les années soixante à l’imitation des Etats-Unis, a ruiné l’agriculture traditionnelle. Il a provoqué des pollutions de diverses natures, la désertification des parties non rentables du territoire et la destruction de nombreux emplois agricoles. Il est en outre à l’origine d’une production alimentaire probablement nocive pour la santé humaine.

De même la grande distribution, étroitement associée au système d’agriculture intensive, dégrade l’environnement notamment urbain. De même enfin la mondialisation des échanges agricoles élimine partout dans le monde la paysannerie traditionnelle, alimente l’exode rural, détruit l’indépendance alimentaire et déstructure les sociétés. Ce sont ces mécanismes et ces politiques qui méritent d’être débattus et mis en cause et non « la consommation de viande » de façon indistincte.

En matière de transport, culpabiliser tous les automobilistes de façon globale évite de faire porter le débat sur le phénomène de croissance des grandes agglomérations, qui augmente la durée des trajets domicile-travail et implique une augmentation de la circulation automobile.

Plutôt que l’automobile en soi, il faudra mettre en cause là encore la mondialisation et les délocalisations, qui entraînent une explosion des transports : il faut en effet acheminer vers l’Europe les produits qui y sont consommés et qui sont désormais dans presque toujours fabriqués en Asie.

Outre la croissance des transports qu’elle suppose, la mondialisation alimente également la pollution en ce qu’elle conduit à localiser la production industrielle dans les pays qui ne respectent aucune règle environnementale.

Il faudrait mettre en question, de même, les méthodes de production « à flux tendus » adoptées par les entreprises, qui leur permettent de faire l’économie des stocks. Ces méthodes de « zéro stock » impliquent de mettre en oeuvre des norias de camions : les stocks ne sont plus dans les hangars mais sur les routes.

Il faudrait mettre en débat la politique du tout TGV poursuivie par l’Etat et la SNCF depuis trois décennies, qui a contribué à ce que 80 % du fret soit désormais transporté par la route (il y a trente ans 80 % du fret était transporté par chemin de fer).

De même encore en matière de transport, on culpabilise l’automobiliste tandis qu’on fait tout pour développer le transport aérien, lui-même fortement polluant.

Surtout les objurgations écologistes évitent soigneusement de désigner la cause principale de la pollution et de la dégradation de l’environnement : l’augmentation folle de la population mondiale. Aussi bien en France qu’à l’échelle de la planète, l’augmentation continue de la population est le facteur principal de toutes les dégradations apportées à l’environnement puisqu’elle induit une hausse continue de la production industrielle, de la production alimentaire, du transport et du chauffage urbain.

La population mondiale augmente pour l’essentiel en Asie et en Afrique : elle entraîne une immigration importante qui se dirige pour l’essentiel vers l’Europe. Rappelons qu’en France, la population française qui était de 50 millions en 1968 (France métropolitaine) atteint désormais 63 millions et continue à augmenter. Cette forte augmentation est due exclusivement à l’immigration. Compte tenu de la natalité de la population de souche, la population en France et en Europe aurait sans immigration cessé d’augmenter depuis déjà plusieurs décennies.

 

  • Culpabiliser les Français moyens pour éviter la mise en cause de la classe dirigeante

La mise en cause des soirées au coin du feu, des barbecues de l’été et de la voiture pour aller chercher le pain ont pour objectif de rendre chacun coupable. Le but est de culpabiliser les Français moyens, pour les inhiber, les fragiliser et les empêcher de mettre en cause les responsables des politiques d’ensemble. Chacun doit se sentir coupable de quelque chose. Et à celui qui voudra mettre en cause les responsabilités de la classe dirigeante, les journalistes, les intellectuels et les militants répondront : « Et toi tu fais quoi ? ». Les chiens de garde du Système ajouteront : « Avant de mettre en cause les autres il faut d’abord examiner son propre comportement. Ne pas voir la paille chez les autres et oublier la poutre chez soi ». Et les Français moyens, honteux, désemparés, désarçonnés par ces sophismes, ne sauront plus quoi dire…

Le Système utilise le même mécanisme de culpabilisation (voir cette chronique) avec le domaine de la sécurité routière. Pour différentes raisons la classe dirigeante choisit délibérément le laxisme en matière de délinquance. La propagande routière vise à culpabiliser l’automobiliste moyen et à lui faire croire qu’il est lui aussi un délinquant  : l’assimilation des automobilistes au monde de la délinquance inhibe les Français moyens et leur interdit toute révolte contre la politique de laxisme envers les voyous et les bandits.

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Ajoutons ce dernier élément. Les commandements écologistes sont aussi le reflet des parti-pris sociologiques et idéologiques de leurs inspirateurs. Les écolos sont des urbains et des libertaires. Ils se méfient du monde rural, trop souvent réactionnaire. Ils détestent aussi, et jalousent, les bourgeois traditionnels, fiers de la cheminée de leur résidence normande ou de leur domicile versaillais.

Les écolos bobos urbains habitent le centre de Paris et peuvent donc se dispenser de voiture. Ils prennent en revanche fréquemment le TGV pour leur WE à Toulouse ou Amsterdam, l’avion pour leurs escapades à Berlin ou Barcelone.

Le voyageur du transport aérien est d’ailleurs porté aux nues par l’ensemble de la classe dominante, paré qu’il est de toutes les vertus. Acteur de la mondialisation, il discute parts de marché à Francfort, plan marketing à Dubaï, avant de filer à Londres pour le WE en famille. Cultivé, moderne, curieux de tout, friand de rencontres avec l’Autre, il efface les frontières d’un coup d’aile : l’usager du transport aérien est un citoyen du monde.

Il méprise in petto ce français cadre moyen, qui après le métro et le trajet en train, au volant de sa voiture dans les encombrements, rejoint en sa banlieue chaque soir son lotissement.

 

Bonne année aux lecteurs du blog. Merci de votre fidélité. Paysan Savoyard