Défense de la civilisation et des peuples européens

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 183 – juin 2017)

 

L’élection d’E. Macron entraîne une recomposition politique majeure. Son parti a absorbé le centre, l’aile centre-gauche du PS et l’aile centre-droit des républicains. Cette union nouvelle est logique, ces différents courants partageant les mêmes conceptions : ils sont partisans d’une économie libérale mondialisée, de l’immigration et de réformes sociétales libertaires. Ils menaient depuis quatre décennies la politique mondialiste et immigrationniste par alternance, tantôt sous l’étiquette socialiste tantôt sous celle de la droite : ils la conduiront désormais regroupés dans le nouveau parti créé par Macron.

A gauche, l’opposition anticapitaliste à ce nouveau parti central s’organisera probablement autour de Mélenchon, auxquels devront se rallier ceux des socialistes qui n’auront pas rejoint Macron. A droite, la droite conservatrice et le FN devront sans doute s’allier s’ils veulent pouvoir offrir une alternative au nouveau parti dominant.

De nombreux observateurs ont affirmé que l’élection de Macron correspondait à la disparition des vieux clivages obsolètes et en faisait apparaître de nouveaux. Le diagnostic est incontestable mais laisse cette question ouverte : quels sont les clivages qui rendent compte aujourd’hui de l’état de la société française ?

 

  • Gauche et droite ?

Le clivage gauche-droite à l’évidence n’a plus de pertinence. Il est obsolète de longue date déjà, depuis que les socialistes au milieu des années quatre-vingt ont fait le choix d’adopter une politique économique de mondialisation libérale, se mettant ainsi à l’unisson des autres gouvernements européens. La gauche et la droite gouvernent depuis lors par alternance pour mener la même politique.

Depuis le tournant des années quatre-vingt, les deux camps qui structuraient jusqu’à ces dernières semaines la politique française sont l’un et l’autre divisés. Cohabitent ainsi au sein de la gauche des partisans et des adversaires du libéralisme économique et de la mondialisation. De même, à gauche comme à droite, on trouve des partisans de l’UE et de l’Europe fédérale aussi bien que des souverainistes. Faisant disparaître ce clivage gauche-droite obsolète, le nouveau parti de Macron constitue une clarification logique.

 

  • Progressistes et conservateurs ?

Le clivage pertinent est-il désormais, comme l’affirme E. Macron, l’opposition entre conservateurs et progressistes ? Le nom qu’il a retenu pour son parti est l’illustration de cette conception : il s’agit pour lui de rassembler ceux qui refusent le conservatisme et l’immobilisme. On retrouve là l’écho du projet des révolutionnaires de la fin du 18e siècle fondateurs de la modernité : faire le choix du progrès et de la modernité contre la tradition. Du passé faisons table rase.

Pour notre part ce clivage nous paraît dépourvu de signification : le progrès en soi ne constitue pas une valeur à laquelle on puisse se rallier.

Il paraît assez clair en effet que les faux progrès abondent et que les soi-disant progrès nuisibles ou dangereux ne sont pas rares. On voit bien par exemple que l’essor du progrès technique à compter de la révolution industrielle a déclenché un processus de dégradation de l’environnement. De même la science débridée est susceptible de provoquer des évolutions non maîtrisées : elle est aujourd’hui à même de modifier jusqu’à la nature humaine. L’économie de consommation de masse et l’urbanisation, saluées comme des progrès majeurs et moteurs de la forte croissance des trente glorieuses, ont manifestement déstabilisé nos sociétés en profondeur. De même encore, les progrès sanitaires et la réduction de la mortalité infantile ont entraîné une explosion catastrophique de la population du tiers monde. De façon générale le règne de la modernité et la mise à bas globale de la société traditionnelle ont entraîné des bouleversements dont la portée ne peut encore être mesurée.

Dans de nombreux domaines il apparaît bien préférable de ne pas révérer le progrès avec trop de dévotion, de refuser les progrès aux conséquences difficiles à appréhender, de prendre plutôt le parti de la prudence. L’instinct de conservation est une loi qu’il convient de considérer avec respect : qui ne souhaite ainsi conserver la bonne santé dont il jouit et l’équilibre de vie qu’il a acquis ? La conservation des acquis et de l’essentiel apparaissent bien préférables et doivent conduire à savoir renoncer aux mirages de la nouveauté introduite sans réflexion préalable. On voit par-là combien l’opposition entre progressistes et conservateurs apparaît peu pertinente et factice.

 

  • Pro et anti européens ?

Le clivage pertinent n’est pas non plus celui qui opposerait les pro et les anti européens. Tout le monde ou presque est en effet favorable à une coopération étroite entre pays européens. Le débat en la matière porte sur deux points.

Les uns sont favorables à la construction européenne, telle qu’elle se déroule sous l’égide de l’UE.  Les autres, dont nous sommes, sont des adversaires de cette Union européenne, qu’ils dénoncent comme une Europe libérale et mondialiste, inféodée aux Etats-Unis et ne respectant pas les vœux de la majorité de l’électorat, ainsi que l’a illustré la façon dont les dirigeants européens n’ont tenu aucun compte du « non » à l’UE exprimé par la majorité des Français lors du référendum de 2005.

L’autre point de discorde majeur est de savoir si l’Europe doit être de nature fédérale et intégrée ou fondée à l’inverse sur une logique de coopération entre Etats souverains.

Cependant, en dépit de ces divergences majeures, personne en France ou presque n’est anti européen. Chacun considère que la France doit entretenir des relations privilégiées avec les autres pays européens. En d’autres termes tous les Français estiment que les relations que la France doit entretenir avec les Européens ne peuvent pas être de même nature qu’avec les autres régions du monde.

 

  • Mondialistes et souverainistes ?

Le clivage autour duquel le FN a structuré sa stratégie et sa communication est lui aussi non pertinent. Sous l’influence de F. Philippot, le FN affirme depuis plusieurs années que le clivage majeur se situe entre les partisans de la restauration de la souveraineté de la France d’une part et les mondialistes d’autre part. Ce clivage est non pertinent et il l’est doublement.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non pertinente d’abord parce qu’elle laisse de côté la question européenne. C’est ainsi que le souverainisme du FN a été compris comme une hostilité à la construction européenne. C’est d’abord parce qu’il a été perçu comme anti européen que le FN a été nettement rejeté par une majorité de l’électorat en 2017 comme il l’avait été en 2012. La stratégie du FN articulée autour de ce clivage entre mondialistes et souverainistes constitue une erreur majeure.

L’opposition entre mondialistes et souverainistes est non adaptée, en second lieu, parce qu’elle fait porter l’accent sur une question finalement secondaire. Même lorsqu’ils sont hostiles à la mondialisation, les gens ne sont pas attachés à la restauration de la souveraineté française comme un objectif en soi. Tout dépend des politiques suivies : retrouver une souveraineté pour mener de mauvaises politiques n’intéresse personne.

Beaucoup de gens, dont nous sommes, sont hostiles aux politiques économiques libérales, aux délocalisations et à l’immigration. Mais la question de savoir qu’elle est l’instance qui conduit ces politiques, soit l’union européenne soit l’Etat souverain, est sans importance. En d’autres termes, les Français, sûrement majoritaires, qui souhaitent un arrêt de l’immigration applaudiront l’Union européenne si celle-ci décide le moment venu d’aller dans ce sens.

 

  • « Mondialistes » contre « défenseurs de la civilisation et des peuples européens »

Le clivage pertinent nous semble-t-il est lié à la notion de civilisation et de peuplement. Il oppose ceux qui veulent conserver la civilisation européenne et défendre le droit des peuples européens à rester majoritaires sur leur sol et maître chez eux et ceux qui sont favorables à un monde sans frontières, permettant notamment la libre circulation des populations.

La civilisation européenne comprend deux éléments majeurs. La culture et les coutumes tout d’abord, issues du mariage de la raison grecque et de la foi chrétienne.

Le mode d’organisation des sociétés européennes constitue aujourd’hui le second élément clé de leur civilisation. Avec des différences entre l’Europe du nord, l’Europe latine et l’Europe centrale, il combine des services publics et une sécurité sociale, un Etat qui joue un rôle actif de régulateur tout en préservant les libertés, une économie mixte mêlant économie de marché et intervention publique.

Quant au droit des peuples européens de rester majoritaires sur leur sol et maîtres chez eux, il signifie nécessairement l’arrêt de l’invasion mais également la mise en œuvre de politiques conduisant au départ d’une partie substantielle des immigrés présents.

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Reste à trouver un terme qui rende compte au mieux de ce clivage fondamental. Renaud Camus propose d’opposer Remplacistes et Anti-remplacistes. La formule met l’accent sur l’essentiel : le projet de l’élite est de procéder à un double remplacement. L’éviction des peuples européens au profit de nouveaux venus. Et celle de la civilisation européenne au profit d’une civilisation mondialisée. La formule brillante de Renaud Camus a le défaut cependant de s’adresser à des initiés.

Pourrait-on opposer aux mondialistes les « patriotes européens » ? Là encore la formule a des défauts, la notion de patrie, qui a d’abord été de gauche avant de passer à droite, étant revendiquée par tout le monde.

Faut-il retenir ce vocable : « Les identitaires » ? Il nous semble que le terme est lui aussi un peu hermétique, moins net et moins parlant que celui de civilisation.

« Français de souche » ? L’essentiel est dit. Mais il manque la dimension européenne.

La formule à retenir devrait nous semble-t-il comprendre le mot de civilisation européenne et celui de peuples européens. Elle devrait signifier qu’il s’agit de construire et de défendre une Europe qui qui se protège de la mondialisation et de l’immigration. Cette formule pourrait-elle convenir ? « Avenir de la civilisation et des peuples européens »

 

Une haine légitime et salutaire

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 182 – juin 2017)

 

Face à son adversaire principal, l’extrême-droite, le Système utilise différentes techniques de propagande. Les électeurs d’extrême-droite sont accusés tout à la fois d’être peureux et lâches, d’être peu instruits et mal informés, d’être moralement mauvais et de souffrir de différents désordres psychologiques (voir cette chronique). Mais le principal procédé destiné à la discréditer est le suivant : l’extrême-droite est accusée d’être animée par la haine et de la propager. Lorsque l’extrême-droite est évoquée par les médias, le terme de « haine » est presque toujours utilisé. De même depuis sa création, le FN est désigné par ce sobriquet : le « F’haine ».

L’effet recherché est double. Le procédé permet d’une part de présenter les extrémistes de droite comme des personnes moralement douteuses animées de mauvais sentiments. Il permet d’autre part d’imputer à l’extrême-droite une partie de la responsabilité dans la situation de tension et de dégradation du Vivre ensemble. Le raisonnement mis en avant par le Système est simple et efficace. L’extrême-droite affiche sa haine et la propage : elle la provoque donc en retour et attise les tensions. Elle serait dès lors pour partie responsable du comportement des délinquants et des auteurs d’attentats, dont l’agressivité, le ressentiment et le refus d’intégration seraient des réactions à la haine qu’ils ressentent chez un trop grand nombre de Français de souche partisans de l’extrême-droite.

C’est ainsi qu’à l’occasion de chaque attentat, les terroristes et l’extrême-droite, « tous deux animés par la haine », sont mis sur le même plan, présentés comme les deux faces d’une même pièce et dénoncés comme également coupables (voir cette chronique).

La méthode est efficace. Beaucoup de gens reprennent sans réfléchir cette idée toute faite et la considèrent comme un fait acquis : « animée par la haine et la propageant, l’extrême-droite est pour partie responsable de la haine éprouvée en retour par certains immigrés et de leur refus de s’intégrer ».

Est-il possible de demander à ceux qui reprennent à leur compte cette accusation et la reçoivent comme une évidence de bien vouloir y réfléchir quelques instants, afin peut-être de prendre conscience de son inanité ?

 

  • Vouloir rester maître chez soi n’a rien à voir avec la haine

Ce qui domine chez les partisans de l’extrême-droite n’est pas la haine. Les anime pour l’essentiel la volonté de défendre les frontières de leur pays, de préserver leur civilisation, de pouvoir conserver leurs coutumes et leur mode de vie, de rester sur leur sol en situation de large majorité et maîtres chez eux. Ils souhaitent que leurs dirigeants les défendent face à ce qu’ils considèrent comme une invasion. Tout cela ne relève pas du registre de la haine. Vouloir continuer à vivre entre soi et selon les règles et usages ancestraux ne constitue pas une attitude haineuse.

Les partisans d’un monde sans frontières soutiennent au contraire que le simple fait de défendre l’existence des frontières et l’entre soi déchaîne par lui-même les passions et les haines nationalistes et provoquent les guerres.

Quoiqu’aujourd’hui dominant, ce raisonnement bien-pensant est pourtant erroné. L’attachement aux frontières et à l’entre soi ne débouche pas nécessairement sur le nationalisme agressif et sur les guerres. Les Tibétains, entre autres exemples, veulent défendre leur identité, souhaiteraient rester majoritaires et maîtres chez eux et s’opposent à la colonisation chinoise : personne ne les accuse d’adopter ce faisant une démarche haineuse. Inversement, ainsi que l’a illustré l’exemple de l’URSS et du communisme international, l’internationalisme peut tout à fait susciter la haine et entraîner les pires conflits tant civils qu’extérieurs.

 

  • La haine se rencontre surtout chez les adversaires de l’extrême-droite

Les anathèmes adressés aux partisans de l’extrême-droite, accusés d’être saisis par la haine, sont contestables pour une seconde raison, également puissante : il est aisé de constater que c’est bien chez les adversaires de l’extrême-droite que la haine sans fard se rencontre le plus souvent.

La haine est à l’évidence présente, tout d’abord, dans les motivations des auteurs d’attentats terroristes. A cet égard en mettant systématiquement sur le même plan les terroristes et l’extrême-droite parce qu’ils auraient en partage « la même haine » , l’élite dirigeante et les médias procèdent de façon évidemment malhonnête et obscène. Combien de morts à mettre au compte de la haine d’extrême-droite ?

De même il est faux et malhonnête de prétendre que la haine éprouvée par les terroristes et autres radicaux islamistes constitue une résultante de l’attitude haineuse de l’extrême-droite et de ses partisans. Une des preuves les plus évidentes en est que les pays d’Europe du Nord, où il n’y a pas de partis d’extrême-droite, sont eux aussi victimes des attentats et de la délinquance, du fait de leur immigration pourtant toute récente. De même ces pays particulièrement ouverts et tolérants ne peuvent encourir aucune des accusations portées à l’encontre de la France par exemple, sur le terrain de l’esclavage, de la colonisation, de la soi-disant exploitation des travailleurs immigrés, du soi-disant racisme des autochtones ou encore des interventions militaires françaises dans le monde arabo-musulmans : cela ne les protège nullement de la haine des terroristes et des immigrés violents et revendicatifs.

La haine est également fortement présente chez les adversaires politiques de l’extrême-droite. La haine éprouvée par les élites, politiciens, intellectuels, gens de spectacle, journalistes, à l’égard de l’extrême-droite transparaît sans détour à l’occasion de chacune de leurs prises de position sur le sujet. De même la haine des « antifas » à l’égard de l’extrême droite n’est pas à démontrer. De façon générale les électeurs de gauche cachent rarement dans leurs prises de position les sentiments haineux qu’ils éprouvent le plus souvent à l’égard des partisans de l’extrême droite, accusés tout à la fois de populisme, de xénophobie, de racisme, de franchouillardise et d’étroitesse d’esprit. Il est aisé de constater que, dans les discussions publiques ou privées, la crispation, l’intolérance et la colère sont le plus souvent le fait des électeurs et militants de gauche. Elément supplémentaire : ce sont les militants d’extrême-droite qui sont le plus souvent victimes dans le cadre de leurs actions militantes, de menaces et d’agressions verbales et physiques.

Il est également remarquable de constater combien les gens de gauche font généralement preuve d’une agressivité et même souvent d’une haine assumée pour dénoncer ce qu’ils détestent : les frontières nationales, la famille, la religion catholique, les valeurs traditionnelles ou la notion même de civilisation européenne.

On se trouve là  en présence d’un procédé de propagande aussi malhonnête que classique : l’inversion accusatoire. Pour les camoufler et détourner l’attention, les auteurs de turpitudes en accusent leurs adversaires. Ceux que la haine anime accusent ainsi leurs ennemis d’être haineux. Sur le plan rhétorique ce renversement de la réalité est malheureusement le plus souvent efficace.

 

  • La haine qu’il est possible d’éprouver à l’égard de l’élite et de ses agissements est légitime

Les adversaires de l’extrême-droite détenant tous les pouvoirs, ils peuvent se permettre d’être haineux. La haine voyante est en revanche interdite aux partisans de l’extrême droite. En position de faiblesse et menacés de procès, ils sont obligés à la discrétion.

Admettons que certains partisans de l’extrême-droite puissent éprouver une haine rentrée, d’autant plus enracinée et profonde qu’elle doit être cachée : il nous semble que si tel est le cas cette  haine est pleinement légitime.

L’arrivée des immigrés qui envahissent le pays ne peut que susciter la crainte. Mais à l’égard de ceux des immigrés qui, de surcroît, sont des délinquants ou des criminels, c’est bien la haine qui est compréhensible. Elle est compréhensible également envers ceux qui se comportent de façon provocatrice, revendicative et agressive. De ceux qui affichent par de multiples procédés leur refus d’intégration. De ceux qui multiplient les « incivilités » et les comportements d’intimidation. De ceux qui par effet de nombre, menace ou simple « pression de regard » obligent les autochtones à changer de trottoir et à baisser les yeux.

Mais la haine la plus légitime est celle qu’il est possible d’éprouver à l’égard des élites et des dirigeants, qui nous trahissent. L’invasion migratoire en effet, il faut y insister de nouveau, n’est pas un phénomène exogène et fortuit,  qu’il serait impossible d’interrompre ni même de ralentir. Tout au contraire elle est voulue, encouragée et organisée par l’élite des différents pays d’Europe occidentale (voir cette chronique).

Les motivations de l’élite sont pour partie économiques. Les dirigeants des entreprises et les détenteurs de capitaux ont intérêt à ce qu’une main d’œuvre bon marché puisse circuler librement. Ils ont intérêt plus généralement à ce que les grands groupes multinationaux qu’ils possèdent et dirigent puissent évoluer au sein d’un marché mondialisé.

L’élite est également mue par l’idéologie et cherche à bâtir, contre les nations et contre les peuples, un monde sans frontières, multiculturel et multiracial, un monde de citoyens du monde.

Ces gens ce faisant sont en train de détruire les vieux pays de l’Europe occidentale. Ils sont en train de les rendre progressivement invivables pour la majorité des populations de souche. Par le moyen de l’immigration, ils ont placé les gens ordinaires dans l’insécurité. Ils écrasent la classe moyenne d’impôts et de charges pour pouvoir financer l’immigration qu’ils ont organisée et le traitement social du chômage qu’ils ont provoqué en délocalisant l’industrie.

Ils sont en train de ruiner les règles de base de la vie en société. De spolier les populations européennes de souche de leur héritage De détruire des sociétés européennes qui, en paix depuis plus d’un demi-siècle, auraient pu, sans l’immigration, éprouver la douceur de vivre. Ils sont en train de provoquer un processus de tiers-mondisation générale. Ils sont en train qui plus est de créer les conditions d’une guerre civile qui, sous une forme « tiède », a déjà commencé (voir cette chronique).

Dans le même temps, ces élites en situation de haute trahison s’enrichissent de façon incommensurable et se sont ménagées des positions de repli dans les endroits de la planète qu’elles tiennent à l’abri de ces processus calamiteux.

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Face aux phénomènes catastrophiques auxquels nos sociétés sont confrontées, il est légitime d’éprouver de la haine à l’égard des élites, qui les ont volontairement déclenchés. Quant à l’absence de haine envers les responsables, elle n’est aucunement louable : elle relève en effet soit de l’aveuglement soit de la complicité.

 

« Réussir… Redresser… Rassembler… Renouveler… » : entre leurre et illusion

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 181 – mai 2017)

 

Après l’élection de Macron, la plupart des politiciens, des observateurs de la vie politique et des éditorialistes ont tous à peu près prononcé les mêmes mots : ils ont souhaité que le nouveau gouvernement réussisse ; qu’il s’attache à redresser la France ; qu’il parvienne à rassembler les Français ; et qu’il renouvelle les pratiques politiques.

Tous ces objectifs paraissent faire consensus et relever du registre du bon sens. Ils n’ont pourtant aucune signification véritable et sont destinés à abuser l’électorat.

 

  • Souhaiter la réussite du gouvernement ?

L’unanimité ou presque s’est manifestée pour souhaiter « la réussite du gouvernement ». Il s’agit là pourtant d’une formule dénuée de sens.

Le concept de réussite se justifie pour parler d’un coureur du dimanche qui s’est fixé pour objectif de faire le marathon en moins de quatre heures. Ou de quelqu’un qui entame un régime alimentaire en vue de revenir à son poids de jeune fille. Ou encore de celui qui a décidé d’arrêter de fumer. Mais dans le cas qui nous occupe, de quelle réussite peut-il s’agir ?

Les gouvernements depuis quarante ans ont mené des politiques conduisant à délocaliser ; à supprimer les barrières douanières ; à importer des travailleurs peu coûteux, immigrés ou détachés ; à faire peser sur les classes moyennes les impôts permettant le financement du traitement social du chômage.

Ces politiques ont été une réussite complète. Elles ont été appliquées efficacement et ont produit les résultats attendus : les profits des financiers, des propriétaires et des dirigeants des entreprises se sont envolés. Ces politiques de plus sont passées « comme lettre à la poste » : les politiques d’assistanat menées pour amortir leur coût social ont produit l’effet anesthésiant attendu. Du point de vue de leurs objectifs véritables, les politiques menées depuis quarante ans ont donc été de complètes réussites.

On voit bien, dès lors, que le concept de réussite n’a pas de sens. Réussite pour qui ? Les politiques menées depuis quatre décennies servent les intérêts de la classe dirigeante mondialisée et sont menées au détriment de la majorité de la population. De point de vue de la classe dirigeante le gouvernement Macron réussira s’il parvient à prolonger et à étendre ces politiques. Du point de vue de la majorité des Français, les Français de souche de classe moyenne et de classe populaire, cette réussite sera une catastrophe.

 

  • Redresser la France ?

De même l’objectif du « redressement de la France » auquel il est fait référence régulièrement n’a lui non plus aucun sens. Les mauvais chiffres de l’économie française ne sont mauvais que pour certains. Ils ne sont en aucune manière une mauvaise nouvelle pour la classe dirigeante.

Le déficit français des échanges extérieurs par exemple, qui tend à devenir structurel, est une conséquence des politiques de délocalisations, les échanges internationaux recouvrant en réalité des échanges internes aux entreprises multinationales. De même le déficit et l’endettement public sont eux-aussi ambivalents. Ils sont une mauvaise nouvelle pour ceux dont on augmente les impôts afin de les financer. Mais une bonne nouvelle pour les banques qui prêtent aux Etats. De même encore pour le chômage. Il constitue bien entendu une mauvaise chose pour les chômeurs. Mais il est sans effet pour les décideurs, le coût du traitement social du chômage et de l’assistanat pesant sur les classes moyennes, tandis que la classe dirigeante parvient par différents moyens à échapper à la fiscalité.

Autrement dit redresser la France n’a pas de sens. Les mauvaises performances de l’économie française sont une conséquence inévitable des politiques conduites en toute connaissance de cause par la classe dirigeante. Quant à leur incidence négative, ce n’est pas sur elle qu’elle pèse.

 

  • Rassembler les Français ?

De nombreux commentateurs et politiciens ont souhaité également que le gouvernement se donne pour objectif prioritaire de rassembler les Français et de « réunifier une société fracturée ». Là encore et pour les mêmes raisons que celles qui viennent d’être exposées, cet objectif est dépourvu de pertinence.

On peut souhaiter la réconciliation et le rassemblement de la famille après une dispute entre frères et sœurs. De même après la défaite d’une équipe sportive, lorsque chacun cherche à reporter sur l’autre les responsabilités, l’entraîneur doit essayer de ressouder et de rassembler le groupe afin de le remobiliser. Mais la situation de la France n’a rien à voir avec ce type de situation. Les Français sont divisés parce que leurs objectifs et leurs intérêts ne sont pas conciliables. Les uns ont intérêt à la disparition des frontières, d’autres à leur maintien. Certains ont intérêt à l’immigration, d’autres à son interruption urgente. D’aucuns ont intérêt à ce que l’impôt continue de peser sur la classe moyenne et sur les salariés, tandis que ces derniers ont évidemment intérêt à ce que cette situation cesse.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, il y a désormais trois France. La classe dirigeante d’une part, soutenue par ceux qui tirent profit de sa politique immigrationniste et mondialiste. La France de souche de classe moyenne et populaire, ensuite. La France immigrée enfin. La première et la troisième sont alliées contre la deuxième. Les intérêts des deux blocs ainsi constitués sont antagonistes : entre eux aucun « rassemblement » n’est possible.

 

  • Renouveler la politique ?

La campagne de M. Macron a été bâtie notamment sur cette promesse : le renouveau. Renouveler les pratiques politiques. Renouveler le personnel politique. Ouvrir la sphère politique à la société. Là encore ces objectifs et ces slogans sont illusoires. L’idée de renouveau résulte d’une illusion sur ce qu’est la politique.

Les pratiques en usage dans la sphère la politique n’ont, par nature, rien de commun avec le registre de la morale. Réussir en politique suppose d’être impitoyable et dénué de scrupules. De ne penser qu’à soi et à sa carrière. De savoir mentir et renier sa parole. De soutenir avec conviction le contraire de ce que l’on pense vraiment. De détruire ceux dont est proche sur le fond, parce qu’ils sont vos concurrents les plus directs. De s’allier à un puissant, de se mettre à son service et de le trahir le moment venu afin de prendre sa place ou de suivre un autre leader mieux placé. L’objectif de tout politicien en outre est de jouir du pouvoir et de tous les privilèges associés. Si l’on ne suit pas la règle commune, on sera considéré comme suspect et écarté.

La volonté de renouveler les pratiques politiques révèle là encore une confusion quant à la nature de la politique. La sphère politique n’a rien de commun avec le fonctionnement du camp de boy-scouts où l’entraide, la solidarité, l’honnêteté et la bravoure sont les vertus cardinales. La politique a bien des points communs avec la guerre, dont elle est un substitut. Les politiques sont des tueurs amoraux. C’est un fait. L’on peut-être souhaiter qu’ils aient certaines convictions ayant trait à l’intérêt général et qu’ils soient compétents. Mais peut-être n’est ce même pas nécessaire. Il suffit qu’ils aient le sentiment qu’en agissant dans le sens de l’intérêt général, ils assureront leur réussite propre. Ajoutons que tous les milieux concurrentiels et tous les lieux de pouvoir obéissent peu ou prou aux mêmes règles, qu’il s’agisse du monde de l’entreprise, de l’université, du milieu artistique ou du sport de haut niveau.

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Renouveler, rassembler, réussir, autant de sornettes destinées à amadouer le bon peuple crédule, avide de paix civile et de tranquillité personnelle. La France n’est pas et ne peut pas être paisible : comme nous l’avons souligné à différentes reprises, elle est au contraire entrée dans une période de guerre civile. Une guerre civile tiède, pour l’instant.

2017 : l’immigrationnisme et le mondialisme ont obtenu 66 % des suffrages exprimés

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 180 – mai 2017)

 

Les premières leçons qu’il est possible de tirer de la présidentielle n’ont rien de réjouissant. Avec Macron, la France va  à être gouvernée en poursuivant la politique mondialiste et immigrationniste suivie depuis quarante ans. Cette politique est conduite au bénéfice de la classe dirigeante. Au bénéfice également des immigrés déjà présents et de ceux qui ne cessent d’arriver. Et au détriment de la majorité de la population.

 

  • En manipulant l’élection, le Système a réussi à faire élire son candidat

Le président élu était le candidat du système. Il a été soutenu par la totalité de ses composantes : les médias, les intellectuels, le monde de la culture, l’université, la plupart des responsables religieux, les syndicats de salariés, la haute fonction publique. Les politiciens les plus importants, notamment les anciens premiers ministres Valls, Juppé et Raffarin l’ont soutenu plus ou moins ouvertement. M. Macron était soutenu, bien entendu, par le grand patronat et les banques, qui ont financé sa campagne. Il représentait lui-même plusieurs de ces milieux puisqu’il était ou avait été à la fois haut-fonctionnaire, banquier et politicien (voir cette chronique).

La tâche du Système cette fois n’était pas simple. Le mandat de F. Hollande était en effet unanimement considéré comme raté. Depuis plusieurs années, il ne faisait pas de doute pour tous les observateurs que la droite allait revenir au pouvoir en 2017. Les socialistes perdaient les élections intermédiaires les unes après les autres. Lesté d’une popularité catastrophique, le président sortant n’a même pas osé se représenter, ce qui a constitué une première sous la Ve république. Or E. Macron se situait objectivement dans la continuité de F. Hollande. Il avait été choisi par lui pour être son conseiller économique, puis son ministre de l’économie. Il avait été soutenu dès avant le premier tour par plusieurs ministres importants du gouvernement Hollande, à commencer par l’ancien premier ministre Valls. En dépit de cet héritage encombrant, E. Macron, qui était un ministre important du gouvernement socialiste il y a encore quelques mois, a pourtant été élu.

Pour réussir ce tour de force, le Système devait éliminer F. Fillon. Si le Système récusait F. Fillon ce n’était pas en raison de ses positions économiques libérales, qui convenaient bien entendu au patronat. Mais parce que F. Fillon apparaissait nettement moins en phase qu’ E. Macron avec les choix principaux du Système. Il n’était pas libéral-libertaire, s’était déclaré chrétien pratiquant et avait manifesté son intention de limiter les droits des homosexuels en matière d’adoption et de procréation. Il avait tenu en outre sur « le terrorisme islamique » des discours relativement durs, susceptibles de perturber le bon déroulement de la politique immigrationniste. Or à l’issue des primaires de la droite, Fillon apparaissait comme presque déjà élu : à ce moment Macron était à 12 % !

Le Système a alors résolu de monter une opération ad hominem de déstabilisation de Fillon. Ont été mis en avant le fait que F. Fillon avait salarié sa femme, dans un emploi aux contours flous ; le fait qu’il avait été aidé financièrement, par le biais de sa société de conseil, par un grand patron de ses amis ; le fait enfin qu’il avait reçu certains dons en nature, notamment des costumes… Les médias ont été mobilisés pour mettre en scène les « révélations » successives, sous la forme d’un feuilleton hebdomadaire. Les juges ont été également enrôlés pour déclencher des investigations et des mises en examen avec une célérité particulière et inhabituelle.

Tout indique que l’affaire Fillon a constitué une manipulation. Il n’est pas certain, tout d’abord, la justice se prononcera le moment venu, que les pratiques reprochées à Fillon aient été illégales. Elles apparaissent, quoi qu’il en soit, vénielles et largement pratiquées dans la classe politique. Enfin, tandis que la justice et les médias étaient instrumentées de façon partiale pour détruire la candidature de Fillon, E. Macron lui ne faisait l’objet d’aucune investigation médiatique et encore moins judiciaire, et ce alors même qu’un certain nombre de questions se posaient au sujet de sa personne et de sa campagne (voir cette chronique).

L’opération a fonctionné au-delà de toute espérance. Une partie de l’électorat qui s’apprêtait à voter Fillon s’est détourné de lui. F. Fillon s’est très mal défendu, en commençant à reconnaître des fautes et à s’excuser, au lieu de dénoncer la manipulation organisée par le pouvoir. Et surtout il a été trahi par son propre camp, qui a bondi sur l’occasion pour tenter de remettre en cause sa candidature : si la droite n’avait pas repris à son compte les accusations de la gauche dès les premières publications du Canard et si au contraire elle avait fait bloc en dénonçant l’opération de manipulation, l’affaire n’aurait eu pratiquement aucun écho. Sans doute faut-il prendre en compte dans la défaite de F. Fillon le mauvais programme, impopulaire et inadapté, dont il s’était fait le champion (voir cette chronique). L’on peut considérer cependant que c’est bien « l’affaire Fillon » qui explique pour l’essentiel le fait qu’il a perdu cette élection jugée imperdable encore trois mois auparavant : 400 000 voix lui ont manqué pour atteindre le second tour.

Cette élection présidentielle a donc été manipulée. Ce constat nous conduit pour notre part à tirer ces deux conclusions. Elle nous conforte tout d’abord dans l’idée que la démocratie est un leurre, nous reviendrons sur ce point le moment venu. Elle confirme également nous semble-t-il que le Système mondialiste et immigrationniste est de nature totalitaire (voir cette chronique) : nous y reviendrons également.

 

  • Macron l’élu des gagnants de la mondialisation 

Au vu des résultats trois observations méritent d’être mises en évidence. En dépit de son score élevé (66 % des suffrages exprimés soit 20 millions de voix), il apparaît que Macron ne bénéficie pas d’une adhésion forte à sa personne ni à son programme. Après avoir obtenu 24 % des suffrages exprimés (8 millions de voix) au premier tour,  c’est en recueillant une partie des électeurs de Fillon et Mélenchon, désireux de « barrer la route au FN », qu’il a augmenté fortement son score au deuxième tour.  Cependant le score inédit du FN (33 % des suffrages exprimés soit 10 millions de voix), l’abstention nettement supérieure à celle enregistrée lors des précédentes élections (plus de 25 % des inscrits soit 12 millions de voix)  ainsi que le nombre inhabituellement élevé de blancs et nuls (plus de 11 % des suffrages exprimés soit 4 millions de voix) sont autant de signes montrant que la confiance dont bénéficie Macron est limitée.

Deuxième observation, l’élection de 2017 vient confirmer les observations de C. Guilluy (voir cette chronique) : les scores obtenus par les candidats sont géographiquement très particularisés. Les grandes agglomérations ont voté Macron. La France « périphérique » périurbaine et rurale a voté massivement Le Pen.

Enfin, troisième constat, l’immigration apparaît de toute évidence comme un facteur important de détermination du vote. M. Le Pen obtient des scores élevés dans les zones à forte immigration (le Nord, L’Est, Le Sud-est). Là où l’immigration est faible, les scores de Le Pen le sont aussi (moitié Ouest de la France).

Ces trois observations combinées confirment cette constatation qu’avec d’autres nous avons mise en exergue à plusieurs reprises (voir cette chronique) : il y a désormais trois France.

Les électeurs de Macron sont les gagnants des politiques suivies depuis quarante ans par la classe dirigeante. Ils habitent le plus souvent les grandes agglomérations, là où se concentrent l’activité et les sources de revenus. Ils choisissent le plus souvent de résider dans les centres-villes, où ils parviennent à se protéger des effets de l’immigration. C’est ainsi par exemple que M. Macron a obtenu à Paris 90 % des suffrages exprimés. De même, les Français expatriés, pleinement insérés dans la mondialisation, ont voté Macron à 93 %.

La deuxième France est celle des Français de souche européenne de classe moyenne et de classe populaire, qui subissent les effets catastrophiques de la mondialisation et de l’immigration et habitent la France périurbaine et la France rurale. Ils ont voté massivement Le Pen ou se sont abstenus.

La troisième France est celle des immigrés. Si leur présence pèse de façon significative sur le vote des autres électeurs, ils ne votent pas eux-mêmes de façon encore massive. Une partie importante des immigrés, de nationalité étrangère, ne bénéficient pas du droit de vote. La population immigrée étant nettement plus jeune que la moyenne des Français, beaucoup d’entre eux, deuxièmement, sont mineurs. Enfin les personnes d’origine immigrée se caractérisent jusqu’à présent par un comportement d’abstention élevée. Ceux des immigrés qui votent appuient bien entendu la politique immigrationniste conduite par la classe dirigeante. Ils ont dès lors voté pour Macron, comme le montrent les résultats enregistrés dans les bureaux de vote situés dans les « quartiers ».

La classe dirigeante et ceux qui la soutiennent forment une alliance avec la France des immigrés : la « deuxième France » en est la victime. Entre les deux blocs ainsi formés une guerre civile « tiède » est désormais engagée.

 

  • Trois ou quatre forces politiques à l’avenir ?

Une recomposition significative de la vie politique française est manifestement en cours. Les résultats des législatives devraient la confirmer et peut être l’amplifier.

Quatre forces politiques sont désormais en présence : elles ont chacune avec leur candidat obtenu au premier tour de la présidentielle un score du même ordre, entre 19 et 24 %.

Macron, candidat choisi par le Système pour poursuivre la politique suivie depuis quarante ans, a été soutenu par une partie des électeurs socialistes, à la suite de Valls, par les électeurs centristes, à la suite de Bayrou, et par une partie des électeurs de droite, qui se reconnaissaient jusque-là en Juppé.

Jusqu’alors les deux principaux partis, les socialistes et la droite, faisaient mine de s’opposer mais poursuivaient les mêmes politiques en se succédant au pouvoir à la faveur d’alternances factices. Mettant fin à cette opposition d’apparence, le nouveau parti créé par Macron réunit le centre, une partie de la gauche et une partie de la droite, pour incarner et poursuivre la politique choisie par le Système. Nous verrons s’il obtient dans quelques semaines une majorité parlementaire.

Ce nouveau parti a scellé d’ores et déjà le sort du Parti socialiste. Celui-ci alliait, depuis sa prise de contrôle par Mitterrand en 1971, une « première gauche » marxisante et une « deuxième gauche », sociale-libérale, favorable à l’économie de marché. Les deux ailes du PS étaient parvenues à cohabiter jusqu’à présent, malgré le tournant libéral effectué par les socialistes au pouvoir en 1983. Le quinquennat de Hollande annonçait la fin probable de cette coexistence, l’aile gauche du PS emmenée par les « frondeurs » ayant combattu les principaux choix effectués par Hollande et son gouvernement. L’élection de 2017 a clarifié les choses. La plupart des électeurs socialistes ont voté au premier tour soit pour Macron soit pour Mélenchon. Ainsi divisé et marginalisé, le PS devrait disparaître ou ne plus subsister qu’à l’état résiduel.

La gauche anticapitaliste est désormais incarnée par le mouvement de Mélenchon, qui a fait le score surprenant de 19 %, largement supérieur à celui de 2012 (11%). Mélenchon a non seulement recueilli les voix du PC et d’une partie des électeurs trotskystes mais aussi celles des électeurs socialistes fidèles aux conceptions de la « première gauche ». Profitant de la faiblesse de la candidature de Hamon et du caractère très libéral de la candidature de Macron, Mélenchon a obtenu un score élevé qui lui permettra probablement d’incarner l’opposition de gauche au prochain gouvernement.

A droite quelques élus des Républicains ont dès à présent rallié le mouvement de Macron. Mais l’attitude de la plupart va dépendre des résultats des législatives. Si la droite gagne et gouverne dans le cadre d’une cohabitation, les Républicains resteront probablement unis. Si au contraire le parti de Macron emporte la majorité, on peut penser que la droite éclatera.

Comme le Parti socialiste, le parti Républicain est lui aussi composé de deux tendances dont les positions sont fortement opposées. Une partie de la droite, autour de Juppé, de Raffarin, de Kosiusko-Morizet, de Pécresse ou de Lemaire, partage des positions identiques à celles de Macron : elle est favorable à l’économie mondialisée, à l’immigration et aux réformes libérales-libertaires. Si la droite perd les législatives, il est probable que cette droite « lib-lib » rejoindra la majorité de Macron. Les Républicains comprennent également une aile conservatrice, libérale sur le plan économique mais dont les positions sociétales, qu’il s’agisse de l’immigration, de la sécurité ou des mœurs, ne sont pas éloignées de celles de l’extrême-droite.

Quant à la quatrième force en présence, le FN, il devrait n’obtenir cette fois encore, en raison du mode de scrutin et en dépit de son bon score, que quelques députés. Comme le PS et comme les Républicains, le FN lui aussi comprend deux lignes politiques fortement opposées. La direction du parti a imposé depuis plusieurs années, sous l’impulsion de F. Philippot, une ligne souverainiste et socialement de gauche. De toute évidence ce positionnement « chevènementiste » ne correspond pas aux positions de la majorité des militants et des électeurs, qui partagent eux une ligne « identitaire » et adhèrent ou votent pour le FN avec les objectifs suivants : arrêter l’immigration, rétablir l’ordre, défendre l’identité et la civilisation européennes.

Nous verrons à l’issue des législatives jusqu’où ira la recomposition du paysage politique. La présidentielle de 2017 a fortement accentué les tensions entre les deux ailes qui existent au sein des trois principaux partis.  Le PS ayant d’ores et déjà disparu comme force significative, nous verrons si la recomposition touchera ou non également la droite et le FN.

Si ce reclassement va jusqu’au bout de la logique, le nombre des forces en présence passera de quatre à trois. Le nouveau paysage sera alors le suivant :

Un grand parti central, « En Marche », incarnant la politique mondialiste et immigrationniste menée depuis quarante ans, regroupera l’aile sociale-libérale du PS et l’aile libérale-libertaire de la droite.

Le parti de Mélenchon incarnera l’opposition de gauche. Opposé à la politique mondialiste et libérale conduite par la classe dirigeante, il sera en revanche favorable, comme elle, à l’immigration et, dès lors, fortement hostile au FN.

Une nouvelle force de droite, regroupera à la fois la droite conservatrice et le Front national, autour d’un projet politique d’arrêt de l’immigration, de réaffirmation identitaire et de remise en ordre. Cette évolution impliquera un changement de ligne du Front national et un remplacement de son actuelle direction.

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Confirmation du caractère totalitaire du Système. Election d’un président mondialiste et immigrationniste, comme l’étaient ses prédécesseurs. Recomposition en cours aux contours incertains. Nous verrons si les législatives conduisent à compléter ou à infirmer ce premier bilan peu réjouissant.

Nous attendrons également les législatives pour dresser le bilan de ce cycle électoral pour le Front national, pour qui, en dépit de tout, nous avons voté au second tour.

La colère contre-productive de Marine Le Pen. Le cynisme souriant et efficace d’E. Macron

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 179 – mai 2017)

 

De l’avis unanime Marine Le Pen a raté le débat d’entre deux tours. Elle a choisi le registre de l’agressivité, du sarcasme, de l’ironie pesante, des mimiques forcées et des sourires vindicatifs : cette méthode est contre-productive.

Les électeurs Français dans leur quasi-totalité sont des individus pacifiques. Ils détestent l’agressivité et les emportements. Parce qu’ils attendent d’un chef qu’il conserve en toute circonstance une maîtrise parfaite de lui-même. Et surtout parce qu’ils veulent conjurer le risque des conflits civils et des guerres : ils jugent qu’un chef agressif et emporté dans son expression n’a pas la maîtrise de lui même et risque de les emmener à la guerre, ce qu’ils veulent avant tout éviter.

Par son comportement, Marine Le Pen a donné du crédit aux slogans anti Front national mis en avant depuis quarante ans par la propagande du Système : le Front national, le F’Haine, cultiverait l’outrance et véhiculerait la haine…

Macron a su conserver son calme et s’est bien gardé de se situer dans le même registre : il a donc gagné. Tandis que Marine Le Pen, par le style qu’elle avait choisi, a rendu les thèses du Front national déplaisantes à beaucoup.

L’opprobre jeté sur le Front national et renforcé sans doute par ce débat est pourtant injuste.

 

  • La haine, bien présente dans tous les camps

La mauvaise image du Front national est injuste tout d’abord parce que, si haine il y a, elle est équitablement distribuée dans les différents camps en présence.

Si E. Macron a évité l’agressivité trop marquée envers son adversaire, les gens qui le soutiennent et de façon générale les électeurs hostiles au Front national manifestent couramment un sentiment de haine non dissimulé lorsqu’ils évoquent ce parti : le ton des réseaux sociaux et des forums des journaux en témoigne quotidiennement.

Il faut signaler également que les violences attribuables à des militants ou à des électeurs du Front national sont extrêmement rares. Au contraire depuis des années les « antifas » sont très régulièrement à l’origine d’actes de violences diverses dans le cadre des manifestations. De même les militants du Front national font l’objet d’agressions fréquentes, physiques et verbales, généralement impunies.

La classe dirigeante, elle, si elle se garde d’exprimer sa haine du Front national de façon trop voyante, agit sournoisement en faisant voter des lois qui limitent la liberté d’expression des opposants et en les condamnant sur cette base. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises pour des délits d’opinion, après avoir tenu des propos pourtant modérés. Dans le même esprit les journaux publient régulièrement les prises de position de bien-pensants réclamant l’interdiction du Front national.

Les adversaires du Front national, qui se placent sous le signe des « valeurs républicaines », sont les héritiers de la révolution : l’on sent effectivement chez eux que la tentation de recourir au tribunal révolutionnaire, à la guillotine et aux mesures d’exception n’est jamais très éloignée.

 

  • Les politiques qu’appliquera Macron sont criminelles… mais présentées avec le sourire

Les erreurs de communication de Marine Le Pen, pour grossières qu’elles soient, sont cependant compréhensibles et excusables. En fustigeant avec agressivité au cours du débat les politiques défendues par le Système et son candidat Macron, elle a exprimé de façon sincère la colère éprouvée par tous ceux qui subissent les effets des politiques suivies depuis quarante ans : la perte des emplois dus aux délocalisations, la concurrence déloyale des travailleurs détachés, le matraquage fiscal des classes moyennes, la peur du déclassement social, le constat de l’enrichissement indécent de la classe dirigeante, la cohabitation forcée avec des immigrés de plus en plus nombreux et de plus en plus agressifs.

Marine Le Pen s’est exprimée avec colère et agressivité, reflétant les sentiments des Français qui votent pour elle. Cette colère est contre-productive : mais elle est légitime. A l’inverse les politiques qu’appliquera Macron sont présentées avec le sourire : mais elles sont criminelles.

 

  • La France entrée en guerre civile

D’une violence inédite sans doute à la télévision, le débat d’entre deux tours en témoigne : la France est entrée dans une logique de guerre civile (voir cette chronique). Trois France se font face désormais.

La classe dirigeante, incarnée cette fois-ci par E. Macron, déploie depuis quatre décennies, avec morgue et cynisme, sa politique mondialiste et immigrationniste. Elle est soutenue par les gagnants de la mondialisation, qui parviennent à se protéger des effets catastrophiques de l’immigration. Un certain nombre de naïfs votent également pour le Système au nom des grands principes idéalistes, sans avoir conscience des conséquences de leur comportement d’idiots utiles.

Le peuple « de souche » de classe moyenne et de classe populaire est la victime du mondialisme et de l’immigration. Empli d’une rage impuissante, il vote de plus en plus massivement pour le Front national. L’extrême-gauche, avec Mélenchon, capte une partie de la protestation : elle partage avec le Front national la même hostilité à la mondialisation et au capitalisme. Elle est en revanche favorable à l’immigration : de ce fait les deux ailes qui contestent le Systèmes sont d’irréductibles ennemis.

L’un et l’autre camp, celui du Système et son opposition, se toisent avec mépris et une haine croissante.

La troisième France est celle des immigrés. Ceux d’entre eux qui se rendent aux urnes votent en toute logique pour le Système immigrationniste : ce sera pour Macron cette fois.

Mais la majorité « votent avec leurs pieds » : par la terre, par la mer, par les airs, ils arrivent, ils s’installent, ils naissent, ils nous remplacent.

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Tel est le tragique de la situation. La colère et la peur ressenties par le peuple et exprimées maladroitement par Marine Le Pen n’ont pas toujours un beau visage. E. Macron lui, le candidat du Système, n’est certes pas désagréable à regarder : mais la politique mondialiste et immigrationniste qu’il conduira est criminelle et relève de la Haute trahison.

Insuffisance et vulgarité d’un côté. Cynisme et trahison des intérêts du peuple de l’autre… A des degrés divers l’un et l’autre sont coupables :  lequel mérite le mieux la haine dont on l’accable ?

 

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Voter Macron c’est voter pour la poursuite de l’invasion migratoire

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 178 – mai 2017)

 

Les sondages donnent E. Macron gagnant par 60 % des voix. Comment Marine Le Pen pourrait-elle in extremis renverser les choses et conjurer le sort contraire ? Le débat télévisé du 3 mai peut influer grandement sur la partie hésitante de l’électorat, qui est suffisamment nombreuse pour faire basculer le résultat.

On sait qu’un débat télévisé répond à deux règles principales. La première est que l’auditoire pour différentes raisons ne peut retenir  qu’un très petit nombre de messages : il convient donc de choisir soigneusement les thèmes sur lesquels on souhaite insister. L’autre règle est des plus simples : l’impression que l’on donne et la personnalité qu’on laisse transparaître comptent bien davantage que le contenu du discours. Compte-tenu de ces éléments, Marine Le Pen devrait se fixer trois priorités.

 

  • Marine Le Pen doit faire montre d’une capacité présidentielle

Il faut d’abord que Marine Le Pen sache faire montre d’une aptitude présidentielle. L’enjeu pour elle est donc de lutter contre son naturel. Il ne s’agit plus de manifester l’énergie débordante du chef de parti ni d’afficher la férocité du polémiste. Il faut proscrire les décibels et les sourires carnassiers parfois à la limite du vulgaire. Proscrire les emportements. Parler lentement. Souligner les points importants par des silences. La gravité dans la façon d’être doit faire écho à la gravité de la situation à laquelle la France est confrontée.

Avec calme il faut saisir l’occasion de signaler au téléspectateur les fragilités du candidat Macron et souligner combien ses envolées hystériques au cours de ses meetings sont surjouées et ridicules. Elles peuvent également susciter quelques interrogations concernant l’état psychologique de celui qui brigue la fonction suprême.

La gravité de l’enjeu peut aider Marine Le Pen à se dépasser et la conduire à prendre enfin une nouvelle dimension.

 

  • Voter Macron c’est voter pour la poursuite de la politique suivie depuis quarante ans

Sur le fond M. Le Pen ne manquera pas d’indiquer au téléspectateur que Macron est le candidat choisi par le Système pour poursuivre la politique suivie depuis quarante ans.

Macron a été conseiller et ministre de F. Hollande. Il est soutenu par la majorité des socialistes, à commencer par l’ancien premier ministre Valls. Il est également soutenu par la quasi-totalité des politiciens de gauche, de droite et du centre, qui se succèdent à la faveur des alternances pour poursuivre la même politique. Il est soutenu par tous les pouvoirs : les intellectuels, les universitaires, les médias, les syndicats, les églises, les principaux groupes de pression. Il est soutenu par le patronat et par les banques qui ont financé sa campagne. Il est le candidat du Système qui gouverne et verrouille le pays depuis quarante ans.

Voter Macron, c’est donc voter pour la poursuite des évolutions en cours depuis quatre décennies : la mondialisation économique, la poursuite des délocalisations, le maintien d’une organisation européenne intégrée à la mondialisation. Voter Macron c’est approuver les conséquences de ces politiques : les suppressions d’emplois massives, masquées par l’assistanat ; le matraquage fiscal de la classe moyenne ; l’enrichissement indécent de la minorité des gagnants de la mondialisation.

Pour se défendre, le Système essaie de faire passer la candidate du Front national pour un ennemi de la république, tenté par le fascisme, s’apprêtant à accéder au pouvoir par les urnes avec les mêmes intentions que jadis les nazis. Ces accusations, inchangées depuis la création du Front national, sont des tentatives de diversion qui visent à effrayer. Les ennemis de la France et des Français ne sont évidemment pas le Front national, ses militants et ses 7 millions d’électeurs. Ce qui doit effrayer ce n’est évidemment pas la perspective de l’arrivée au pouvoir du Front National mais les conséquences des politiques mondialistes et immigrationnistes si celles-ci sont poursuivies.

 

  • Voter Macron c’est voter pour la poursuite de l’invasion

M. Le Pen devrait annoncer qu’elle donnera la priorité à l’arrêt de l’immigration. La focalisation de sa campagne sur le thème de la sortie de l’euro a constitué une erreur majeure : le débat d’entre-deux tours peut permettre à Marine Le Pen de la rectifier in extremis. Elle pourrait aisément expliquer son changement de priorité en faisant valoir le contexte créé par les attentats qui se multiplient et par les arrivées massives d’immigrés en Europe.

L’immigration massive depuis quarante ans est chaque année plus importante. Si l’on additionne l’immigration légale, l’immigration irrégulière et les naissances issues de l’immigration, ce sont au moins  450 000 nouvelles personnes issues de l’immigration non européenne qui chaque année s’installent ou naissent en France.

L’immigration a cinq conséquences. Elle provoque premièrement une augmentation forte de la population, qui dégrade la qualité de la vie et l’environnement.  Elle entraîne deuxièmement l’implosion et la ruine des services publics et des systèmes sociaux, débordés par le nombre des immigrés, malgré la hausse continue des impôts et taxes pesant sur les Français de souche. Elle est à l’origine troisièmement d’une délinquance et d’une violence croissantes. L’immigration et le travail détaché exercent quatrièmement une pression à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi. Enfin et surtout l’immigration se traduit par notre remplacement progressif : si l’immigration se poursuit nous serons rapidement mis en minorité dans notre propre pays et la civilisation européenne disparaîtra.

Macron est le candidat immigrationniste. Il s’est déclaré favorable à la poursuite de l’immigration. Il s’est déclaré favorable aux mécanismes de discrimination positive.  Il a déclaré qu’il considérait l’immigration « comme une chance, d’un point de vue économique, social et culturel ». Voter Macron c’est donc voter pour la poursuite de l’invasion migratoire.

M. Le Pen doit dès lors indiquer qu’avant toute autre mesure, elle donnera la priorité à l’arrêt immédiat de l’immigration et à la reconduite des immigrés délinquants et en situation irrégulière. Les immigrés qui s’intègrent à la société française ne seront nullement concernés par ces politiques.

Il lui faudra insister sur un point déterminant. Pour mettre fin à l’invasion migratoire, il sera nécessaire de prendre un certain nombre de mesures fortes, telles que l’arrêt du regroupement familial, l’arrêt de la délivrance de visas dans les pays d’émigration ou la reconduite des clandestins et des délinquants. Cette politique d’arrêt de l’invasion entraînera bien sûr d’importantes tensions : mais ces mesures peuvent être prises sans violences et dans le respect des droits humains fondamentaux. C’est en repoussant sans cesse les mesures nécessaires que l’on rendra la situation progressivement incontrôlable et que l’on créera les conditions d’une violence  dont l’intensité pourrait être  extrêmement forte.

Voter Le Pen pour prendre aujourd’hui les mesures qui permettront de prévenir et d’endiguer la violence. Voter Macron c’est laisser s’envenimer une situation qui, bientôt deviendra incontrôlable.

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En un mot M. Le Pen devrait au cours de ce débat axer ses interventions sur le seul sujet qui vaille. Montrer que voter Macron c’est voter pour la poursuite de la mondialisation et de l’immigration. Transformer en quelque sorte l’élection en une forme de référendum : « Voulez-vous ou non la poursuite de l’invasion ? ».

Voter Fillon pour éviter Macron, le candidat du Système, le candidat anti-France

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 177 – avril 2017)

 

Marine Le Pen met en avant pour cette dernière semaine de campagne le thème de la submersion migratoire. Elle affirme que l’immigration est un drame. Cela doit vous convenir ?

Paysan Savoyard. Oui elle insiste sur ce thème et utilise enfin les expressions qui conviennent. Mais elle le fait dans les tous derniers jours parce que les sondages indiquent un tassement des intentions de vote. Alors que jusque-là elle avait laissé la question de l’immigration au second plan. Elle a fait la quasi-totalité de sa campagne sur les questions économiques et sur l’euro, qui, à l’aune de l’invasion migratoire, sont des questions secondaires, et auxquelles de surcroît personne ne comprend grand-chose. Elle défend également depuis des années des positions perçues comme anti européennes, alors que la majorité des Français sont favorables à l’union des européens. Donc c’est un peu tard pour se recentrer sur l’immigration, le mal est fait.

En outre les mesures qu’elle compte prendre sur l’immigration sont gravement insuffisantes au regard de l’enjeu. Décider un moratoire de quelques semaines sur l’immigration pour évaluer les flux de façon précise. Geler les crédits de l’Aide médicale d’Etat. Expulser les fichés S. Fixer un solde migratoire de 10 000 par an. Tout cela est dérisoire. Alors qu’il faudrait non seulement arrêter immédiatement toute immigration mais réduire significativement et d’urgence le nombre de ceux qui sont déjà là et qui nous ont été imposés. Bref, M. Le Pen a fait une mauvaise campagne.

Vous dites qu’elle fait une mauvaise campagne. Pourtant elle s’apprête manifestement à battre son score de 2012. Et c’est aussi la candidate dont l’électorat est le plus solide.

P. Sav. Oui c’est un paradoxe. Les erreurs de positionnement de Mme. Le Pen n’empêchent pas ses électeurs de lui être massivement fidèles. Ils votent pour elle malgré ses positions sur l’euro ; malgré son discours confus et pusillanime sur l’immigration ; malgré la transformation du FN, sous l’impulsion de Philippot, en un parti souverainiste orienté à gauche qui ne correspond pas à ce que veulent ses électeurs. La raison de cette situation paradoxale est simple. Grâce à Jean-Marie Le Pen le FN bénéficie d’une très forte image : c’est le parti des Français de souche, celui qui a mis en garde la société française pendant des décennies contre le danger mortel que constitue l’immigration. Les événements confirmant tous les jours ces prédictions, Marine Le Pen continue à  bénéficier de l’image du FN construite pendant des décennies, malgré ses erreurs de jugement majeures. En un mot les électeurs de Marine Le Pen lui font toujours crédit d’un positionnement qui n’est plus le sien.

Mais si Marine Le Pen tenait un discours beaucoup plus dur contre l’immigration, elle ferait l’objet d’un rejet encore plus net de tous ceux qui dénoncent d’ores et déjà le FN comme un parti populiste, anti-républicain voire fascisant ?

P. Sav. Je crois l’inverse. Tous les Français savent bien que l’immigration est la question majeure. Tous les Français sentent bien que l’immigration fait courir un danger vital. Mais tout le monde veut éviter la guerre civile et la violence. C’est pourquoi les gens votent pour des candidats qui tiennent un discours d’apaisement… tout en sentant bien qu’il est illusoire : les Français aspirent à la paix et votent pour des candidats qui la leur promettent, tout en sachant que ces candidats mentent et que l’apaisement est impossible. Sur cette question vitale, les Français sont donc dans une position parfaitement schizophrénique : nous avons là, je pense, la source principale de la déprime et du pessimisme des Français. De même aussi la source majeure du scepticisme des Français à l’égard des politiciens.

Le FN ne sert à rien s’il reprend le discours mensonger et lénifiant de la totalité de la classe politique. Son rôle devrait être, premièrement, de dénoncer sans détours l’invasion et le grand remplacement, sans chercher à se dissimuler et à avancer masqué. Il devrait annoncer deuxièmement les mesures très fortes qu’il faudrait prendre pour arrêter l’invasion et inciter une partie des immigrés à repartir. Il faudrait, troisièmement, montrer dans le même temps aux Français que cette politique d’arrêt de l’invasion pourrait se faire sans affrontements majeurs. Et que c’est au contraire en ne prenant pas rapidement ces mesures fortes que l’on prépare les affrontements futurs. Mais nous reviendrons sur cette question de la stratégie du FN plus tard. Après la défaite.

Tous les sondages donnent M. Le Pen systématiquement battue au second tour. Vous les croyez fiables sur ce point ?

P. Sav. Oui elle sera battue, et largement. Mais les erreurs de positionnement de Mme. Le Pen, dont je viens de parler, ne sont pas la cause première de cet échec prévisible. La cause première est ailleurs et elle est toute simple : Marine Le Pen n’a pas de stature présidentielle. Elle n’incarne pas la fonction. Elle n’a pas la personnalité qui convient. Il faut une retenue, une maîtrise de soi-même, une certaine profondeur, une forme de gravité que chacun doit ressentir. Elle en est dépourvue. Or dans une élection présidentielle ce qui compte avant tout, avant les programmes, avant les promesses, avant les discours, c’est la personnalité du candidat.

Hollande a été élu et personne ne pensait qu’il pouvait posséder une dimension présidentielle…

P. Sav. C’est vrai. Mais il a été élu par défaut, parce que la personne de Sarkozy était rejetée. C’est donc bien la dimension personnelle qui a prévalu dans le jugement des électeurs. Au bénéfice de Hollande. Cette fois-ci il y a d’autres candidats crédibles, comme Fillon et même Macron. Et Mme Le Pen, elle, ne l’est pas.

Les sondages montrent que les quatre premiers candidats sont très proches les uns des autres. Les résultats du premier tour sont donc hautement imprévisibles. Vous pensez que tous les scénarios sont possibles à l’issue du premier tour ? Un second tour Le Pen-Mélenchon par exemple ?

P. Sav. Je n’ai pas cessé de me tromper au cours de cette campagne. J’ai pensé que Juppé gagnerait la primaire, que Sarkozy se présenterait tout de même et qu’il y aurait donc deux candidats de droite. Je me suis trompé. J’ai pensé que Hollande serait de toute façon candidat. Erreur là encore. Je vais tout de même me risquer à faire un nouveau pronostic. Je ne crois pas une seconde que Mélenchon puisse être au deuxième tour. Le communisme ne pèse pas 19 % dans l’électorat. Il fera un score comparable à celui de 2012, où il avait fait 11 %. Au dernier moment les électeurs vont voter utile.

Que ferez-vous pour votre part ?

P. Sav. Pendant des décennies la vie politique française voyait s’affronter la bande des quatre : PC, PS, UDF RPR. Et l’on disait qu’il fallait choisir au premier tour et éliminer au second. Cette fois-ci l’élection risque de se jouer dès le premier tour. Si comme c’est probable M. Le Pen est au second tour, c’est son adversaire, Fillon ou Macron, qui sera élu. Les deux seuls candidats réellement présidentiables étant Fillon ou Macron, il faut donc éliminer l’un des deux dès le premier tour. Je choisis Fillon, pour espérer barrer la route à Macron.

Pourquoi Fillon ? Je croyais que vous étiez en désaccord avec son projet de purge libérale ?

P. Sav. Macron est le candidat choisi par le Système pour poursuivre la politique suivie depuis quarante ans : mondialisation économique, réformes libérales-libertaires et immigration. Je choisis Fillon, qui me paraît, et de loin, moins pire.

Sur la question de la mondialisation, Fillon et Macron ont les mêmes positions. Ils sont tous les deux libéraux, mondialistes et partisans d’une Europe intégrée à la mondialisation. Je suis certes en désaccord avec les positions économiques de Fillon et ses projets dans ce domaine : mais les positions de Macron sont identiques.

Sur les enjeux sociétaux, Macron accentuera les évolutions libertaires. Par exemple sur la GPA. Fillon lui est soutenu par la Manif pour tous. Et il s’est déclaré chrétien. C’est d’ailleurs la cause première de la détestation qu’il provoque au sein de l’oligarchie.

Surtout il y a entre eux des différences substantielles sur la question majeure, celle de l’immigration et de l’identité. Fillon déclare vouloir maîtriser le flux migratoire et défendre l’identité française. Macron est le candidat de l’anti-France.

C’est-à-dire ?

P. Sav. Macron a multiplié les déclarations explicites. Il a dit qu’avec la colonisation la France avait été coupable de crime contre l’humanité ; et il l’a dit qui plus est en Algérie, confortant les Algériens dans leur hostilité anti-française traditionnelle. Il a déclaré qu’il n’y avait pas de culture française, mais seulement l’addition des différentes cultures présentes sur le territoire ; et il l’a dit à Londres, capitale européenne du multiculturalisme. Il a dit qu’il était favorable au développement des mécanismes de discrimination positive, de Testing et de Name and Shame, contre ce qu’il appelle le « racisme » et les « discriminations ». Il a affirmé que le représentant de son mouvement dans l’Essonne était certes « un islamiste radical mais que c’était un type bien ». A Marseille il s’est adressé aux « Algériens, aux Tunisiens, aux Maliens, aux Comoriens…, tous Français » selon lui. Macron vient de déclarer qu’avant que n’existe l’Europe de Bruxelles « la France était une vallée de larmes ».

Et surtout, surtout, Macron a déclaré sans ambages que « l’immigration est une chance sur le plan économique, social et culturel ». Pour les Français de souche européenne qui veulent rester maîtres chez eux, rester majoritaires dans leur propre pays et préserver leur identité et leur civilisation, Macron est un ennemi.

Et Fillon ?

P. Sav. Fillon lui a tenu des propos forts différents. Il a vanté l’identité Française et la défense de notre civilisation. Il a dénoncé les positions anti-françaises de Macron. En matière migratoire il a pris des engagements qui, s’ils étaient tenus, devraient freiner un peu la dégradation. Il a dit notamment qu’il fixerait des quotas votés annuellement, que les immigrés n’ayant pas obtenu l’asile seraient reconduits et qu’il augmenterait l’aide aux pays d’où sont originaires les immigrés sous condition que ces pays acceptent leurs nationaux expulsés de France. Tout cela n’est évidemment pas à la hauteur des enjeux. Mais c’est un moindre mal par rapport à l’immigrationnisme de Macron.

Qu’est-ce qui vous fait dire que F. Fillon tiendra ses engagements ? On se rappelle par exemple qu’au cours de la primaire il avait critiqué certaines déclarations de Sarkozy promettant des mesures de fermeté contre l’immigration …

P. Sav. Peut-être Fillon ne tiendra-t-il pas ses engagements. Au moins y-a-t-il des promesses, même si encore une fois elles sont très insuffisantes. De son côté Macron n’a aucune intention de réduire l’immigration, qu’il considère comme une chance. Entre les deux le choix est vite fait.

Vous voterez donc pour le candidat du moindre mal. Pourtant vous n’aviez pas fait le même choix en 2007 et en 2012, en votant contre Sarkozy au premier comme au second tour. Fillon vous paraît plus fiable que Sarkozy ?

P. Sav. Oui je crois. Il a toujours été patent que Sarkozy était un menteur. Avant d’être candidat en 2007, Sarkozy avait occupé plusieurs années le poste de ministre de l’intérieur et de l’immigration et y avait multiplié les mesures laxistes, qu’il a encore amplifiées une fois président. Sous son autorité ont été prises les mesures laxistes et immigrationnistes suivantes, la liste n’étant pas exhaustive : suppression de la double peine ; décision de rendre certains clandestins inexpulsables ; extension des cas où les peines de prison ferme peuvent être aménagées ; érection de Mayotte en département ; incitation des grandes entreprises à pratiquer la discrimination positive, en réaction aux émeutes de 2005 ; nomination de ministres issus de l’immigration, ainsi d’ailleurs que de ministres issus de la gauche, etc, etc. Sous son mandat, l’immigration légale a été plus importante encore qu’auparavant. Je ne crois pas que Fillon pourra trahir à ce point les Français de droite.

Autre différence : Sarkozy était soutenu par le Système. Cette fois le Système vomit Fillon. Il faut aussi tenir compte de leurs personnalités respectives. Sarkozy était un aventurier et un égomane sans foi ni loi. Fillon paraît tout de même par comparaison, plus fiable et plus sincère. Et puis c’est un Français de souche. Ce que n’était pas le cosmopolite Sarko.

Mais F. Fillon, finalement, pour ce qui est de l’immigration ne fera, au mieux que ralentir la dégradation sans l’enrayer. Cela ne contribuera-t-il pas à conforter les Français dans leur attitude léthargique et d’aveuglement volontaire. Ne vaudrait-il pas mieux laisser se produire une dégradation franche, pour provoquer au plus vite une réaction de défense des Français contre ce qui les menace ?

P. Sav. Laisser élire Macron en misant sur la politique du pire ? Je ne crois pas que cela soit une option rationnelle. Je pense que l’idéal serait un second tour Fillon-Le Pen. Je voterais alors pour M. Le Pen en espérant un score très élevé de sa part, pour faire pression sur Fillon une fois élu et lui montrer où se trouvent les attentes de la majorité des Français. La majorité des Français n’attendent pas une purge libérale : ils espèrent une remise en ordre et un arrêt de l’immigration.

En cas de duel Fillon-Le Pen, le score de M. Le Pen pourrait d’ailleurs être très élevé : parce que de nombreux électeurs de Macron ne se reporteront pas sur Fillon ; et parce qu’un certain nombre d’électeurs de droite, débarrassés de la menace de la gauche, n’hésiteront pas à voter Le Pen, pour envoyer à la droite un message clair.

Et si Marine Le Pen n’est pas au deuxième tour ?

P. Sav. Tous les sondages la donnent au deuxième tour. Mais si elle n’y est pas, eh bien tant pis. De toute façon elle y sera battue. L’enjeu est d’éviter Macron, le candidat du Système, le candidat anti-France. Si Macron est le président, les évolutions catastrophiques que nous connaissons depuis quatre décennies se poursuivront et nous descendrons de nombreuses marches supplémentaires.

Un dernier mot ?

P. Sav. Oui. Quoi qu’il arrive, le chantier majeur des prochaines années est clair : construire une alliance entre la droite conservatrice et le FN. Elle serait majoritaire. C’est la condition pour pouvoir mener enfin la politique de sursaut et de survie dont notre peuple et notre civilisation dépendent.

 

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