François Hollande doit-il son élection à l’immigration ?

Chronique de Paysan Savoyard

(n°105 – juillet 2013)

 

Le vote des Français d’origine immigrée a manifestement fortement pesé sur l’élection de 2012 : il est bien possible que M. Hollande lui doive son élection. Il y a là pour la gauche un encouragement puissant à poursuivre la politique d’immigration massive.

  • La quasi-totalité des immigrés qui ont participé au scrutin ont voté pour la gauche

En 2012 M. Hollande a obtenu 1 million 140 000 voix d’avance. Le nombre des personnes originaires de l’immigration non européenne peut être estimé à environ 14 ou 15 millions. Il est impossible de connaître le nombre de ces personnes en âge de voter et inscrites sur les listes électorales qui ont participé au scrutin et exprimé un suffrage valide.

Si ce nombre est supérieur à 1,14 million, ce qui paraît plausible, cela signifie que M. Hollande a été élu grâce au vote des personnes originaires de l’immigration non européenne.

La donnée suivante paraît en effet bien établie : la quasi-totalité des immigrés non européens qui ont participé au scrutin ont voté au second tour pour M. Hollande. La constatation suivante nous paraît le prouver. Au plan national M. Hollande a obtenu au second tour de l’élection 51,64 %. Or dans les villes où la population immigrée est très forte, son score n’a rien à voir avec le score national.

Donnons les exemples de communes à très forte population immigrée, fortement peuplées,  situées dans différents départements. Dans ces communes M. Hollande a obtenu un score très élevé et très supérieur à son score national.

Roubaix (Nord, 96 000 habitants) : 67 % ; Vitry (Val-de-Marne, 85 000 habitants) : 67 % ; Cergy (Val-d’Oise, 60 000 habitants) : 67 % ; Nanterre (Hauts-de-Seine, 90.000 habitants) : 69 % ; Évry (Essonne, 53.000 habitants) : 71 % ; Trappes (Yvelines, 30.000 habitants) : 77 % ; Saint-Denis (Seine-St-Denis, 110.000 habitants) : 77 %.

Encore faut-il préciser que ces scores concernent les communes dans leur totalité. Si l’on examinait les résultats dans les bureaux de vote correspondant aux cités, on constaterait probablement que le score atteint par le candidat de la gauche est y encore plus élevé.

Un fait constatable par tous confirme que les immigrés qui ont voté ont élu M. Hollande. Sur la place de la Bastille au soir de l’élection du candidat de gauche, de nombreux participants brandissaient des drapeaux de toute origine : algériens, marocains, africains (les drapeaux français étaient en revanche extrêmement rares). Rappelons que l’on avait assisté au même phénomène dix ans plus tôt, au soir de l’élection de M. Chirac le 10 mai 2002.

 

  • La gauche a intérêt à poursuivre l’immigration et à augmenter les naturalisations

Dans ces conditions la gauche a tout intérêt à poursuivre la politique immigrationniste. Si l’immigration continue, elle finira pas garantir à la gauche un maintien définitif au pouvoir.

De même la gauche a également intérêt à augmenter le plus possible le nombre des acquisitions de nationalité (ce nombre est en moyenne depuis plusieurs années de 140.000 par an). On sait que la gauche a promis d’accorder le droit de vote aux étrangers non européens résidant régulièrement sur le territoire : mais ce projet ne vise que les élections locales. Qu’il aboutisse ou pas, seule l’acquisition de la nationalité permettra aux immigrés d’apporter leur soutien à la gauche lors des futures élections nationales.

Quant à la droite, elle devra choisir entre ces trois solutions : soit laisser se poursuivre l’immigration de personnes qui votent presque tous à gauche, en perdant dès lors progressivement toute possibilité d’accéder au pouvoir ; soit faire en sorte d’arrêter l’immigration ; soit encore se rapprocher de l’électorat immigré pour espérer conquérir une partie au moins de son vote.

Signalons ici cette étude américaine qui montre qu’aux États-Unis, la présence bientôt majoritaire de populations issues de l’immigration sud-américaine va permettre aux démocrates de conserver le pouvoir de façon définitive.

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Il faut rappeler les prises de position du  Think Tank  du Parti socialiste Terra Nova.  Dans une note fameuse de 2011, Terra Nova avait invité la gauche à se tourner dorénavant vers les électeurs issus de l’immigration, au cœur désormais de son vivier électoral. Constatant que « la France de la diversité est presque intégralement à gauche », Terra Nova conseillait de délaisser les ouvriers blancs, qui eux ont tendance à se tourner vers le FN.

Cette stratégie d’abandon des ouvriers ne manque pas de sel lorsqu’on sait que Terra Nova est depuis dirigé par… un syndicaliste (M. Chérèque était jusqu’à récemment secrétaire général de la CFDT).

 

Chronique parue sur Fdesouche le 14/07/13

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