E. Macron, homme de paille du Système 

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 175 – mars 2017)

 

  • Macron, candidat du Système et homme de paille

E. Macron est le candidat choisi par le Système pour continuer la politique suivie par la classe dirigeante depuis quarante ans : mondialisation économique ; union européenne libérale et mondialiste ; politiques sociétales libérales-libertaires ; immigration.

Le Système a sélectionné son candidat dans le vivier des inspecteurs des finances, ces hauts fonctionnaires chargés de superviser les contacts que l’Etat entretient avec les milieux économiques : les entreprises nationales dont il est propriétaire ; les banques sur lesquelles il exerce une surveillance ; les grandes entreprises avec lesquelles il passe des marchés… La plupart de ces fonctionnaires rejoignent rapidement le secteur privé après l’avoir côtoyé pendant les premières années de leur carrière. Ils utilisent alors au bénéfice de leur nouvel employeur les contacts qu’ils ont constitués au sein de l’administration, pour faciliter par exemple l’obtention de marchés publics ou négocier efficacement avec l’administration fiscale.

Les départs de ces transfuges vers le secteur privé sont hautement critiquables. Ils relèvent en effet d’un phénomène de collusion, les entreprises débauchant des fonctionnaires qui étaient auparavant chargés de les contrôler.

E. Macron a été sélectionné par J. Attali, dont il a été le collaborateur au sein de la « commission Attali ». J. Attali, qui conseille les présidents depuis trois décennies, F. Mitterrand puis N. Sarkozy, est l’un des principaux « agents recruteurs » du Système. Il se vante ainsi d’avoir déjà sélectionné F. Hollande et S. Royal, qui avaient été eux-aussi ses collaborateurs lorsqu’il occupait, à l’Elysée, les fonctions de conseiller spécial de F. Mitterrand.

E. Macron est autrement dit le troisième candidat à la présidence de la république choisi par J. Attali. C’est recommandé par le même J. Attali, qu’E. Macron avait rejoint la banque Rothschild.

E. Macron a été choisi parce qu’il détient les différents prérequis : l’agilité intellectuelle garantie par le passage dans les grandes écoles ; un physique agréable et télégénique ; l’adhésion aux « fondamentaux » du Système, en particulier à l’économie mondialisée.

E. Macron a ensuite été coopté pour intégrer les différentes strates du Système, imbriquées les unes aux autres : la haute fonction publique, la politique et la finance. Il ne restait plus qu’à mobiliser les médias pour assurer le moment venu la promotion de celui que le Système avait désigné.

On pense au parcours d’un B. Obama. Celui-ci, qui n’était à l’origine qu’un animateur social auprès des milieux noirs, avait été choisi par le Système parce qu’il présentait des caractéristiques jugées intéressantes. B. Obama était métis : c’était son atout le plus essentiel. Mais il était aussi intelligent et séducteur, doté d’un physique et d’une gestuelle télégéniques, ainsi que d’une voix grave et bien timbrée. B. Obama a pu ainsi, tel un acteur, prononcer de façon crédible et séduisante les discours qu’on lui préparait. En récompense de sa docilité,  B. Obama a été intégré au Système au même titre qu’un patricien et a bénéficié de tous les avantages afférents.

Les précédents présidents, J. Chirac, N. Sarkozy ou F. Hollande, étaient des politiciens professionnels, parvenus au sommet après une carrière politique opiniâtre et féroce entamée depuis leur jeunesse. Le profil d’E. Macron est tout différent : il a été repéré, sélectionné et coopté par le Système pour tenir dans les années qui viennent le rôle de président.

E. Macron prendra peut-être le moment venu une épaisseur personnelle : en dépit du narcissisme exacerbé qui est le sien, il n’est pour l’heure qu’une forme d’homme de paille.

 

  • Le grand débat : un Macron tout à fait creux

Le débat de TF 1 l’a bien mis en lumière : les candidats ne poursuivent pas le même objectif. MM. Hamon et Mélenchon, en concurrence l’un avec l’autre, s’adressent à la gauche anticapitaliste, espérant chacun prendre la tête de cette partie de l’opinion après 2017. Ils n’ont pas pour objectif de gagner l’élection et ne cherchent pas à le cacher.

M. Le Pen s’est adressée elle-aussi à son électorat : sa prestation argumentée et délivrée avec force a sans aucun doute conforté ses électeurs dans leurs convictions. Son style polémiste et déterminé est propre à galvaniser. Mais ce qui vaut pour les meetings, qui ne réunissent que des partisans, n’est guère adapté au cadre d’une émission de télévision suivie par les électeurs de tous bords. Si M. Le Pen est un chef de parti efficace et souvent pertinent, l’électorat ne la perçoit pas en revanche comme pouvant devenir un chef d’Etat crédible. Son objectif est d’être à la tête de la principale force d’opposition au prochain gouvernement.

Seuls F. Fillon et E. Macron sont donc véritablement en lice pour l’élection elle-même : celui des deux qui l’emportera sur l’autre au premier tour sera président. Même si nous n’approuvons pas son programme économique libéral (voir cette chronique), il nous semble que F. Fillon montre au fil des débats qu’il possède la stature et les capacités du chef d’Etat. Sera-ce suffisant pour surmonter l’opération de déstabilisation dont il est victime et convaincre un électorat manipulé ?  Probablement non.

Le candidat sélectionné par le Système, E. Macron, est apparu plus faible qu’on ne le pensait. Pour son premier débat, il a choisi de s’en tenir au discours technocratique alambiqué et souvent vide de contenu, enfilant comme des perles les termes de « projet », de « progrès », de « renouveau », de « volonté nouvelle », aussi positifs que creux. Il a paru également chercher au cours de ce débat à éviter le plus possible les situations d’affrontement, approuvant à plusieurs reprises les positions de F. Fillon, pourtant son principal adversaire.

E. Macron sait que la majorité de l’électorat, peu politisé, est avide de concorde et de paix civile : la majorité des électeurs cultivent l’illusion selon laquelle la solution la meilleure serait de constituer un gouvernement apolitique, technicien, réunissant les experts de bonne volonté de tous bords. C’est à cet électorat que s’adresse E. Macron, comme l’aurait fait également A. Juppé s’il avait été désigné par la droite. Ce positionnement centriste suppose de s’en tenir à des discours sans contenu. Pour séduire tout de même, E. Macron joue de sa jeunesse et de son regard clair. Cela suffira sans doute.

 

  • L’opération d’élimination de F. Fillon : une manipulation de la démocratie

La justice continue à déployer une activité intense contre F. Fillon. Ouverture d’une enquête, interrogatoires, perquisitions, mises en examen successives… Ces poursuites engagées par la justice pendant la campagne présidentielle constituent une atteinte grave à la démocratie, et même une forfaiture.

La question n’est pas de savoir si F. Fillon est coupable ou non. Peut-être F. Fillon a-t-il commis des actes illégaux. S’ils n’étaient pas illégaux, peut-être ces actes étaient-ils du moins moralement contestables. Mais là n’est pas pour le moment la question. Que F. Fillon soit coupable ou non, il est gravement anormal qu’il ait été mis en cause et poursuivi par la justice après avoir été désigné par son camp politique comme candidat à l’élection présidentielle.

Le lancement d’une campagne électorale nationale devrait entraîner une trêve judiciaire concernant les candidats. Pourquoi ? Parce qu’il est antidémocratique que les juges interviennent dans le processus d’élection et que leur action influence l’électorat. C’est ainsi que la candidature de Fillon est désormais grandement fragilisée par l’activité déployée par les juges, alors qu’à ce stade il n’a pas été condamné et qu’il sera peut être finalement innocenté.

La trêve judiciaire pendant la campagne devrait être le pendant de l’immunité que la loi accorde aux élus pendant la durée des mandats. L’immunité est destinée à garantir la séparation des pouvoirs et à éviter que l’un d’entre eux, l’autorité judiciaire, n’interfère dans l’exercice du pouvoir exécutif et législatif.

La limitation de l’activité des juges pendant les campagnes électorales serait d’autant plus nécessaire que les fonctions de juge ne sont pas occupées par des personnes politiquement neutres. La plupart des juges appartiennent à des syndicats politisés ou entretiennent des liens de proximité avec tel ou tel camp politique. C’est ainsi que plusieurs des juges qui interviennent dans l’affaire Fillon sont connus pour leurs sympathies de gauche.

De nombreux éléments montrent que dans l’affaire Fillon la justice agit de façon partiale et poursuit des objectifs politiques : déclenchement des investigations et des poursuites au moment précis du lancement de la campagne électorale ; rapidité inhabituelle dans l’ouverture de dossiers et dans la prise de décision de mise en examen ; diffusion dans la presse d’informations couvertes en principe par le secret de l’instruction…

De son côté la presse continue à distiller semaine après semaine des informations destinées à nuire à F. Fillon. La mobilisation conjointe de la justice et de la quasi-totalité des médias pour détruire la candidature de F. Fillon constitue sans conteste une opération de manipulation du processus démocratique.

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Un commentaire sur “E. Macron, homme de paille du Système 

  1. Sans doute le timing des révélations sur les agissements de Fillon ne doit-il rien au hasard.
    Mais il est également vrai que ces révélations ont le mérite d’éclairer les électeurs sur la personnalité du candidat, ce qui, a priori, peut être une bonne chose. Autant voter en connaissance de cause.
    Fillon apparaît comme un grippe-sou avide d’argent.
    De plus, il commet des fautes de jugement, ce qui est plus grave pour un potentiel chef-d’État. Il n’a pas vu qu’il se compromettait ainsi dangereusement, non seulement à travers sa société de conseil 2F, mais aussi en acceptant, de la part d’amis mâles, des cadeaux somptuaires, costumes, montre(s) de luxe, et tout ce qu’on ignore encore.
    Qu’une poule, également de luxe, reçoive de telles offrandes venant de ses amants, se comprend, vu les services en nature qu’elle peut rendre. Mais cela devient très problématique pour un homme normal, je veux dire : non homosexuel. Je l’aurais mieux vu recevoir ces cadeaux de riches maîtresses, même si sa femme n’aurait pas forcément apprécié le procédé.
    La seule explication de tels cadeaux venant de donateurs hommes est évidemment l’espérance d’un renvoi d’ascenseur. Ça s’appelle, en bon français, de la corruption. Tout cela, dans l’esprit des Français libres de toute idéologie, est démontré, et ce n’est pas à son âge que l’intéressé va changer.
    Bien sûr, il aurait été hautement préférable pour le libre exercice de la démocratie que ces révélations viennent avant les primaires. Mais ne peut-on pas ici appliquer la sagesse populaire : mieux vaut tard que jamais ?
    Le problème maintenant est que Fillon, parce qu’il n’a pas voulu abandonner la course au tout début, n’a pas de remplaçant. C’est ce qui était évidemment voulu par le système qui a mis Macron en orbite, de manière à lui assurer une élection dans un fauteuil.
    Il n’y a pas à dire, le complot, parce qu’à l’évidence complot il y a, était, et reste habile.
    Le piège ne peut que se refermer sur les Français qui vont avoir cinq années de plus pour apprécier à sa juste valeur le socialisme mondialiste et immigrationniste.
    L’immigration de masse se poursuivant, et les naturalisations qui vont avec, un jour viendra où l’accroissement de l’électorat des nouveaux Français de papier sera tel que la vraie droite n’aura, statistiquement, plus aucune chance de parvenir au pouvoir.
    Sera-ce en 2022 ou en 2027 ? Je l’ignore. Alors ne restera plus au “vrais” Français que la soumission ou la révolte.
    Je table pour la soumission.

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